‹ Manuscrits de FourierChapitre 62 sur 134 · LA NOUVELLE ISABELLE · texte numérisé non relu

LA NOUVELLE ISABELLE

se borner à les accuser de couardise, d’escobarderie, et les sommer de, procéder au calcul de La destinée passionnelle, en continuant le travail de Fattraction commencé par Newton.

Les anciens n’avaient pas donné ce scandale de sectes d'athéisme et dictionnaires d’athées. Au contraire, ils tendaient aux opinions sensées en fait d'esprit religieux. Socrate et Cicéron rejetaient les fables des 3,500 dieux et se ralliaient au Dieg inconnu. Cette sage doctrine de l'Unité fut établie par les religions modernes. Elle induisait à soup- <onuer l'unité dans le système de la nature, dans le passionnel comme daas le matériel, dont Newton venait d'expliquer les lois. Mais au moment où sa théorie du matériel stimulait à entreprendre le calcul du passionne}, les beaux-esprits, pour s’en dispenser,ont mis en jeu deux esprits de sectes, l’obscurantisme et l’athéisme.

D'une part ils ont réchauffé les préjugés sur l’impénétrabilité du voile d'airain et sur la prétention sacrilège de ceux qui tenteraient de le soulcver. Ils ont encensé à outrance le système de Newton pour persuader qu'il était le terme des lumières à acquérir sur le mouvement, et que tout le domaine assigné au génie se bornait aux lois du matériel.

D'autre part, pour distraire l'esprit humain de tout débat sur le système divin ou passionnel, ils ont formé des sectes niant l'existence de Dieu. Cette malheureuse doctrine a dupé ceux mêmes qui perdaient le temps à la confondre, car elle les a détournés du but, qui était la continuation du calcul newtonien sur l'attraction. |

Préfère-t-on excuser l'athéisme comme égarement de la science et : dire que les philosophes n’ont point eu la pensée des deux ruses que je viens de signaler ? Je souscris volontiers à le croire; mais pour prouver Jeur sincérité, il faudrait qu'eux-mêmes consentissent à reconnattre leur ségligence, qu'ils n’insultassent pas l’homme qui répare leur faute en apportant la théorie de l'attraction passionnelle et du code social divin. Leurs [ ] de vision et de démence ne sont que des ruses de poltrons qui n’osent pas entrer en lice et s’en rapporter à une facile expérience.

Il n'importe que cette théorie présente des perspectives trop éblouissantes. Je les donne telles qu'un calcul rigoureux me les fournit. Il me serait aisé de les affaiblir si je voulais capter la faveur en blessant la vérité. Le calcul de l'attraction passionnelle, annoneé en 4808, a subi l'épreuve [ ]. Les tableaux de bonheur, loin de s'affaiblir, se

sont agrandis par de nouvelles découvertes; c'est à l'expérience à prononcer. En attendant, je réponds aux détracteurs que les véritables chimères sont les sciences qui, après 2,506 ans d’études et 400,000 volumes de controverses, n’aboulissent pour coup d'essai qu’à bouleverser, ensanglanter un grand empire et embraser par suite les deux continents. Quelle différence de ces théories avec le calcul de l'attraction

passionnelle dont l'épreuve, limitée à un millier d'habitants, ne repose que sur des opérations agricoles et manufacturières qui ne pourront, même en cas d'erreur, causer aucun désordre ! Mais, si le calcul est juste, quel coup de partie que de pouvoir changer le sort du monde. entier par une si facile épreuve! Serait-il raisonnable d'hésiter en pareille alternative, et les opposants ne sont-ils pas les échos de ces beauxesprits du XVe siècle qui s’atordèrent tous à ridiculiser et traverser Christophe Colomb? Ils furent couverts d'opprobre dès le premier essai. Une femme plus scnsée que cent mille philosophes de son temps voulut examiner, vérifier avant de condamner. Elle recueillit de cette épreuve le sceptre du nouveau continent. Qui sait si notre siècle ne trouvera pas aussi une autre Isabelle, qui, au mépris des clameurs philosophiques, prendra en main la cause de l'humanité et s’élevera par la facile épreuve de l'harmonie passionnelle au trône de l'unité universelle?

Civilisés pauvres, qui êtes si nombreux en tous pays, considérez les funestes consequences qu'entratnerait pour vous une erreur de jugement sur le degré de confiance dù à la théorie de l'attraction. Si le calcul est juste, vous pouvez en peu de temps atteindre au vingtuple de votre fortune. Quelle chance pour un pauvre père de famille qui, végétant avec un mince revenu de mille francs, pourrait sans aucun effort se trouver riche à vingt inille francs de rente, si l'on parvenait à surmonter l'obstacle, l'entrave des détracteurs français, et obtenir, en dépit de leurs sarcasmes, l'épreuve bien facile de l'harmonie passionnelle qu changerait subitement la face du monde ! Songez qu’il est sur le glo au moins #,000 candidats, gens capables par leur fortune et leur rang de proques et déterminer cette épreuve. Peut-on douter d'amener aisément l'un d’entre les 4,000, quand on a à lui offrir la chance ma-— soigne du sceptre héréditaire du Globe et de beaucoup de sceptres

‘empires que le fondateur pourra faire obtenir à ses créatures et coopérateurs, sans hasarder dans cette entreprise une obole de sa fortune,

puisque l'( ] est purement agricole et exempt de toute chance périlleuse.

Ce n’est pas ici une de ces [ ] indifférentes pour le” sort de

la multitude comme l'expédition de Christophe Colomb, qui ne tendait qu'à enrichir le monarque et ses généraux et traitants. L'épreuve de l'attraction est un coup de fortune pour toutes les classes riches et pauvres, pour tout le genre humain sans exception. Elle sera éprouvée plus tôt ou plus tard. Dans le cas de délai, clle sera [ Japrès ma mort. Les zoîles alors [ ] la théorie pour se l'approprier en tout ou en partie. | Hommes judicieux, qui formez le très-petit nombre, méliez-vous de ] et gardez-vous que | ] des zoîles ne privent plus longtemps du bonheur une génération qui, foulée depuis 25 ans par les révolutions, a plus besoin que toute autre de mettre à prolit sans délai la découverte qui lui ouvrira l'issue du labyrinthe civilisé !

Car.

Cuap.

Cap.

Cuar. Cap.

Cab.

DE LA SÉRISOPHIE,

OU

ÉPREUVE RÉDUITE

( Cahiers 86 , 37 et 88, cote 9.)

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