‹ Manuscrits de l'ancienne abbaye de saint Julien, à BrioudeChapitre 3 sur 36 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

dirait Tavare devant son trésor : là gisent tous mes plaisirs , et plus d'une fois il a fellu que Ton vînt m'en arracher.

Jngez y Monsieur ^ parmi une vie aussi retirée ^ quelle doit être mon ignorance de tout ce qui se passe au dehors. D'autres, plus philosophes y ou du moins feignant de l'être , se féliciteraient d'un tel état , et se regarderaient comme arrivés à ce comble du bonheur humain , dont parle Horace :

Oblitusque aliorum , obliviscendus et illis.

Pour moi, je n'ai point tant de vertu, ou , si vous voulez , j*ai plus de franchise. J'avouerai donc que dans ma solitude l'unique objet qui me pèse est cette ignorance d^ tant de choses à laquelle elle me condamne, et que souvent j'éprouve la plus grande peine à contenir les assauts de mon impuissante curiosité. Non que j'attache grand prix à connaître tous les débats politiques qui paraissent agiter le pays ; sur ce point, si j'étais avide de savoir, j'aurais moyen d'être satisfait , et , quand les routés ne

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