‹ Manuscrit pictographique américain [microforme]Chapitre 16 sur 30 · GONZAGA, p · texte numérisé non relu

GONZAGA, p

« ans une fête en l'honneur de leur saint et glorieux « ami, »

Dans les provinces voisines de Mexico, les interprètes et un grand nombre d’indigènes, employés comme missionnaires, hâtèrent le retour des anciennes méthodes graphiques ?. Motolinia était accablé d'Indiens se présentant avec leur confession en figures. Valadès,

quête, en recevaient encore de semblables : de leur temps. les peintures étaient quelquefois préférées à l'écriture alphabétique par des inuicnes parfaitement exercés à cette dernière 4.

On distingue plusieurs sortes de compositions catéchistiques depuis l’arrivée de Testéra (14529) jusque vers1600, époque à laquelle le laborieux J. Baptista, se servant enore de peintures et de drames, écrivait l'ouvrage intitulé : « Hiéroglyphes de la conversion où, par des estampes et des

1. BAREzzO BaREZzI, P. LV, lib, [TE cap. xLvut, p. 284. Venitiæ, 4608. 2. Torqu., lib. XV, cap. xvunt.

3, Morouinta MS. et Torqu., liv. XVI, cap. xvr.

4. Traitant (le la mnémonique des Indiens «.... Qui etiam si sine litteris... formis tamen quibusdam et imaginibus, voluntatem suam vicissim denotabant, quas gestare solent in panniculis bombycinis, papyro « bibula ex foliis arborum..….. » Valadès ajoute : « Ea consuetudo in ho- « diernum usque diem in rationum suarum tabulis remansit, non modo « ab ignorantibus, verum etiam recte legendi scribendique ( quorum « plurimos ad miraculum usque exercitatissimos videas) peritis. » Valadès, Rhetorica christiana. P. IE, cap. XxvH, p. 93. Perusiæ, 1579. Tor., lib. 1, cap. x. Telle est l’origine d’un certain nombre de peintures modernes quelquefois difficiles à distinguer des anciennes. J'ai parlé de celles qui font partie des dossiers judiciaires et administratifs.

t et glorieux

s interprètes comme mises méthodes liens se pré- 55, Valadès, epuis la conle leur temps.

s à l'écriture rercés à cette

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Venitiæ, 4608,

am si sine litteem suam vicisbycinis, papyro nsuetudo in honsit, non modo dique ( quorum peritis. » Valaæ, 4579. Tor., peintures mo- . J'ai parlé de atifs.

« figures, on apprend aux naturels à désirer le ciel. » Les plus remarquables sont : 1° celles de Testéra et des premiers franciscains; 2° celles de nature mixte; 8° celles en caractères phonétiques.

Les premières, simplement imitatives, comme on l'entrevoit par ce qui précède, et d’ailleurs d’origine européenne, ne méritent pas de nous arrêter, au moins pour ce qui concerne le Mexique. Il en sera peut-être autrement pour les Amériques centrale et méridionale, où ces catéchismes forment le premier épisode d'une querelle qui finit par ensanglanter le Pérou et les bords de la Plata. Les jésuites eurent près de quatre cents morts au combat de l’Assomption, où ils prirent l’évêque franciscain Cardenas ?. Au Mexique, des mesures énergiques prévinrent de semblables excès, mais elles ne purent empêcher de nouvelles destructions de monuments antiques, ni la suppression d'immenses travaux des franciscains sur la statistique, l’hisloire et la linguistique américaines.

Les catéchismes mixtes ne sont guère autre chose que les précédents, remaniés par les indigènes pour la pédagogie, pour la prédication ou pour les représentations scéniques. Tantôt c’est un nom propre que l’Indien ajoute en rébus phonétiques; tantôt, mais plus rarement, c’est

1. BETANcURT, Menologio, p.141. Mexico, 1698. — J. BaBrisTA, Confessionario, prol. p. 2.

2. Il s'agissait, cette fois, de savoir si, au catéchisme, on appellerait Dieu, Dios ou Tupa. Lettre de Cardenas, Collecion general de documentos,

II, p. 93 et 60,t. 1, $ 44, p. 445, éd. in-8°, p. 444. édit, in-4°, Madrid, 1768.

un signe explicatif de l’action représentée. Quand ces indications manquent, il est fort difficile de savoir si la peinture est véritablement testérienne ou indigène. De là, d’interminables démêlés entre les ordres monastiques et l'erreur de quelques savants trompés, comme de Prosses, par l’inexactitude des descriptions et la partialité des témoignages 1.

C’est à ces deux premières classes qu’appartiennent cinq des catéchismes en images de M. Aubin. L’un, portant le nom et des notes de Sahagun, est ainsi décrit par Boturini :

« $ XXV, n°1. Originaux. Onze feuilles de doctrine en « figures et en chiffres, sur papier européen. Son auteur « est le P. Fr. Bernardino de Sahagun, franciscain. C’est « une chose à voir très-curieuse avec laquelle les Indiens « apprenaient facilement les mystères de notre foi. »

Les doctrines phonétiques vu de la troisième classe sont ainsi décrites par Torquemada, « le premier, dit Ixtlilxochitl, qui ai su interpréter les peintures et les chants dans son ouvrage intitulé : Monarchie indienne ?. » Après avoir parié des cailloux dont quelques Indiens se servaient pour apprendre le Pater Noster, ce franciscain ajoute : «.... D’autres rendaient le latin par les mots de « leur langue, voisins pour la prononciation, en les repré- «sentant non par des lettres, mais par les choses signi-

A, Traité de la formation mécanique des langues, chap. vu, $ 14.

2. Ixtlilxochit , Histoire des Chichimèques, MS. et trad. de M. Ternaux, Î, Cap. XLIX, p. 359.

Quand ces invoir si la peinigène. De là, nonastiques et ne de Prosses, partialité des

rtiennent cinq un, portant le par Boturini :

de doctrine en n. Son auteur iciscain. C’est Île les Indiens tre foi. »

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Rp. VII, S 14.

de M. Ternaux,

« fiées elles-mêmes ; car ils n'avaient d’autres lettres que « des peintures, et c’est par ces caractères qu’ils s’enten- « daient. Un exemple sera plus clair. Le mot le plus « approchant de Pater étant Pantli, espèce de petit dra- « peau servant à exprimer le nombre vingt, ils mettent ce « guidon ou petit drapeau pour Pater. Au lieu de noster, « mot pour eux ressemblant à Nochtli, ils peignent une « figue d'Inde ou Tuna, dont le nom Nochtli rappelle le « mot latin noster ; ils poursuivent ainsi jusqu’à la fin de « l’oraison. C’est par des procédés et des caractères sem- « blables qu'ils notaient ce qu’ils voulaient apprendre par « cœur... Tout cela se rapporte aux premiers temps de « leur conversion... Car aujourd’hui (entre 1592 et 1614) ils n’ont plus besoin de ces caractères antiques (aquellos sus caracteres antiquos) 1. »

Ce passage, qui donne la véritable clef de l'écriture mexicaine, confirme ce que Torquemada dit ailleurs ? des lettres réelles ou rébus, encore en usage de son temps; ce qu’il ajoute d’une intéressante classe de moines totonaques chargés de composer, « de mettre en bon style et d'écrire «en figures les discours que les Pontifes prononçaïent en

« gublic® »; enfin ce qu’on sait par Sahaguné et par

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