CHAPITRE IV
BATAILLE DE LEIPSIGK , GOMPREICAKT lOS JOUR- NÉES DE VACHAU, DE PROBSTHETDA ET DU-POITT DE LEIPSIGK.
(16, 17, 18 et 19 octobre.)
JOUHSÉB DU 16.
' L'empereur passe une partie dé la nuit du i5 au 16 à faire ses dispositions.
Nos corps d'armée , adossés pour ainsi dire aux différentes portes de Leipsick, feront face à toutes les attaques.
L'empereilr laisse sur la Partha le prince de la Moscowa , pour qu'il y attende Blûcher et Bernadotte. L'armée, de Souham , celle du duc de Raguse et du général Reynier seront sous ses or^ dres. Le général Reynier* est encore sur la route d'Ëilembourg. On espère qu'il aura le temps d'arriver. Les démonstrations que nous venons de faire sur l'Elbe et sur Berlin, quoique de peu de durée, ont dû jeter. les colonnes ennemies dans
3^ MANUSCRWî
de grandes hésitations , et Tempereur se flatte qu'il en résultera des retards dans leurs mouve^ mens combinés.
Benigsen est Qnçqra à deipc marches de nous.
Schwartzeoberg sera combattu par l'empereur luÎTPléin^) qui s'est pfis^ryé ceWp partie dp h b^-r tftilk, f^t qui^ déj4 i»coQim l.e terwin "•
Nos troupes, ainsi partagées en.dem xi)as$^ , contiendront les principaux efforts des alliés. Mais ce n'est pas assez ; il faut rouvrir à l'armée le chemin de la France. Le général Bertrand en est chargé. C'est maintenant l'opération essen* tielle. Si l'empereur a renoncé aux avantages que la ligne de l'Elbe lui promettait , s'il accepte la bataille qui $e prépare» c'e^t qvTx] fauf dé^Qrinais tout sacrifier à la oécios^ité de se rappi^pc^ier du
* Etat con^partdes deux armées^
ABXÉE 01^ ALUÉS,
Se. Corps.
Cénérml
\ Pra iaiowiki.
le CasUglione. ^
5*. (îorps.
CaTalerie.
f Gte.>Mtlliitn4.
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Rouiicki.
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Pire. K
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bourg. I Yolff. ^»o»<»oo|
Caya|«rif.
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Suite
ÈIE MIL HIÏJT CK«P TREIZE. %$ E^in. Tap^ijs qupp ce battra aiï 9pr4 él an midi
Suite de f état comparé des deux armées.
COVIIAIIDKB PAE LB »BIlfCB ScKW^TSBlIBBBa.
COHVASDIEB P4B L^BSIPBBBVB IfArOLfcoii.
' 3*. CoTM. Duc de Bellune.
S»; Corps. ■ Général
le». Corps.
CavBlene/ , |génér. Latonr^ MaalMiitrg.' '
D*aatre part. . . A »g,ooo Teate. "» *
Corbineaù.
Myaoli.
Bocham-
Daadeoarde* 1
Donmerc. I 9i-GefaiaiA.J
le comte de Walmy.-
Jeune garde. I • • • DucdeHeggiO' f . . •
Vieille /Friant.
garde.' ^^ Cariai;
Général fOmano. 1 Nan«o«ty.l— Lefèvrfr- f /« CaUlé: ] Desndueiles. f *' rie. \ Krasinslû. J
ne. Corps, r Gérard.
iDnc de Ta-/ fressinel.
rente. (Charpentier
Jeune 'Duc
▼Ise.
le garde. T Barrois.
de Tré-S Boguet.
rise. ' %
9e. fSotfpa. I Sxcelmaiis.
Cavalerie , / Defrance.
'géiM Sébaf- i Boi^caoult.
Iiaui. \
Total dç Tarmce française . . .
iS^oool
8,oooV
4,eQo|
D*antre part.
l . l. Prusse, J i
f]y/« fB.jew.ki
Barcla'
iff. S35,«
iKIenav.
\Platow.
Total des aUi^«. .
de Leîpsièk , sur la Pieiss et sur la Partha , pour contenir Schwàrtzenberg » ^lûcher et Bernadottele général Bertrand sortira de la ville par les ponts de lindenau , débouchera sur la route de LutiBen<6t d'Erfurt , et devra s'en rendre maître.
BÀTÀILL'E B£ VÀCHÀU.
A neuf heures du matin , le canon , qui se fait entendre au sud de Leipsick , annonce que Schwàrtzenberg engage la bataille de ce côté, ïi'empereur s y trouve déjà ; il est sur la hauteur, près de la bergerie deMeusdorflF.Sa garde arrive derrière lui et prend position entre la vieille tui^ lerie et le village de Probstheyda.
Les alliés développent leur attaque de la manière la plus imposante., et deux cents pièces de canon la soutiennent. Ils croient prendre Napoléon au dépourvu , et s'avancent espérant enlever Leipsick avant que nos forces aient eu le temps de se concentrer devant cette ville.
A notre gauche , le corps de Rlenau débouche de Gross-Possna et marche sur Lîebertwolkwitz. Il est flanqué par les cosaques de Platow, qui manœuvrent pour s'étendre dans la plaine.
L'armée de Wittgenstein est partagée en trois fortes colonnes qui s'élancent des environs de Gossa sur notre centre. Gorzakoff se rapproche
DE MIL Htrr CENT TREIZE. 'BgS de Klenav pour soutenir l'attaque de Lîebertwolkwitz; le prince Eugène deWurtemberg se dirige droit sur Vachau , et le général prussien Ttleist , descendant la rive droite de la Pteiss , se porte sur Markkleeberg.
A notre droite, le corps autrichien de Merfeldt , soutenu par les réserves du prince de Hesse • Hombourg , pénètre à travers les marais qui sont au delà de là Pleiss , et menacede franchir la rivière.
L'impétuosité de Tennemi est telle, qu'il faut d'abord plier devant lui. L'empereur lui-même se voit forcé de rétrograder de quelques pas. Voyant avec quelle vigueur la bataille s'engage , et n'entendant rien du côté du nord , il ne croit pas devoir laisser plus long-temps sur la Partha des troupes qui paraissent devoir y rester inutiles. C'est alors qu'il se décide à appeler le corps de Souham. Après avoir mis pied à terre derrière la tuilerie , il continue à suivre les progrès de l'ennemi.
Le général Kleist vient de nous enlever le village de Markkleeberg ; il marche sur Dolitz, que les Autrichiens attaquent déjà par la rive gauche. Mais, arrêté de front par les troupes d€^lbniatowski ,' sabré par la cavalerie du g4Vnl Milhaud , et repoussé par l'in&nterie du dtR'de Castiglione , il est bientôt forcé de se replier sur
3g6 MAMJSGRPT
M9rl(kieeberg,où ^es fenfpr(s l^i permettf^t cle se maintenir.
A^ centre , qi^eUii qqe sp^ent les eQbrts àe^ as- 9^ans, leurs ^Itaque^ i^'obt^npeqt ^^cw(i $ug^ ces. Le prince Eugène de Wuftembef g e$f ar^^p devant Yacl^u: ç^est le duc de Bellune q^i déknà ce village. La diyi^^on Gorzakoff el; le cqvgf ^ K.leQS|U ne pei^venf p^^rp^ dans Liebert<> H^Uçwits : c'f^t If général L^qristqii qui en barr? rentrée. En vain les alliés s'obstinent s^c çç^ ^Ox points; \\& y per4çnt Ip, V^^\^é^ '-
Jj^ aUi^^'^l^nt épuisé^ d^i^ le\if^ entreprises, ce$t fn^pteqaptnotrc;tour 4'attf^quff*
L'e^ipereur pudpnpe au (lue ^^^ Tj^f^jptfe^ qui est sur h gain^b^ avec If cavalerie Séb^st^qi, c}ç déboucher par HpL^lut\;^$^o , '^t 4e ^sl^^ççf y^t vement dans 1^ plâiq^ poi^r dél])p;rder Ifi çqvp^ de Klenw et (légager Jfi yilbig^ dci Liehieç^wo^? witz.
La jeuniB garde reçoit ep. wéme témp^ l^flf» de marcher. Deux divisions , sous le duc 4e Tv^i vise, desce^deDt 4 gauf^ç pour soutenir l« gé-
' Ces deux villages étaient les points de mire des alliés. C'iSyà qu'ils frappèrent les plus grands coups , six attaqnMp'ils firent furent également repoussées. (VoirFouvrag€ du colonel Butturlin , aide de cjimp de Tempereur Alex«adrç; iSi.S, pjig. 414.),
DE MIL HCIT CENT TREIZE. ^ «iémiLâliMfitba; Dé»xàtitréâ deséeadedtàdtbiite, Mmlàèt^à^ ft<^gip 9 pont* Bootetiir te «lire de BiA\iâàe:tiMttimiàmé colotiiie, ttommandée pai* te gtéi^^Àl Cùrkll , desèend du côlè dé Jibiitf, pfnÊé^ïdnVèntàit te ptimé Paniàtot^ikiiCe&dtôpd^ sitiHùi^fr l»tés y lèoentf^^de farinée ftaasçftîi^e 6%^ i^aihfe. La poS^MSiiie dû; général à2»jirl9tdlimi^UI d» â&à cbe 'l^Mtik) ^rti^tt dé Lieb^tWd^|^'i^lV4& bsnôfiiiitm 6ii> avdilti liC» diics de>Bellâift€(i w M Règgtô; i^âaïk^eclt dB Vadoâu^ e« çcaÀt èiifi|i«mtè pièces d'artillerie ^de la. garde , que 1q général Drouot a placées au milieu de ce grand moviyelpe|[]Lt , le protègent au loin paf des m|i^e^defeux>
U ^timidu Eu ce momenit le.4»0pn r^f^ndjde tou^. les point» de rhoi^iz<p;B: aux déchaz(gi»>d'ar^ tillerie qtii tomexi^ du cSté" de Ydchau. Bl^dher est arrivé sut le duc de Râgtisé^ dttîéfeôîipçonne k la vivacité des coups qui se ibhi; éuténiire' au delà de 1^ Partha. Bieptôt on n en peut plus doutef • Des aides de çamp,vj.e»nenJt à .brijdei,âl)attçiç ved^mmder les deux divisions; dui.g^éf^} Squt balnii
tftX Oôté déLindénàtî, le géii^âl fierttaiid éSf aux! pri^eis avec le général Gîiiïdy, et Pâctîoh paraîi vivement souteiiue.
Ainsi l'engagement est général ; trois batailles se livrent en même temps à une lieue d-'intervalle. :
Cependant, du côté de Vachau , les troupes de Spbtwartsoeoberg ont été rejetées , en mous d'une heure, sur toutes les positions d'ou.ellesét^îeiit parties le matin. Les colonnes du ducdeBellui^ et du duc de Reggiosont arrivées devant Gwsa^ et mwaoent: d'enlever la bergerie d'Auenheim ^ I>lniJ*îston.«t.Je duc de Trévise iC«it pousséJKler K^u jus.q^u à Grosj'Pos^ua. MaedonaLd a bit en- Uyw la^redoute suédoise ', et la ca<iralerieSébas^ tiaqi se distingue au kun dans U plaiiie par des
'' Le' prince Eagène de Warteioberg ne put résister.... Il pira, et fut ponrsttiVi ^âr lès Fraùçais.... Le générai l^je>v^t(ki réélit F'éfdt'e de le soutenir avec ses gfehadièra (de H ' rèservç ) . ( Voir Touyiage. du colonel Btittarlin , aide, de ^^Biih l'ewpereui: AJfexàixdrç ; i^ V^., .pag« ii5, )
' C'est }p .ppin,q\i'on donne dans le pays à d'anciens, ouvrages : qui dominent la hauteur située à gauche dans la. plaine entre Liehertwolkwitr et Seigfortshayn,
' « 'Liai' prise de -cette redoute offre une particularité assez i/^iemar^vàJsle. 'Un réghnentdTlnfanteriê légèi* était en npo^itibn^^aupied de la hauteur. L'emf^retir* •arrive sous » le feu de l'ennemi. « Quel est ce régiment? » demande^ t?-il> aussi^^t. -* « Sire , répond le général Gharpefiti^r , » c'est le vingt-deuxième léger. » — « Cela n'est; pas possi- » Me ; le vingt-deuxième léger ne resterait pks ainsi Farme » au.hras à se faire mitrailler. » A ces mots, le régiment i> s'élance, et la redoute est enlevée. » (Voir l'ouvrage du major saxon d'Odelehen' , témoin oculaire ; fomé ii , page33i.)
DE RHL HUIT CENT TREIZE. 3^ charges heureuses *. Ëafin , sur les bordî^'de là Pl^ss , Paniatowski est resté inébranlable.
Ces nouvelles, transmises au roi tte Saie, 'Cii*culent bientôt dans la ville. Les temples" s ouivréiitpi^r îiivoqoer le dieu des armées , et le bruit de^ toutes les cloches , qui se &it entendre au' milieu de ce grand tumulte , est accueilli par les hahitans et par nos blessés comme uti |i^éTudë d'espéranoe et de victoire.
• Tandis que les -alliéff sont réduits sur' tous les points à ia défensive j l'empereur se prépare à leur porter' des coups décîsife. Il s'agit de^ërceè leur centre et de les culbuter de Gossa sur Mag^ derborir.
Le roi de Naples a , reçu Tordre de laiicer là cavalerie. Latour-Maubourg et Kellermann se jettent aussitôt à droite et à gauche pour déborder la ligne ennemie. Ils écrasent tout ce qu ils rencontrent. Dans le même instant, nos icolonnes d'infanterie se précipitent sur la bergerie d'Auenheim. On a pris Gossa ; on enlève ia bergerie ; on s'empare de vingt-six pièces die C£tnon. Le général russe Rajewski accourait avec les réserves : il tombe blessé au milieu de ses grenadiers. Enfin l'ennemi , enfoncé de toutes parts,
pwi I »^— — ^— — ■■! ■ ^^m^mmm i i i i un ,i i ■■
' Nous avons cru devoir conserver ici cette expression échappée à 1?^ plume d'un ennemi.
4oo ..;; MANUSCRIT
«M sut le point de .chercher son sarkit ctani» là fuite , loi^<}ue notreédan vientëxpiter sûir le der^ nier, obstacle ^ le plus bihk peutHstre qoi nous restât à aunoonttr.
.. Le bfAYe Lafour^Maubonrg a êif la . dniftse ^m^pQrjbée ^ ]0 général Maison eét tombé bledsé ; nos troupes sont d^ns le désordne A'un sncoèii qhère^ieat obtenu ; N^t^oLéon est enccxre loin» Tout à coup l'empereui: Aicrôiuirev qui n'a plus sQus I4 noiaiix qu^une faible pyrtîe.llespn escorte, }aL bvnce /^ur nps ^Idats hors, d'haidne , et ta vio* toire nous échâppis au moment àkêmo où noé bras ensanglantés semblaient ravbit saisie le plue fortement. Les cosaques de la garde russe nous reprennent vingt- quatre pièces dfe canon; TrOubeskoi parriçnt à ramener aU combat les grena* diers^e RajewskL Le comté de NostitE,' franchissant la Pleins à la tête dé^ réserves de la cavale^ rie autrichienne , prend nos troupes de reverset achève de d^ager les Russes '•
Cependant nos réserves, arrivettt ; noàs pâr<« venons encore une fois à rentrer dans Gossa, et tout se préparait pour en finir glorieusement
■ Le centré <!ies alliés allait ^tre enf'oncé , et là bataille décidément perdue ( dit le cek>Bel Bntturlin , pag. ' 1 1 7 ^ A la nouvelle de ce danger, l'empereur Alexandre accourut de sa personne sur le point menacé , et donna ordre au
DÉ MIL HUIÏ CENT tRÈIZE. 4oi sur ce point , quand de nouveau^ événénii^ns surviennent.
, Ix'empereur avait quitté la. hauteur du centre pour se diriger vers Gossa ; it descendait de là bergerie de Meusdbrf sui* Yàcha^i , lorsque tout ft . coup il aperçoit sur la droite des colonnes au* trichiennes qui débouchent en force par Mai^kkleèberg. L'attaque est si furieuse, elle est accom^ paguée de cris si terrible^ , que chactin en est frappé. Napoléon s'arrête. En attendant quon puisse reconnaître lés vrais desseins de Fenn^mi^ il fait avancer les grenadiers de la garde, qui né sont qu à cent pas / et leur fait former le carré^ le front tourné vers Matkkleebërg,
Le corps ennemi qui fixe en ce moment l'attention est celui de Bianchi ; il a relevé les Prus^ . siens fatigués du général Klôist '. Il se jette sur le flanc drdit de lios attaques. Ses nombreuses ' *• - .. ■ ■ ♦ ■ • • ■ ' — ■ • « ^
comte eOrlow Denisow de charger avec le rëgiment de cbsa^ q«es de Isr -garde, qui formait son escorte, «c Cette poignée* de braves , aniiuée' par la présence dé son souverain, fit des prodiges de j valeur; la cavalerie ennemie fut culbutée , et les cosaques lui reprirent vingt - quatre des vingt-six pièces qu^elle venait d'enlever, »
' Les alliés étaient si nombreux , que quand leurs troupes étaient faéiguées, elles étaient régulièrement reléi^ees, comme à la pamde. (■ Mémoriiâ de Sainte-ffelëne , par lé comte der Las^Cases ;- tom. vi ^ pag. 71*)