‹ Marabouts et Khouan. Étude sur l'Islam en AlgérieChapitre 17 sur 60 · QUESTIONNAIRE · texte numérisé non relu

QUESTIONNAIRE

« D. Qui, le premier, a reçu la ceinture ?

» R. Gabriel.

» D. Où l’a-t-il reçue ?

» R. Au ciel.

» D. Qui l’en a ceint ?

» R. Les anges du ciel, par l’ordre de la Vérité. — Que sa gloire » soit proclamée !

» D. Qui, le second, a reçu la ceinture?

» R. N. -S. Mohammed.

» D. Qui l’en a ceint ?

» R. Gabriel, par l’ordre du Maître de l’univers.

» D. Qui, le troisième, a reçu la ceinture ?

» R. Ali, fils d’Abou Thaleb.

» D. Qui l’en a ceint ?

» R. Mohammed.

» D. Qui, le quatrième, a reçu la ceinture?

» R. Sliman-el-Farsi.

» D. Qui l’en a ceint ?

» R. Ali.

» D. A qui appartient la ceinture (au fig. fermeté) et à qui la main » (puissance) ?

» R. La ceinture est à Ali, fils d’Abou-Thaleb, et la main à Moham- » med, car Dieu a dit : Ceux qui se soumettront à toi, seront comme » s’ils se soumettaient à Dieu, et ceux qui se révolteront contre toi, » se révolteront contre eux-mêmes, car la main de Dieu est au-dessus » d’eux. Celui qui accomplira ce que Dieu lui a imposé comme enga- » gement, je le récompenserai d’une manière magnifique (1).

» D. Combien y a-t-il de ceintures?

» R. Deux : la ceinture supérieure est à Gabriel ; elle est dans le » ciel; la ceinture inférieure est à Ali, fils d’Abou-Thaleb; elle est sur » la terre : c’est la confrérie.

(1) Ces deux phrases sont des citations plus ou moins altérées du Coran .

» D. La ceinture (confrérie), de combien d’éléments est-elle com- » posée ?

» R. De trois éléments. Le premier est Gabriel; le second, Moham- » med, et le troisième, Ali, fils d’Abou-Thalcb.

» D. Sur combien de bases repose la ceinture ?

» R. Sur deux bases, qui sont: El-Haçan et El-IIoceïn, fils d’Ali.

» D. Qu’est-ce que la voie (trika)?

» R. C’est la science, la continence, la sagesse, la patience et l’ex- » cellence des successeurs.

» D. Quelles sont les obligations de la voie ?

» R. De rejeter les mauvaises paroles ; de prononcer sans cesse le » nom de Dieu ; de mépriser les biens de la terre ; de repousser les » amours humaines et de craindre le Dieu Très-Haut.

» D. A quels signes se reconnaissent les gens de la voie ?

» R. Ces signes sont : la bienfaisance, la retenue de la langue, la » piété, la douceur et l’éloignement des péchés.

» D. Quel est ton Ouerd, et que t’impose-t-il ?

» R. La recherche du salut et de la nourriture divine ; la douceur » des paroles ; la confraternité et la sincérité du langage et des » œuvres.

» D. Qu’est-ce que le tapis de la voie?

» R. C’est le tapis à prières du cheikh, sur lequel on se prosterne » et on est purifié; c’est sur lui que se passent les mystères.

» D. Le tapis de la voie, combien a-t-il d’attributs ?

» R. Quatre.

» D. Quels sont-ils ?

» R. Loi divine, vérité suprême, voie droite, connaissance du Dieu » Très-Haut.

» D. Le tapis, combien a-t-il de mots symboliques et quels sont-ils ?

» R. Quatre : le premier est Gabriel, le second Michel, le troisième » El-Haçan et le quatrième El-Hoceïn.

» D. Combien y a-t-il de lettres, et quelles sont-elles ?

» R. Il y en a quatre : la première est ta O, la deuxième mim ç, » la troisième a et la quatrième

» D. Quelle est la signification de ces quatre lettres?

» R. La première, ta, veut dire que le compagnon du tapis doit être » la poussière des gens de la voie ; le mim, qu’il doit être sem-

» blable à l’eau *L» courante et pure ; le ha, qu’il doit être comme le » zéphir soufflant dans le feuillage des arbres, le compagnon

» du tapis doit, en effet, être un esprit répandant sur les gens de la » voie, la perfection et les faveurs légales ; le noun ^ indique qu’il » doit être comme le feujl» qui embrase la maison du pervers.

» D. Vers qui marchez-vous ?

» R. Vers la place d’Ali.

» D. Quelle est la forme de cette place, qu’y a-t-il au-dessus d’elle, » que contient-elle ?

» R. La place d’Ali est tracée parles vieillards, compagnons de Ja » fetoua ; sur elle, est le tapis, et, au-dessus d’elle, est la Vérité » (Dieu), le Tout-Puissant, le Généreux, qui domine ses esclaves.

» D. Combien faut-il de pas pour la traverser?

» R. Quatre pas : un pour chacun des Saluts que connaît l’inter- » prête de langue, qui en explique les secrets et les mystères.

» D. Combien doit-on passer de ponts pour arriver, à la place d’Ali, » et s’asseoir sur le tapis ?

» R. Trois ponts.

» D. Qu’y a-t-il à votre droite, à votre gauche, derrière vous, devant » vous, sur votre tête et sous vos pieds ?

» R. A ma droite est Gabriel ; à ma gauche, Michel ; derrière moi, » Azraïl ; devant moi, Assafil ; au-dessus de moi, le Souverain Glo- » rieux ; et sous mes pieds, la Mort, qui est plus proche de nous que » la veine jugulaire ne l’est de la gorge, conformément à cette parole » divine : « Toute âme doit goûter de la mort ; vous recevrez votre » salaire le jour de la résurrection (Coran). »

» D. Qu’y a-t-il dans votre tête, dans votre oreille, dans votre œil, » dans votre poitrine et dans vos pieds ?

» R. Dans ma tête : la noblesse des pensées, l’intelligence et la » connaissance ; dans mon oreille : les paroles de celui qui m’a dirigé » vers l’obéissance de Dieu ; dans mon œil : la vue de la face du Seï- » gneur Généreux (Dieu) ; dans ma bouche : la loi divine, la vérité, » la règle, la connaissance et les paroles de bien; dans ma poitrine » (cœur) : la patience pour supporter les calamités et les mauvaises » paroles ; et dans mes pieds : un moyen de me rendre auprès des » maîtres de la connaissance, sur le tapis de la voie droite, en pré- » sence des gens de la vérité.

» D. Qu’y a-t-il dans votre cœur ?

» R. L’impureté et l’ignorance, que je dois racheter par l’humilité » et la soumission devant mon Maître.

» D. Quels sont vos témoins ?

» R. Ma main droite et ma main gauche ; elles porteront témoignage » le jour de la comparution suprême, par devant le Maître de l’Uni- » vers, et les deux anges écrivant par mon ordre.

» D. En se rendant vers la place d’Ali, d’où vient-on, et par où » s’en va-t-on?

» R. On vient de la maison périssable, et on se rend vers la mai- » son de l’éternité. Accorde-moi la richesse, ô Riche! et l’éternité, ô » Eternel !

» D. Quelle est la maison périssable ? Quelle est la maison éter- » nelle ?

» R. La terre est périssable, avec tout ce qu’elle contient, car c’est » la maison de l’illusion, conformément à cette parole divine : « La » vie de la terre n’offre que des jouissances trompeuses (Coran). » » Quant à la maison éternelle, c’est la maison de l’autre vie, et ne » l’habitera pour l’éternité que celui qui aura fait les bonnes œuvres, » multiplié les bienfaits, rejeté l’impureté et l’immoralité, méprisé » les amours terrestres, et détourné ses regards des choses illicites. » C’est la réunion des serviteurs au plus haut des cieux ; c’est en ce » lieu qu’ils obtiendront l’intercession efficace de Mohammed, l’En-

voyé de Dieu, le Maître des miracles.

» D. Lorsque vous entrez sur la place et que vous vous avancez » au milieu des vieillards, compagnons de la voie, comment vous » accueille le cheikh ?

» R. Il m’accueille avec une invocation sincère, et m’enveloppe de » son regard bienfaisant.

» D. Quels sont vos initiateurs pour entrer dans la voie de la pureté?

» R. Ce sont les vieillards sages qui sont mes intermédiaires auprès » d’Ali. C’est en leur présence et dans leur généreuse société qu’on » est reçu.

» D. Où est-on reçu ?

» R. Sur le tapis de la vérité, sous les pieds du trône de Dieu, sur » la place d’Ali, et en présence des compagnons de la fetoua.

» D. Combien avez-vous de frères dans la voie droite ?

» R. Deux, qui sont ma ceinture et mon pacte, que je tiens dans ma » main, et qui m’accompagnent dans la vie et dans la mort.

» D. Par quelle porte entre-t-on, et par quelle porte sort-on ?

» R. On entre par la porte de l’amour, et on sort par celle de la » miséricorde et de l’accueil des compagnons.de la fetoua.

» D. Où est cuite notre bouchée, qui l’a humectée et qui l’apporte ?

» R. Elle est cuite au foyer du Miséricordieux (Dieu) et est apportée » par les anges du paradis de délices.

» D. Où la dépose-t-on ?

» R. Sur le tapis de la puissance, entre les mains des compagnons » de la décision.

» D. En arrivant dans la réunion des gens de la voie droite, sur » quoi s’assied-on?

» R. Sur le tapis d’Ismaïl (que le salut soit sur lui!)

» D. Comment s’assied-on sur le tapis de la voie?

» R. Par la permission que le cheikh en donne, et avec le cœur » rempli d’humilité et de modestie, en présence des intermédiaires.

» D. Qu’est-ce que la foula (pièce d’étoffe)? Quelle est son origine » et quelle largeur a-t-elle?

R. La première fouta a été formée des feuilles de figuier dont se » sont couverts Adam et Ève. La largeur de la fouta est celle de votre »* bras droit, et sa longueur est celle de votre bras gauche. Son ori- » gine revient à Omar-Ibn-Omeïa-el-Medowi, car c’est lui qui en fit » présent à l’imam Ali.

» D. Comment entre-t-on dans la voie, et comment en sort-on ?

» R. On y entre avec l’âme humble de l’impétrant, et on en sort » avec le cœur joyeux de celui qui a obtenu.

» D. Lorsqu’on vous boucle la ceinture, qu’y a-t-il dans votre main » droite ?

» R. Nous tenons dans notre main droite le livre de notre destin, » selon cette parole divine : « O ! mon Dieu, donne-moi mon livre » (destin), dans ma main droite et non dans ma main gauche ! »

» D. Qu’y a-t-il entre votre main droite et votre main gauche ?

» R. Il y a, entre les deux, l’alliance du Dieu Très-Haut.

» D. Qu’y a-t-il entre vous et votre initiateur ?

» R. Il y a, entre nous, le pardon du Dieu magnifique, Seigneur de » Moïse et d’Abraham ; selon cette parole divine : « O ! vous qui » croyez, offrez, en entier, votre repentir à Dieu, et demandez-lui le » pardon de vos fautes. » Et cette autre parole : « Celui qui accom- » plira l’engagement contracté envers Dieu, je le récompenserai ma- » gnifiquement. »

» D. Par quoi est-on affranchi?

» R. Par la pureté du cœur de l’initiateur et la sincérité du néophyte.

» D. Qui possède la chose longue, et qui la chose courte ?

» R. L’homme juste a la langue longue et le pécheur, dans son » avilissement, a la langue courte.

» D. Quelle est la clef du ciel ?

» R. La profession de foi : « Il n’y a de Divinité que Allah, Moham- » med est le prophète de Dieu ; (que Dieu répande sur lui ses grâces » et lui accorde le salut !) »

» D. Quelles choses sont venues du ciel, et dont l’une est supé- » rieure à l’autre ?

» R. Le blé et la viande. La viande est supérieure au blé, car le » blé a été apporté du paradis par Adam, tandis que le bélier a été » envoyé du ciel, pour servir de rançon à Ismaïl, que son père allait o immoler.

» D. Quelle est la maison sans porte, la mosquée sans mihrab (1) » et le prédicateur sans livre ?

» R. La maison sans porte, c’est la terre, qui n’est qu’un séjour

(1 ) Le Mihrab, dans les mosquées, est une sorte de niche pratiquée du côté de la Mecque et dans laquelle se met le prédicateur, lorsqu’il ne monte pas dans la chaire (khettaba) .

» d’illusions trompeuses ; la mosquée sans mihrab, c’est la Kabâ,

» que Dieu Très-Haut la protège ! — et le prédicateur sans livre, » c’est Mohammed, car il prêchait sans livre, et on écrivait, au con- » traire, ses paroles sur le livre.

» D. Le diadème de l’Islam est-il sur ma tête, ou sur la vôtre ?

» R. Il est sur ma tête, sur la vôtre et sur celle de tous les servi- » teurs ; car Dieu l’Unique, le Puissant, est celui qui dit à une chose :

» « Sois ! » et elle est.

» D. En quoi espérez-vous ?

» R. En la miséricorde de Dieu, afin qu’il me fasse admettre, ainsi » que vous, au paradis.

» D. Par quoi s’obtiennent la loi, la justice, la règle et la connais- » sance ?

» R. La loi s’obtient par le travail et l’étude ; la justice, par la » volonté du Dieu Très-Haut, celui qui n’a pas de pareil, le dispen* » sateur de tout bien, le créateur de toute chose, le vivificateur et » l’exterminateur de ce qui existe ; on arrive à la règle en suivant » la voie de la vérité et de la sincérité ; enfin, la connaissance con- » siste dans la science des paroles de Dieu, de son livre, et dans les » efforts pour rester dans l’obéissance de Dieu.

» D. Quelle est la clef de la loi, et quelle est sa serrure ?

» R. Sa clef est cette parole : « Au nom de Dieu clément et misé- » ricordieux !» et sa serrure, cette autre parole : « Louange à Dieu, » Maître de l’univers ! »

» D. En quoi consiste l’observance ?

» R. Elle consiste à se nourrir de ce qui est permis, à rejeter ce » qui est illicite, à obéir aux deux fils (Haçan.et Hoceïn) et à se rap- » procher de Dieu.

» D. Si la viande se gâte, par quoi la rectifie-t-on ?

» R. Par le sel.

» D. Et si le sel se gâte, comment le rectifie-t-on ?

» R. Par l’assemblée sur la place d’Ali.

» D. Quelle est la signification de ces paroles ?

» R. La viande représente les gens de notre sainte société; le sel » est le cheikh. Si les membres de la confrérie de la voie se gâtent, » le cheikh les guérit ; et si le cheikh se gâte, on le remplace dans » l’assemblée.

» D. Quels sont les mystères qui enveloppent le tapis ?

» R. Il est entouré par quatre fatiha (1) ; on le déroule avec une » fatiha, on le roule avec une fatiha, et on l’emporte avec une fatiha.

» D. Que fait le cheikh en approchant du tapis?

» R. Il commence par invoquer le salut et indiquer les prescrip-

(1) La « Fatiha » est le premier chapitre du Coran,

» tions de la voie. Puis il avance son pied droit et soulève le pied » gauche ; il récite alors une fatiha, et fait, sur le pied gauche, com- » me il a fait sur le pied droit. Il s’avance ainsi peu à peu, en récio tant la fatiha, et termine par la bénédiction, et l’appel des faveurs >' divines et du salut sur N. -S. Mohammed, le Maitre des Envoyés.

» D. Comment le cheikh se retire-t-il du tapis?

» R. En prononçant trois fatiha : la lekbira pour le Dieu Très-Haut, » l’appel de la bénédiction et du salut sur N. -S. Mohammed, Maître » des Envoyés, sur sa famille et sur ses compagnons ; et l’invocation » du salut pour^tous. Enfin, il implore Dieu de nous pardonner, ainsi y> qu’à vous et à tous les Musulmans et les Musulmanes, les Croyants » et les Croyantes. Amen ! Amen, par les mérites de Mohammed, le » Seigneur des Envoyés !

» Fin du questionnaire ainsi que de la fetoua, par la grâce do » Dieu ! »

C’est après avoir subi ces épreuves que le Khouan reçoit son brevet, s’il lui en est délivré, ce qui n’arrive pas toujours.

Dans ce cas, voici comment cette pièce est libellée :

« Au nom de Dieu clément et miséricordieux,

» A nos frères musulmans qui prendront connaissance du présent.

» Puisse Dieu vous diriger en science et en sagesse !

» Le porteur de ce diplôme, El-Hadj-Mohammed-El-Megherbi, de- » rouich-profès, s’est présenté à Bar’dad et a visité l’établissement de » mon aïeul, l’étoile des savants, le guide de ceux qui suivent la voie » droite, le cheikh Abd-el-Qader-El-Djilani (Que Dieu sanctifie son » mystérieux pouvoir ! que les mérites de sa piété et de ses bonnes d œuvres, s’étendent sur nous tous !)

» En conséquence, soyez persuadés que le sus-nommé est entré » dans la confrérie de mon saint aïeul. Dès lors, il convient que vous » l’honoriez, le considériez, le protégiez contre tout acte hostile, » conformément à ce verset du Livre saint :

« Certes, Dieu ne frustrera pas les hommes bienfaisants de leurs » récompenses. » Le Prophète n’a-t-il pas dit : « Le paradis est à » celui qui honorera l’étranger dans son exil, ou calmera sa souf- » franco par une gorgée d’eau, ou le nourrira, ou le vêtira, ou l’ac- » cueillera le sourire aux lèvres. »

» Les paroles du Prophète, de l’Élu, de Dieu doivent être regar- » dées comme absolument vraies. Le desservant de la mosquée de » mon aïeul Sliman-El-Qadri, prince des cheikhs à Bagdad, »

Les porteurs de ces brevets sont habituellement nantis d’une autre pièce écrite sur papier satiné, de 25 à 30 cent, de large sur 2 mètres environ de long, et donnant, en belle calligraphie, la généalogie de Sid Abd-el-Qader, par Ali et le Prophète, jusqu’à Adam et la liste des chefs de l’Ordre.

Ce diplôme ne donne ni le titre de cheikh ni celui de moqaddem, il dit simplement que le porteur est un homme pieux

La partie constituant le diplôme d’affilié est ainsi conçue :

« S’est présenté à moi, à Bar’dad, l’homme de bien qui se dirige » vers Dieu, en se détournant de tout ce qui n’est pas Lui, qui désire » parvenir en l’autre vie, le derouiche El-Hadj Mohammed-ben-El- » Ouadoudi-El-Amri-El-Zammouri-Ech-Chaïbi-El-Moghrabi, il a visité » la seigneurie de mon aïeul, l’étoile des mondes, la perle la plus » précieuse, qui met au même niveau les grands et les petits, astre o de la religion, flambeau étincelant, maître des signes et des pen-

# sées, le cheikh Abd-el-Qader-El-Djilani.

» Après sa visite, le sus-nommé est venu à nous et nous a demandé » de l’instruire de l’Unité de Dieu. Je lui ai donné cette science, de » même que je l’avais reçue de mon maître et par Sid Ali-El-Qadri, » lequel l’avait reçue de son maître et cousin Abd-el-Qader-El-Qadri,

» qui l’avait reçue de

» qui la tenait de son père, l’Émir des Croyants, Ali-

» ben-Bou-Thaleb, mon ami, la fraîcheur de mon œil, le Prophète de » Dieu m’a fait part que l’ange Gabriel lui avait dit: « J’ai entendu le » Puissant dire: il n’y a de Dieu que Dieu: c’est là ma forteresse. » Celui qui prononcera ces paroles entrera dans ma forteresse, et » celui qui y entrera sera en sûreté contre mes châtiments. » . . . .

» . . . . Après donc que nous eûmes appris au néophyte la parole de » l’unité de Dieu, nous lui avons ordonné de la réciter 165 fois, à la » suite de chaque prière obligatoire et toutes les fois que la chose » lui sera possible. Et celui qui rompra le pacte, le rompra à son

* détriment. Celui, au contraire, qui conservera l’alliance faite avec v Dieu, recevra une récompense magnifique.

» Que Dieu répande ses faveurs sur notre maître Mohammed et ses » compagnons, sur sa famille et lui accorde le salut !

En réalité, cette pièce (1) paraît être une espèce de relique, qui se délivre en même temps que le diplôme « aux gens éminents, » car on a trouvé le môme document aux mains de moqaddem Qadrya, porteurs de brevets ainsi conçus :

« DIPLOME DE MOQADDEM » conféré au frère

Page 1