PEINTURES NE VENANT PAS DE BOTURINI
Codex mexicanus, papier américain, en forme de livre, d’une centaines de pages peintes. Il contient l’histoire des Mexicains, année par année, depuis leur départ d’Aztlan jusqu’en 1590. J'en ai aussi une copie faite par Pichardo.
Autre histoire mexicaine, en 18 feuilles, papier ordinaire, figures accompagnées d’un texte nahuatl, pareillement année par année, depuis la sortie d’Aztlan jusqu’en 1569, avec une copie par Pichardo.
Fragments sur papier ordinaire ayant apparter" à Sigüenza. Depuis la feuille 94 jusqu’à la 413°, on voit peintes les principales fêtes du calendrier mexicain, comme dans le manuscrit Letellier de la Bibliothèque Nationale, outre quelques figures de divinités et de rois. À partir de la feuille 413, se trouve l’expiication de ce même calendrier, en partie de la main d’Ixtlilxochitl. suivant Gama, qui en a tiré une copie, aussi en ma possession.
Ces Manuscrits mexicains et plusieurs autres, dont il serait trop long de parler, offrent peu de rapports avec un grand nombre de peintures mexicaines, insignifiartes ou apocryphes, conservés dans plusieurs collections. Nous ne citons presque ici que des pièces historiques, où le fait est accompagné de sa date. On remarque dans l’économie de ces annales une diversité qui doit nous tenir en garde
contre toute conclusion trop absolue sur le degré de perfection atteint par l'écriture, l’art et les institutions indigènes. Cette diversité a déjà été constatée par Gama. II dit, [T° partie, p. 30 : « Chaque historien adopiait la « manière de peindre qui lui paraissait plus expressive, «et on trouve de grandes différences quant à l’ordre et à « la méthode suivis dans leurs peintures; de sorte que, « parmi toutes celles que j'ai vues, je n’en ai pas trouvé « deux qui fussent entièrement semblables. » La même variété se fait remarquer dans les chroniques composées, encore pendant deux siècles après la conquête, suivant l’ancienne méthode et l’ancien calendrier, par des indigènes plus ou moins familiarisés avec l'usage de l'écriture alphabétique. Quelques-unes s'étendent même jusqu’en 1737. On n’y trouve d’ailleurs que des événements peu intéressants et quelques phénomènes naturels dignes tout au plus de fixer un instant l'attention du philologue ou du physicien.
Ces dernières peintures sont à peu près les seules pièces historiques recueillies, depuis Boturini, par Veytia et Pichardo, munis des ordres du gouvernement espagnol, et par Gama compulsant, « pendant trente-six ans, les « papiers et les anciens procès d’Indiens et d’Espagnols « depuis la fondation de la première Audience royale, où « on trouve, dit-il, des peintures et autres précieux documents de ces temps 1. » Il semble que Boturini eût