‹ Marabouts et Khouan. Étude sur l'Islam en AlgérieChapitre 10 sur 60 · LES CONFRÉRIES · texte numérisé non relu

LES CONFRÉRIES

A côté et en dehors des ordres religieux proprement dits, qui, tous ont des doctrines écrites et des traditions les rattachant à l’enseignement donné par le Prophète et ses compagnons, il existe, et il surgit de temps à autre, des associations, ou des confréries, dont le côté islamique ne se dégage pas bien nettement, et dont le caractère religieux est contesté, par les Musulmans, même les plus tolérants.

Ces sociétés affectent, cependant, de se donner comme des associations pieuses ; leurs adeptes portent le nom de Khouan; leurs chefs celui de Moqaddem.

Leur but est, en réalité, l’exploitation de la bêtise humaine et de la superstition la plus niaise ; leurs pratiques, toujours extérieures, sont, le plus souvent, bruyantes ou théâtrales ; et elles se targuent de donner à leurs adeptes des pouvoirs surnaturels ou des talismans auxquels rien ne résiste.

Presque partout, les membres actifs de ces confréries sont des musiciens ambulants, instrumentistes, chanteurs, danseurs, charmeurs de serpents, jongleurs, saltimbanques, acrobates qui entremêlent leurs réprésentations et leurs boniments, de prières plus ou moins connues et de versets du Coran, que tous les assistants écoutent avec respect.

Ces associations ne sont pas sans présenter certaines analogies avec les confréries qui, au Moyen-Age, sous un prétexte religieux plus apparent que réel, se livraient

en public à la représentation, ou à la récitation, « des jeux, miracles, mystères, chants, soties les plus variés. »

Vis-à-vis des Français, ces confréries se donnent comme de simples corporations ambulantes, sans le moindre caractère religieux.

Vis-à-vis des Musulmans assez éclairés pour ne pas être dupes de leur charlatanisme, les adeptes de ces confréries se donnent comme les émissaires déguisés d’ordres religieux, et présentent leurs exercices comme des stratagèmes destinés à éloigner les soupçons des agents de l’autorité, et à leur permettrê de circuler partout.

En fait, cela arrive souvent, car, lorsqu’on prend la peine d’étudier et de suivre un de ces groupes, on ne tarde pas à découvrir, presque toujours, parmi les comparses les moins en vue, quelque individualité d’une intelligence au-dessus de la moyenne et, par suite, apte à jouer le rôle délicat d’émissaire ou d’agent secret.

Les ordres religieux réguliers désavouent ouvertement ces confréries qui, selon eux, compromettent la dignité du caractère maraboutique, mais il est hors de doute que ces désaveux n’empêchent en rien l’existence des relations que nous signalons.

C’est surtout au Maroc que ces sortes d’associations sont nombreuses, et c’est de ce pays que viennent la plupart des groupes qui cherchent à parcourir l’Algérie, en dépit des prescriptions gouvernementales et des ordonnances de police qui prescrivent d’arrêter, et de reconduire à la frontière, tous les individus se livrant à ces professions interdites.

La plus importante de ces confréries marocaines est celle des Adjaïba (les Merveilleux), véritables saltimbanques et prestidigitateurs, qui invoquent comme patron, un certain Ahmed-ben-Moussi dont le tombeau est à Illigh, dans le Sous-el-Aksa.

Nous n’essaierons pas de faire l’historique de ces confréries, qui n’ont que de très lointains rapports avec

la question religieuse ; nous dirons cependant quelques mots de trois d’entre elles qu’il peut être utile de connaître, car elles peuvent servir de noyau à des sociétés secrètes, réclamant une surveillance active et éclairée : ce sont les confréries de Amar-bou-Senna, des Bou-Alya et des Mekahlya.

En 1831, un nommé El-Hadj-Mbarek-ben-Youcef, marocain, résidant à Alger où il exerçait la profession de cordonnier, quittait cette ville et se rendait à Guelma. Là, il formait une corporation de quelques musiciens, à la tête desquels il gagna sa vie, parcourant les tribus en chantant des poèmes de guerre et d’amour.

Ayant, quelques années plus tard, fait le pèlerinage de La Mecque, où il s’était sans doute lié avec des derwich venus d’Orient, il conçut le projet de faire, de sa troupe, le noyau d’un ordre religieux.

A son retour, il s’arrêta à Tunis où il résida quelques années, et organisa, dans cette ville, une nouba qui joignit, à ses occupations musicales, la récitation de versets du Coran et de prières chantées.

Il fit ensuite la même chose à Bône, à Constantine et, enfin, à Guelma, où il se posa en chef d’ordre religieux.

Plusieurs zerda ayant eu lieu près de Bône, au tombeau de Si Amar-bou-Senna : ce fut ce marabout qui fut pris comme patron do la confrérie.

Si El-Hadj-Mbarek continua à former des élèves musiciens et à organiser de petites troupes ou reïta qui le considérèrent comme leur grand chef.

Des troupes de l’espèce, ne dépassant généralement pas une dizaine d’individus ont été constatées en dehors des localités précitées: aux Djebaïlya (des Biban), aux Beni-Abbès (d’Akbou), aux Fennaïa(de Bougie), et, enfin, à Biskra et à Alger. El-Hadj-Mbarek a même une certaine réputation de sainteté, dans la capitale de l’Algérie, sur-

tout dans les cafés maures de la haute-ville, où, deux fois par mois, il se donne en son honneur des soirées chantantes suivies de quêtes religieuses.

Plusieurs groupes ou troupes de cette confrérie ont essayé d’exercer leur industrie dans les tribus, mais cela leur a été interdit par mesure de police.

Il se peut néanmoins que El-Hadj-Mbarek arrive un jour à former un ordre religieux, ou soit lui-même l’agent d’un ordre oriental ; mais jusqu’ici il ne paraît pas avoir été pris très au sérieux. Seule, sa personnalité se dégage sympathique, dans un certain milieu, où son extrême vieillesse (88 ans) est encore exagérée, et où il passe pour avoir 130 ans.

Cette confrérie ne nous a jamais créé de difficultés, bien que plusieurs de ses membres aient été souvent arrêtés et punis comme exerçant des professions interdites, ou comme vagabonds sans domicile.

Elle compte aujourd’hui en Algérie 15 moqaddem et environ 1,062 khouan, tous dans la province de Constantine (1). Le chef-lieu de ce département compte à lui seul 800 affiliés qui se réunissent en hadra deux fois par semaine, rue Sérigny, n° 38.

(1) Voici la statistique officielle de cette confrérie; mais il faut tenir compte de ce que en raison de la surveillance coercitive dont ils sont l’objet, les adeptes de Si Amar-bou-Senna ne sont pas tous connus. Ces chiffres sont donc un minimum, et tout à fait approximatifs :

Alger (ville).

. . 1 moqaddem,

compagnons,

Constantine (ville). . . .

id.

id.

Bône (ville)

id.

id.

Guelma (ville)

id.

id.

Biskra (ville)

id.

id.

Akbou (Beni-Abbès). .

id.

id.

Bougie (Fennaya). . . .

id.

id.

Bibans (Djebaïlya). . .

id.

id.

Total

. . 17 moqaddems,

compagnons

La conférie des Bou-Alya a été connue vers 1876, à la suite de réunions clandestines tenues à Bône parmi certain El-Habib-ben-S’rir, tunisien, originaire de Gabès, qui fut successivement traduit devant le tribunal de simple police et expulsé d’Algérie.

A la même époque, un autre moqaddem, originaire du Souf, était signalé à Constantine, mais l’expulsion de Si El-Habib l’avait sans doute rendu prudent, et les réunions cessèrent.

Cette confrérie fut présentée d’abord comme une branche dissidente des Aïssaoua, puis des Rahmanya; mais il fut reconnu qu’elle n’avait aucun rapport avec ces ordres religieux.

En réalité elle avait eu pour chef un certain Bou-Ali, marabout enterré près de Nefta et, de son vivant, moqaddem des Qadrya, mais moqaddem désavoué, parce qu’il avait voulu modifier la règle et se faire chef d’un nouvel ordre.

Les adeptes de Bou-Alya se livraient à des pratiques de jonglerie et à des danses épileptiques analogues à celles des Aïssaoua.

Depuis 1876, il n’a plus été question d’eux : ils n’avaient du reste été signalés qu’à Bône et Constantine.

Cependant, cette association, qui en Algérie, n’a été qu’une confrérie de saltimbanques, semble être réellement un ordre religieux dans le sud de la Tunisie. Le marabout Bou-Ali est vénéré dans le Djerid et passe, chez les Arabes, pour avoir été l’un des ancêtres des fondateurs de Tozer (1) ; ses descendants ont dans cette ville une zaouïa de Qadrya, dont relèvent les zaouïa de

(1) Tozer existait bien avant l’établissement de l’Islamisme en Algérie. C’est l’antique Thusuros des Romains, jadis siège d’un évêché.

Nefta, de Gafsa et du Djerid; ces Qadrya sont souvent dites pour cette raison Bou-Alia.

En résumé il n’existe, en Algérie, qu’une seule confrérie ayant un passé connu et une organisation fonctionnant d’une façon permanente.

C’est celle des Mokahlya ou, plus exactement, des Remaya car, bien que ce second nom soit moins connu que le premier, il est le plus ancien et c’est celui qui lui est donné dans les documents écrits que l’on nous a montrés.

Cette confrérie existe dans la plupart des États musulmans, et le groupe algérien, qui a son chef, ou président, aux environs de Mascara, relève, dit-on, d’un khalifa, ou président honoraire, résidant dans la ville de Merakech et dépendant lui-même du grand-maître qui habite à Tazeroualt, dans le Sous marocain (1).

C’est, en réalité, aujourd’hui, une société de « francstireurs , » après avoir été jadis une corporation de «francs-archers. » Le mot Remaya (AjUj), au singulier

Rami ( ), signifie « habile à lancer, bon tireur; » le

mot Mekhali ( jh5*) signifie « fusilier, » (au pluriel Me-

kahlya (LL.LC») et on s’en sert souvent pour désigner les Saga ou contingents à pied.

Ceux qui font partie des Remaya ne sont pas astreints à porter un chapelet, ni à réciter des prières particulières ; ils ne sont tenus que de rester bons Musulmans, de pratiquer les préceptes du Coran, de se consacrer à l’équitation et, surtout, à l’art « de lancer » la flèche ou la balle.

(1) Il ne faut pas oublier que c’est du Sous que, d’après certaines prophéties musulmanes, doit un jour sortir le Mehdi qui régénérera le monde « et remplira la terre de justice autant qu’elle est remplie >> d’iniquités. »

Voici l’origine de cette confrérie qui fut fondée du vivant même de Mohammed, et dont le premier organisateur fut Saad-ben-Bou-Okkas, compagnon du Prophète.

Ce Saâd-ben-Bou-Okkas était un guerrier d’une grande notoriété, très adroit au tir de l’arc, et « dont la flèche » ne manquait jamais le but. »

Au combat de Bedr, il se trouvait aux côtés de Mohammed, en même temps que d’autres fidèles. Un Koreïchète idolâtre, armé d’une longue lance, fît le vide autour de lui et s’approcha du groupe où se tenait l’Envoyé de Dieu, vers lequel il dirigea la pointe acérée de son arme. Mohammed se tourna aussitôt vers Saâd-ben- Bou-Okkas et lui dit: « Montre-moi ce que tu peux faire; débarrasse-moi de ce mécréant. » Saâd obéit promptement, et lança une flèche qui alla se planter au front de l’idolâtre. Celui-ci tomba raide mort.

« Tu es l’archer par excellence, dit le Prophète à Saâd : » je te bénis et bénis tous ceux qui apprendront de toi à » bien tirer l’arc. » Puis, s’adressant à ceux qui l’entouraient, Mohammed ajouta: « Enseignez à vos enfants le » tir de l’arc et l’équitation, cela les préparera à la Guerre » Sainte (1). »

Saâd-ben-Bou-Okkas prit ces paroles pour devise; il y ajouta les suivantes, du 17e verset de la Sourata intitulée :

(1) Parmi les haddit ou paroles du Prophète, les Musulmans citent encore les phrases suivantes :

1° « Tout espèce d’amusement doit être interdit comme frivole, a excepté ces trois choses : l’exercice de l’arc, le maniement du che- » val et les plaisirs pris en famille ; »

2° Les seuls droits qu’ont les enfants vis-à-vis leurs parents, c’est de demander qu’on leur enseigne à écrire, à nager et à tirer de l’arc ;

3° Trois classes de personnes entreront dans le paradis : celles qui fabriquent des flèches avec l’intention de les faire tourner à la défense de la religion, celles qui les lancent et celles qui les présentent à l’archer.

« le Butin. » « Quand tu lances un trait, ce n’est pas toi qui le lances, c’est Dieu. »

Dès lors, la confrérie des Remaya fut établie et se perpétua par la transmission d’imam en Imam.

Les principes de la société, ses traditions et quelques manuscrits la concernant ont été apportés, au XVIe siècle, dans le Maroc, par des pèlerins de la région de Sous (1).

C’était au moment de la grande lutte des Marocains contre les Portugais. En peu de temps, de nombreuses sociétés de tir s’organisèrent et la confrérie prit à la fois une grande extension.

En 1536, au siège d’Agadir (Sainte-Croix des Portugais), les Mokahlya firent des prodiges d’adresse : leurs balles passaient toutes à travers les créneaux et ils contribuèrent pour une large part à la prise de la ville.

En 1578, à la bataille de Ksar-el-Kebir ou de l’Oued- Mekharem, ce fut leur feu qui décida le premier mouvement de retraite de l’armée de Don Sébastien et de Mouley-Ahmed.

Les services rendus par les Makahlya avaient été si brillants que l’empereur Mohammed-Chikh, mort en 1621, voulut leur donner une organisation susceptible de resserrer leurs biens et surtout de lui permettre d’avoir toujours sur eux la haute main.

A cet effet, il choisit Sid Ali-ben-Mohammed-ben-Nacer, moqaddem des Chadelya et frère de Si Mohammedben-Nacer, fondateur et grand-maître des Nacerya dont la maison-mère est à Tamegrout, dans le Sous.

(1) D’Herbelot, Bibliothèque orientale, t. III, p. 393, cite un livre intitulé : Talim-ou-el-Alem-fi-remi-el-feham, traité pour bien tirer de l’arc , composé par Ali-ben-Khacem-el-Sadi-el-Halebi-el-Rami-el- Emir, officier principal des Tcherkes ou Mamelouk d’Égypte de la seconde dynastie II existe à la Bibliothèque de Leyde, n°s 92 et 499, un traité d 'Art militaire, par Nedjem-ed-din-Hassen-el-Ahdab ( le bossu), El-Remaï, mort en 695 de l’Hégire, 1295 de J.-C. ; d’autres livres de même genre existent encore à la Bibliothèque nationale à Paris ,

Sid Ali-ben-Nacer donna une vive impulsion religieuse à la confrérie qui, entre ses mains, fut un véritable ordre analogue à celui des Templiers. Aussi quelques auteurs ont-ils classé les Mekahlya comme formant une branche particulière des Nacerya.

Gela fut vrai en effet, au commencement du XVIIe siècle ; mais dès la mort de Sid Ali-ben-Nacer, les Mekahlya ne tardèrent pas à s’affranchir du lien spirituel qui les unissait à cet ordre religieux. Le groupe fixé à Tazeroualt fut le premier h reprendre son autonomie et son caractère laïque; les autres l’imitèrent; mais tous ont conservé vis-à-vis des Nacerya une grande déférence.

Aujourd’hui encore, beaucoup de descendants de Si Ali-ben-Mohammed, sont les chefs des Mekahlya ; ils recueillent les offrandes et ont des moqaddems sur toute la surface de l’Empire marocain.

Au printemps de chaque année, une fête commémorative réunit une foule de fidèles auprès du tombeau de Si Ali-ben-Mohammed qui est situé à Maroc même, à peu de distance de la porte dite Bab-el-Debagh. — Après le repas, et une fois la prière du Dolior terminée, les Remaya se livrent à des exercices de tir et d’escrime.

Dans toutes les zaouïas des villes et bourgades du Maroc, dans toutes les tribus où se trouvent des moqaddems, les Remaya se réunissent aussi chaque vendredi et, après la prière du Dohor, se livrent à leurs exerciceshabituels.

Ils jouissent dans le Maroc d’une certaine considération et les gens des hautes classes de la société sont heureux de leur demander, moyennant salaire, des leçons de tir; mais ces mêmes personnages regarderaient comme au-dessous d’eux de se faire admettre dans la corporation.

Les membres de la Société se surveillent mutuellement ét appliquent entre eux, de la façon la plus rigoureuse, un règlement dont voici les principales dispositions :

Un Rami qui attaque un Khouan (des Remaya) avec un fusil, sera puni, par le cheikh, d’une amende de six mitscal (6 francs).

Un Rami qui attaque un Khouan avec n’importe quel morceau de fer, sera puni d’une amende de trois mitscal (3 îrancs).

Un Rami qui attaque un Khouan avec un bâton ou une pierre, sera puni d’une amende de cinq onces (1 fr. 50).

Un Rami qui crache sur un Khouan sera puni d’une amende de un mitscal (1 franc).

Un Rami qui trahit une chose confiée sera puni de dix mitscal (10 francs).

Un Rami qui se dispute avec un Khouan sera puni d’une amende de un mitscal (1 franc).

Un Rami qui jure par des choses sacrées sera puni d’une amende de douze onces (3 francs).

Un Rami qui fait un serment sera puni d’une amende de six onces (1 fr. 80).

Un Rami qui donne un soufflet à un Khouan sera puni d’une amende de un mitscal (1 franc).

Un Rami convaincu de meurtre sera puni d’une amende de trente mitscal (30 francs).

Un Rami coupable d’adultère sera puni d’une amende de vingt mitscal (20 francs), etc., etc.

Si le cheikh ou le moqaddem commet une des choses ci-dessus mentionnées, sa peine sera double de celle fixée pour un simple Rami (1).

Le règlement qui précède, est rigoureusement observé : les Khouan des Remaya exercent, vis-à-vis les uns des autres, une police sévère ; si un Rami vient à faillir, il paye, bon gré mal gré, l’amende prescrite, entre les mains d’un chaouch ou d’un moqaddem.

Une partie des sommes ainsi réunies devient, dit-on, la propriété des chefs de la société ; l’autre est conservée, par un membre désigné à l’avance, et sert à couvrir les frais des repas pris en commun par les Khouan.

A l’instar des vrais ordres religieux, la société com-

(1) Extrait d’un petit manuscrit sur la tradition de « l’art de lancer, » communiqué à M. le Chef du bureau arabe de Tiaret, par le maréchal-des-logis Mustapha-ben-Chanem, du 2e spahis, cheikh des Remaya.

prend des chioukh ou moqaddem, et des khouan. On y rencontre même des chaouch chargés de recevoir les ziara et des offrandes.

La société des Remaya, peu importante à Aflou, Aïn- Sefra, Saïda, Frenda et Beni-bou-Saïd, de Mar’nia, est au contraire très connue à Géryville et à Tiaret.

Un grand nombre de Trafï et de Ksouriens en font partie (sauf cependant les habitants de Chellala, Dahraouïa, de Chellala-Gueblia et de Bou-Semghoun.)

Plus à l’Est, les Remaya sont très rares en Algérie; si même il en existe ; on en a signalé cependant parmi d’anciens spahis.

La statistique officielle faite en 1882 n’a donné pour les Remaya que les chiffres suivants, mais ils n’ont pas été recensés partout.

Cercle de Saïda

moqaddem,

membres,

Cercle de Géryville, non recencés. . . .

id.

id.

Cercle de Marnia (Beni-bou-Saïd), id..

id.

id.

Commune mixte de Mascara

id.

id.

Mostaganem

id.

id.

Commune mixte de l’Hillil

id.

id.

Commune mixte de Tiaret

id.

id.

Total

moqaddem,

membres.

Ce nombre peut certainement être doublé et il sera encore au-dessous de la réalité, qui doit se rapprocher d’environ 30 moqaddem et 500 membres.

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