IV. BROUTLLON DE LA NOTE SUR LA PAUYRETÉ DU CLOB
(178+ pièce, cote supplémentaire.)
Si Fon veut estimer approximativement la pauvreté de naire globe, il faut so représenter ce qui existerait si ls pmissamce créatrice eùt pradnit dans k sens de bien autant qu'elle a produit dans le sens du mal. Expliquons-ness d'abord sur ke men et ke: mal.
Dans le système de créatæn, le mien se compese des êtres assaciés au comliwnés : j'eutends par associés eeux qui coopèrent activement eu passivemest aux travaux et aux plaisirs de l'hemme sas lui faire aucen mal : tels sont, does les 3 règnes, le cheval, l'aranger, le marbre, etx., qui coopèrent am bien-être et au luxe de EF homme.
Le mal se compese des substances incokérentes ou discordantes qui nuisent à Pindastrie et zax passions de l'hemme : tels sont, dans les 3 règnes, le tigre, l’euphorbe etla grèle, qu sont peur l'homme 3 seurses de ezlamités.
Las pructaiis srakes | Lits
Déberrsimens ce qui résuléerait si Dive avast pu opérer cn lien dans des cas mèil à opéré:au nat ; éiuhlissens l'hypobièse sh: lbs se êtres smluisunts conne ke tigres, les punnines, etc.
La famille des tigres se compuse de divers animaux conformes en propriééès et curactères, tels que ben , iéopard, pasthère , once, ivax, chat, etc., qu'on désigne sous le nom générique de ftlins. Suppessns que cote race rnaléaisanie ant été suppranéæe du plan de création et semplume par une aaûe famille sussi avantageuse à l'homme que celle-ci dei est désastreuse. A réseltera que le meilleur animal de la famille existante ne sera que le moins bon d'une fneemilée créée en sens inverse. ins, à partir da chat en est le meikleur des félms, La création aurait denacume série d'animaux de caractères smpesés à ceux des lions, tagres et léopards, etc. Leur uülité et leur socialhité épalerait la malfaisaace graduée de ceux qui existeat, et de plus grand se trouverait aussi puissaut, aussi ardent pour servir l'homme que le grand tigre à collier est peissant pour déchirer tout æ qui existe.
Suppssons de mime que la série des inscctes plats, qui sont du gemre &e la pwnaise et de ha cochenilie, at été remplacés par ane série dome de propriétés opposées : la cochentile qui est aujeurd’hui le meiteur deventrait te moins bou, et la création aurait donné, à partir de la cochemile, une série d'insectes croissant ea utilité, de sorte que le dernier insecte de la nouvelle série serait aussi merveilleux peur lc service et l'agrément de l’homme, que a pusaise est infernale par sa piqüre et sa malpropreté.
On te renversement dans le système de création vaudrait à l’homme des richesses et avantages inappréciables, la possession de plusieurs milhers d'animaux, végétaux et minéraux, plus utiles que ceux qui existent, puis l'absence des espèces nuisibles qai nens tourmentent et nous appauvrissest aujourd in.
Pour opérer oct heureux changement, il ne faHait à notre globe qu'un accroissement de visuesr daas les facultés génératrices.
((S'ai observé qu'il en est des globes comme des individus, les uns sent vebastes et donnent de merveillenx produits dans les époques de créstion, d'autres sont friles et plus féconds en malices qu'en mervoiles : j'a di que le nôtre est à l'avant-dernière clsssæ qui, avec une cribre de vigueur, produit plus de créatares malfaisanées que n'en produirait l'état de faiblesse extrême.
Quelle que soit la dose de rismeur d'un &tobe, elle est mégale selon tes époques ; sassi la puissance créatrice qui engendre les produits des 3 règues a-tlle dans le cœurs de ses œuvres des périodes d'activité et de laupueur d'enfance ou déclin, etc. Pendant sa vigueur, elle srée
beaucoup plus de bien que de mal, et pendant son déclin plus de mal que de bien. Elle était donc déjà en langueur à l’époque des créations d'Amérique, où elle ne montre d'activité que pour former une infinité de substances malfaisantes ou inutiles. À ce mot inutiles, il faut se rappeler que dans la création tout se rapporte aux passions de l’homme, et tout ce qui n’est pas utile à l’homme ou aux animaux qui le servent devient malfaisance de la part de Dieu.)
La puissance créatrice est-principalement faible et vicieuse aux époques du début et de la clôture de ses travaux. C’est alors qu'elle organise en foule les êtres grotesques ct inutiles, odieux et vils, tels que l'hippopotame, les monstres marins, les reptiles, les insectes, etc.
Elle était dans sa vigueur, quand elle créa le cheval et le bœuf sur l’ancien continent; et comme les créations d'Amérique, postérieures à celles d'Asie, ne produisirent rien d’analogue à ces 2 précieux animaux, il fallait que la puissance créatrice fût bien caduque à cette époque; car le plan de création n’était point changé. L'Amérique engendrait à profusion des êtres malfaisants conformes à ceux de l'ancien monde ; les espèces étaient mème plus vigoureuses dans la classe de la perfidie, témoin les serpents, crocodiles, cancres, etc., plus forts que ceux d’Asie, témoin les arbres épineux, les moucherons, etc., qui, par leur multitude et leur importunité, attestent que la création américaine était renforcée en germes de perfidie et de malice la plus basse; aussi n’engendra-t-elle point la cruauté franche, comme le lion, quoiqu'elle eût produit dans la famille du lion quelques petits tigres d'une espèce rabougrie, comme l’ocelot, le jaguar, etc.
La puissance créatrice était donc, lors de ses travaux d'Amérique, dans un état de déclin et de dégradation; ({car les passions perfides qu’elle organisa en grande variété sont l’apanage de la faiblesse)). Ses hommes nés sans barbe, son plus grand quadrupède dépourvu d'armes, sont des indices irrécusables de cet affaiblissement physique.
Le peu de bien que la puissance créatrice engendra sur l'ancien continent à l'époque de sa plus grande vigueur ne donne pas une haute idée de cette vigueur : car dans l'Asie et l'Afrique les espèces malfaisantes sont encore bien supérieures en nombre et en force aux êtres bienfaisants, témoin le tigre et le lion si supérieurs en tout sens au bœuf et au cheval. Celui-ci, malgré sa beauté, n'est qu'un porteur de parade, quand on compare ses faibles propriétés à celles du lion ou du tigre à collier.
Notre globe, dans l'exercice de ses fonctions génératrices, a donc joué le rôle d'un être faiblement constitué qui n’a dans son plus bel âge qu'une ombre de force et de santé ; aussi voit-on que le bien dans les 3 règnes ne se montre que par lueur. J'ai déjà cité à l'appui de
cette opinion les quadrupèdes qui sont les plus utiles et les plus nombreux de nos serviteurs, et dont on trouve pourtant les 7/8 de sauvages ou ennemis.
Continuons la recherche des résultats qu’aurait donnés dans la création une vigueur différente en plus ou en moins.
Si les facultés créatrices du globe eussent été moindres, Dieu trouvant moins de ressources pour organiser le bien aurait créé en sens malfaisant la plupart des êtres utiles, tels que le cheval, par exemple. La série qui se compose de cheval, âne et zèbre, parmi lesquels le zèbre est inutile (inutile aujourd'hui, il ne le sera pas dans l’'Harmonie, où il rendra de grands services), aurait donné une série inverse dans laquelle le zèbre se trouverait le meilleur, et à la place de l'âne et du cheval il existerait des animaux à peu près semblables, mais qui, au lieu de servir l’homme, l'atlaqueraient à force ouverte. Ce fut par un tel renversement de plan que Dieu créa la famille des félins, des tigres, lions, léopards, etc., et tant d’autres qui font de la création une œuvre de haine et de rage contre l’homme.
Passons à l'hypothèse d’une vigueur plus grande qui aurait reproduit en sens utile la plupart des créatures malfaisantes, par exemple la série des félins que nous venons de citer.
Ainsi le tigre à collier, qui est le plus terrible de tous, aurait été remplacé par un serviteur incomparable, le porteur septenaire, grand animal de 48 pieds de longueur du museau au coccis. Il aurait à peu près la forme du grand tigre à collier et pourrait, en portant 7 hommes à la file, parcourir 8 à 40 lieues par heure d’un galop très doux, élastique et rasant terre, franchissant des fossés de 3 à 4 toises, de sorte qu'avec des relais de cet animal, 7 à 8 voyageurs iraient facilement en 12 heures de Paris à Lyon, sans être plus fatigués que d’une journée de cheval dont l'allure est infiniment plus dure que celle du tigre ou du lion. On aurait aussi à la place du lion, du léopard, de la panthère, etc., des porteurs ternaires, quaternaires dont les dimensions en longueur et hauteur excèderaient d’un tiers celles de l'animal qu'ils remplaceraient. II faut observer à cette occasion que les créations qui produisent le bien se prêtent beaucoup mieux au développement de la matière, témoin certains couples de rivaux, tels que éléphant et rhinocéros, chat et rat, parmi lesquels l'être associé à nous excède en dimensions l'être incohérent, sauf les exceptions, comme la guëêpe qui est plus forte que l'abeille.
Pour peu qu'on y réfléchisse, on jugera que ces superbes quadrupèdes, tigres, lions, léopards, sont trop parfaits, trop favorisés en tout sens pour que Dieu n'ait pas conçu l’idée de les employer au service de l'homme, à qui leur vélocité et leur souplesse incomparables rendraicnt tant de services.
ati LA PHALANGE.
Si Béou leur à ésnné un emplei contraire, celui de rarageria terre, cette disposition s'explique par le défant de vigueur de notre givhe, dtfaut qui restreignit Dieu à former cette famille et tant d'autres duns Je Sens Qu 2m.
Démontrons ceci par la dégradation que subit cutte rave duss le sseveau costinent, en Amérique, où les facultés gémérutrices étaicat faibles. Dieu en travaillant ser ce plan put à peine organiser quelques petitstipres; À ne créa ni le lion, qui est le plus honorable, ai l'once, qui est le plus serviable, ai ke chat, qui est le plus sociable: bref il n'engendra de Ja famille que ce qu'A y avaït de plus mauvais, et Ü échoua ser des divers peints du moindre mal, a bien relatif. En Asie, eù les facaltés génératnices étaient ples vigoureuses, cette série se développa dans Ha plénitade &a mal; elle ne pouvait être plus complète en férecité, en . Beauté et en puissance , et puisque les extrêmes se touchent dans tous les jeux du mouvement, puisque le très-prand mal est voisin du trèsgrand Men, il est évident qu'avec ane plus grande vigueur créatnce !la série allait réussir dans le sens du bien. Si les &iférences de vigueur entre l'Amérique et l'Asie avarnt donné ane pradation du demi-mal au très-grawd mal, mn accroissement proportionnel de vigueur aurait donné le bien qui touche au mal extrême. Dreu avait épuisé en Asie le pfan du mal, car la farnille qui n’est qu'ébauchée ans le nouveau monde est complète dans l'ancien monde avec des nœuds ou liens de toute espèce, lien ærx chmats froids par le lynx, lien social à l’homme par le chat, lien indastriel par Tonce qui nous obéit pour le plaisir de la chasse, lien anx passions généreuses, nobles, par ke lion. On trouverait dans Îles perfections et variétés de cette famille que la vipaeur du globe était alers en dose convenable pour organiser le mal extrême, et pour pea que cette vigueur eût été plus forte, la carnère du mal ne pouvait ples suffire à Dieu; il ekt été forcé de revirer sur be plan du bien qui se prête mieux aux développements de La matière, et dès-lors là famille des Télrns se serait organisée dans l'avantage de l'homme avec toute la magnificence qu'elle étale pour notre ruine.
Ainsi l'œnvre qu devait être le pus brillant du globe, Rà fansille des porteurs souples et allengés devint l'œuvre le plus déplorable de ka création; elle ne donna qu'un perteur roide, le cheval, être dékicat, fxible, ruireux, difhcile à élever, d'une allure fatigaute, bon peer condaire wa char ou pour sæ pavaner, mais beaucoup trep immense pour trensporter un être aussi petit que l'horrme.
((Sans deute le cheral a le palme de la beauté et l'homme a ples de grèce élevé sar sm cheral que sur ua lion. Quelle que puisse être la beauté de l'animal qui aurait remplacé de kon , ie cheval serait, dans tous les cas, porteur de parade; mais si l’on compare l'atäité de l'un
et l'autre, s'il faut seulement. franchir un fossé de 3 toises, Le lion y parviendra, de sa naure , sans éducatian , et le cheval , quoique dressé soigneusement dass un manège, franchira difficilement une toise. ))
Il faut qu’on ait bien senti l'insuffisance du cheval pour avoir essayé de monter des cerfs, dans la famille desquels on voit le renne faire eu un jour 40 lieues sur Les neiges, en tratnant un char et reconnaissant par instinct et sans aucune trace les cantons où il a passé la veille Quelle paedigieuse supériorité sur le cheval! (( Quant aux chameaux, ânes, elc., ce sont des porteurs trop suhalternes pour être comparés aux porteurs allongés, aux remplaçants des tigres, lions, léopards, ctc., dant les êtres supposés auraient grandement surpassé la magaificence.})
Ce que j'ai dét de cette race d'animaux s'applique à la plupart des autres qui ne se réunissent pas à nous. Ce fut par la fa-blesse des facultés génératrices que le globe fut privé de maintes autres espèces. merveileuses, comme le porteur aérien à la place duquel Dicu fut réduit à engendrer le condor ou grand aigle de 44 pieds d'envergure, dans les propriétés duquel on receunaîft une subversion d'emploi bien caracterisée ; car le condor, au lieu de servir l’homme et l’industrie, attaque l'une et l'autre dans la personne de l'enfant et du mouton qui est le premier associé de l'industrie. L'oiseau qui devait remplacer le condor aurait donc été à l'égard de l'homme ce qu'est le cheval comparé au lion.
Même subversion d'emploi dans le singe ou serviteur rebelle qui dévalise l'homme au lieu de consacrer sa dextérité infinie aux occupations trop subalternes pour l’homme. C'est au singe, assemblage de tous les vices, comme le civilisé dont il est le portrait, c'est à ce vil asimal que Dieu a prodigué la force, l'adresse et tous les attributs que l'homme pouvait ambitionner. Ces qualités, le singe ne les emploie qu’à concerter les larcins, les meurtres, les impudicités et les infamies de toute espèce ; non content de: nuire à l'homme, le singe semble créé tout exprès pour l'insulter, et cette malfaisance du créateur éclate surtout dans la faculté accordée au singe de s’accoupler à la femme ct d'enlever à force ouverte l'épouse de l'homme pour lui procréer des monstres. Peuton deuter, après un tel eutrage, que Dieu n'ait voulu organiser l'enfer sur ce globe, quand an voit sous l'enveloppe du tigre et du singe res- . pirer Satan et Bclial ?
Qutre les familles malfaisantes comme celles dont le tigre et la punaise fout partie, 1l est parmi les amimaux et les suhstances des 3 règnes une classe d'être indifférents, qu’on peut nommer familles neutres et dont les propriétés attestent que teut fut arganisé sur ce globe en désordre calaulé et que l'esprit de. malfaisance exerça une influence très-majeure dans le système de création.
J'appelle familles neutres celles qui ne sont ni utiles ni malfaisantes
à l’homme, telle est la famille des branchus qui se compose des cerfs, daims, chevreuils, renne, girafe et beaucoup d’autres qui portent comme ceux-ci du bois sur le front. Étudions cette famille dans les pœuds qu'elle forme avec l'homme.
On appelle nœuds, liens, points d’appui, points de contact, dans une série ou famille, les espèces qui s’écartent des propriétés générales et qui prennent quelque propriété d’une autre famille voisine. Ainsi les amphibies forment un nœud ou point de contact entre les 2 familles des quadrupèdes et des poissons. Les nœuds se forment par ralliement et scission.
Dans la famille des serpents qui attaquent l’homme sans lui être utiles, l’anguille est un point de ralliement à l'homme et de scissions avec les serpents; car elle ne nous attaque point et fournit à notre subsistance. Dans la famille des chevaux et ânes qui nous serrent, le zèbre est un point de scission avec l’homme et de ralliement avec les animaux sauvages. On trouve dans chaque famille des 3 règnes quelques espèces qui forment ainsi des points d'appui à d'autres familles, et c'est dans l'étude des nœuds qu’on peut mieux saisir l’esprit de la création.
La famille qui nous occupe, celle des branchus, qui est générale ment sauvage, s'associe à l’homme par le renne et la girafe, qui s'apprivoisent sous les zones torride et glaciale. Ces deux animaux sont les seuls dociles ou industrieux de cette famille, mais ils semblent n'avoir consenti à la domesticité que pour augmenter nos regrets sur l’indocilité générale de la famille. Sous l'équateur, la girafe, grande, belle, douce, obéissante, devient inutile par sa conformation et sa démarche. Au nord, le renne joue un rôle opposé. C'est le plus utile de tous les quadrupèdes connus; il rend tous les services imaginables, mais à quels hommes? A des brutes qui ne sont plus l'homme, à des Lapons, Samoyèdes et autres, que l'âpreté du climat prive à jamais de l'harmopie et des lumières. La nature semble donc avoir apprivoisé ces deux animaux pour ricaner l’homme social, qui ne peut ni acclimater le renne, ni faire usage de la girafe. Les divers autres animaux de cette famille ne sont pas moins un sujet de dépit pour l’homme, qui est obligé de s'établir en guerre avec des êtres gracieux et doux, tels que la biche, dont il voudrait plutôt faire ses serviteurs que ses ennemis, et dans lesquels Dieu aurait pu réunir pour nous les plaisirs de la chasse et les avantages de la domesticité, comme il les a réunis dans le sanglier et le cochon, qui sont le même animal servant à deux fins.
La nature montre donc dans le plan de cette famille un caractère de froideur et de persifflage à l'égard de l’homme, — froideur, par la sauvagerie des aimables quadrupèdes qui composent cette famille, — persifflage, par la bizare inutilité de la girafe, et par la désolante ab-
sence du renne, qui tous deux ferment cette série des branchus, aux deux points où elle s äppuie à l'homme.
Cette famille est la plus intéressante parmi les quadrupèdes neutres. L'analyse des autres nous fournirait des réflexions bien plus fâcheuses pour le genre humain. Les familles neutres, qui sont encore regardées sur notre globe comme des produits merveilleux, sont les plus mauvaises créatures dans les Soleils et dans Saturne, où tout est trop disposé à l’harmonie pour que l'esprit créateur ait pu se mettre en rupture complète avec l'homme, en produisant des êtres qui l’attaquent de front dans les terres ou les mers.
Ces observations sur la malfaisance et l’insociabilité des quadrupèdes, s’adapterait bien mieux aux autres substances des 3 règnes. Tout ce que nous voyons de précieux, les fleurs, les fruits, les diamants, métaux fins, etc., n’est qu'une esquisse de ce qui aurait existé dans un meilleur plan de création. Rapprochons-nous de la classe qui nous occupait, des animaux sociables : [ Lacune : 2 feuillets coupés.]
Apprenez, par cette analogie de perversité entre les caractères des animaux féroces et les caractères des sociétés actuelles, que les propriétés des substances furent assimilées à celles des passions humaines, qui sont la boussole du système de l'univers et la règle de Dicu dans ses créations. Dieu sachant que ce globe comporterait, par la faiblesse des passions, les infamies de l'état Sauvage, Barbare et Civilisé, pouvait-il éviter de créer les bêtes malfaisantes en proportion égale à celle de vos iniquités prévues, et d'engendrer le bien dans les 3 règnes en somme aussi faible que vos vertus, dont les 3 sociétés actuelles n’offrent que lueurs perdues dans un océan de crimes ? C’est pour imiter, retracer à nos yeux l'immensité de nos perfidies et de nos fureurs sociales que Dieu créa les contagions de toute espèce, ces monstres, ces insectes et reptiles odicux, fidèles tableaux des sociétés démoniaques, dont ce globe devait être couvert jusqu’à l'invention des lois de l’harmonie, après l'établissement de laquelle commencera la nouvelle création.
J'hésite à vous faire entrevoir les merveilles de cette création; j'en ai trop dit, peut-être, pour des esprits à qui l'habitude de voir des monstruosités dans les 3 règnes, interdit la conception des beautés possibles. Loin de vous ouvrir subitement le livre de la nature, il faudra, comme l’aveugle opéré, vous façonner insensiblement à la lumière, pour vous familiariser au problème de la création à venir. Étudiez l'énigme des convulsions de la nature, voyez ses élémens s’agiter et s'élever contre l'homme : la terre vous attaque par les tremblemens, l'air par les tonnerres, l’eau par les trombes, et le feu par les volcans; ces
éruptions sont le Auf de la nature, elles sont un effort des fluides créateurs, que l'absence de l'Harmonie emptehe de développer de nouveaux germes de vie. Ne pouvant modifier les élémens pour votre bien, ils doivent les bouleverser pour vous nuire. Car le mouvement de la nature ne peul être arrêté ; il faut qu'elle avance, marche, dans k voie du bien ou du mal, et cette rébellion des élémens contre vous se prolangera jusqu'à la fin de vos sociétés subversives, qui compriment le tempérament, l’impatience de la Nature. Oui, la Nature souffre et cherche à briser sa chaîne, elle veut jouir et créer. Comment jouit-elle, sinon dans le bonheur réservé à l'harmonie universelle? Elle s'épuise au pôle arctique en vaïñnes pollutions d’esprits vitaux, qui produisent les anrores horéales sans aucune création dans ces climats glacés où rien ne peut sengendrer. Bientôt ces aurores viendront, pendant l’Harmonie, embellir les nuits équatoriales et porter l'enthousiasme par toute la terre, en annonçant la jouissance, la conreption et l'enfantement prochain de La nature. L'âme du globe, que vous appelez la nature, s'indigne de con sumer ses plus beaux siècles dans la subversion et la stérilité, ainsi qu'on voit les angoisses du célibat flétrir les roses d’un beau visage.
Ainsi s’altèrent sur notre globe les fluides créateurs. Cependant les glaces arrivant des pôles resserrent l’espace destiné à leur développement, tempèrent leur activité, et vous préparent la privation de mille substances merveilleuses, en restreignant chaque jour La earrière future de l'Harmonie, et les développements que la création pourrait prendre dans les 3 règnes.
((Considérez Le genre humain tout entier comme un seul être, fiancé à la nature ; elle n’attend que ses approches, que le bonheur commun, que le jour de l’'Harmonie, pour former de nouveaux êtres destinés à purger le globe des races immondes qui le déshonorent dans les terres et dans les mers. Ainsi s’accompliront les pressentiments confus, exprimés dans tous les livres sacrés de tous les peuples.)
Pendant le désordre actuel du globe, pourquoi la nature vous donnerait-elle de nouvelles richesses, d’autres minéraux et métaux précieux ? Pour augmenter les fureurs de la cupidité ? d'autres végétaux ? Pour accrottre les fatigues du peuple, qui ne vit toujours du rebut des riches ? d’autres animaux ? Pour les faire participer à votre ingratitude et partager les malheurs de ce cheval, qui, selon les paroles de Buffon, meurt plutôt que de cesser d’obéir, et qui n’a trouvé, dans vos sociétés, que des traitements dont le tableau fera couler des larmes dans L's âges futurs, où le bonheur des animaux ne sera plus indifférent quand la justice régnera parmi les hommes? Jusqu'à cette époque, la nature devait vous refuser ses faveurs des trois règnes, les animaux , plantes et métaux précieux, dont elle a créé quelques ombres, comme vour
exciter ves désirs sans les satisfaire, ef pour vous rendre plus semmible et plus cuisant le spectacle de la pauvreté de votre globe.