INTERLUDE
C'est trop accumuler de preuves contre un monopole qui est évidemment l'absence de toute justice et de toute raison. Il semble qu'après tant de griefs articulés, il ne resterait qu’à conclure et à indiquer le procédé de rég:e concurrente qu'on doit substituer à tout l’échafaudage mercautile et mensonger.
Il'est préalablement une question à traiter, celle des palliatifs et correctifs qu'on eût dù appliquer au monopole ou mattrise limitée. J'ai dit etje ne puis trop répéter que le débat est de la plus haute importance. Le correctif à ce genre de monopole était une des issues de Civilisation. F1 eût conduit en Garantisme ou 6° période. Il est donc nécessaire dans un abrégé du mouvement d'examiner les étourderies commises sur cet intéressant problème.
On a toujours dédaigné en Civilisation les discussions sur lesquelles il eût fallu s’appesantir et stimuler les esprits. Lorsqu'on a traité des maîtrises, les écrivains ont à peine daigné produire de menues brochures : le sujet leur répugnait. S’occuper de traeasseries de boutiquiers, de cordonniers, de bouchers, perruquiers, courtiers, etc., un tel cortège semble ignoble aux beaux esprits. Ils ne veulent s'exercer que sur les constitutions sociales, les balances du commerce et autres sujets d’apparat qui acheminent au fauteuil académique, et qui pourtant ne sont point un champ de découvertes. C’est toujours sur ce fastueux galimatias que l'orgueil fixe les écrivains et l'attention générale. On en verra cent à la file s’escrimer sur des questions parasites comme
222 LA PRALANGE.
L'Esprit des lois. Eh! à quoi a servi cet imposant ouvrage de Montesquieu sur les lois ? Il n’a pas extirpé un seul des vices sociaux, il nous a enseigné l’art de faire des constitutions, talent banal et funeste d'après des bouleversements qu'a causés leur affluence. N’eussent-elles produit.que le doublement d'impôt, c'en serait assez pour maudire la science qui a enseigné à chacun l’art de faire une constitution,
C'est dens:les-modestes ealouls, dans les bonrgenises dispositions de l'industrie que Dion a placé les voies de l’acheminement au bien, et surtout dans {e ‘problème qui va nous eccuper : la détermination de l'antidote aux deux excès industriels, le monopole ou mattrise fixe, et la licence anarchique ou exercice libre et confus.
Cet ordre que j'ai nommé régie concurrente pouvait être précédé de divers acheminements. On arrive au bien par degrés; la nature nous ménage des transitions de toute espèce, et l’on n'en a pas découvert une seule relativement aux mattrises.
Nous allons traiter des transitions dont la découverte jugée insignifiante et négligée partout eût été un véritable échelon de perfectionne-
ment. Ce sujet donnera lieu à trois [ |.
4° L’apathie des 4 classes appelés à porter remède au mal ; 2° 'Les palliatifs proposés on essayés ;
"8° Le correetifou-mattrise proportionneîle.
Bass eetexamen, je serai obligé de tirer mes indices et preuves du monopole de courtage, le‘seul qui me soit‘kien connu. Chacun pourra faire l'application aux monopoles ou mattrises à lui connus.