‹ Marabouts et Khouan. Étude sur l'Islam en AlgérieChapitre 19 sur 60 · MOHAMMED-BEN-ABDALLAH-ES-SEHEROURDI · texte numérisé non relu

MOHAMMED-BEN-ABDALLAH-ES-SEHEROURDI

(An 632 de l’Hégire. — 1234-1235 de J.-C.)

L’ordre religieux des Seherourdya fut fondé, et surtout organisé, par Chehab-ed-Din - Abou-Hafs-Omar-ben- Mohammed-ben- Abdallah- es-Seherourdi, né à Seherouerd, bourgade près de Zendjan, dans l’Irak-Adjemi (Perse).

Il appartenait à une famille qui remontait au khalife Abou-Beker-es-Seddik et dans laquelle la vocation religieuse et le mysticisme étaient héréditaires.

Son aïeul Mohammed-ben-Abdallah- A mmouya (û^*&) es-Seherourdi et son grand-père Ouadjih (1) ed-Din- Amar-6e/z-AfoA«mmcrf-Ammouya furent contemporains et disciples de Sid Abd-el-Qader-el-Djilani (qui vécut de 471. à 561, soit 1078 à 1166 de J.-C.).

Son oncle Abou-Nedjib-Dia-ed-Din-Abd-el-Kcthir-hen- Abdallah-ben-Messaoud-cs-S'cAcroardtj né en 489 = 1096 de J.-C., avait, dans sa jeunesse, suivi les leçons du célèbre Abou-Ahmed-Ghazzali (mort en 505 = 1111-1112 de J.-C.) et celles des disciples directs de ce grand théologien. Il est lui-mème très connu comme prédicateur et comme soufî, et avait des attaches dans plusieurs ordres

(1) Ibn-Batoutah donne Ouahid-ed-Din (X^)’ d’Herbebt . de Sacy, Dozy et Chikli-Snoussi donnent Ouadjih-ed-Din (^>j).

religieux. Il mourut en 563 = 1167-1168 de J.-C., laissant deux ouvrages très estimés: l’un est F « Adeb-el-Mouridin » ou « manuel des disciples traitant des qualités et conditions obligatoires pour ceux qui veulent s’avancer dans la voie spirituelle. L’autre est intitulé : l’« Abedel-Mohaditin » ou « manuel traitant de l’esprit de ceux qui ont rapporté les traditions du Prophète. »

Ce fut surtout à l’école d’Abou-Nedjib que se forma Chehab-ed-Din-Abou-Hafs-Omar-es-Seherourdi , l’imam et triquat de l’ordre religieux des Seherourdya.

Né en 539 = 1144-1145 de J.-C., il mourut en 632 (1) = 1234- 1235 de J.-C., à Bagdad, où on lui a élevé, au centre de la ville, un magnifique tombeau entouré de jardins et de vastes constructions affectées à des œuvres de piété ou de bienfaisance. Il a laissé de nombreux ouvrages qui font encore autorité en matière de soufisme , tels sont : le livre des définitions (Aouarif-el-Maarif) ; l’Ateur-el- Hadd, ou « V Enseignement de la vraie direction et des croyances des hommes pieux ; » l’Adellat-el-Aïou, ou « Traité de logique , » etc.

Ces livres contiennent les indications les plus complètes et les plus précises sur tous les termes techniques employés par les Soufi et sur les doctrines qui s’y rattachent. Ils sont souvent cités par les auteurs musulmans et il n’est guère de chef d’ordre religieux ou de théologien mystique qui n’y ait fait de nombreux emprunts. Ces livres ont eu les honneurs de plusieurs traductions, en turc et en persan, et de plusieurs commentaires (2).

Il ne faut pas confondre le soufi Chehab-ed-Diiwl&oa-

(1) D’Hosson le fait mourir en 602 — 1205-1206 de J.-C., contrairement à d’Herbelot et à Silvestre de Sacy, qui donnent 539 (1144-1145 de J.-C.), d’apres Ibn-Khalican, auteur d’une biographie de Chehab-ed-Din-es-Seherourdi.

(2) Silvestre de Sacy a donné quelques extraits du Livre des définitions qui se trouve à la Bibliothèque nationale de Paris, sous le n° 375. Voir tome X et tome XII des Notices et extraits des manuscrits.

i^q/s-Omar-es-Seherourdi avec son quasi-homonvme et contemporain Chehab-ed-Din- Faàhz-ben-Habech-ben- Amizei-es-Sefierourdi-el-Hakim-e\-Bekeri> appelé souvent Chikh-el-Meqtoul (le vénérable assassiné). Ce dernier, qui était né dans la même localité en 548 = 1153-1154 de J.-C., fut aussi célèbre comme érudit et comme philosophe (hakim) , et il a écrit plusieurs ouvrages , entre autres un traité contre les doctrines des Platoniciens et des Péripapeticiens. Accusé de magie par les uns, dénoncé par les autres comme plus attaché à la philosophie qu’à la religion, il fut mis à mort en 585 = 1189-1190 de J.-C., dans la ville du Caire, par ordre du sultan Salahcd-Din (Saladin). Ce philosophe, exalté parles uns comme un martyr, et décrié par les autres comme un hérétique (zendik), ne semble pas avoir eu de lien de parenté avec la famille du fondateur de l’ordre des Seherourdya (1).

Chehab-ed-Din-Abou-Hafs-Omar-es-Seherourdi, l’imam et-triquat, avait des appuis dans tous les ordres religieux existant à son époque.

Une première chaîne, composée de personnages peu connus est, à la fois, la propre généalogie de sa famille et la liste des chikhs qui, de père en fils, se sont transmis l’enseignement donné par l’ancêtre commun Abou- Beker-es-Seddik.

Une deuxième chaîne, celle-ci composée de docteurs ou de saints plus connus et passant par El-Djenidi, relie encore les Seherourdya à Abou-Beker-es-Seddik. Voici cette chaîne:

A. L’ange Gabriel. — Le Prophète. — 1, Abou-Beker-es-Seddiq. — 2, Seliman-el-Faressi. — 3, El-Kacem-ben-Mohammed-ben-Abou-Be-

( l ) Il y a un sixième Seherourdi nommé Taki-ed-Din-Abou-Amran-Otsman-ben-Abdcrrahman-Ibn-Salah-Seherourdi, mort en 634 (1236-1237 de J.-C.) et auteur d’un livre estimé, ayant pour titre: Abd-el-Slofti-el-Mostofi , et traitant des qualités requises pour exercer avec distinction les fonctions de mofti.

ker-es-Seddiq. — 4, Djaffar-es-Sadok. — 5» Moussa-el-Kadim. — G, Alier-Radi-ben-Moussa. — 7, Abou-Kacem-el-Djenidi 297 (909-910 de J.-C).

— 8, Ali-ben-Sahl-es-Soufi. — 9, Memchad-Omar-ed-Dinaoueri. — 10, Ahmed-el-Assoud-ed-Dinaoueri. — 11, Akhou-Feradj-ez-Zendjàni. — 12, Mohammed-bén-Abdallah, El-Ammouya-el-Seherourdi. — 13, Ouadjih-ed-Din-Omar-ben -Mohammed- Ammouya- es- Seherourdi. — 14, Abou-Nedjib-Dia-ed-Din-Abd-el-Kahir-Seherourdi. — 15, Chehab-ed- Din-Abou-IIofs-Omar-bcn-Mohammed-ben-Abdallah-es-Seherourdi.

Une troisième chaîne, passant encore par El-Djenidi, rattache l’ordre des Sehërourdya à Ali-Taleb et donne plusieurs noms différents de ceux de la chaîne précédente :

B. L’ange Gabriel. — Le Prophète. — 1, Ali-ben- Abou-Taleb. — 2, Abou-Saïd-Hassan-el-Bosseri. — 3, Habib-el-Adjemi. — 4, Abou- Seliman-Daoud-et-Taï. — 5, Marouf-el-Kerkhi. — 6, Sari-Sakati. — 7, Abou-Kacem-el-Djenidi. — 8, Abou-jVIohammed-Rouïyem-ben-Ahmed-el-Baghdadi. — 8 bis, Abou-Mohammed-Djafar-Khouldi. — 9, Chikh-el-Islam-Abou-Abdallah-Mohammed-ben-Khefif-el-Chirazi (331

— 942-943 de J.-C. h — 10, Abou-Abbas-Ahmed-en-Mehaouendi-ben- Mohammed. — 11, Akbou-Feradj-ez-Zendjani (qui est le n* 11 de la chaîne A).

Une quatrième chaîne relie les Seherourdya à El-Djenidi d’une façon un peu différente et par peu de noms qu’il est bon de constater à cause de la notoriété de ceux qui les portent :

C. 7, Abou-Kacem-el-Djenidi. — 8, El-Djeraïre-el-Moraï. — 9, Chemsed-Din-Abou-Taleb-el-Mekki. — 10, Abou-Maali. — 11, Zin-ed-Din- Abou-Ahmed-Mohammed-ben-Mohammed-ben-Alimed el-Ghazzali. — 12, Abou-Nedjib-Dia-ed-Din-Abd-el-Kahir-es-Seherourdi (qui est le n° 14 de la chaîne A).

Une cinquième chaîne, reliant l’ordre aux Aouissya, est ainsi établie :

D. L’ange Gabriel. — Le Prophète. — 1, Amar-ben-el-Khettab. — 1 bis, Ali-ben-Abou-Taleb. — 2, Abou-Amar-Aouïs-el-Karani. — 3, Moussa-ben-Yazid-el-Raï. — 4, Abou-Ishak-Brahim-ben-Abdehem-ben- Mansour, el-Adjeli, el-Temini, el-Belekhi-el-Khersani. — 5, Abou-Ali-

ben-Ali-ben-Brahim-el-Belekhi. — 6, Khatem-el-Àssem. — 7, Abou-Terab-Asker-ben-Hessaïn-en-Nekhechebi. — 8, Abou-Amar-el-Astekhiri. — 9, Abou-Mohammed-Djafar-el-Heda (ou el-Hedani). — 10, Rouïyem ben-Ahmed-el-Baghdadi (qui est le n° 8 de la chaîne B).

Enfin, nous rappellerons que les deux premiers Seherourdi cités dans ces chaînes, étaient disciples de Sid Abd-el-Qader-el-Djilani.

Ces listes ne sont pas les seules présentées par les Seherourdya pour établir la parfaite orthodoxie de leur doctrine, et ces chaînes se continuent en se divisant à l’infini en Égypte, en Asie et surtout en Perse où l’ordre compte de très nombreux adhérents.

Nous allons donner une de ces chaînes allant jusqu’au commencement de ce siècle, parce que, quelque arides que puissent paraître ces nomenclatures de noms, ces listes sont fort instructives. En effet la plupart des saints et docteurs nommés dans les chaînes des Seherourdya, reparaissent dans les chaînes des congrégations religieuses établies plus tard dans le nord de l’Afrique, et c’est par eux que le mysticisme panthéiste des Persans a fait invasion dans les doctrines des Soufi ou Khouan du Maghreb.

Voici donc une (1) des continuations des chaînes précédentes :

15, Chehabed-Din-Abou-Hafs-Omar-Seherourdi, imam et-triqat. — 16, Nour-ed-Din-Abd-es-Semed-en-Nesseri. — 17, Beder-ed-Din-Malimoud-es-Sehoussi. — 17 bis, Nedjem-ed-Din-Mahmoud-es-Assebehani. — 18, Youcef-el-Adjemi. — 19. Hassan-et-Tastouri. — 20, Sid Ali-Saheb-ed-Dik. — 20 bis , Ahmed-ez-Zahed. — 21, Choaïb-Abou- Median-el-Andalousi-el-Tlemsani. — 22, Khol-Abd-el-Daïm-Sid-el- Ostad-el-Khebir. — 23, Mohammed-ben-Abd-el-Daïm, dit Ben-Okt-

(1) L’historien Ibn-Batoutah fut affilié en 727 — 1326-1327 de J.-C., à Ispahan, à l’ordre des Seherourdya ; il donne la chaîne suivante.: L’imam et-triquat es-Seherourdya — 16, Chehab-ed-Din- Ali-Aredja. — 17, Tadj-ed-Din-Mahmoud, fils du précédent. — 18, Chems-ed-Din, fils du précédent. — 19, Katb-ed-Din-Hocein, fils du précédent. — 20, Ibn-Batoutah.

Médian. — 24, Ali-bel-Khir-el-Morseli. — 24 bis, Mohammcd-es-Seroui-ben-el-Haïl. — 25, Si Mohammcd-ech-Chenaoui. — 25 bis, El- Herchi. — 26, Abd-el-Qader-ech-Chetaroui. — 26 bis, Sid El-Belkhirel- Berra. — 27, Abou-Abbas-el-Herchi. — 28, Beder-ed-Din-el-Ali. — 29, Abd-el-Latif. — 30, El-Ahed-Abdallah-ben-Mohammed-el-Ali. — 31 bis, Sid Mohammed. — 32, Abou-Beka-el-Mekki. — 33, Chikh-Snoussi, lequel avait été encore aflîlié à cet ordre par d’autres chikh en Arabie et en Syrie.

Nous ne croyons pas nécessaire de nous étendre sur les doctrines des Seherourdya. Au point de vue philosophique, elles se résument en ce panthéisme spirituel développé dans presque tous les livres indiens et persans et elles se complaisent dans les abstractions chimériques d’un mysticisme quintessencié.

Le principal ouvrage de Chehab-ed-Din-Abou-Hafs-es- Seherourdi contient de nombreux chapitres consacrés à l’absorption de l’âme en Dieu, aux stations mystiques, aux sublimes états extatiques « où le mystique disparaît » si complètement à ses propres yeux et à sa propre » pensée, qu’il n’est plus occupé même de la considéra- » tion des attributs divins ; toutes ses facultés et tout » son être étant anéantis et absorbés en Dieu. Dans ce » dernier état, il n’y a plus de moi ; le mystique a dis- » paru, ses qualités, ses membres, ses actions, ne sont » plus à lui, tout cela est Dieu. »

Un autre chapitre est consacré à l’exaltation de « cet » état parfait des Soufî qui, se reposant entièrement sur » la Providence, ne se donnent aucun mouvement pour » se procurer de quoi vivre et attendent que Dieu pour- » voie à leurs besoins par des voies surnaturelles

» . . . . Quand le Soufî est parvenu à un dégoût parfait du monde, » il ne conçoit plus aucun souci relativement aux choses nécessaires » à sa subsistance ; alors Dieu lui fait connaître les plus légers défauts » de ses actions par des signes extérieurs qui sont comme une com-

» pensation de la faute dans laquelle il est tombé Par le bon

> usage que le mystique fait de ces avertissements divins, il finit par » ne plus voir en toutes choses que l’action de Dieu, qu’il sait pour*

» voir à tout, indépendamment d’aucune action étrangère. Alors il » renonce à tout moyen de gagner sa vie, même à la mendicité, et » c’est à ce moment que Dieu fait que les choses dont il a besoin ar- » rivent d’elles-mêmes, et qu’il lui ouvre encore la porte des bien- » faits Dans cet état, le mystique est favorisé de manifesta-

» tions de la Divinité, manifestations dont il y a divers

» ordres ; et. dès qu’il est arrivé aux premiers degrés de ces faveurs » divines, il ne reçoit plus sa subsistance que par des voies surna- » turelles. »

Cet extrait qui montre l’apathie musulmane érigée en système et glorifiée, nous a paru intéressant à citer à cause de ses conséquences économiques sociales et politiques. Car, bien que les Seherourdya n’aient pas d’adhérents directs en Algérie, tous les ordres religieux, qui existent aujourd’hui en Égypte et dans les anciens États barbaresques, sont plus ou moins les successeurs et les continuateurs des Seherourdya à qui ils ont emprunté, avec leurs théories dissolvantes, tous les saints et tous les docteurs que nous retrouverons dans les chaînes de nos ordres algériens.

Aussi, les Rahmanya ont dans leurs appuis, Abou- Nedjib-Dia-ed-Din-es-Seherourdi ; les Chadelya, Derqaoua, Zianya, Kerzazya, Habibya, et autres citent Zi lied - Din - Abou - Ahmed - el - Ghazzali, le maître d’Abou- Nedjib.

Voici maintenant, comme complètement des notions que nous venons d’exposer, quels sont aujourd’hui, d’après le cheikh Snoussi (1), la règle et le rituel des Seherourdya :

Réciter dans la solitude, l’invocation : 11 n'y a de Divinité que Allah, en mettant le cœur d’accord avec la langue. Commençant par le premier mot, on place le visage en face du nombril, puis d’une voix lente et grave, on articule toute l’invocation en dirigeant la tête vers l’épaule droite, absolument comme cela se pratique chez les Djemmalya. Ces paroles s’accentuent avec une énergie que l’on pourrait comparer à

(l) Chikh Snoussi, loco cilato. Traduction de M. Colas,

celle d’un vigoureux coup de talon, afin d’en imprimer fortement la trace dans le cœur. On répète indéfinitivement et sans interruption aucune, ces mots : il n’y a de Divinité que Allah (excepté toutefois lorsque le moment est venu de faire les prières d’El-Ferd et d’El-Senen, qui sont obligatoires et qui ne peuvent être omises en aucun cas). Lorsque l’on s’est acquitté de ce devoir d’une manière convenable, cette obligation englobe le cœur, pénètre l’âme des qualités glorifiantes, et lui donne l’humilité nécessaire pour faire cesser les aspirations qui tendraient à autre chose qu’à Dieu. Cet état, une fois obtenu, on passe à l’invocation simple, c’est-à-dire celle qui consiste à

répéter le seul nom Dieu, Dieu, Dieu à l’infini, pendant tout le

temps (nécessaire pour qu’elle produise ses fruits). Ce but atteint, on voit la vérité, on se place sous son empire et on ne pense plus à autre chose. Alors on prend cette autre invocation qui consiste à dire le mot Lui, que l’on articule indéfiniment.

Les Seherourdya se distinguent par leurs prières qu’ils font à haute voix, en réunion de plusieurs individus. Ils se livrent surtout aux pratiques édictées par le chef de leur ordre, Es-Seherourdi, dans son ouvrage traitant de ses connaissances et des portions du Coran qu’il a données pour tâche de répéter. Parmi ces pratiques, figure la prière indiquée plus loin, dont l’elficacité a été éprouvée un grand nombre de fois. Quiconque la récite sept ou dix fois le jour d’Achoura, après avoir fait deux pauses de prières ordinaires et avoir soufflé sur sa personne ou sur un être doué de raison, ainsi que sur ses enfants ou autres membres de sa famille, en renouvelant pour chacun la prière et la pause, est assuré de ne pas mourir dans l’année. Ce fait a été observé très souvent, on le trouve signalé par Ben-Ferhoun et autres auteurs, tels que notre Seigneur le R’outs, le cheikh Kotb-ed-Din-el- Hanifi, qui l’a vu expérimenter par un grand nombre de personnes. Voici cette prière : « Que Dieu soit glorifié — O Dieu, remplissez la » balance et chargez le plateau (de nos bonnes actions) avec le poids » de votre grandeur et de votre satisfaction pour moi, et de votre » trône divin. Il n’y a de refuge et de secours qu’en Dieu. Que Dieu » soit glorifié autant de fois que l’on pourrait l’imprimer à l’aide des » nombres pairs et impairs, et autant de fois qu’il y a de paroles » divines. J’implore de vous la paix, ô le plus clément des miséricor- » dieux. Il n’y a de force et de puissance qu’en Dieu le sublime. Lui » seul me suffit, c’est le meilleur mandataire, le meilleur maître et le d meilleur défenseur. Que Dieu répande ses bénédictions sur la plus » parfaite de scs créatures (Mohammed) et sur tous les membres » de sa famille, qui sont purs et sanctifiés, qu’il leur accorde le » salut ! »

Il y a encore parmi les Seherourdya, la pratique qui consiste à se couvrir d’un vêtement composé d’un grand nombre de pièces d’étof-

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fes différentes et à se souvenir que l’homme est constamment nu et observé par Dieu.

L’explication de ce vêtement symbolique est donnée par diverses autorités, elle est entièrement intellectuelle. La création se compose d’une multitude de choses diverses, dont la plus parfaite est l’homme et sa raison ; les pièces du vêtement représentent cette multitude de choses, et, l’homme qui le porte, rappelle que c’est pour lui que Dieu les a fait exister. Quiconque arrive à saisir la portée de cette figure, a atteint la perfection à laquelle il doit prétendre.

L’institution de ce vêtement a pour but de modifier la nature humaine, de la pénétrer des œuvres saintes et de lui faire renoncer à ses tendances profanes.

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