CHAPITRE IX
Comment le prince Théodebert yit Aurélia , et comment elle partit pour le monastère de Mauriacum.
Le fracas dont fut remplie la maison , durant toute cette nuit , avait fait soupçonner à Aurélia la venue du prince , et elle s'en était réjouie dans son coeur. En effet , elle le regardait comme envoyé de Dieu à sa délivrance. Non qu'Harderad eût recommencé envers elle ses premiers outrages : au contraire, il lui parlait avec douceur , même avec soumission : il se prosternait devant ellç en suppliant , et restait seulement opiniâtre en ce point qu'il la voulait pour son épouse. Mais , quoique ferme dans sa résistance, la vierge chrétienne souffrait d'être contrainte à entendre le Barbare. Les paroles dont il importunait son oreille entraient, malgré elle, dans son ame , et la remplissaient de distractions : enfin , éprouvant chaque jour ses
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forces dans un combat sans relâche , elle commençait à se défier d'elle-même , à redouter les pièges du tentateur; et maintes fois elle avait à son tour supplié Harderad de lui épargner les prières, comme si elle eût craint de s'amollir et de chanceler dans ses pieuses résolutions. Elle comprenait en outre que le Franc , bien que ses yeux de temps en temps s'ouvrissent à la lumière de la foi , ne céderait cependant jamais sa passion humaine à l'amour de Dieu , ce qu'elle avait d'abord espéré. Toutes ces choses firent que sa joie fut grande, alors qu'elle connut que Théqdebert était à Flammiacum. Elle ne pouvait douter qu'il y fût venu sur la prière du bienheureux Evodius , et avait confiance qu'il la sauverait de tout péril. Elle s'endormit dans cette pensée , et la nuit se passa pour elle sans inquiétude.
Il n'en arriva pas ainsi d'Harderad. Bien des soucis l'agitèrent et lui refusèrent le sommeil. Il avait reconnu , d'après les courtes paroles de la veille , que Théodebert avait été préoccupé par les discours du prê-
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tre Evodius, et qu'il venait .le réprimander de sa conduite avec la vierge chrétienne.
Cela le jetait en une grande crainte que son amour ne trouvât pas merci devant le prince, quelle que fût l'affection mutuelle qu'ils se portaient dès leur enfance. Il appréhendait aussi que Théodebert se laissât vaincre au langage persuasif d'Aurélia , et la donnât à un monastère plutôt que de la donner à son ami. Enfin , comme il savait le jeune roi, bien que très pieux, cependant très enclin à la concupiscence , il lui venait d'autres fois en idée que Théodebert pourrait bien convoiter la beauté d'Aurélia , et il en éprouvait une jalousie et une fureur extrême. De là vint que les heures de la nuit s'écoulèrent pour le Barbare pleines de trouble et d'insomnie.
Aussitôt que parut le jour , il se leva , et connaissant le prince pour honune très matineux, il l'alla trouver en sa chambre, dont il ferma la porte , afin que personne ne les vînt interrompre. Après quoi ils s'entretinrent ensemble. Harderad> d'une nature ingénue et sincère , raconta à Théo-
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debert y sans rien omettre y chacune des choses qui lui étaient advenues avec Aurélia. Puis il exprima combien son désir immense de s'unira cette fille Tavait fait malheureux^ et ses paroles furent à ce point tendres et dolentes^ que jusqu'au fond des entrailles elles émurent de compassion le prince , lequel en pleura amèrement. Toutefois ^ après qu'il eut embrassé Harderad en signe d'amitié et de consolation , Théodebert, qui reconnaissait la véritable situation des choses y lui dit avec tristesse : « Mon très aimé Har- (cderad^ je m'afflige grièvement que tu « veuilles ainsi pour ta compagne une vierge « qui s'est consacrée à Jésus-Christ. Il y a «tant d'autres de ces femmes romaines^ « belles et riches , que nous pouvons à sou- « hait faire nos concubines ou nos épouses !
« J'en ai vu plusieurs à Augustonemetum « qui nous appelaient vers elles , loin de nous « prendre en dédain. Laisse donc celle-ci , « et viens en chercher quelque autre qui « soit faite pour la chair. — Et qui l'est plus a qu'Aurélia? Je ne veux qu'Aurélia, s'é- « cria Harderad d'une voix impatiente. —
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«Ces paroles sont d'un insensé^ dit le roi , « ou d'un enfant qui demande cela seulece ment qui ne peut lui être donné. — Tu « peux me la donner , toi , si tu en as la vo- « lonté. — Non, cher Harderad, car elle est « à un maître plus puissant que je ne suis. « — ^Mais si elle-même voulait?... — Peut- « être , à ce que je crois avoir entendu , le ce consentement d'un saint évêque pourrait « la rendre libre de son vœu. — Ah ! très « cher et très respecté Théodebert , dis -lui « cette chose , je t'en conjure : » et les lar- ' mes étouffant sa voix , il pressait les mains du prince , ajoutait les gémissements aux gémissements , les prières aux prières , pour que celui-ci consentît à être auprès d'Aurélia son intercesseur. Théodebert, de rechef saisi de pitié, lui promit d'essajer sur l'esprit de la jeune vierge toute espèce de discours , hormis ceux de la menace , et ils se séparèrent.
Cependant Théodebert , qui avait appris que les pieuses personnes doivent être respectées dans la paix de leurs oraisons et de leurs méditations, ne voulut pas tout
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soudainement se rendre en l'appartement écarté d'Aurélia. Il envoya un des esclaves d'Harderad laire savoir à la jeune vierge qu'il la visiterait dans quelques moments , et souhaitait s'entretenir seul avec elle. Au^ relia , quoiqu'elle eût le cœur haut et que d'ailleurs elle fût pleine de confiance en la piété du roi , éprouva néanmoins quelque anxiété de cette entrevue avec un Barbare si grand en puissance et en renommée. Il lui semblait que ce fût cet homme qui allait décider de son sort, et que Dieu le lui eût envoyé pour être son juge. C'est pourquoi une incroyable agitation remplissait son sein y et elle faillit même de tomber en pâmoison , alors qu'elle crut entendre les pas d'un homme qui s'approchait. Ce n'élait point Théodebert y mais seulement un de ses Leudes qui venait annoncer qu'il entrait. Aurélia , pendant ce court instant , tâcha de reprendre un peu ses esprits , et bien que ses genoux tremblassent encore sous elle , le prince , frappé de l'éclat de sa' beauté , ne vit pas autre chose , et ne s'aperçut point du trouble qui la possédait.
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11 la salua , et celle-ci lui répondit par une respectueuse inclination. Puis se fît un assez long silence , que le prince ne rompit que pour demander à Aurélia , en lui montrant Papianus : « Cet homme est-il « ton père? — Il est mon père. — Vieillard, ce dit alors Théodebert , tu es malheureux , « et je devrais peu te plaindre , puisque tu « t'es élevé contre notre empire. J'essaierai •t pourtant qu'il te soit rendu • quelque « chose de tes biens. Mais je voulais parler « seul à ta fille. Pourquoi es tu ici? — Puiser je être autre part, répondit Papianus « avec une fière dignité , lorsque tes satel- « lites ne m'ont laissé que ce coin de ma a maison ? Et depuis quand ce qui se dit à « la fille est-Q étranger à son père? — Tu « es bien superbe , mon vieil homme, reprit « Théodebert : mais je veux bien ne m'en « pas irriter. Congédie seulement cet esclave, ajouta-t-il, montrant Ragneric, qui sur un signe impérieux du prince , s'éloigna tout en murmurant. « Maintenant, puisque « tu veux rester , je vais parler à ta fille , « comme si tu n'étais point ici. »
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Théodebert s'approchant alors d'Aurélia lui demanda de l'écouler avec attention .11 lui vanta toutes les belles qualités d'Harderad, que son père, Tillustre Théodoric, lui avait donné pour compagnon de son enfance. Il lui dit comment il était le plus beau, leplUs vaillant, le plus libéral de tous les Francs : comment il le tenait en la plus haute faveur , au point de lui accorder toute chose au monde , hors ce qui serait contraire à la justice ; comment enfin il souffrait de le voir aujourd'hui livré à une passion folle , mais bien digne de pitié. Là , il redit toutes les choses mêmes que lui avait dites Hardei'ad, ne pouvant trouver de meilleures ni plus touchantes expressions , et il finit par supplier la j.eune vierge de prendre en compassion son malheureux ami. Aurélia, bien qu'elle fût singulièrement émue en voyant un grand prince s'abaisser auprès d'elle à la prière, lui répondit aussi les mêmes choses à peu près qu'elle avait tant de fois répétées à Harderad ; savoir, que la sainteté d'un vœu indissoluble l'enchaînait à Jésus - Christ , et qu'elle ne pouvait prendre un autre
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époux sans se précipiler dan» la damnation éternelle. Ces paroles sévères furent toutefois prononcées par elle avec une si suave douceur , qu'elles jetèrent le prince comme en une sorte d'enchantement, et qu'il de^ meura immobile , les yeux fixés avec admiration sur la jeune fîUe , semblant attendre qu'elle continuât de parler, long -temps encore après qu'elle avait fini. Aurélia baissa les yeux , et parut aussi tomber en méditation. Mais Théodebert, se ressouvenant à la fin de ce qu'il avait à dire , reprit ainsi la parole : « Je crois cependant, « jeune fille , que le pieux Aridius me dit « en mon enfance que les vœux faits au » Seigneur peuvent être rompus quelque^ « fois par l'autorité de l'évêque du diocèse. « Et ne pourrais-tu de cette manière te « rendre à la vie du siècle, et former avec « Harderad un mariage chrétien ? Car , saie che-lebien, il est très repentant d'avoir « agi d'abord envers toi avec violence ; il te " supplie de lui pardonner ses méchants « procédés et ses paroles criminelles ; et (I désormais sa joie serait de mener avec toi
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« une vie toute chrétienne. Permets donc « que je visite à ce sujet le vénérable Quin- €1 tianus , et que s'il y donne son consentee< ment^ je vous fasse époux l'un de l'autre, « avec grands honneurs et grandes richesce ses. — Fuis , fuis loin de moi , séducteur, » s'écria soudainement Aurélia , en se levant avec impétuosité de son siège , et signant son front à plusieurs reprises de la marque du salut : « Retiré-toi, esprit de tentation, » comme si le démon se fût trouvé devant ses yeux, v Maudit , je te repousse au nom « du Christ , mçn Sauveur. » Et elle se rassit , et demeura quelque temps à se remettre de l'émotion violente qui l'avait agitée. Puis tout d'un coup se jetant aux genoux de Théodebert , et les embrassant :
« Très illustre prince , lui dit-elle , le com- « bat est fini. La tentation est vaincue. Si « j'eusse pu accepter un époux mortel , « c'eût été Harderad. Mais mon époux est « dans les cieux. Pardonne-moi de rejeter « tes offres splendides ; et , je t'en conjure « par notre Dieu tout-puissant , protège la « vieillesse de mon père, fais qu'il n'ait plus
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(c besoin de sa fille , et me laisse dès cet « instant même fuir les périls du siècle , au- « près de la vénéra.ble reine Theudechilde , tf dans la sainte maison de Mauriacum ! »
Théodebert , étonné du mouvement subit qui avait précipité à ses pieds la jeune vierge , n'avait point songé à la relever : il la contemplait et l'écoulait en même temps comme s'il eût joui dé l'humble attitude où elle était devant lui. Ce ne fut que lorsqu'elle eut cessé de parler , et qu'en sanglottant elle eut appuyé sa tête contre les genoux du prince , qu'il la remit sur son siège , et paraisant sortir lui-même d'un combat pénible : « Il faut te céder, Aurélia, « lui dit-il. Tu es trop belle pour nous « autres hommes. Harderad sera bien mal-
« heureux! Moi-même , j'aime mieux
« maintenant que tu sois à Dieu qu'à lui.
« Je viendrai te répondre tout-à-l'heure. »
Et il s'élança promptement hors de la chambre, demanda son cheval, le pressa de l'éperon, et courut long-temps à travers les vallées et les montagnes. Il ne revint qu'après plusieurs heures, quand la rapidité de
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sa course eut soulagé son esprit des pensées violentes qui le tourmentaient.
A son retour , il trouva Harderad qui l'avait de tous côtés cherché , et l'attendait avec inquiétude. Théodebert l'embrassa tendrement et lui dit : « Laissons cette fille à a son Dieu. Je la lui cède, moi qui donnec< rais maintenant dix de mes villes pour la « mettre dans mon lit. Viens , que nous la « voyions pour la dernière fois. » En achevant ces mots , il traîna Harderad dans le gynécée , et parla ainsi à la jeune sainte :
a Aurélia , je t'amène Harderad , afin que , « comme un juge , tu lui dises toi-même <c sa sentence. Quelle qu'elle soit , par l'au- « torité de mon père Théodoiic et la mienne, « je la ratifie et rends irrévocable. Jeune « fille , songe encore une fois avant que de « parler. >> J^Ue n'hésita pas un seul moment. « Très illustre Théodebert, et toi, très cher « Harderad , vous connaissez tous deux mon « vœu. Je ne puis vous répondre qu'en a vous le remettant en mémoire, et le renou- « vêlant solennellement devant vous : Au « nom de la très sainte Trinité, de la vierge
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«Marie 9 et de tous les saints^ je jure de « renoncer pour toujours au siècle et à ses « pompes , et de vivre en servante de Jésus- « Christ dans une maison de filles recluses.
« Amen.» Harderad pâlit , et peu après ses yeux étincelèrent de fureur. Théodebert le saisit , comme pour le garder de quelque acte de démence. Mais Aurélia s'avança vers lui , et dit : « C'est à moi de le consoler. » Puis, lui prenant la main^ « Harderad. s'é- « cria-t-elle, très cher Harderad , ainsi que « je t'appelais tout à l'heure, écoute-moi, « et ne fais pas de ton ame l'ame d'un in- « sensé. La fiancée du Christ ne pouvait être « qu'ail Christ , sinon elle se plongeait dans « les flamimes de l'enfer. Mais j'ai toujours « pris pitié de toi , et désiré ton salut du « fond de mon cœur. Suppliante à mon tour, « je te conjure de ne pas te perdre éternelce lement , pour que je puisse au moins dans « le Paradis te donner une part de ma féli- « cité. Vois cette croix ou est mort le Sau- « veur des hommes , » ajouta-t-elle en lui présentant le crucifix qui chaque jour recevait ses oraisons , « par elle, par sa vertu >
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(c tu seras soulagé dans tes tribulations.
« Viens, ami, et prions ensemble, » et sans qu'il songeât aucunement à lui résister, elle le fit tomber à genoux , et adressa au Seigneur, pourl'ame du Barbare , les plus ferventes prières. Théodebert admira en silence cette pieuse extase , et ne se put défendre d'en verser quelques pleurs. Enfin tous deux se relevèrent , et la vierge se retournant vers le prince : « Obtiens mainte- « nant de mon père , dit-elle , que de suite « je sois envoyée en la sainte habitation de <c Mauriacum. » Ce que Papianus ayant consenti d'un simple signe de tête , la joie brilla dans les yeux de la jeune fille : elle embrassa son père avec larmes , recommanda vivement à Harderad de se jeter au sein de Jésus-Christ pour s'y consoler, et demanda au prince qu'il la fit parlir sur-le-champ.
Théodebert lui accorda ce qu'elle demandait , étant pressé lui-même qu'elle ne fût plus avec eux : il ordonna au fidèle Ragneric de veiller sur elle , et lui assigna quatre robustes hommes pour porter sa litière. Après quoi , elle partit , et ses derniers mots fu-
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rent : « Gloire à toi , mon Dieu : car je vais « habiter dans ta sainte demeure. »
Pendant que se faisaient toutes ces cho* ses , Harderad était resté silencieux , et comme sans mouvement. Théodebert , comprenant que l'instant approchait où une violente fureur succéderait à ce calme de désespoir , prit tout d'un coup son ami par la main , et lui cria d'une voix qui eût rompu le sommeil d'un trépassé : « Harde- « rad , nous voilà maintenant libres. Cette « fille qui nous tenait esclaves est loin de «nous. Veux -tu que nous retournions « bientôt aux combats , et venir avec moi « guerroyer en Italie ? Le pays est riche et tt plein de bonnes dépouilles. Des femmes « belles s'y trouveront aussi. T'en faut-il de « suite quelque autre qui te console de celle « que tu as perdue? Prends Deutéria : je « l'aime : mais je te la donne. Elle a été dans « mon lit : cependant elle n'est point mon « épouse : elle sera la tienne , et les enfants « qui naîtront de vous , je les enrichirai.
« M'écoutes-tu , Harderad? Me réponds-tu?
« Vas-tu me suivre ? » Et comme il semblait
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vouloir le traîner hors de la maison , celuièi, qui jusqu'alors avait paru ne pas entendre tous ses discours , répandit contre lui d'horribles imprécations. Théodebert ne s'en émut point , ayant bien plutôt pitié de sa folie , et persistant à l'emmener avec ses Leudes ^ dont il avait ordonné le départ.
Mais Harderad , rempli d'une obstination farouche , ne voulut point s'éloigner , et frappa même viqiemment quelques hommes qui tâchaient de l'arracher par force de cette demeure. Théodebert alors se mit à lui parler avec douceur, et extrême tendresse , et ils pleurèrent ensemble. Mais Harderad refusa néanmoins de suivre le prince , auquel il était nécessaire de retourner promptement en la cité des Arvernes.
Il quitta donc son ami , gémissant gravement de le laisser en si pitoyable douleur , et durant leur embrassement ^ il pleura beaucoup sur son visage.
On raconte que , chemin faisant , comme le roi exaltait la beauté d'Aurélia par ses paroles , et disait qu'elle lui avait inspiré une très grande concupiscence , un de ses
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Leudes , enclin à la flatterie , lui conseilla de l'enlever de force , pour en jouir , ne pouvant se faire qu elle fût encore consacrée sans retour au Seigneur. Théodebert , ému de colère , ne lui dit nul mot , mais le frappa soudainement de sa hache sur la tête, et du coup le fît tomber mort. Les autres Leudes furent saisis de crainte , et ils continuèrent leur route.
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