NOMBRES MAYAS. NOMBRES MEXICAINS
1 1 , Buluc (neuf et deux). Matkctli-on-ce ( i o + i ). •
I 2 , Lahca (dix et deux). Macilactli-om-ome ( i o + 2 ).
1 3 , Oxlaliun (trois et dix). Matlaclli-om-ey ( 1 0 4- 3 ).
1 k, Canlahun (quatre et dix). Matlactli-on-nahui ( 1 o + /i ). i5, Holhun, pour holohun (ciiK] et dix). Caxtolli.
16, Uaclahun (six et dix). Caxtolli-on-ce ( 1 5 + 1 ).
1 7 , Uiiclahun (sept et dix). CaxloUi-om-ome (16 + 2).
1 8 , Uaxac-lahim ( huit et dix ) . Caxtolli-om^ey ( 1 5 + 3 ) .
19, Bolon-hhnn ( iieul" et dix ) . Caxlolli-on-nahui ( 1 5 + i ) .
2 0 , Huii-kal. Cem-pohnaUi.
(au'íoUÍ, qui lail i5 eu uiexicaiu, paraîl siguilier uu pot, une écuelli- ou une corbeille de roseaux, de cax, primitif de cuxitl, écuelle de Ierre conuuuue, el ioUi ou Udli pour iolliti, le jonc, le roseau.
Ainsi, d'après ce qu'on vient de voir, la numération maya, de cinq en cinq jusqu'à dix et de dix à vingt, est décimale : si, dans la langue quichée, un liounue fait, hun-vinac, exprime l'idée de ao, dans le maya, elle se rend par huii-kal, une fermeture, un barrage, une agrafe, ce qui se comprend aisément quand on a vécu de la vie des Américains indigènes et qu'on connaît leurs usages. En elfel, anciennement les maisons au Mexique , comme encore aujourd'hui les chaumières véritablement indigènes , dans l'Amérique centrale , n'avaient point de portes : l'entrée eu était barrée simplement à l'aide d'une natte ou d'une claie en osier ou en cannes, dont quatre bambous plus gros que les autres faisaient toute la force; ce sont les quatre barres du barrage ^^ qui apparaissent si fréquemment dans les documenls. Dans le MnnuMril Fegérrari/, les barres réunies en fagots sont souvent bien plus nombreuses, ce qui s'explique, peut-être, par des nombres excédant âo. De même que lah, en maya, a le sens d'un entier, /.y//, vingt, a encore celui d\ui total. En luexicain, ccin-polnitiJH , c'est-à-dire un compte rond, exprimant le même chiffre, se rendait, d'après tous les auteurs, par un petit drapeau B jxiii *m ptnitli; mais Gama assure que ce drapeau, alternativement partagé en deux, en trois ou en quatre p, par la suppression d'un, de deux ou de trois de ses carrés, pouvait présenter tour à tour, soit le nombre vingt, soit le vingt moins un, deux ou trois carrés, valant chacun 5; ce qui
nous ramène plus ou moins aux quatre barres des calculs mayas. Bien que les barres se trouvent fréquemment dans les documents mexicains cités plus haut, je n'ai, en revanche, découvert, ni dans le Mamiscrii Troaiio, ni dans le Manuscril de Dresde, aucun signe identique au drapeau mexicain représentant 20.
A la suite de la grammaire se joindra la table complète des nombres mayas. Je n'ai donc pas besoin de les répéter ici. Je me contenterai actuellement d'indiquer les noms particuliers des nombres les plus considérables et leur rapport avec les noms mexicains. Je ne citerai pas davantage les premières centaines qui, dans les deux langues , se disent cincj-vingts pour cent, dix-vingts pour deux cents, quinze-vingts pour (rois cents. Le premier nombre remarquable qui se présente est hiin-hak, c'est-à-dire un paquet lié, enveloppé, roulé de cordes tout à l'entour. Bien qu'écrit avec un k dans Beltran, il serait possible qu'avec un c le vocable fût rendu plus exactement. Bac correspondrait mieux à l'idée du chiffre, en ce sens qu'il a l'acception de semblable à une mesure, ha-ac. Le vocable bak offre, néanmoins, ((uelque analogie avec le nombre mexicain de ^00, rendu par tzontli, une touffe, un paquet de cheveux, une chevelure ou une tête. Mais ce dernier mot n'en est que l'expression relative; voilà pourquoi le signe de /100 n'est jamais une tête dans l'écriture mexicaine, mais une plume i, ce c[ui suggère encore l'idée que le son fz, exprimé par une plume ou une feuille de mimosa, dans les documents mayas, pourrait en avoir été l'origine. Ainsi que le drapeau, la plume se partage en demi, quart ou trois quarts de plume l, 200, |, 100, I, 3oo, dans les signes mexicains; je n'ai jusqu'à présent rien trouvé dans le Manuscrit Troano qui pût me faire penser que la plume servît à cet usage dans les hiéroglyphes dû \ucatan.
Le nombre supérieur suivant, dans la langue maya, était, jusqu'au temps de la conquête, him-pic, c'esl-à-dire huit mille. Pk, d'après les vocabulaires, se rend par jupon, cotte de femme : mais il paraît évident cju'il devait avoir en même temps le sens d'un filet à mailles serrées, d'une sorte de sac ^^ ; car lé jupon est toujours représenté par son caractère réticulé dans le Manuscril Troano, où il signifie la terre marécageuse, envahie par l'eau et inondée. Le knn-pic maya corl'espond, d'ailleurs, au vocable mexicain .riquipilli, exprimant également le nombre de 8,000. Molina traduit ce vocable par sac, bourse; c'était à vrai dire l'énoncé
EXPOSITION Di: SYSTÈME GP.APHIOl E MAYA. 137
rPuii sac de cacao, ayant la contenance de 8,000 noix, ainsi que le hun-pic. Le symbole qui le représente est un symbole sacré : car il est non-seulement le Ä sac de cacao, mais le sac à encens qu'on \oit au l)ras de plusieurs divinités, entre autres de Quetzal-Cloall. Analysé, xic-i-pilU signifie simplement cree qui pend "Sur le ventre, ou les appendices du ventre ;ii de telle sorte que si le nombre 10 est exprimé par le haut du corps, matlacili, le cliiilVe 8,000 est signifié par la portion inférieure, le ventre avec les entrailles, la croix désignant l'ond^lic, .riclli. Le symbole suivant 0, qu'on voit en quelques endroits du Manuacrit FcgénHinj, me parait être une variante du xiquipilli; car il a lout Tair lui-même d'être un sac lié par le milieu, ou la portion inférieure d'un corps grossièrement dessinée. Il y a toute raison de penser qu'il se retrouve également dans le M (pii s'y voit au folio 2/1, avec d'autres signes numériques. En le couqiaraul ensuite aux signes du même genre que présentent le MaitiiKcrit Troano et le Manuscrit de Dresde, entre autres à ce tronçon bumain, (^^^, portant le pagne ou ceinture servant à couvrir la nudité, nous avons cru retrouver, ainsi que nous l'avons dit plus baut, dans le xiquipiUi le même symbole que celui du nom à' \tJan, ^^^. Nous n'entrerons pas davantage dans l'examen de cette image, non plus que des autres symboles analogues qu'on voit dans les documents mexicains. Nous pensons en avoir dit suffisamment pour intéresser le lecteur au sens profond qu'ils renferment. Ajoutons, néanmoins, pour terminer ce qui concerne le système numérique, que, depuis l'époque de la conquête du Mexique, le vocable Inm-pic. de même que le mot .riquijñUi, a perdu insensiblement le sens de sa valeur originale, et qu'aujourd'hui il est ordinairement pris pour le nombre mille an lieu de huit mille.
Exposilion matérielle du Manuscrit Troano. — Sa concordance avec les dorunienis mexicaini-.
Le Manuscrit Troano se compose d'une bande de papier aniiipie. fait d'une écorce d'arbre battue, analogue aux étoffes du même genre que fabri(pieiit encore aujourd'hui un grand nombre de nations américaines. Cette bande a trois mètres 70 centimètres de longueur et elle est haule de 22 centimètres et demi. Elle es!
138 ÉTUDES Sin LE MAMISCHIT TROANO.
recouverte, en entier, d'un enduit blanchâtre et pliée de manière à former trentecinq folios de 19 centimètres et demi de large chacun, présentant absolument l'aspect d'un livre ordinaire. Chaque folio est peint, des deux côti'S, d'images en couleur, entourées ou entremêlées de caractères en noir, de ceux qu'on est convenu d'appeler calculiformes, mais que les Mayas, dans leur langue, nommaient iiooh, par opposition aux images qu'ils désignaient par le vocable jih; car pcinih'c en images était jibkili, tandis que peindre en caractères d'écriture se disait noolilali. Le document, tel qu'il est et tel qu'il a été reproduit, est conqilel, pour autant qu'il m'f^sl permis d'en JM¡¡er : il ne lui manque rien que les ima<>-es et les caractères plus ou moins oblitérés par l'usure, mais dont le nond)re heureusement n'est pas considéi'altle. Aussi, sous ce rapport, peut-il être regardé, jusqu'à prés(Mit, comme un monument uni<pie. Naturellement divisé en deux parties distinctes, au revers l'une de l'autre, le livre doit se lire d'abord d'un côté, celui dont les folios, dans la reproduction, sont suivis d'un astérisque, puis de l'autre, dont les folios sont numérotés sans astérisques : ces deux cotés, non-seulement, sont placés au revers, mais encore à l'envers l'un de l'autre, de la même manière que les ¡mages de la monnaie française. Voilà pour la première division.
Avant de ))arl(M' de la seconde, nous dirons que le commencement de la leclm'(^ est placé à la droite du lecteur et que, par conséquent, il faut, si l'on veut paicourir correcteuKnit le volume, prendre la page qui pour nous serait la dernière et poursuivre jusqu'au bout, de droite à gauche. La seconde division du volume a rapport aux partitions de chaque page. Du folio i* au folio x*, inclusivement, les ])ages sont partagées en trois compartiments : de \f à xxiv*, il y a quatre compartiments à chaque page; de xxv* à xxxn', dernièi-e de la première partie, il se trouve que les pages sont de nouveau coupées ]>ai" trois compartiments. Nous expliquerons plus loin, en connnençant la lecture du document, dans quel ordiv^ les premières pages doivent être prises.
Du moment qu'on en a terminé la lecture d'un cot('', on tourne la l)ande toul entière de l'autre, comme on tournerait une pièce de cinq francs, pour en considérer le revers, et l'on trouve à sa main droil<^ la page i de la seconde partie, non marquée d'astérisques dans la copie. Le même système de lecture se poiu'suit jusipi'à la page xix, inclusivement, en lisant d'abord tous les ccmipartiments d'en
EXPOSITION DI SYSTEME GnAPHlQlE MAYA. 139
bas, puis les intermédiaires, el enfin ceux d'en haul; car elles sont également partagées en trois sections. Ln court chapitre vient ensuite, de la page xx à la page xxvn inclusivement; ces pages contiennent chacune deux grands tableaux et les (]uatre premières présentent des inscriptions considéral)les, mais dans un ordre tout dilTérent; car elles encadrent à la fois les deux tableaux, par en haut et par la gauche, expliquant les sujets (pi'elles entourent ainsi de deux cotés. Le dfTuier chapitre, de la page xxvni à la page xxxv inclusivement, est de nouveau divisé en quatre compartiments, ainsi que le chapitre deuxième de la première partie. C/esl à la suite de ce chapiti'e, c'est-à-dire tout au bout de la bande, (praj)j)arail sur la droite, en repliant le feuillet, une page isolée, sans connexion aucune avec le i-este. Bien qu'au verso de la page xxxv, elle n'en est pas pour cela le recto, tout en étant à l'envers, relativement aux pages de la première partie du manusci'it, dont elle est la première dans l'ordre de la bande.
Celte page, ainsi isolée entre les deux parties du document , s'en distingue également par son aspect : au lieu d'èlre [)artagée en sections, elle ne présente à lo'il qu'un certain nomI)re de lignes en caractères gros et allongés, partagées d'en bas par deux rangées de symboles peints en rouge, contrastant ainsi avec les lignes de caractères, peints en noir, ainsi qu'ils le sont invariablement ailleurs, (¡elle page singulière est d'autant plus précieuse que c'est sa singularité qui prouve Tintégrité du volume, dont elle est évidemment le titre et le sommaire. C'est donc par cette page que je crois devoir commencer l'exposition du }J(n)Hscn'l Troaiio. Je dis l'exposition : car bien que je lise à peu de chose près toutes les inscriptions, leur explication détaillée m'entraînerait au delà des l)ornes tpie je me suis assignées dans cette monographie: pour le moment, il suffira au lecteur d'avoiil'explication de tous les signes, telle f[u'elle précède, avec celle de quelques tableaux et l'analyse complète d'un certain nombre d'inscriptions, commençant avec les premières pages du manuscrit : aux caractères antiques je joindrai la (i-auscription en lettres latines, et du maya je donnerai la traduction lillérale. suivie du bon français.
La page qui présente ce que j'appelle le titre n'est pas numérotée : car, ainsi que je viens de le dire, elle ne s'enchaîne à aucune des précédentes ni des suivantes: elle n'a aucun rang dans l'une ou l'autre série. Un simple coup d'œil suffira poui'
|/,0 ÉTUDES Sl'H LE MWL SCRIT TROANO.
(Irnionlrer qirclle n\n\ pouvait être qu une sorte de préface, de page initiative, lilncl sommaire tout à la l'ois. La grosseur particulière des caractères vient à ra|)pui (le cette supposition, et l'analyse des détails la confirme. Les signes écrits en noii-, dont le plus remarquable est une tète de lapin ou sarigue "i^, à la manière des lettres ornementées de nos vieux manuscrits, sont faits pour être lus plionéti([uement : il est important, néanmoins, d'observer ici, comme dans un grand nombre de pages, que leurs esquisses, loin d'être inflexibles, semblent affecter fréquemment la forme d'un être humain, d'un animal, d'un oiseau, d'une plante, ou d'un insecte, etc., ce qu'on est tenté d'attribuer tout d'abord à une imagination capricieuse. Mais, en réalité, rien, dans ce document, n'est le fruit du caprice : ces détails, ces variantes étranges sont hiératiques, et les variations des lettres sont uniquement ce que, ilans le langage de l'école égyptologique, on appelle le déterminatif. En ce (|ui concerne les synd)oles peints en couleur rouge, je dois ajouter qu'ils sont cnlièrement figuratifs.
En parlant ailleurs du Mainn^cnt Troano, j'ai avancé ([u'il était le l'écit de riiistoire d'un cataclysme géologique, sur lequel était fondé le système religieux d(^s populations du Mexique et de l'Amérique centrale. Sans chercher à explique)entièrement ce document intéressant, dont la traduction intégrale demanderait un lenqis c()nsifléral)le, je crois devoir afllrmer ici ma proposition d'une manière alisohu'. .le n'agiterai j)as les (pieslioiis de détail, ni les conséquences que j'en ai tirées dans mes (Jualrc lellrcs sur le Mc.riqiic. Ayant composé le travail actuel à la demande de M. le Ministre de l'Instruction publicpie, au nom de la Commission scientifique du Mexique, dont j'ai l'honneur de faire partie, il me conviendrait |)eu de ramener ici une discussion sur ce (jue (piel([ues personnes aflV'clent d'appelei' mes théories el d'y engager, en quelque sorte, la Gonnnission elle-même. J<' me dispense donc de toute explication (|ui n'enln^ pas directement dans mon sujet. Si j'iulerprèle, toutefois, ce do<'ument,en jiai'lanl du cataclysme, c'est (jue le cataclysme y est sous toutes ses formes : les volcans sont dessinés à chaque page, dans le document, el toutes les forces de la nature, ordinairement réduites à trois, l'eau, l'air et le feu, s'y signalent de la manière la [)lus ('videnle et la plus claire: les images en sont les mêmes que celles que nous dessinons souvent aujourd'hui, et ce sont ces images qui déterminent le sens des vocables que je lis courannnent
EXPOSITION DU SYSTEME GRAPHIQUE MAYA. Ti 1
parloul. C'est dans ces images, c'est dans les v()cal)les qui en oiTrent r('\[)licalioii (}ue j'ai retrouvé la plupart des antiques divinités du Yucatán, i(lenli([ues a\('c celles du Mexique, et qui se réduisent elles-mêmes à trois, souveni combiuf'es en une seule, ainsi que les forces de la nature dont elles étaient la personnification.
Quant au cataclysme, il n'a rien en lui-même qui ait lieu d'étonner les lecteurs, déjà au courant de l'iiisloire mexicaine. On sait ([ue le récit s'en trouve, même avec des détails fort circonstanciés, dans tous les documents provenant du Mexique ou de l'Amérique centrale, absolument comme l'Iiistoire du déluge, dans les ti'aditions de l'ancien monde. Qu'on lise les annotations du ñlanascril Lctellter de la Bibliothè(|ue impériale, ainsi que celles de la Cojiie Vattcaiie, (¡u'on interroge un à un tous les documents contenus dans la collection de Kingsl)orougli, qu'on les compare à ce que disent Gomara, Motolinia, Sahagun, Lauda, Cogolludo, etc., et partout on aura les mêmes témoignages au sujet de ce cataclysme. Ordinairement il s'y trouve aussi qualifié de déluge, et ces auteurs le décrivent connue accompagné d'explosions volcani(pies et devenís impétueux, menaçant d'auéaulir l'espèce humaine.
ffDe tous les traits d'analogie que l'on observe dans les monuments, dans les «mœurs et dans les traditions des peuples de l'Asie et de l'Amérique, dit à ce '' sujet Alexandre de Humboldt''', le plus frappant est celui que présente la mytho- «logie mexicaine dans la fiction cosmogonique des destructions et des régénéra- « fions périodi(pies de l'univers, dette fiction qui lie le retour des grands cycles à cffidée d'un renouvellement de la matière supposée indestructible, et qui attribue «à fespace ce qui semble n'appartenir qu'au temps (^', remonte jusqu'à la plus rr haute antiquité. Les livres sacrés des Hindous, surtout le Biiâgavata Poiirdna, ff parlent déjà des quatre âges et des pralayas ou cataclysmes qui, à diverses it reprises, ont fait périr fespèce humaine '^l Une tradition des cinq âges, analogue ira celle des Mexicains, se retrouve sur le plateau du Tibet''''. S'il est vrai (pie r cette fiction astrologique, qui est devenue la base (fun système particulier de T cosmogonie, a pris naissaucíí dans fHindoustan, il est probable aussi que, de
"' Vucsdcs Cnrilil/rn-scl ii(oiiiiiiiciihd<'>c i)ciii)lfs¡iiillghies Ihid. llaiiiillon el Laiiylès, CaUtlugne des imnuscv'ds
de rAwéritpic, loin. II. |):iy. i i fS. xaii'icrils de la fíihl. iiiip. pag. i3. Rech. nsinliqites , tom. Il,
'> /iiV/.cil. llennaiiM. \¡ijlhoh,¡¡ie de,- Gnrclum. Th. II. pa;;-. 171. — Moor, Hmh Panthéon, pag. 87 el 101. s. .332. ' Geocgi, Alphah.ïibetanum, p. aao.
l/jo ETUDES SI H LE MVMISCRIT TROANO.
trlà, par l'Iran H la (ïlialdëe, elle a passé aux peuples occidenlaiix. On ne saurait cf méconnailre une certame ressemblance entre la tradition indienne des I o///,'-c/ä "et des Kalpas. les cycles des anciens habitants de TEtrurie, et celte série des f générations détruites, caractérisées par Hésiode sous remblènie des c[nalre f métaux. 55
Au Mexicjue il ne s'agissait pas dune liction cosmogonique : les nations de tout un continent ne sauraient avoir basé sur une simple fiction leur système religieux, les noms des dieux, ainsi cjue les fêtes, cérémonies et sacrifices qui se répétaient cliarpie année depuis six mille ans. Mais ce qui est vrai, ce qui paraît de la dernière évidence, en lisant les documents existants dans les bibliothèques, c'est qu'à chacun des quatre éléments qui se trouvèrent en lutte, au temps du cataclysme, le sacerdoce attribua, pour en im|ioser au vulgaire, un espace de temps, déterminé soit sur des calculs astrologiques, soit sur le nombre des siècles révolus, selon sa manière de voir, depuis le conimencemenl de l'existence de l'humanité. Ce dont on peut s'assurer lacilemeut encore, pai' la lecture des mêmes documents, c'est (ju'en réalité les cjuatre âges n'en taisaient (pi'un et que les circonstances qui y sont rapportées font toutes allusion au même ensemble d'événements, à une seule ère de bouleversements, occasionnés à la terre par les forces combinées de l'eau, de l'air et du feu. Aucun lecteur attentif n'en saurait douter, après avoir couqiaré les récits des quatre âges, en particulier, dans les commentaires qui accompagnent les planches vni, ix, x et xi de la Copie Valtcane '''. (l'est là ce que le Codex Cliiinolpopoca prouvei-a amplement, lorsque j'aurai pu en achever la traduction : en attendant, le Mamiscn'l Troano en sera, pour le public éclairé et inqiartial, le témoignage le moins écjuivoque. C'est là un monument qu'on ne saurait révoquer en doute et à l'appui duquel viennent se réunir tous les documents mexicains originaux, conservés dan5 les bibliothèques de l'Europe, réunis aujourd'hui dans la collection de lord Kingsborough, sans compter ceux ([ui aj)parliennent aux autres nations anciennes de l'Amérique.
''' Kiri[jsl)orouj]'li , 1/e.(7fnH Aiili(]iiilics . de. vol. \, |mij;. iGA clsuiv.
EXPOSITION DU SYSTEME (ilî MMIIOIJE MAYA. \M\
xvni
Exposition et analyso de la paijc foriiiiiiit le (ilie du Manuscrit Troano.
Ail proniier coup úa'ú donné au folio iniliaiil du ]i(iiinscnt Troano. cf (|iii attire Tattention, ce sont doux rangées de symboles peints eu rouge, intercalés entre trois rangées de groupes phonétiques et figuralifs à la fois, occupant la moitié inférieure de la page. Ces symboles sont ovales, au\ trois ([uarts i-ecoiiverts (Fun cercle de la même couleur, ce qui leur donne Taspect de petites boiusoullures, dont la croûte supérieure serait soulevée par l'effet d'une fermentation intei'ne. Le nombre de ces boursouflures est de sept, à chaque rangée, parfaitement identiques les unes avec les autres, sauf que la dernière de la première rangée, à gauche, sendjle renversée parla position verticale qu'elle occupe. Outre ces boursouflures, un certain nombre de barres, également peintes en rouge et accompagnées de boules de la même couleur, send3lent bien n'avoir été placées ainsi, que pour indiquer un chiflre d'actions, en rapport direct avec ces mêmes boiu'souflures.
Maintenant, si Ton passe au\ groupes divers des caractères, peints en noir audessous de chaque rangée de boursouflures, on est tout naturellement amené a se demander si ce n'en est pas là le texte explicatif. C'est ce que le lecteur sera a même d'apprécier, en en suivant avec nous Tmlerprélation.
Le premier signe, en commençant au-dessous, par la droite, bien (pieu pailie effacé, se laisse, néanmoins, reconnaître lacilemeut pour un ^ ait ou 7/. Celui qui le surmonte est un ^^ , kàn ou hàaii, encadré entre les deux jambes du train d'arrière de l'animal dont il a été question plus haut, page i 35, ^^ : ce symbole, affectant ici la forme d'un vase, est celui de la terre abîmée dans le bassin formé par les eaux lors de la rupture du grand barrage qui les en séparait. ÎN'ayant [)as encore achevé de traduire le MainiKcrit Troano, non plus que le Coder (jlitnial- ¡)o¡ioca, je n'ai pu m'assurer si ce vase faisiiil allusion au barrage intérieur contenant les eaux glacées, existantes alors sur la Cordillère, ou à celui de TOcéan. Quoi' qu'il en soit, le symbole est rendu par hau, vocable qui a la signification
làà ETUDES SUR LE MANUSCMIT TROANO.
d'une coupe ou d'un bassin rempli d'eau, ha-u. Au soniuiel du groupe, se présente, pour le terminer, le symbole habituel de la ilamme ou du feu ^, kak, ou (il,\ llanune. Le jjroupe entier doit donc se lire ainsi :
Ah Man lid-u kak
Celui de l'argile soulevée (accrue) du bassin dea u (c'esl) le feu.
Je n'ai pas besoin de faire remarcjuer tout ce qu'il y a d'énergie dans ces simples paroles. Je répéterai seulement ce que j'ai dit ailleurs LVAIi-Káan, le seigneur ou le mailre de la terre soulevée, titre du dieu personnifiant le feu souterrain, identique avec \iuli-T('uclh\ le seigneur du soulèvement, et avec Tlal-TeuctU, le seigni'ur de la terre, de la religion mexicaine, connu, dans tous les documents, comme 1(^ dieu du feu. Ajoutons seulement qu'au-dessus de ce premier groupe, se terminant avec le signe de la flannne, apparaît la boursouflure rouge dont nous parlions en commençant. C'est une sorte de mamelon, recouvert d'une croûte gonflée, surmonté de trois barres rouges avec trois ooo, également rouges, et que j'interprète : "un cône volcanique ayant trois cratères, (pii ont vomi chacun " une coidée de lave, v
Je passe au second groupe et je le lis comme il suit :
cah-an im-ix oc bolon
lave en avant protond foyer entré '" neuf (fois ou eu neuf endroits).
Au-dessus de ce groupe, dans la ligne rouge, se trouve la seconde des boursouflures, portant une barre rouge et deux points oo, rouges de même. Je les interprète mn cône volcanique, avec deux cratères et une coulée de lave. 15
Le troisième groupe se lit de la manière suivante :
Ah — kdan t^e maître de la terre soulevée.
Ce f|iril y a de remarquable à propos de ce groupe, c'est la grosseur paiticu-
'' Il sera bon que le lecteur se souvienne ici des tliiTérenles acceplioiis du mol cnh . telles c[ue je les explique plu» haut, nagre 88.
lière des deux caractères qui forment à eux seuls le groupe entier, comme si riiiérofT-ivimmate eut voulu le signaler d'une manière particulière à l'attention du lecteur. La boursouflure rouge ([ui le surmonte porte deux barres rouges et un o rouge (jue j'interprète : t un cône volcanique avec un cratère et deux coulées de lave, v Dans le groupe suivant, le quatrième de la ligne, c'est encore une fois le titre du dieu du feu qui se reproduit; mais le kàn est répété trois fois,- en s'élevant sur le ah sous une forme conique, comme si l'écrivain sacré eût cherché à réaliser le déterminatif de la phrase dans le groupement des caractères employés. Je les lis donc ainsi :
Le niaitro de la terre soulevée soulevé soulevé (trois fois).
Ce groupe porte à son tour, dans la ligne rouge, une boiu'souflure avec deux barres et deux points o o rouges, c'est-à-dire suivant l'interprétation adoptée : ff un cône volcanique avec deux cratères et deux coulées de lave. ^^
Au cinquième groupe, les caractères ali et kaan se présentent de nouveau, mais avec un changement fort remarquable. Du centre de la lettre 'A ou ah, servant de piédestal llllâ , s'élève un jet, dont le pointillement est le signe caractéristique de la c(msonne j;^ .r {ch français); ce jet tourne autour d'un o bri^é, connue une cime de mamelon lancée eu l'air, et sur l'autre côté du li s'élève à gauche une variante du caractère § ai. Le groupe entier doit donc se lire ainsi :
Ml Ldun x — 0 — r-a
Celui (le la terre soulevée a sifîlé (ou compté ses gr;üns de mais) dans feaii, ou Ijien a souillé
de l'eau.
Or, je ferai remarquer ici que .roc, sifller, souiller, par son acception de conq)ter des grains de maïs, fait encore allusion, soit au feu, dont le pétillement est fré(|uemment exprimé par celui des grains de maïs grillant, soit aux dépôts de toute espèce, rejetés par l'action volcanique. D'accord avec cette idée, la boursouflure ne porte en rouge (pie trois ooo, c'est-à-dire qu'il y aurait eu trois cratères sans lave, mais qui auraient lancé des jets de feu, ainsi que l'exprime de toute manière le groupe noir. Dans le sixième groupe, on revoit le titre (YAh-Kdan,
l/,6 ÉTUDES SUR LE MANUSCRIT TROANO.
la syllabe kdaii répétée de nouveau trois fois, comme dans le quatrième oroupe, et s'élevant en cône comme une montagne; mais le soulèvement y est d'autant plus apparent que les caractères en sont plus gros et plus remarquables. Le groupe entier se lit comme ravant-derniei- :
h (¡an
hmn
kdii
Celai
(le la terre soulevée
soulevée
soulèv
(le groupe est surmonté,, comme le précédent, d'une boursouflure rouge, avec trois points o o o, également rouges, mais placés cette fois au rebours de tous les autres, dans une situation verticale. Cela indiquerait-il que le cône volcanique aurait été suivi de trois cratères placés successivement au-dessus l'un de l'autre?
Enfin, en arrivant au septième et dernier groupe, bien qu'il soit forlemeni endommagé, j'y reconnais encore une fois le caractère '// ou ah, servant de base au syndîole ^, lia-u, le bassin d'eau, non plus entier, comme au commencement de la ligne, mais n'en oiîrant que la moitié, ce qui correspond à l'un des sens de cet étrange vocable, exprimant une coupe faite de la moitié d'une calebasse, indication soil d'un lac, soit d'une partie de la mer seulement. C'esl donc : Aliha-i( , celui ou le maître du bassin d'eau.
La ligne entière, en commençant par le premier des sept groupes, doii donc
se lire ainsi :
Ah — kdini lia-11 kak cah — an
Le maître de la terre soulevée dans le bassin d'eau (c'est) le feu, lave poussée
im — ¡X oc holon ali — kduii
du profond foyer, entré neuf (fois? ou dans neul endroits), celui de la terre soulevée
ah kdaii kdan kdn , ah kdaii
le maître de la terre soulevée s'est soulevé trois ibis, le maître de la terre soulevée
.loc — a, ah kdan kdan ah
a souillé dans l'eau, le maître de la terre soulevée de la terre soulevée (c'est) le maître
ha-u.
du hassin d'eau.
Enfin comme indication dernière, complétant l'idée renfermée dans celle ligne
EXPOSITION l)L! SYSTEME GHAPIUQLE MAYA. l/i7
précieuse, le carré, signifié par la hoiirsoullure rouge, se trouve dans une position verticale, comme s'il avait été bouleversé avec les trois couches de lave c[ui l'accompagnent, ainsi que les quatre cratères indiqués parles points rouges. C'est très-probablement le syndjole abr('gé de l'engioutissement d'une portion de la terre américaine, signifiée par le bassin d'eau.
Avant d'aller plus avant dans cette page intéressante, nos lecteurs voudront bien l'emarquer combien tous les signes dont elle se compose, en partie phonétiques, en partie figuratifs, sont à la fois parlants par la manière dont ils sont esquissés et par leur juxtaposition : ainsi que nous le disions plus hatit, c'est le déterminatif apporté par le caractère phonétique lui-même. On aura pu observer en même temps comment la lecture des groupes se ffdt ici. Le caractère inférieur de droite est invariablement le premier; s'il se trouve seul, on monte au suivant de droite, sinon on continue immikliatement de droite à gauche, à moins (pie celui de la gauche ne soit suffisamment détaché pour admettre qu'il se lise en dernier lieu. Les caractères se trouvent rarement plus de deux à la base; après avoir lu celui qui surmonte le premier, on lit celui ([ui le suit à gauche, le<[uei fort sonveut prend toute la hauteur du groupe contre lequel il est flaïupié de l)as en haut, ainsi cpie le caractère ^g oc, dans le second groupe.
En jetant les yeux sur la deuxième ligne de caractères noirs, on remarque avec surprise cpie tous sont identiques , à l'exception du dernier. Ces groupes doivent donc dire à peu près la même chose, chacun d'eux étant composé du caractère de la consonne j!^ j\ portant au front un o, formé de la base du caractère ^ qui en est le symbole et qui en détermine le son, faisant.ro [cho français), siUlé, souillé, rugi. Mais qui a sifflé, soufflé et rugi? le dernier groupe l'indique : c'est ma. la terre mère, la terre molle, humide, dont le nom est rendu par ^% ni. et Í3 if, elle a rugi, non une fois, mais six fois, c'est-à-dire bien souvent, avant d'éclater, et c'est là un des sens de la répétition des six premiers groupes. Car, si on lit successivement les sept groupes réunis, on y trouvera ces mots : xo xo xo xo xo xo mu
Mais ces syllabes unies de cette manière peuvent encore se lire de la manière suivante : j'o-.r o.i-ox-o.r-o .ro-mii , ff compté des grains de mais (lancé des étin - 'f celles), exhalé des vapeurs, '■> sens de la syllabe ox et en particulier d'odv. Ce qu'il
y a f'iirore de remarqua])le ici, c'est le nom á'0.romn, qiiV»!i trouve à la fín de la phrase, régreneuse de maïs, la mère ou la terre mère égreneiise, run des noms de la grande déesse mexicaine. (Voir plus haut, page 121.)
Ici se répètent les sept boui'Sijuflm'es rouges, rangées en ordre au-dessus de chacun des groupes noirs; la première présente en outre deux barres également rouges, mais sans aucun point rond. Sont-ce là encore deux coulées de lave ou bien deux couches éruptives? C/est ce C[ue nous aui'ons occasion sans doute de voir dans la suite du document. La seconde boursouflure porte une barre et un point rouges; la troisième deux points rouges, superposés verticalement; la quatrième deux barres avec un point rouge; la cinquième une barre et deux points rouges horizontaux; la sixième trois points rouges également horizontaux et sans barre. La septième enfin, dans la même position que les précédentes, porte deux barres rouges, surmontées de trois points semblables.
De ces l)oursoullures ou cônes éruptils d'où, sans doute, sortirent les rugisseineuls de \n lei're mère, passons à la troisième rangée de caractères noirs. Dans les sept groupes dont elle se couqiose, on ne voit, à Texception des signes numériques, qu'un seul caractère, répété partout; c'esl celui de la consonne ^ c, initiale de co, la dent, la pointe, la pierre aiguë ou la cime d'une montagne, (íelie lettre est ici précisémenl son propre déterminaliL Après avoir rugi, la terre s'est soulevée et a enfanté des montagnes, des dents ont surgi à la fois de toutes parts, ainsi que l'énonce également le Codea- Chimalpopoca. Le vocable co, dent, pointe, répété plusieurs fois dans chaque groupe, est ainsi un pluriel qui, en maya, s'exprime par co-oh, des dents, des pointes; mais c'est également un vocalde signifîant'w tête de clou, ^^ (ît un verbe ayant le sens de repousser des dents, -^ à la li-oisième personne plurielle; ajoutons eiicore que le monosyllabe co répété, faisant coco, exprime l'idée d'une noix, d'une chose ronde et gonflée, comme l'étaient les premiers soidèvements. Malheureusement les seuls caractères qui ne soient pas des ^ co sont tellement effacés (pi'on en discerne à peine un ou deux.
lieux soulevés soulevés croissant (?) i\t'u\ lieux soulevés''
'1 (m il ;iiissi II' sens d'un lieu.
EXPOSITION DU SYSTÈME GRAPHIQUE MAYA. Ui9
co huluc co co Ci) n> vvc-hihnii ni ra
(sont) noyés (b()ulev("i'S('s) lieux sonlevós (fii) dix-sept (endroits) lieux
l(ÚlC<l
co co
caii
sonlevés
(luatre (ou (
diaines
co co
co co
ca
lieux seul
evés
deux
co co co co
douze
Bien que le peu de vucables, liant entre eux ces chaînons rie lieux sonlevés, manquent, comme la mâchoire aux dents qu'elle réunit, on ne laisse pas de voir qu'il s'agit ici du soulèvement général de la terre dont il es! parlé dans les divers documents. Les barres noires et les points qui les accompagnent disent probablement plus qu'un simple nondire; voilà pourquoi nous avons donné pour traduction au vocable huluc, onze, le sens cpi'il a comme participe passé du vocable hiiL noyé, bouleversé sous l'eau, ainsi que l'indique la Hgne supérieure que nous faisons suivre.
œ eus ra Œ) ^ o '^ «^
ail kIi hdan. . . .'•'> ah 'w-'- l.daii rcli ii
celui celui de la leri'C soulevée. . celui de la calebasse accrue animal du bassin
1 sa ffi S i) s - Gffis
ah kdan ¡> (o) — hiaii p [o) — hmi> oh
celui de la tei-re soulevée gonflée de matière p,onflée de matière cel
lui-u bassin deau.
'•' Dans le texte original apparaît ici une petite tête à'Ahmut, c'est-à-dire de maître, le chef de la lene mi're.
d'animal , reste d'un hidroglyphe , dont le corps est effacé. Le titre A'ah-coc est représenté ici par le caractère /< oïdi-
mais portant autour du Mn»; il me semble y reconnaître nuire, et par une calebasse encore ferniiV. li^s ix.iiilos en
un serpent, can, en maya. dedans, germant d'une manière invisihl.' n lutniriuv.
"'' Ah-coc, le maître de la calebasse, est un des noms ''> Les quatre caractères de ce groiqic smil lorl deté-
donnés, dans Landa, à Zamnà ou Itzamna, le premier riorcs, non moius que le caraclère qui les suit paren haut,
prêtre, le dieu de la puissance cachée qui vivifie les êtres. dans l'original, et que j'ai lu poiu- un ah. Ce dernier, en
A ce nom est joint, dans l'ouvrage de cet écrivain, celui outre, est surmonté d'une sorte de poisson également on
ÉTUDES Sun LE MANUSCKIT TROANO.
be-en ci-ini ii ih ' . hc-en n-ini ii tk:
voie desceiuluo mort son souille: voie desceiiclue tiiort son souille:
he-en ci-mi ii ih: hc-en ci-mi ii ik;
voie descendue uiort son souille: \oie descendue mort son souille:
be-en n-mi v ik: be-en ci-mi xi ik :
voie descendue mort son souille: voie descendue mort son souffle;
ro ro bolon-lahnn ro co co ca ro co
lieux soulevés dix-neuf (endroits) lieux sur lieux soulevés deux lieux soulevés
liol-liun ro ' co holon co co uac-hiliiin co co co
ahîmeun'-, lieux soulevés vaincus" lieux soulevés seize lieux soulevés
liol-h
(jui soûl soulevées pointes abîme un
-nik h
roh-tni
lé
ca-han
le lieu sans force voie de lave montée déchiré la voie (|ui a amoiu/elé
®(?) Si F © (H) Ô
kàan cah-an m — h ca t't ino-nik 1/"-^'-
la terre soulevée. lave en avant leire mère (jui est le lieu sans force fortifit
•^ ¡S (tM^ m
ma ca li aliau
s'est |)uis((ue là le voirai
iniivnis (Hnt Pl siipprirlanl un signe qui somlilc cire un dp lion, sa suppression ne changeant guère le sens de la
en\ de la glai/e. Mn sonune, le groupe enlirr esl ibrl don- |)lirase.
'11^- '"' íío/-/i!/íi, qui signifie ff quinze, 1 a aussi l'acfe])lion de
•'' Ce caractère, qne je rends ailleurs par lie, est en- rriron. abîme un,ore fort incertain. Il est possible qu'il ne soit ici qu'une ' ' Bolon, neul'. signifie aussi ft vaincu, roulé.' avec les
orle de liaison : on peut donc le supprimer dans la tradne- mêmes acceptions (pidn allacln? à ces mois en IVançais.
/ ■' TRADUCTION LlBllK.
«Le maître . . . c'est celui de la terre soulevée, le maître de la calebasse, terre soulevée tfde la bête fauve (aux lieux abîmés sous les Hots); cesl lui le inailrc de la terre soulevée, rede la terre gonflée outre mesure, lui le maître ... du bassin de l'eau. Voie descendue, rr abîmée, sans souffle, voie descendue abîmée de toutes parts, les montagnes s'y sont sourr levées en dix-neuf endroits (?); aux lieux soulevés sur l'eau, aux lieux soulevés de l'abîme, rrles montagnes se sont soulevées à la surface du bassin. Car c'est là qu'ils étaient sans force, ff à la surface de la lave montée, voie déchirée qui a amoncelé la terre soulevée, lave montée et de la terre mère : mais ces lieux qui étaient sans force ont repris leur vigueur; car c'est là «qu'est le volcan, i-
Tel est, dans son ensemble, le sens que paraissent comporter les quatre dernières lignes; mais le lecteur fera bien de se souvenir que ce ne sont là que les parties d\ui titre ou sommaire abrégé de Touvrage qui vient après. Dans la ligne suivante, extrêmement endommagée, deux groupes, sur les sept qui la composaient naguère, manquent à peu près totalement; j'ai quelque raison de penser, néanmoins, que ces deux groupes étaient ^^ ¡aian et [^ alum; placés ici avec les autres, le lecteur pourra s'en rendre compte aussi bien que nous.
© g S ffl ® ® ©
DKi-niJ: ciiiii (Ldaii ultau) aldxil ik iiiin-
sans force mort (la terre soulevée volcan) en eau tourné souille foyer profond
Au-dessous de cette ligne de caractères, se trouvent encore plusieurs barres avec des points rouges, deux points et une barre au-dessous du premier caractère ma-nik; un point avec une barre sous le caractère chm; une barre seule, probablement sous le caractère suivant [kâaii . . . .); trois points rouges sous le caractère akhal; deux points sous le caractère ik et rien sous le dernier hn{j(\ Ainsi se termine le litre du Manuscrit Troano, dont la page entière est d'une grande énergie et de la signification de laquelle on ne saurait douter. Je l'ai rendue aussi bien (pi'il m'a été possible et de façon à ce qu'elle puisse même être étudiée par le lecteur qui n'aurait pas le document en entier sous les yeux. Dans son ensemble, c'est un résumé de l'iiistoire du cataclysme : on y distingue, sans difficulté aucune, cinq phases diverses, parfaitement marquées et dont les détails se trouvent décrits minutieusement, non-seulement dans le Manuscrit Troano, mais dans tous les
autres documents crorigine mexicaine. Passons maintenant à la lecture des premières pages de notre manuscrit.
Lecture des inscriptions. — Explication du tableau inférieur, fol. i*.
Ainsi queje Tai annoncé pins haut, la première série du Manuscrit Troano, marquée par un asléristpie à côté des chitTres des folios, se compose de trois parties parfaitement distinguées par la difl^rence du nondire de leurs tableaux. La première, à la([ueüe je me reporte actuellement, comprend les dix premiers folios ([ui paraissent devoir se partager encore en plusieurs petits chapitres, inégalement distribués. A la première inspection, j'avais cru pouvoir ranger dans le premier de ces chapitres tes dix tableaux inférieurs, dans le second , les dix tableaux intermédifiires, et enfin dans le troisième les dix tableaux dVn haut : mais, après en avoir fait une première traduction , j'ai cru reconnaître que la lecture n'y suivait pas une marche tout à fait si régulière; je les ai examinés de nouveau, et il m'a paru qu'après avoir lu successivement les six tableaux des deux premiers folios, il fallait continuer avec les quatre tableaux inférieurs des folios m", iv*, v" et vi'', pour reprendre ensuite le tableau intermédiaire du folio m", etc. C'est de cette manière que j'ai interprété ceux dont j'offre ici la traduction au pul)lic; j'aurai soin, toutefois, pour plus de clarté, d'indiquer à mesin"e chacim des tableaux, selon le rang qu'ils occupent dans leurs folios respectifs.
Je comiuencerai donc par l'explication des tableaux formant les pages de ce (|iie j'ap|)eile le chapitre premier : un simple coup d'oeil, jeté sur les scènes variées (ju'ils présentent, suifira au lecteur pour se convaincre de la réalité et de l'étendue du rôle qu'y joue le fen. Ce sont des torches allumées dans les mains des personnages qui les portent, ce sont des autels sur lesquels le feu brille avec éclat, ce sont des foyers d'où la flamme jaillit; ce sont enfin, et surtout dans les tableaux siq)érieurs, des gaz ([ui sons la forimi de plumes | 1 ou de feuilles de mimosa s'élancent au-dessus des inuiges syudjolisant la terre, les montagnes on les eaux. Si je passe des générahtés aux détails spéciaux de chaque tableau, j'y découvre
iinmédiateniont, entre les inscriptions qui en donnent Texpiicalion phonétique, des images particulières qui en détermineront le sens et où les iuielligences communes trouvaient, au Yucatán, la représentation des divinités qi^elles adoraient. Ce quil y a à observer encore dans ces tableaux, c'est qu'outre la description que les inscriptions d'ensemble fournissent de chacun des événements ou des phénomènes qui y sont représentés symboliquement, une inscription al)régée, écrite unicjuement avec les caractères des jours, en donne encore un sommaire à part: ces sommaires sont constamment placés en colonnes, à la droite ou à la gauche de chaque tableau, bien que parfois on les y trouve eucadrés à rintérieur; ils se lisent de bas en haut, une colonne après l'autre, lorsqu'il y en a plus d'une. Voyons donc ce que représente le tableau inférieur du folio i*.
Tableau inférieur, folio i*.
Ce tableau est malheureusement trop endommagé pour qu'on puisse en reconnaître tous les traits. La scène, partagée en trois compartiments, représente trois génies, renfermés chacun dans une sorte de cage. Cette cage, c'est l'intérieur de la terre, hïnm, en langue maya, que la couleur jaune vermeille, han, répandue çà et là, désigne d'une manière certaine : le plan supérieur (pii la couronne j ù en indique la surface commune, ta. Le plan inférieur (fes^ est le symbole de la terre sous l'influence de l'eau et de la chaleur, alternativement : les petites lignes verticales, pointillées par en l)as, cpii descendent jusque sur la tête du génie, sont les inchces des gaz qui commencent à opérer à l'intérieur. Le personnage est accroupi, selon la mode indigène : sa jambe, ou plutôt son cothurne, qu'on /// en partie, est une variante du caractère '^ Imn ou hiau, désignant la terre ou les sécrétions soulevées ou élevées au-dessus d'autre chose; c'est le fiel, c'est-à-dire le trop plein de l'estomac terrestre, monté, hi-an. A la main, le génie tient une hache ^, hal, avec laquelle il bat, il frappe une abeille, décrite plus haut (page 119), mais ici à peu près entièrement effacée. Le pendant d'oreille du génie est la lettre @ 0, symbole également d'une terre soulevée, mais en particulier d'un mont, d'une colline. Pour coiflure le génie porte une sorte de casse-tête ou de massue ^t^, composée des signes de l'eau et de la flamme, décrite plus haut, et que je crois désignée par le vocable kiikumtok, l'arme ou le silex emplumé,
[5à ETUDES SUR LE MANUSCRIT TROANO.
orné, c'esl-à-dirc le conibl(3 des maux, selon Tidée qui en est lournie dans le calendrier maya, donné par Pio Ferez au voyageur américain Slephens''*.
Si l'on passe aux deux génies suivants du même tableau, on ne leur trouve guère de diiTérence avec le premier : leurs coiffures ne présentent que des variantes de celle que je viens de décrire; seulement, les abeilles qnils iVappent sont plus visibles et, dans la tète de la troisième, je trouve le caractère (^ , r/ /m m, quelque peu modifié, reposant sur la lettre [3, u, formant les mandibules de l'insecte. Je lis donc u-ah-au, ffson bambou du vase d'eau , •■i c'est-à-dire le volcan du bassin. (]e symbole reparaît, bien qu'en partie effacé, dans la tète du génie qui frappe
â l'abeille, tête qui diffère ici sensiblement des antres; car la bouche ouverte, avec une dent canine et la langue pendante, ressemble à d'autres bouches que nous verrons plus loin, et dont la silhouette, renqilie de
feu, présente l'ouverture d'un cratère. Le nez en bec de corl)in qui la surmonte et l'oeil entouré du symbole de l'eau donnent, avec les autres caractères de cette image, l'idée complète d'un petit masque en bronze, qui est en ma possession, chef-d'œuvre de l'antique fonte américaine et qui fut trouvé dans le lit de la rivière tle Rabinal (Guatemala). Or ce bijou n'était qu'une miniature d'un autre masque en bois sculpté, servant au personnage principal du ballet intitulé Mam, l'aïeul ou le vieux seigneur, le grand seigneur par excellence. Les indigènes qui exécutèrent plus d'une fois ce ballet en ma présence, sur l'exphcation que je leur en demandai, m'assurèrent que le vieillard au masque était MameX que la vieille femme masquée à coté de lui était /1///, la vieille ou la grand'mère, identique avec Xmncané, que nous avons décrite plus haut. Il n'y avait pas à s'y méprendre; c'étaient les symboles antiques de la terre et du feu. Car Mam, l'aïeul, le vieux seigneur, est identique, de son côté, avec le mexicain Huehnc-TeucÜi, qui représente la même idée : c'est lui qu'on surnomme encore Xiuli-Teuclli, le seigneur ou le dieu du feu et de l'année, le dieu du soulèvement, indiqué par le vocable mexicain .viiili . tout ce qui pousse et croit, ton! ce qui sort d'en bas. L'image de ce génie, battant l'abeilli;, est donc celle du dieu du lèu, du feu lui-même, du roi de la nature, ahau, le volcan, le roi par excellence, ainsi qu'il est nommé constamment dans le ]fn-
''' Incidents »/ irarel in ïucatttH . \ol. 1, Ajipcndi.v.
mtso'il Troaiw; car ce c[ii'il exprime, en réalité, c'est la combinaison de cette double puissance qui anime et qui enj>endre tout, le feu, dont il fait ici les principales fonctions, et Teau, dont il porte les signes autour de l'œil et de la coiffure. C'est Vahan (^ , dont la face du dieu présente encore l'image, Yahau, expression du chaud el de l'humide réunis, de l'organe mâle et de l'organe femelle, c'est Yahau. tpii , sous tpielque nom ou sous quelque masque qu'il se dérobe, se reconnaît toujours aux emblèmes de la double puissance cpi'il porte d'un côté ou de l'autre. Car, ainsi qu'on le voit aisément, en lisant les documents originaux du Mexique, il n'y avait dans la religion de ces contrées qu'un polythéisme apparent, caractérisé sous une foule de symboles divers, nuances de la toute-puissance divine dans la nature.
Première iiiscriplion.
Cette inscription est malheureusement en partie oblitérée : le premier groupe de caractères ne se reconnaît partiellement que dans les deux signes supérieurs où je retrouve le dïWM, h, et le ^J, caban. Mais il m'est impossible de déterminer les caractères inférieurs, bien qu'il me semble y découvrir deux caractères M, u, l'nn surmontant i'autre, portant le signe ^, caractère de la locahté, lu phonétiquement t ou //, adverbe de heu ou préposition, à, dans, vers, etc., el cpii symboliquement se lit cah, ville ou pays, ou cah , qui en est une nuance. Avant d'entrer en matière, il est une remarque à faire au sujet du chilïre ^¿ o.rIaluni. 1.3, formé par deux barres noires et trois boules horizontales au-dessus de rimage du génie souterrain du feu, et qu'accompagne une boule rouge o : celle-ci me paraît être le symbole d'un cratère, tandis que les deux barres et les trois boules noires, tout en indiquant le chiffre i3, pourraient bien être aussi la figure de deux ou de plusieurs terres ou pays, dont les boules, ob, tète de clou, ou o-be. ouverture de la voie, exprimeraient les soulèvements, accompagnés de crevasses dans le sol éruptif. Commençons maintenant la lecture de l'inscription.
ÉTUDES SLir. LE MAMSCÜIT TíiOWO.
El
ilique
bu lue abîmé
ca-nac laiTo que Iro]) |)leiii
u — 0 — lie ca u ik ben li I — //,• — beit
{THMiouille comme '^' que son souiïle sera là se lève - ra
i S i? ano Ü S ®) m
ail k - — Il bc ca-baii u ezaiiab kdan kâan
crlui Ju jjite ''* voie qui esl ainoiiceli'- '^' sa surl'ace ridée ^'^'^ des terres soulevées
(E ghO © 1 (®) m
Il bc cab-an u ezanab kdan kdan
sa marche de lave en avant sa surface menteuse des terres soulevées
u bc caban u u ezanab
kdan kdan
sa voie de lave poussant le bassin sa surface glacée des terres soulevéf
TRADUCTION LIBRE
fr La terre du croissant, pays aquatique, a été aJjimée sous les eaux, gonllée quelle était tr comme une grenouille. Voilà que le souille volcanique va la saisir: il se lèvera celui qui a frlà son gîte. Sa voie, c'est ce qu'il a amoncelé sous la surface ridée de la terre soulevée; sa r marche, c'est la lave en avant, c'est la surface glacée des terres soulevées; sa voie, c'est la ctlave poussant le bassin de la surface menteuse des terres soulevées *■'. r
Légende du tableau inférieur, folio i*.
Passons niainlonant à la roloniie composée de cinq caractères, Ions apparleiianl à la s^rie des vinp,i joni's du calendrier. On va voir cpie leur lecture, (aile
' Í' [ou, en français) signifie la iune, le croissant, la surface d'un vase dëcouvert , et c'est en même temps un |ironoin possessif de la Iroisiènie personne , etc.
'' Cf. plus liaut, page 169, ligne i5.
■' Le caractère ç3 , que je traduis par lie, est encore incerliiin quant h sa signification complète.
'*' Ku, gite, nid d'oiseau, a surtout aussi le sens de saint, dieu, etc. L'une et l'autre acception peut convenir ici au volcan. (Cf. plus haut, page 56, au vocable ku.)
'' Ca-bnn, ce qui est amoncelé, etc.. ou bien cab-an, lave montée, etc.
'' Ezan-ab, vapeur glacée, gelée, ridée ou ensorcelée, ou bien ei-u-nab, paume, surface d'eau gelée, ridée, etc.. et quelquefois ezanab pour le premier jet de feu du volcan, rompant la terre couverte de glace.
''' Trois kâan réunis en forme de couronne murale, image de la terre soulevée à plusieurs reprises.
'"' J'ai mis dans ce texte trois des principales acceptions du vocable ezanab qui conviennent toutes également dan.s la circonstance : ez-a-nab , surface ou paume d'eau gelée, ridée, menteuse ou déformée, etc.; ezan-ab, souffle ou vapeur ensorcelée, etc.
ph()iiéli(|iiemenl, suivant le son allribué à chacun d'eux, donne comme uli sommaire de tout ce quise présente dans le tableau, inscription et images. Le ])nMnier signe, bien qu'oblitéré, ne l'est cependant pas de manière à ce que je n'aie pu le reconnaître, après avoir confróntela copie à l'original.
caban
rnbi,
ca-ban :e qui est amoncelt