TOME VII
| LA PAALANGE.
que pour -orgamiser:ce fléau, et-que-teut règlement qui feur-aesorde une infuence ilhmitée est un appui fourni à T'agiotage qui, dans ses périolles d'activité, produit plus-en un mois aux courtiers que ne prodeirait le commerce de censommatron. Qui est-ce qm va de porte en porte -enciter au jeu de hausse et'crier au capitakiste et au mégociant paisile : « Achetez des sucres, achetez des farines, voyez tels et tels; ils:se font »« unpent d'or ser fes blés; H n'y a que vous qui ne voulez pas gagner » de l'argent. Non, vous n'aimez pas l'argent. L'argent vous tend tes +» bras, vous n'en voulez point. » Qui est-ce qui va stimuler ainsi la frénésie du jeu ? N'est-ce pas la compagnie des courtiers, qui, gagnant àk baisse comme à la 'hausse, a mtérêt à faire pulaler les agioteurs, afin que leurs différences d'opinions causent des fluctuations, des reventes journalières, et que la multitude des détenteurs ouvre des chan ces aux trames des meneurs ?
Il est inutile d’insister sur cette malfaisance des courtiers pour faire sentir la faute d'une administration qui se priva de moyens de surveillance et révision d’un monopole aussi dangereux.
De même que la vipire peut fournir quelques sucs salutaires, ainsi le monopole peut devenir utile quand il assure un service qui périeliterait entre les mains des agents libres. Il peut convenir de privilégier une compagnie d’armateurs pour certaines régions éloignées où les.armatcurs isolés manqueraient aux ménagements nécessaires avec les princes ou les naturels du pays. Il est encore utile dans les gestions de loteries, bureaux de prêt, et sous le rapport des garanties; mais les fonctions de courtage n’entrent point dans la catégorie de celles qu'il faut enlever à la concurrence ; elles sont, au contraire, de celles qu'il faut combattre par elles-mêmes. Les intrigues de courtage sont comme la piqûre du scorpion, que l’on guérit en écrasant l'animal sur la blessure. Il en est de mème des courtiers, dont en déjoue les intrigues en opposant une ligue à une autre. Il faut donc se borner à exiger d'eux les trois garanties [ ]-et laisser régner la plus grande concurrenmee dans leur dangereuse industrie. Pour peu qu’on kes réduise à trop petit nombre (ce qu'ils demandent sans cesse), ils se ralentissent par la certitude de grandes affaires, qui leur font dédaigner les moindres ; ils deviennent comme les médecins apulents, qui dédaignent de visiter les malades du sixième étage.
Nous avons examiné dans cet article trois fautes commises par l'ad— ministration : 4° Base vicieuse du prix de concession réglé sur le crédit éphémère du premier consul Bonaparte ;
2° Coïncidence involontaire du gouvernement dans la provocation à l'agiotage ;
3° Emploi du monopole dans une industrie où la concurrence est le plus nécessaire.
DU MÉCAXISME D'AGIOTAGE. Frs
Sans étendre davantage ces iableeux des bévues administratives, gps. je pourrais pousser fort loia, l'on est amplement fondé à conclure que ce meaopole est l'autipode de la politique, de Le justice et de la raison. Si le gouvernement de l’usurpateur a tenu, par amour-propre, à sou temir son ouvrage, il a est, pour le gouvernement légal, aucun motif de soutenir l'œuvre de ténèbres dont il n’est pas l’auteur, et qui redouble de ridicule par la faculté acquise aux financiers actuels d'exiger en plein le cautionnement que doit prétendre ua gouvernement stable. Il faut répéter que cette duperie du fisc devient l'appui des contrevenants, qui ont pleine chance pour ridiculiser le monopole. Or, quand le ridicule. s'attache à une loi, il donne une teinte de sagesse à la résistance des peuples, et, en pareil cas, le législateur doit rétrograder, comme le forait un général engagé daus un piège.
D'ailleurs le bien , en administration , n’est jamais le fruit d’un coup d'essai. L'œuvre des légistes, comme celui des poètes, est sujet au préceple : ;
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrags.
Or, comment aurait-on atteint d'emblée à la perfection dans une œuvre de police subalterne comme le règlement du courtage, et pourquoi ses auteurs, les ministres de Bonaparte , auratentals été plus exerepts d'erreur que les autres hommes ?
H serait donc urgent de réviser et de rectifier cet informe règlement; mais j'aurai d'autres conclusions à donner à ce sujet, et il me reste à parler des réclamations maintes fois élevées contre ce privilège et de la contradiction de quelques chambres de commerce qui ont opiné sen cette question. N'oublions pas que si la restauration des finances civikisées, et tant d'autres bienfaits énoncés | ] dépendent de la fa. cile extirpation de l’agiotage , il importe, avant d'en indiquer le remède, de relater tontes les fautes commises à cet égard.