Lib. X, cap. vin
+. SAHAGUN, lib, HIT, appendice., — CocoLLuLo, Histoire de Yucatan, lib. TX, cap. XIV, p. 507.
d’autres auteurs, de livres pour l’enseignenent renfermant « des chants en caractères antiques. »
On pourrait donc prendre pour point de départ ces catéchismes figuratifs et surtout les belles peintures chrétiennes du Musée de Mexico, également remarquables par un excellent goût de dessin et par des essais d'écriture syllabique. Mais les contradictions des auteurs ecclésiastiques exposant à des reproches du genre de ceux quelquefois adressés à Champollion, je ne pousserai pas plus loin une marche qu’on pourra reprendre pour les écritures de l'Amérique centrale, de l’Équateur et du Pérou. Pour le Mexique, nos résuitats reposeront sur des documents purement indigènes 1,
La publication de la partie la plus essentielle de cette collection comprendrait approximativement :
A° Écriture, Numération, Cadastre, Calendriers, Économie des peintures mexicaines. — À volume de planches expliquées par 2 ou 3 volumes d'extraits de dossiers judiciaires et administratifs et autres pièces justificatives ;
2 Chronologie, Histoire, Religion. — k ou 5 volumes de planches renfermant l’histoire pittoresque et chronolo-
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3 Manuscrits mexicains. (Littérature historique.) — 5 ou 6 volumes de chroniques de Chimalpaïn, de Tezozomoc, de Castillo et d’autres, depuis l’an 669 de J.-C., avec quelques dates antérieures ; traduction en regard, notes philologiques ;
h° Manuscrits espagnols. (Histoire, Géographie, Administration, Voyages.) — 8 à 10 volumes. La traduction peut en être différée.
Total : 5 à 6 volumes de planches et 20 à 25 volumes de texte; le tout entièrement inédit, et non compris de nombreux documents pour l’histoire moderne, et, pour la linguistique, les grammaires ou les vocabulaires d’une vingtaine de langues américaines.
Moins heureux que M. Aubin, lord Kingsborough, ne pouvant acquérir les précieux originaux sur les antiquités mexicaines dont il avait entendu parler, résolut de les faire copier, et il chargea de ce travail M. Augustin Aglio qui, pendant cinq ans, parcourut l’Europe et se dévoua chaleureusement à cette tâche, qui coûta deux millions de francs à lord Kingsborough ainsi que sa liberté et sa vie, car il mourut, si nous ne nous trompons, dans une prison de Dublin, où il fut enfermé pour dettes.
Cette importante collection, connue dans le monde sa-
vant sous le nom de l’infortuné lord, est signée de celui de son éditeur, M. Augustin Aglio, et se compose de neuf volumes, qui contiennent les matières suivantes :
[* vol. Copie de la collection de Mendoza, conservée dans la Bibliothèque Bodleian d'Oxford, 73 pages ;
Copie du codex Teleriano-Remensis, conservée dans la Bibliothèque impériale de Paris, 93 pages ;
Fac-simile d’une peinture hiéroglyphique mexicaine de la collection de Boturini, 23 pages ;
Fac-simile d’une peinture mexicaine, conservée dans la collection de sir Thomas Bodley, à la Bibliothèque Bodleijan d'Oxford, 40 pages ;
Fac-simile d’une peinture mexicaine, conservée dans la collection Selden, des manuscrits, à la Bibliothèque Bodleian, d'Oxford, 20 pages;
Fac-simile d’une peinture hiéroglyphique mexicaine en rouleau, conservée dans la collection Selden, à la Bibliothèque Bodleian d'Oxford.
[T° vol. Copie d’un manuscrit mexicain, conservé dans la Bibliothèque du Vatican, 149 pages ;
Fac-simile d’une peinture mexicaine donnée à l’univer-
sité d'Oxford par l’archevêque Laud, et conservée à la Bibliothèque Bodleian, 46 pages ;
Fac-simile d’une peinture mexicaine, conservée à l’Institut de Bologne, 24 pages ;
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Fac-simile de peintures mexicaines, déposées à la Bibliothèque royale de Berlin par le baron de Humboldt, et d'un bas-relief mexicain conservé dans le cabinet des Antiques.
IT: vol. Fac-simile d’unc jeinture mexicaine, conservée au Musée du Collége de la propagande de Rome, 76 pages ;
Fac-simile d’une peinture mexicaine conservée à la Bibliothèque royale de Dresde, 74 pages ;
Fac-simile d’une peinture mexicaine appartenant à M. de Fezervary, à Pesth, en Hongrie, 44 pages ;
Fac-simile d’une peinture mexicaine, conservée à la Bibliothèque du Vatican, 96 nages.
Le IV* vol. contient la reproduction des monuments de la Nouvelle-Espagno, dessinés par M. Dupaix; des sculptures mexicaines de M. Latour-Allard, de Paris et du Musée britannique ; d’une gravure du cycle mexi- Cain, provenant d’une peinture ayant appartenu à Boturini ; de quipos péruviens, etc.
Les V° et VI° vol., dédiés à lord Kingsborough, contiennent des traductions, des interprétations et des dissertations sur les antiquités américaines.
Le VII contient l’Aistoria universal de las cosas de Nueva España, par M. R. P, Fr. Bernardino de Sahagun.
36 MANUSCRIT FiUtOGRAPHIQUE
Le Vill® contient des notes supplémentaires sur les antiquités de Mexico, des extraits d'auteurs espagnols et l'Histoire des Indiens de l'Amérique du Nord, par Adair, qui cherche à prouver que les Indiens descendent des Juifs.
Le IX° et dernier comprend la Cronica mexicana, de Fernando de Alvarado Tezozomoc ; l’Haistoria chichimeca, de Ixtlilxochitl, et d’un aperçu, également en espagnol, sur les rites anciens, les sacrifices et superstitions des Indiens de la Nouvelle-Espagne, de leur conversion à la foi et de leurs premiers prédicateurs.
Comme on le voit, tous les documents qui ont été reproduits jusqu’à ce jour concernent particulièrement l’histoire ancienne de la Nouvelle-Espagne. Le gouvernement des États-Unis, il est vrai, fit publier à grands frais un ouvrage volumineux, rédigé par M. Henri Schooicraft, et dans lequel ont été reproduites des inscriptions indiennes, anciennes et modernes, des indigènes de l'Amérique du Nord, ainsi qu’un certain nombre de leurs chants, des cartes géographiques, des souvenirs historiques, des pétitions pictographiées et autres productions idéographiques des Peaux-Rouges, mais ces pièces sont peu nombreuses et fort courtes. Ceci devait nous faire supposer que les Indiens ne s'étaient jamais donné la peine de produire aucun monument manuscrit de longue haleine, car depuis trois siècles on n’en a pas découvert un seul nulle pari.
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On ne devait donc pas s'attendre à trouver dans une Bibliothèque de Paris un manuscrit important tracé de la main de quelque sachem initié à toutes les institutions secrètes de sa tribu. C’est pourtant ce qui est arrivé. La Bibliothèque de l’Arsenal possède, depuis près d’un siècle, un volume manuscrit, enfoui dans une boîte qui le renferme et qui porte dans les catalogues le titre de « Livre des sauvages ». Ce volume, en effet, a été crayonné par des sauvages de la Nouvelle-France.
M. le marquis de Paulmy, qui le possédait dans sa précieuse bibliothèque, devenue aujourd’hui la propriété de l'État, sous le nom de Bibliothèque de l'Arsenal, l'avait recu, probablement en présent, de quelques voyageurs, comme beaucoup de livres chinois et divers manuscrits orientaux qui lui ont été donnés par des missionnaires,
‘Nous n'avons pu, d’ailleurs, découvrir d’une manière cer-
taine la provenance de ce Livre des sauvages.
C’est un recueil de figures et d’hiéroglyphes entremêlés de lettres et de chiffre ; très-grossièrement et très-naïvement dessinés, à la mine de plomb et au crayon rouge, sur un papier épais de fabrique canadienne. Ce recueil, incomplet au commencement et à la fin, offre en outre des lacunes regrettables dans le cours du volume. Il se compose encore de 114 feuiliets, format petit in-4°, plus ou moins altérés par l’eau de la mer, qui les a fait adhérer entre eux.
Ce manuscrit nous avait été signalé comme un monument très-curieux, et peut-être unique au monde, par le
célèbre bibliophile M. Paul Lacroix, conservateur de la Bibliothèque de l’Arsenal. Un savant missionnaire, qui revenait des États-Unis, où il avait longtemps séjourné parmi les tribus indiennes, eut connaissance presque en même temps que nous de ce précieux manuscrit et en fit prendre un fac-simile, avec l'intention de le recommander aux archéologues mexicains.
La publication de ce volume aurait été certainement faite par le congrès des États-Unis ; mais nous avons pensé que la France, qui avait recueilli et conservé ce témoin muet de l’occupation du Canada par les Français, devait se faire honneur de cette publication, qui prouvera ses sympathies pour un pays si longtemps uni à la destinée de la France. Son Excellence M. le Ministre d’État et de la maison de l'Empereur a daigné s’associer à nos intentions patriotiques, en nous fournissant les moyens de faire cette entreprise.
Nous devons adresser ici nos remerciments sincères à M. de Mercey, directeur des Beaux-Arts, qui, comprenant toute l’importance de cette publication, a bien voulu faire
agréer notre projet à Son Excellence M. le Ministre. On
ne saurait montrer assez de gratitude aux gouvernements qui, dans l'intérêt de la science ou des arts, viennent généreusement prêter leur concours aux œuvresintellectuelles qui ne pourraient jamais voir le jour, si les hommes qui s’y livrent étaient laissés à leurs ressources individuelles.
Aussi, c’est avec-les sentiments de la plus vive reconnaissance que nous remercions le gouvernement de S. M.
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l'Empereur Napoléon IIT de sa promptitude à répondre à notre supplique et à faire tous les frais de cette publication.
Nous ne croyons pas qu’on ait jamais publié un manuscrit plus rare et plus singulier que celui-ci : il appartient incontestablement aux anciennes populations de la Nouvelle-France, et il a été exécuté dans le xvur° siècle. Nous n'avons pas la prétention d’en donner la traduction, ce ne serait guère possible, avec les faibles renseignements que l’on possède sur la pictographie des Peaux-Rouges : néanmoins, nous pensons pouvoir expliquer non-seulement le sujet de ce manuscrit, mais encore un grand nombre des hiéroglyphes qu’il contient. Mais avant de commencer cette explication nous donnerons quelques détails prél'minaires sur l’idéographie indienne.
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