‹ Manuscrit de mil huit cent treize, contenant le précis des événemens de cette année, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon;Chapitre 33 sur 53 · Tome II. a*. Édit · texte numérisé non relu

Tome II. a*. Édit

Enfin, après avoir mûrement réfléchi sut tous les documens dont il est entouré , l'empereur n y voit rien qui doive déranger ses derniers calculs militaires. Paris peut se passer encore quelque temps de sa présence. L'orage gronde, mais au loin. Nos Pyrénées sont main-^ tenant en sûreté ; le vice-roi répond de l'Italie ; le midi de l'Allemagne est le seul côté qui puisse donner des inquiétudes; mais ce qui s'y prépare ne semble pas tellement imminent qu'il faille quitter brusquement la ligne de l'Elbe et renoncer à des entreprises qui peuvent encore tout sauver, ^u pis aller , les armées françaises arriveront assez tôt sur le Rhin , si elles y arrivent avant l'hiver.

Tel est Napoléon : n'ignorant rien, se raidissant contre le danger qu'il connaît tout entier, et mettant sa confiance dans la force de son génie et dans la valeur de son armée.

La présence du duc de Castiglione , qui n'a sous ses ordres que douze mille hommes et trois mille chevaux, n'est pas assez imposante pour retenir les Bavarois dans notre alliance. Inutile désormais du côté du Danube , cette armée pourrait être compromise au milieu des défections qui se préparent. L'empereur se décide à l'appeler à lui : ce sera quinze mille hommes de plus qu'il aura sur le champ de bataille le jour

DE MIL HUIT CENT TREIZE, 355 où la moinclre baioiinette doit être pour quelque chose dans la décision de la campagne. Le duc de Castiglioné et le général -Milhaud arriveront vers le lO octobre à Leipsick. Pour les remplacer comme corps d observation , le duc de Valmy formera une armée nouvelle entre Strasbourg et Màyence, avec tout ce qui arrivé des dépôts de Tintérieur.

La marche du duô d<s Gastigliohié est d'aillèuris combinée avec d'autres mouvemens de troilpes dont l'objet est de finir une guerre de partisans qui devient trop importune*

Dépuis que Bérnadotte s^esl établi sur le* bords de l'Elbe , entre Magdebourg et Torgau , il n'a cessé de jeter sur la rive opposée deô bandes qui ont été courir au loin sur nos routesi Les soldats de Dorhberg et de Tetténborn se sont répanduis dans le Hanovre. Le générai Czei^tiicheff a poussé d'autres expéditions sur le tlartà et laWestphalie, et le général Thielmann, transfuge saxon , est venu se poster dans les défilés de la Saale ^ aux environs de Mérsebourg et dé Nauembourg* Les Coureurs de Thielmann donnent la main à d'autres que l'armée de Bohème à éiivoyéis du côté de Côlditz et d'Altenbourg ^ souis la conduite du partisan Munsdorf. Les deux iirmées de Scihwarlzenberg et de Bérnadotte sont en communication par ces troupe!» légères, qui|

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du reste , font sur les grands chemins la guerre la plus active à nos courriers, à nos estafettes et à tous nos voyageurs isolés ^

Le général Lefèvre-Desnouettes , détaché du côté de Leipsick, a chassé Thielmann , le 19 septembre , des environs de Mersebourg ; mais celui-ci s*est retiré dans la direction de Zwickau ; il a fait sa jonction avec le colonel Munsdorf , et , le 24 9 nn nouvel engagement a eu lieu. Les partisans allaient être rejetés en Bohème, quand les cosaques de Platow sont venus à leur secours. Ensemble ils ont pénétré à Penig, et le 28 ils sont tombés surLefèvre-Desnouettes, qu'ils ont forcé de se retirer à son tour d'Altenbourg sur Zeitz.

Les autres bandes n'ont pas obtenu moins de succès.

* A cette époque , plusieurs courriers de Napoléon furent interceptés. L'ennemi devenu ainsi possesseur de sa correspondance la plus intime, la parcourut avec avidité, dans l'espérance d'y trouver le secret de la faiblesse et du découragement. IL n'y trouva que la preuve irrécusable ae la force et de la confiance. Ce qui étonna le plus , ce fut un état de situation de la garnison de Paris. Il en résultait que Paris et les départemens voisins n'avaient pas plus de deux mille bommes de troupes , les gendarmes et les vétérans compris. Cette confiance du gouvernement français dans l'ordre public, onl'appela une témérité inouïe l (Voir le recueil des lettres interceptées en 1 8 13 , pag. 1 3. )

Tetlenborn a fait capituler la garnison dé Brème.

Dornberg a surpris en marche la division Pêcheux du côté de Hambourg, et lui a fait éprouver de grandes pertes.

Enfin Czernicheff a presque détrôné le roi de Wéstphalie. Après avoir pénétré dans Brunswick , il n'a pas craint de pousser une pointe sur Cassel , dont , le 28 septembre , il s'est fait ouvrir les portes. Le roi s'est réfugié du côté de Wetzlâr.

Ces excursions répandent l'alarme de tous côtés ; partout on croit voir les cosaques : le prince . primat lui-même ne se trouve pas en sûreté dans sa fésidehce d'Aschaffenbourg; il va chercher un asilë dans son évêché de Constance.

Les partisans provoquent à l'insurrection partout où ils pénètrent. On les prendrait plutôt pour les troupes légères du tugend bund , que pour l'avant-garde des souverains alliés. Les sociétés secrètes agissent à leur suite avec plus d'activité et d'autorité que jamais. Enhardies^ par le succès , elles ne dissimulent plus ni le nom de leurs chefs , ni ce qu'ils ont pu faire , ni ce qu'ils peuvent faire encore. Elles se vantent d'avoir forcé' le roi de Prusse et rempereur d'Autriche lui-même à se déclarer contre Napoléon : elles en entraîneront bien d autres ! C'est le doc-

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