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LES ACTIONNAIRES

a Combien nous rendra-t-elle cette tribu ? donnera-t-elle en divi- » dende 20 p. 0/0, ou 25, ou 30? » Voilà le vrai:sens de la question pour un bailleur de fonds, et comme les vrais libéraux sont gens peu chargés d'argent, il ne faut pas négliger de mettre en perspective des chances d'intérêt pécuniaire, proposables à de riches capitalistes, qui,

39e LA PHALENGE.

comme an le sait, ne jettent pas leur poudre aux moineaux, ef seront beaucoup moins empressés de la conquête du monde que d'un agiede 50 0/0.

Quels éclats de rire si on s’arisait de leur dire: vous allez faire nne opération qui changera la face du monde, vous serez les dieux du geare humain: il vous réeompensera magnifiquement , chacun de vous aura pour le moins un califat du contenu de 2,000,000 d'habitants. — Ah!ïke bon bomme ! il rêve tout éveillé, il nous promet des rayanmes. Pauvre garçon, premez-en un pour vous, chacun de. nous vous cède sa part.

Voili ce qu'on appelle en Civilisatios du bon sens ,et vraiment le bons sens d’un civilisé ne doit pas s'étendre à juger des questions de mouvement, puisqu'il n’en connaît pas les lois.

Fenons donc le langage qu’il faut tenir à des eretins politiques, tous aheurtés au principe d'Harpagon : « Il faut bien que je touche quel qæ chose. » [ls voudraient toucher tout de suite et dès la première campagne. Répondons avec Frosine : « Ah ! vous toucherez assez », et je vais le prouver, non pas en bénéfices négatifs comme ceux de Frosine , mais en profits très-positifs..

H n'est aucun actiennaire qui. ne. saehe qu’en plantant un verger ou un arbre on ne peut pas espérer du fruit la première année. Oæ s'estime fort heureux et bien payé de sa peine si les arbres ont réussi et surmonté l’année de début , qui est le pas difficile à franchir. On sait que dès la saison suivante la plantation plus forte, mieux enracinée pourra déjà se maintenir d'elle-même et sans irrigation. Jusque-là, loin d'en exiger du fruit, on est déjà enchanté que les jeunes plants aient bien fourni des feuilles, qui deviennent une valeur réelle en garantissant le succès de la plantation , jusque-là douteux.

Ainsi , homme le plus avare sait qu'il serait ridicule dans certaines entreprises de prétendre à un grand: bénéfice dès la première année. Tel est le sens dans lequel on doit envisager la fondation d'une Tribu sérisophe. C’est un végétal exotique ; il donnera assez de fruit, pourvu qu'on parvienne à l’acclimater, et notre sollicitude pour la première année doit se borner à ce point. Si l'on réassit à la consolider, l’enraciner, l’équilibrer en passionnel au bout de sept mois de saison agricole , ce sera un triomphe éclatant ; elle aura ensuite à lutter contre les calmes passionnels du 1° hiver. Alors le défaut de culture et d'aliments d'intrigue sémare se fera vivement sentir ; nus parvenue au. # printemps, elle sers si forte des Rens de année précédente qu'elle #'aura plus men à redouter. Ce sera un aiglon capable de s'élancer de Faire, et certes il ne faudra pas aflendre jusque-k pour juger le grand procès entre l'iscokrérence et l'association ; il sera au bout de quaise

DE LA SÉRKOPHIE. 3% mois jagé en dernier ressort; mais nous avons à disserter ii sur l'atérét des actionnaires, sur les [ ] d’un homme qui , antérieurement à cette fondation , calcule strictement Les chances de gais et ne veut rien donner aux iMusions.

Ne voit-on pas chaque jour de ces hommes capides prendre paré à des entreprises qui ne promettent un dividende qu'as bout de tross ms? Telle est use compagnie des Indes. Assurément oe n'est ni la première année, ni la deuxième qu'on en peut prétendre ua dividende. Combien de temps avant qu'on ait fondé et orgaæisé les comptoirs éloigaés ? Quelques secours qui arriveront la deuxième ou troisième .anæée ne donneront pas encore une répartition, et cependant l'affaire est réellement bonne , si on veut patienter trois ou quatre ans et spéculer À desses comme sur la plantation d'un verger, dont on ne s’épouvante pas de ne rien tirer pendant trois ADS.

C’est ainsi qu'on doit envisager la Tribu. Il faut d'abord dix-huit : mois #ant pour construire les bâtiments et les sécher que pour emplanter les terres. Supposons qu'ensaite on entre en exercice, est-il raisonnable d'exiger un bénéfice au début, et desactionnaires sensés devrontds s'étonner si on leur dit que la première campagne sera, quant au produit industriel, une année blanche, ne donnant que l'équivalent des frais ? Ce qui est déjà un fort beau résuliat pour une première année , où la Tribu n’a point jeté de racines, où les sociétaires se connaissent à peine , ont peu de liens passioanels , peu de force en mécanique s0ciétaire , et pas davantage en agricole, puisque leurs plantations et ateliers seront au berceau.

Sur ce , tout actionnaire judicieux conviendra qu'on ne peut pas sans démence prétendre davantage, mais puisqu'il faut absolument une chance aux illibéraux , une voie de bénéfice subit, en voici plus d'une. La première se composera du tribut prélevé sur les curieux. J'en ai déjà parlé en traitant de la Phalange. Elle sera moins forte ici, puisque la Tribu, plus circonscrite, ne pourra admettre que peu d'étrangers, sous peine de compliquer son mécanisme passionnel. C’est caver bien bas que d'estimer à 400,000 fr. ke bénéfice à percevoir de la curresité; mais sera.ce le seul dans le cours de la première année ? Combien de ces curieux supplieront pour l'admission permanente et offriront à tout actionnaire le double de son capital dès te troisième mois, et le quadraple dès le huitième, et le décuple à a fin de Ja saison d'hiver. Si les actionnaires sont confrants et veulent tenter une opération mercantike, selon mon opinion , ils construiront leur édifice de manière à contenir un surcroît de 200 agrégés non sociétaires, lesquels seront tous de la dlasse riche et n’auront que l'admission conditionneñle et accidentelle , sans intervention permanente au mécanisme, jusqu'à ce qu'ils aient

justifié d'aptitude à entrer en ligne de série. Ces prétendants se présenteront en foule dès le troisième mois, et si les fondateurs veulent spéculer sur 2 millions de bénéfice extraordinaire dès la première année, ils sont assurés d’avoir à 10,000 fr. par tête lesdits agrégés, qu’on pourra sans inconvénient porter à 209, et sauf indication de l'emploi à donner à leur intervention.

Selon cette chance , qui est des plus sûres, il faudrait que l'édifice et les jardins fussent préparés pour une Tribu de 600 personnes, quoique débutant avec 300 seulement, et pussent contenir en édifice accessoire 200 agrégés. Je donne cette idée en réponse à ceux qui veulent des calculs mercantiles. Celui-là serait le plus profitable et le plus sûr, mais comme il pourra arriver qu'une société d'actionnaires ait à peine de quoi fonder et bâtir pour 400 , et qu’elle contienne bon nombre de gens clairvoyants qui sentiront qu'on ne doit spéculer que sur la conquête du globe et la démonstration effective de l’ha:monie passionnelle, bornons-nous à établir notre plan sur ce nombre de 600 en final , 300 en initial, et continuons sur les détails préparatoires.

Je ne m'arréterai pas à parler des dividendes et répartitions entre séries et groupes, le mode en étant le même, à peu de chose près, que dans la Phalange dont j'ai expliqué, touche 6° majeure, les relations à cet égard. Je donnerai seulement à la fin du trai:é un court article sur ce sujet. Quand on connaît les règles de répartition entre 4,200 on peut bien les connaître entre 400 , le mécanisme étant le même, en raison directe des masses, inverse des distances de capitaux : je renvoie pour cet objet à la Touche qui en a traité.

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