‹ Manuscrit de mil huit cent treize, contenant le précis des événemens de cette année, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon;Chapitre 6 sur 53 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

4;^U£STIONS MILITAIRES. — TRAVAUX DV. CJBNIE.^

AuGCir capitaine ne s'endort sur la foi d'uà aryxû^tice. Si la ^esve vient à recommencer, cest que f Autriche aunsL pris le parti de se déclarer contre nous; il faut le prévoir. L'apparition de ce nouvel ennemi exigera un nouveau plan : il Êiut l'arrêter d'avance.

On devine déjà comment l'empereur va passer à Dresde le temps que les lenteurs de la négociation pourront lui laisser.

Aux cartes de Saxe et de Silésie, il fait ajouter la grande carte de Bohème , de MûUer ; et le voilà couché sur les tables ^ passant des journées entières à étudier son terrain. Tous les débou-^ chés de la Bohème sur la plaine de Dresde et sur la Thuringe ^ toutes les routes qui , de Berlin à Breslau, et de Breslau à Prague, se développent autour de la Saxe ; enfin tous les rayons qui de Dresde vont aboutir à ce grand arc de cercle, il les parcourt le compas à la main ,. les calcule

DE MIL HUIT CENT TREIZE. ai

avec l'iittieatioa la plus miantieufe ; etq'esttOQ« jours sur la carte des eovîroos de Dresde que son atteoûon revient se fixer." Le major général (Berlbier).; le duc de Dalmatie (maréchal Soult), et l'ingénieur géographe d'Albe , sont les prin-» cipaux ^sonfidaa» de la grande qiiestion militaire qui l'occupe.

On ne peut se dissimuler que la ville de Dresde va devenir le point de mire des premières opérations de l'ennemi : il faut qu elle puisse en reipevoir le choc; et si l'on est occupé à manœu-* vrer ailleurs, qu elle résiste assez de temps pour qu'on arrive à son secours. Les premières dispo^ sitions de l'empereur ont donc pour objet de mettre Dresde dans un état respectable de défense.

L'Elbe, en sortant de la Bohème, pénètre dans les champs de la Saxe , à travers deux énormes rochers qui resserrent le lit du fleuve et en maîtrisent le cours. Leurs têtes dominent la vallée; sur la rive droite , c'est le Lilienstein ; sur là rive gauche y c'est le Kœnigstein. L'empereur oonsi*dère ces deux rochers comme les sentinelles avancées de Dresde. Sur le Kœnigstein, existe un fort qui est imprenable. A ses pieds se trouve la position de Pyrna, célèbre clans l'histoire. Oij se contente de rouvrir^les lignes de l'ancien camp retranché. Quant au Lilienstein , on y trace des

«• .'!:: :;!'r!WIMîD8aRlT ' '• ' ranipfi9)'qiie Vcraicsdtmrë d'arttllebî» ; to^iiî pt&»^ «colioli fkfceb ^9fm*wûaÈ6è% ibrmî($ables ^ des |Knit8 sont jclîés cjoi ourreiii titie^oôitiniumcatiotr dit^ectë faoWeuietiDélieeht^ les deux^ rives^ ti^i^ encoreF-ehtre rarméé^e*8ités1e et c^tle t|UO nous /seiridiisidanftle'Cas d'idpposeriSl k BôiiMtti^.^^iiHt^ on perfectionne ce débouché par des fotttefe feoiles é( sôlsdesi . < > - - (

- «C'est une posîtion^de bâbiUe que r«tnpereût* se ménage en avant dé Dresde, et il ia juged'uun tant plus Êtyotable qiie les «ommunic^tiom < paurant avoir li«u indii^remment «ftur l*un%et lautre rîve^ ne sauraient jamais être entîàrettient O^mprôcnises ^ •

* Les Français , avec autant d'habileté qae de prcfftijti- ^u4^^ faisaient de^grabds, p#épltra(tifs de défense sar les deux rives de l'Elbe^ là où It^s défilés, de la Bohème viennent y déboucher. Cette ligne forn^idable s'étendait depuis Gieshufcel jusqu'à Stolpen , dont Tantique citadelle , bâtie sut" la basalte , fut encore renforcée par dé nouveaux ouvragés. Lés fbrtîËcations établies au pied du Liliettdtêili , éUietit «m point trèS'im^k-tftnt ' daii^ la ligt^e. £Ue9 communiquaiient par deux ponts avec K^ni^-» Stein ^ qui est situé en face^ elles étaient destinées à protéger un cf^mp de 60,000 hommes , couvrir en outre l'une et Tautre rive , et défendre les défilés qui cohimen-r cen\; à cet endroit. Une route pratiquée pour l'artillerie 4 travei^s les montagnes du bailliage de Hohtnstein^ t^tïlitait la -communication avec le corps.d armée cleLusu ce

DR MIL HUIT CEMT TREIZE. %i

. Quant à la nlle de Dresde, Aon^^eolement il f n fait compléter Tenceiiite par dm fossés et des palissades qui suppléent à toutes les inletrteip^ tiens des murs, mais il en défchad les^ approche» par une ligne de redoutes ayiilcées, dotH: les feux se croisât et battent au loin la campagne '* Napoléon ne se borne pas à fortifier les-en^ virons de Dresde ; c'est sur la ligne de TElbe^ dans toute son étendue, qu'il )iftnat établir i'ar-

et de Silésie. Toutes ces fortifications n'étaiient considérées que comme les ouvrages avancés de Dresde J point centrai d'une foïrte position sur la rive supérieure de l'Elbe Les ouvrages sur la rive droite autour de la ville tteuve toacliai^tit à leur perfediôu. Le fori impérial , de- Tact la porte Ivoire (n)i]te de BéUizBu) ^ le plus fort et 1# plus soigné ,àe ces ouvrages » était muni duo. ndnvean blockhausen à l'épreuve de la bombe. Sur la rive gauche, les jalons étaient placés pour d'autres travaux considérables projetés autour de la vieille ville. A l'ouest, ils 6*ap- J^uyaieUt silr la Wesserite , petite rivière qui sépare la vieille viUe du Caubourg de Frédef ischstiidt , et à l'est il$i

se prolongeaiient en arc jusqu'à l'Elbe On •coustmi^t

des ponts-levis devant les portes antérieures de. la nik. ' (Récit dece^uiyestpassêà Dresde en ïâi3, par ua ^xen, témoin oculaire; tome ii, pag. i4f •)

' Des paysans requis de toutes les parties de la Saxe venaient y travailler ( aux travaux de^ Dresde ). . . On les payait régulièrement , et ils étaient relevés tous les quinze jours. [Ibid., pag. i42.)

%4 ' .r MANUSCRIT. '

#éft iiDaR{Ai$e, A cheval mt le fleuve, la tête à Pr^^de et la queue à Hambourg , il s'appuie sui^ toii^Iea points fortifiée ({uiâssurent 1^ possession de 'cette large et belle vallée \ Il u':a cessé de d^iiiiei^;des«^rrInes.pour perfectionner les fortin fic^^lioi^ de Wittenberg et de Torgau. Magde-^ bourg, l'ancien boulevart de la Prusse, va devenir celui :de l'armée française. Le général Lemarrois en 0st le gouverneur.

Hambourg est déjà défendu par ses vieilles murailles , et l'on peut , en remuant la terre , faire promptement de cette grande ville une place de guerre respectable. L'empereur y envoie le général du génie Haxo, çt son ancien secrétaire du cabinet, le colonel 4a Ponthon. Enfin notre ligne de communication avec la France s'appuie sur Erfurt. Cette ville, qui' est l'entrepôt principal de nos approvisionnemens , va devenir de plus en plus importante. Majs depuisi rquyerture de la! campagne son rôle est prévu. On répare les deux citadelle^, qqi couvrent cette place -, et l'acr tivité du colonel Emy ne laissée perdra aucun instant.

» Kœnigstein, Dresde, ïorgau, Wittenljerg , Magder bourg , étaient 8es places sur l'Elbe j Mersebourg , Erfurt et Wurlzbourg étaient ses échelles entre l'Elbe et le Rhin. ( Mémoires de Napoléon , écrits par le comte de Mon? tholon, à Saint-Hélène; tom, ii, pag. 4oJ

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Ces travaux conini«ncés et poursul^s de tontes |iarts ofit bientQl; révélé le projet que Tempe-» reuFd de coieentrejr art -fortes sur l'Elbe, et de 1^'y tenir pour voir venir lesévétiemens. Dans les qua7tie7$-^é|i)éir»Jtjuc' comme dans les cours, les réso)utî6iis ^rles intimident toujours le pluà grand nombre ^ A- peine le pian de Napoléon e$t r il connu qu'on- se récrié de tous côtés , et Itîs x^riûques arrivent jusqu'à l'empereur luimême , si accessible pour tous les chefs de l'ar-r mée^^ et si confiant dans les discussions où il 3^?>gage avec eux ^

44 ]L' Autriche, disait^on , en ouvrant les portes « dç U Bobèine^'^a permettre aux alliés détour* » ner les positions de l'armée française, et de.la ^ prendre à revers. L'empereur pisu^il s'exposer » aiDîsi à être coupé de la France ! )i Après ce préambule on se risquait à ptésenlèr unplau

') n ^-^ii ï>

* Et teï, Pomme Je l'ai vu soiivent, ôfteç ttmtre sa Volonté, afin 4e {pouvoir dire : et Je n'étais pas de cet avis; je l'avais bien dit $ mais je i^en Ci|3 pas cri; , etc. ! n .£t qu'il y a de tromperies au monde , et en notre métier plus qu'en autre qui soit ! ( Montluc, année i544 > pag- 17- )

* Qu'il me fallut un étrange caractère dans toutes ces entreprises, un étrange coup d'œil, une étrange confiance dans mes combinaisons presque toujours désapprouvées par tous ceux qui m'environnaient ! (Voir le Mémoriai de Sainte ffelcne , par le comte de La^-Cfi^es \ tom* ut, pf^. 1 28. ]t

plus prodent II ne ^'agissait rien moias, en cas de rupturo, qii^ de rappeler ce que nous avions par - delà l'Elbe , de réunir toi» les corps détaèhés^ de se retirer en masse sur là Saale , et de là sur le Rhin , abandonnant $and retour BM gai-nisons de FOder et de la Vistale, mettant les clefe sous la porte des fort^^esse^ de l'JElbe et 'disant adieu pour jaii^ais à nos amis lès Danois ^ les Poloqais , les Saxons et les West^ phaliens^

«Eh y bon Dieu ! leut répondait l'empereur ^ n je ferais la paix avec tout ce que vdUs me pro- ») posez de sacrifices pour haieux lii^ire la giierre. jrf Quelle pitKienfCê ètt dd«c ia^^tre? Dix.ba* i^.tatliies.pêc^ueS' pouiTàient à peine me réduire »*à Ifi poîitlofi où vouô Touteit me plaoé^r tout » d'aboM! . .4 • Sans dm*te, S?empî*é5se-t4l d'àw jouter, il ne faut paô javenturer iégèk^ement » sa ligne d'opérations ; je le ^ais; c'est la règle du a bon sens , «l i'A. B Gdu métier...,. Mais quand M de grands intérêts se dénouent , il est des mo- )) mens où l'on doit sacrifier à la victoire , et ne » pas craindre dé brûler ses vaisseaux !... Si l'art » de la guerre n'était autre chose que l'art de ne » rien compromettre > la gloire deviendrait la i) proie des esprits médiocres. C'est un triomphe » complet qu'il nous faut I»... La question n'est )) plus dans l'iabandon de telle ou telle province ; il

DE MIL HUrr CENT TREIZE. %^

«9» 6agif de notkv supériorité politîqiiè } on v^ut 'iKj'abattre^otfiôiiriiioUs leiisteDce en dépend >f Ygu» €l*ai§ness que j^e àe Ireste trop en Voir 'M- atJD'fxmiF de rAllemagne ! N'étais - je pas dans )) une position plus hasardée dur les champs de nîiwttailte- de Marengo , d^Austerlitx et dé Waj» gnini?. Depuis Arcoie jusqu'à ce jour citons les ^Dpa^^qaej'ai faits dans ia camèr&nestint quedes JB' bapdiesae^ éé ce genre , et en cela j'ai suivi les tjiipUiS'iUustifes exemptes '. Si rennèmi entre^^ >i prèdd^thais demeidébotidtr païf la Bohème « il cersera préoisément dans: re^péraUce de m^ai*'

> AWtiUdre, Annibal et Gé^ài' '8*^otoiipàîéliVil9 de letira ligtie9>do. retraite Ionique, le moment arrivait de combattre jpour reiii|>ix*e .du m^nde?.».. £t ei Alexandre eut été Jbattu sur rjudus^ si Annibal n'e^tt pas vaincu à Cannes ? si César jcût été .défait dans. les forêts des Gaules, sur le promontoire dé Dyrracjiium , ou dans les défilés de Pharsale ? si? si? etc.

L'empereur revenait sur ces grandes pensées , et les a développées à Sainte^Hélèbe , dans seb notes sur le livre du général Rogniat. {Mémoires de Napoléon ^ par le eonit^ de Mobtb(^on , à Sainte-^Bél^nie ; tome 1 1 , pag. • i . )

Dons la campagne de 180 S., j allak avoir toute la Prutae fl«r les braa -, j'étaift engagé au fond de 1|l Moravie ; ma re^ ttailîe à' U-avere à* Allemagne ;deyeilai» impossible.. ;... Maia .j'sii vaâ&cu à Att8terlit£.

Ëa 1806, au momeht où j'entrais dans leâ défilés de la Tburl^j^e, rAutriche allait marcher sur mjes derrlèi-cf.^

» mener à foiré les mùnvemi^ns rétrogrades qu« » vous me conseillez:. Cela suffirait seul pour M mlnspirer une ré^lution contraire. Je ne serai » point en Vair^ appuyé sur toutes les places d« » FElbe et sur Erfurt.

« Dresde est le piyot sur lequel je veux ma-» i> noeiivr^er pour £aire face à toutes les attaques» ïi Depuis Berlin jusqu'à Prague, rennemi se dé* » veloppe sur une circonférence dont j'occupe le » centre ; les moiodres cocnmunications s:alIon<r ;)gent pouf lui sur les contoun^ quelieis doivent » suivre ; et pour moi q^ielques marches Auffi^ » sent pour me porter partout où ma présence » et mes réserves seront nécessaires. Mais il faut » que sur les point oh je ne serai pas , mes lieute-* » nans sachent tn* attendre sans rien commettre

» au hasard. Les allies pourront-ils conser*

» ver long-temps de Tensemble dans des opéra*

et l'Espagne allait franchir les Pyrénées !, . . Mais j'ai Taincit à Jéna! ' •

En 1 809 , an moment où. jf* avais à lutter contre ie^ Dar nube , sur les confins de la Hongrie , le Tyrol intUi^é derrière moi , et les Anglais: se jetant déjà sur Anvers » j'avais à craindre que la Russie ne m'abandonnât ; toute la Prusse ajoutait encore à mes embarras !.... Mais j'^i vaincu à Wagram ! ( Mémorial de Sainte-Hélène , par 1© iîorote de Las-Cases; tom. m, pag, 138 et si»i^.)

» tions ai}ssî étendues ? et mot ne dois -je pas » raisonnablenaent espérer de les surprendre tôt w ou tard dans quelque faux, mouvement * ?

» L'ennemi jettera des partis entre TElbe et » le Rhin ; je m'y attends <» j'y ai pourvu, ladén pendamment des fortes garnisons de Mayence^ » de WeseU d'Erfurt et de Wurtzbourg, Aun gereau rassemble un corps d'observation sur » le Mein. Mais les alliés osîeront - ils s'enfoncer ». entre mes deux lignes fortifiées de l'Elbe et du » Rhin? S'ils ont cette audace , j'entreen Bobèmey w et c'est moi qui les prends à revers. .

>> Des cosaques feront alors quelques insultes >) à n^ départemens du Rhin : c'est possible ;

< Napoléon devait rester à Dresde aussi iong-'tcnps qu'il le pouvait...... Toutes les raisons militaires et politiques

sie réunissaient pour l'engager à se soutenir sur la ligue de l'Elbe.... L'abandon de Dresde et de la Saxe décidait

de la défection des princes de la confédération du Rhin , et donnait la faculté à toutes les forces alliées de se tèanir sur I4 gauche de r£lbe ; résultat funeste qui ne iais^ sait plus aucune chance de fortune ! Au contraire , en restant «ur l'Elbe , il tenait un point central q«i coujkait les communications directes des différentes armées des a^ liés , et lui donnait les moyens de tirer parti de leurs fausses manœuvres pour les battre en détail. ( Voir rouwrage du colonel Butturlin, aide de camp de T empereur Alexandre. i8i3, pag. 91.)

3o . MÀNUSCfilï

w mais la guarre arrivant à Mâycnàe avec tous M ses (lébardemens , y apporterait des malheurs »bien plus sérieux.

» Il faut pardonner aux Saxons leui*s mauvais M raisonnèmeps contre les plans qiii peuvent » fwolongep la guerre sur leur tertîfjowfe. WGais » (}uoi qu en puissent dire c^ux des notices qui se » font leurs échos, c'est dans les plaines de. la » Saxe que le sort de T Allemagne doit se décider, u Je voua le répète; la position que je veut V prendre m'offre des chances telles que l'en- » nemi , vainqueur dans dix batailles , pourrait » à peine ' me '^amener sur le Hhîn '^ tandis P qu'une, setile bataille gagnée nous reportant » sur les capitales de l'ennemi , et délivrant nos » garnisons de l'Oder et de la Vistule, forcerait » les alliés à la paix.

>) Au surplus j'ai tout calculé j le sort fera le » reste; quelque bonnes que soient mes rai- » sons, je sais bien qu'on ne me jugera que d'a- » près Içs événemens. Il Êiut s'y soumettre , » puisque c'est la loi rigoureuse de l'faî&toiipe^.'^

' Il a f^ltt la bataille ée la Kaizbach , eelle de Grôs^^ faecp«n, les àeax bataiHet 4e I>res<ie , celle de Cûlm^ celle de Jateit)orgift, 'Celle^ de Vaehau, Probsteyda> de Letf)6iok , et enùa cêiie de Hanau.

* Jl f a deux espèces de plans de campagne , les bons et les mauvais. Quelquefois les boni ^Miûwent par 'des cir^

De mil mm: cent treize. 3i

L'empereur , se tournant ensuite du côté du général Rogniat , ajoute en souriant : « Allons , » messieurs du génie, mettez-vous à la besogne, » remuez de la terre, abattez les arbres; faites- » moi des fossés, des palissades , et que votre art » seconde Tactiyîté de nos marches , en multi*» n^pliant sous nos pas les moyens de résistance et » d'attaque '. »

A peine l'emp^èreur a-t-îl (fait connaître ^n intention, qu'il va lui-même sur le terrain examiner l'emplacement des travaux et stimuler l'activité des ouvriers. La jetée des ponts , le tracé des routes , la construction des redoutes et l'assiette des camps sont désormais le but secret de ses f^^menades •.

constances fortuites, quelquefois les mauvais réussissent par un caprice de la fortune. {Mémoires de Napoléon^ écrits par le comte de Montholon, à Sainte-Hélène; tome ii, pag. 191.)

' C'est à cette occasion que le général Rogniat , ayant insisté sur l'adoption de son plan de défense rétrograde . reçut l'injonction de ne pas prendre ainsi l'initiative . « Le 9 commandant du génie ne commande pas l'armée , lui I» dit ^'apôléon. Je ne vous demande pas de plan de cam- » pagné, n'en faites pas. Contentez-vous d'entrer dans » ma pensée pour mieux exécuter les ordres qui vous

» concernent » fl paraît que le général Rogniat en a

gardé rancune.

• Pour connaître plus exactement les environs de

3î MANUSCRIT

Les forêts du voisinage de Dresde tombent Sous la hache de nos sapeurs. Leurs coups font retentir les échos de ses vallées,

Dfesde, il eti parcouf-ait tous les rayons sur toutes les graindes routes et dans toutes les directious avec cette célérité et cette activité infatigables c[ui le caractérisent ;*ii commença par la grande route qui conduit en Bobèmfe , et visita les environs du camp de Pyrna....

tes autres excursions de l'empereur, dipigée» avec une certaine régularité , s'étendaient, sur la rive droite de TElbe , tantôt en remontant ce fleuve dans le pays montueux qui est entre la route de Bautzen et l'Elbe , vers Stolpen , et Hohenstein , tantôt dit côté de Râdeberg et de Kœnigsbruck, tantôt vers Meisse)n et TharandC. Ces courses se faisaient ordinairement après midi , eft sétns que personne sût vers quel point elles étaient dirigées, si ce n'est le grand écuyer, qui avait soin des relais : car personne ne pouvait connaître d'avance les projets de Napoléon, le moment de son départ, etc.... E partit un jour de son jardin à cinq heures et demie pour Kœnig^ruck , à trois lieues de Dresde ; il descendit de sa voiture au delà de cette petite ville , s'orienta , d'après la carte ^ s'informa de quelques routes , fit tourner sa voiture , et à dix heures il était de retour dans son palais. Pour se former urne idée de sa promptitude 9 il suffit de savoir qu'en quatre heures de temps il allait à Meissen , et en revenait après avoir employé une partie de ce temps à faire ses observations. Le but de ses voyages était , comme nous l'avons dit, de connaître autant que possible toutes les localités. Mais sout Tent il prenait des informations sur d'autres objets qui

DE MIL HpPr CENT TREIZE. 33

Cependant le bruit se répand que M. de Met-

ternich vient d'arriver à Dresde , et l'on espère

encore que touis ces travaux de guerre pourront

devenir inutiles! , .

avaient quelque rapport sans doute avec ses dépeins. Il demantlait , par exemple , combien de bateaux on construisait annuellement à Schandau, àPjrna? quel était le prix? si r£lbe gelait , et à quelle époque?. . . Berthier raccompagnait toujours... Son empressement à connaître le pays, et son opiniâtreté à courir de tous cotés , surtout lorsqu'il était à cheval, ne pouvaient pas manquer de lui £aiire dépasser les relais , ou bi^ d'arriver dans des lieux impraticables , où la, voiture ne pouvait pas tourner sur-le-champ. Alors il était obligé dé descendre ; et , lorsque ses chevaux de selle n'étaient pas sous sa màiti , il prenait celÉi de Vé-^ euyer ; les autres {aifi^ient contlné ils pouvaient. Le duc.de licence ^^t ordinairement à cheval arec l'aidé de csLmp de service. Dans ses grandes tournées , ils étaient en voiture.... Dans une de cçs courses, on fit une fois, dans une seule après-midi , environ dix-sept lieues àe chemin , en passant par Stolpen,* Hohènnein, Lilienstein et'Kœnîgstein; et cela, sans manque^ d'examiner tout ce qu jI y avait de remarquable sur la rdufïé.' Bonaparte était tantôt à ^ied , tantôt à dievâl , tantôt éu Toitore , etc. ( Yxér l'ouvrage du wfijmr j»|xou d'Odelebe» , témoin oculaire , tqm. i^ pag. 216 et'aa5.)

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