‹ Manuscrits de FourierChapitre 92 sur 134 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

Sur la beauté primitive et la dégénération de l'espèce.

Tiré de Ramsay, écossais. (7/oyage de Cyrus.)

Après une description de l'âge d’or qui n’a rien de la fadeur de celles des poètes, et qui nous montre Jupiter emportant les premiers hommes sur son char dans un ciel supérieur où ils voyaient à leur source mème la vérité, la sagesse, la justice, le philosophe poursuit en ces termes :

« Un jour les hommes ne suivirent pas le char de Jupiter, ils restèrent dans le champ d'Hécate, s’enivrèrent de nectar, perdirent leur goût pour la vérité pure et divisèrent l'amour du plaisir d'avec l'amour de l’ordre. (Vérité et ordre finis quand série rompue sous prétexte de plaisir familial) l'amour abandonna la terre (il finit avec les séries) et avec l'amour toutes les divinitéscélestes disparurent, les vieux sylvains furent changés en satyres (vrai), les Napées en Bacchantes (vrai), les Nayades en Syrènes (vrai), les grâces ct les vertus se séparèrent (morale répressive) et le faux amour de soi-même, père de tous les vices (égoïsme), enfanta la volupté, source de tous les maux (brodé, sed bien dit). Toute la nature changea de forme dans cette sphère inférieure (anneau

s'éteint). Le soleil n’a plus la même force ni la même douceur, sa lumière s’obscurcit, la terre s’enveloppe d'une croûte épaisse, opaque ef difforme (atmosphère viciée), les jardins des hespérides sont détruits (Sibérie), notre globe s'écroule, les ablmes s'ouvrent et l'inondent (déluge), etc.

Les ailes de l'âme sont abattues [hors des séries point d'àme, d’essor), les esprits sont précipités dans des corps mortels ou subissent plusieurs métempsycoses, jusqu’à ce qu'ils soient purgés de leurs crimes par des peines expiatoires. C’est ainsi que le siècle de fer succéda au siècle d'or ; il durera 40,000 ans (oui, si on écoute philosophie mercantile) ; Saturne se cache dans une retraite inaccessible, mais à la fin il reprendra les rênes de son empire et rétablira l'univers dans son premier éclat ; alors toutes les âmes seront réunies à leur principe (à unité, Dieu, série.)

a Les financiers les plus habiles ne m'ont offert pour remède que des » emprunts, des impôts ou la banqueroute, des projets désastreux ou » des actes frauduleux : ruiner l'Etat, pressurer le peuple, voilà tout » Jeur savoir (décimer l'avenir, plus élégant), »

Si l’on ne savait pas que Louis XVI était un roi honnète homme, on l'apprendrait par ces seules paroles. 11 jageait bien les perfectibiliseurs ; perd, si aux veux d'un roi intéressé à les excuser ils étaient déjà brigands lorsqu'il ne s'agissait que de combler un déficit annuel de 52 millions dans cette France alors siopulente par ses colonies (1788) et ses propriétés , quelle est leur [ ] depuis qu’ils ont trouvé le secret de combler 52 millions de déficit en mangeant £# milliards de biens nationaux, faisant banqueroute de #4 autres milliards de dette et finissant par grever la France d’une nouvelle dette qui s’élèvera bien vite à & milliards, si elle n’y touche déjà ? Voilà donc 12 milliards engloutis par les perfectibiliseurs, sous prétexte de combler un déficit de 53 : millions annuels; et s'ils étaient déjà brigands de l’aveu même de Louis XVI, avant d’avoir consumé les 42 milliards, que sont-ils aujourd'hui?

Ils s’excuseront sur les évènements, les contretemps. Mauvais subterfuge ! cur tous les régénérateurs de finance, de morale et de polittque n’aboutissent-ils qu'à amener des évènements qui décuplent le mal? Je les compare à un médecin qui donnerait de l’arsenic à ses malades et qui, après les avoir tués l'un après l'autre, attribuerait leur mort à quelque évènement. On lui dirait avec raison : c’est votre remède seul qu'il faut accuser puisqu'il tue tous ceux à qui on l’administre. N'est-æ

DE LA SÉRISOPHIE. 483

pas là le fait des financiers ? Appelez l'un après l’autre les plus habiles. Ils ne vous donneront d'autre remède que l’arsenic politique si bien défini par Louis XVI, les emprunts, etc... Et qui est-ce qui oserait contredire l'opinion de Louis XVI, quand on considère que malgré sa déffance de ces hommes dangereux, il a pourtant été perdu par le financier Necker, et qu'après Louis XVT, l'Europe entière s’est perdue pour s'être jetée dans les bras des financiers. Car, qu'est-ce qui a entretenu le foyer révolutionnaire, sinon la confiance aux demi-mesures du financier Pitt, qui a mangé 800 millions sterlings (20 milliards) à son pays pour ruiner l'Europe en masse comme sa patrie, et pourtant les financiers d'aujourd'hui lui élèvent des inonuments, en le qualifiant d'homme d'Etat. On peut répondre à ses prôneurs : Qu’arriverait-il à l’Angleterre si elle avait seulement 3 hommes d'Etat de même force qui mangeassent chacun 20 millions sterlings pour envenimer le mal? Car c’est tout ce qu’asu faire M. Pitt. L'Europe n’a commencé à lutter contre Bonaparte, que lorsqu'elle s’est écartée de ses intrigues mercantiles en recourant aux levées en masse, aux vendées et landsturms. Qu'ils sont petits ces hommes d'État civilisés quand on les considère de près, et qu’ils ont raison de payer des idéologues pour vanter à tue-tête la perfection de la Civilisation perfectibilisée. C’est le secret des juifs qui surfont des 7/8 ; on croit faire un effort de raison en leur rabattant moitié, on est encore dupe des 3/4 de ce qu’on leur paie. Les perfectibiliseurs sont encore pires, car ils ne vous laissent qu'un accroissement de misères. Ztà compter sur mots et non résultats.

Page 1