‹ Marat inconnu, l'homme privé, le médecin, le savantChapitre 16 sur 86 · LE MÉDECIN DU COMTE D'ARTOIS · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN DU COMTE D'ARTOIS

A Charles Vatel, l'auteur de la Bibliographie dramatique et du Dossier criminel de Charlotte Cordai] ^ nous devons d'avoir été mis sur la piste du brevet de nomination de Marat à ce poste envié. Le texte mérite d'en être reproduit

Aujourd'hui, 24 juin 1777, Mgr le Comte d'Artois étant à Versailles, sur le rapport qui lui avait été fait des bonnes vie et mœurs, des lumières et expérience dans l'art de la médecine du sieur Jean-Paul Marat^ docteur en médecine de plusieurs Facultés d'Angleterre, voulant lui donner une marque de sa bienveillance, Monseigneur lui a accordé et lui accorde la place de Médecin des Garc/es. Voulant et entendant que ledit sieur Marat jouisse des honneurs, prérogatives et avantages qui peuvent y être attachés, et qu'il puisse s'en

qualifier dans tous les actes publics et particuliers. Et, pour assurance de sa volonté, Monseigneur m'a commandé d'expédier ce présent brevet, qu'il a signé de sa main, et fait contresigner par moi, Conseiller à ses conseils, secrétaire de ses commandements, maison, finances et de son cabinet (i).

Quelques biographes, malveillants ou mal intentionnés, ont prétendu que Marat était chargé de donner ses soins aux chevaux des écuries du comte d'Artois ; qu'il n'était qu'un simple vétérinaire. Ils accordent, tout au plus, qu'il ait été médecin des palefreniers (2). La mauvaise foi ou l'ignorance ont pu, seules, inspirer de telles allégations. Marat, nous venons d'en fournir la preuve^ avait été désigné comme « médecin des Gardes, » c'est-à-dire de la compagnie de gentilshommes la plus brillante de la Cour.

Ses appointements étaient de deux mille livres, sans compter les indemnités de table, de logement, etc.

(1) Secrétariat de Mgr le comte d'Artois, provisions et brevets, pièce 4o (Arc/i/yes nationales, ancienne série 0, 1955-1956). Nous reproduisons l'original, p. 104-105, qui est conservé aux Archives (R' 519*, p. 212) et que nous sommes arrivé à retrouver, grâce à l'obligeance empressée de M. Gauthier, l'aimable archiviste dont le concours nous a été précieux dans nos recherches.

(2) G. DuvAL, Souvenirs de la Terreur; Mighelet, etc,

Nous avons relevé, dans VAlmanach Roijal^ le personnel médical de Mgr le comte d'Artois à cette date, afin de montrer qu'il fallait quelque mérite pour prétendre à cette charge. Tous les médecins qui approchent le comte d'Artois sont connus ; d'aucuns sont célèbres. Qu'on en juge par les noms qui suivent : Lieutaud, premier médecin en cour; de la Bordère, en survivance, en cour; Deflon, de la Faculté de Paris, médecin ordinaire, rue du Mail.

Viennent ensuite les médecins consultants : Vicq d'Azyr, de la Faculté de Paris et de PAcadémie des sciences, rue du Sépulcre; de la Servolle, de l'Université de Montpellier, en cour.

Les médecins par quartier se nomment : Trioson, docteur-médecin de la Faculté de Montpellier, médecin des armées du Roi, rue des Saints-Pères, près de la rue de Verneuil ; Belloste, docteur en médecine do l'Université de Montpellier, carrefour de la Croix-Rouge ; du Planil, docteur de la Faculté de Montpellier, rue de Bourbon, faubourg Saint-Germain ; de Basseville fils, docteur de Montpellier, rue Saint-Martin, près celle des Ménestriers ; Millard, médecin de l Ecurie^ rue de Yarenne ; enfin, Marat, docteur en médecine, médecin des gardes du corps de S. A., rue de Bourgogne, faubourg Saint- GeiMuain.

11 y avait donc un médecin de l'écurie et un médecin des gardes; les deux postes étaient parfaitement

ditîtiiicts. On leur n Pnio-ii', pin- fnvrl, un môderin des Suisses de la garde.

Après avoir habité un cert.<in temps li rue Coq- Héron, hôtel du Parlement d'Any-letrre, ^arni, Marat était venu loger rue de Bourgogne, où il occupait un coquet appartement. Son salon, orné de porcelaines et de fleurs rares, contenait une galerie assez remarquable de tableaux, pour la plupart des tableaux de genre : on voyait, suspendues aux murs, des toiles de Garnerey, Hauer, PfeifTer, etc.

Sa situation auprès du comte d'Artois ne fut pas sans influer sur la qualité de sa clientèle. Il semble avoir eu, néanmoins, à ses débuts, quelques diffuultés, au temps où il habitait à l'hôtel de la rue Coq- Héron et où il n'avait pas encore été appelé à donner ses soins aux comtesses et aux marquis du noble faubourg, où il devait résider plus tard.

L'incident auquel il fut mêlé est resté à peu près ignoré; il se trouve tout au long rapporté dans des papiers de police (1).

Le samedi 27 décembre 1777, à sept heures du

(1) Ce document a été reproduit, pour la première fois, mais incomplètement, dans un volume de M. J. CLAnExii:, Ruines el Fantômes. M. Claretie l'avait extrait des Registres du commissaire du Chàtelet ; la pièce est datée de 1777. L'original, que nous reproduisons en fac-similé, est tiré des Archives nationales. (V. les documents relatifs à cette affaire aux Pièces justificatives D, F, F, G).

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90 MARAT INGONiNU

soir, Marat rendait visite à une dame Courtin, rue Neuve-Saint-Roch, « qu'il traitait depuis neuf semaines, pour une maladie de poitrine ». Au lieu de le laisser entrer dans la chambre de la malade, on Pavait fait passer dans, une autre pièce, où était venu le rejoindre un certain comte de Zabielo, seigneur polonais, probablement l'ami do la dame, suivi des sieurs Darnouville et Darbel.

A peine assis, le comte avait adressé au médecin les plus vifs reproches sur l'état de la patiente, bien que celui-ci se fût beaucoup améhoré, depuis que Marat la traitait : il s'était plaint notamment que les frais de la cure fussent trop élevés, « quoi qu'il soit dû au comparant 27 louis pour ses honoraires ».

Des reproches, le comte en était venu aux injures; des injures, aux voies de fait. Marat avait reçu, prétendait-il, du comte, un coup de poing sur la tète; et, venant à la rescousse, les deux acolytes de ce manant gentilhomme l'avaient, à leur tour, frappé sur la tête, « arraché beaucoup de cheveux et fait des marques de leurs violences aux doigts et à la lèvre inférieure ». Le plaignant portait encore la trace « de petites excoriations, l'une au petit doigt de la main gauche et l'autre au visage, sous la lèvre inférieure M. Il n'était parvenu à se dégager, qu'en mettant l'épée à la main, pour repousser ses assaillants ; mais ces derniers lui avaient saisi le bras et avaient « sauté sur la lame de son épée, qu'ils ont cassée ».

Dans un instant aussi critique, que peut faire Marat, sinon appeler à l'aide ? Il crie à son laquais, resté dans l'antichambre, de venir le secourir : « A moi, Dumoulin, on m'assassine ! » Le laquais, entendant le bruit, essaie de parvenir jusqu'à son maître ; il en est empêché par le sieur Flamand, domosliqne de la dame Gourtin, chez qui se passait cette étrange scène. « Laissez-moi faire, monsieur le comte », criait ce forcené; « j'aurai bientôt fait son affaire ».

Après avoir reçu force horions, Marat finissait par échapper à ses agresseurs. Etant parvenu à gagner la rue, il s'était rendu chez lui, pour examiner Tétat de sa tête, où il ressentait de vives douleurs et, après avoir constaté qu'il était sérieusement blessé (4), il avait déposé une plainte contre ceux qui lui avaient fait violence, « attendu que les fonctions du plaignant l'engagent à prêter des secours à quiconque en a besoin et doit avoir toute sûreté à cet égard, remettant là-dessus sa vengeance au ministère public ».

L'information eut lieu le 17 janvier suivant (1778), avec Marat (qui se dit Agé de 33 ans) et Nicolas Dumoulin (25 ans), domestique, pour témoin.

A l'heure où Marat implorait le secours de la justice pour protéger le libre exercice de son art, il était, depuis peu de temps, aux gages du comte d'Artois

(l)Xou3 reproduisons le ceitificat des médecins commis pour te visiter, aux pièces justificatives et linforniation, à la p. 88.

Remplîssaît-il seulement auprès du prince les fonctions professionnelles que nous avons indiquées ? Il semble bien qu'il ait tenu, dans des circonstances données, la plume du secrétaire, et qu'il se soit exercé, dès ce moment, à manier cette arme du polémiste, qui devait plus tard le rendre si redoutable aux adversaires de la cause qu'il soutenait. Telle lettre, qui a été publiée (l), paraît se rapporter à quelque négociation dont le but était de faire cesser des attaques de presse. Le comte d'Artois devait se féliciter d'avoir auprès de lui quelqu'un capable de répondre, de bonne encre, aux libelles que l'on commençait à diriger contre le frère du roi.

Marat, médecin d'un prince du sang ! le même Marat, qui avait écrit contre la royauté le violent pamphlet des Chaînes de V Esclavage ! Voilà qui est de prime abord déconcertant.

N'aurait-il eu recours au comte d'Artois que contraint par le besoin ? Cette insinuation d'un historien (2) qui se complaît aux hypothèses aventureuses ne souffre pas l'examen. Il est plus vraisemblable que Marat, grâce à de puissantes protections, avait réussi à se faire attacher au service du comte d'Artois

(1) Revue Bleue, 26 octobre 1907. Elle l'avait été, auparavant, dans la Revue rélrospective, t. IV, 2« série, p. 816. Cette lettre, datée du 14 août 1778, faisait partie de la collection Lucas- Montigny.

(2^ Michelet.

qui, en maintes occasions, sut utiliser la souplesse de son talent d'écrivain et la variété de ses multiples connaissances.

Marat aurait-il profité du crédit dont il jouissait auprès du frère du roi, pour se faire récompenser de son zèle ? Serait-il vrai, que « enivré de vanité », il aurait un instant songé à rehausser sa roture d'un titre nobiliaire ? La lumière n'avait pas jusqu'ici été complètement faite sur cet épisode de la vie de Fintraitable démagogue ; de récentes découvertes permettent d'entrevoir ce qui a tout l'air d'être la vérité

ARMOIRIES ATTBIBCÉES A MAltAT.

11 y a plusieurs années, une revue héraldique (1) publiait des armoiries attribuées à Marat, armoiries qui avaient été, prétendait-on, gravées d'après un cachet dont se servait celui-ci, quand il était « médecin des écuries du comte d'Artois (2). »

Ces armoiries ont été décrites ainsi : « L'écusson, surmonté d'une couronne comtale, est parti ; au pre-

(1) Revue nobiliaire, héraldique el biographique, 1862, p. 84-85.

(2) P. Fassv, Maral, sa morl, ses véritables funérailles^ etc. Paris, 1867, p. 45, note 1.

mier... à un demi-nig-le de... au vol abaissé, mouvante du parti; au V tranché en chef de... à \i\ bande ou demi-jhevron de... et en pointe de pourpre; ce dernier émail était seul indiqué. »

D'après les spécialistes, ces armoiries seraient de fantaisie, car on y remarque deux graves fautes de blason. Quoi qu'il en soit, Marat a cacheté plusieurs lettres avec ce cachet armorié. Nous en connaissons au moins deux : Tune, datée du 26 mars 1788, et signée de Marat, était adressée à M. de la Métherie, n° 10, rue Saint-Nicaise : elle faisait partie, il y a quelques années, du cabinet de M. Noël Gharavay (1).

L'autre est un simple billet, qu'envoyait, le 28 décembre 1789, Marat à Camille (probablement Camille Desmoulins : simple hypothèse, d'ailleurs). (2)

Marat, rapproché, par ses fonctions de médecin des gardes du comte d'Artois, des plus grands seigneurs de la Cour, avait-il voulu se fabriquer une généalogie ? Avait-il acheté le cachet tout gravé (3) ; ou l'avait-il commandé pour son usage personnel ?

(1) Elle a été publiée dans le numéro du 30 juin 1905, col. 999- 1000, de VFnlermédiaire des chercheurs el curieux.

(2) Sur les relations de Marat avec C. Desmoulins, v. Revu> des Cours lilléraires, 7" année, p. 669.

(3) « Ce cachet, opine l'auteur de l'article précité de Vlniermédiaire, n'était pas celui de Marat... mais il ne lui avait pas déplu de s'en servir, pour relever le prestige d'une lettre qu'il adressaità un confrère qui avait été à son endroit un peu sévère. »

On en est réduit aux conjectures. Ce qui est certain, c'est que Marat s'en est servi en maintes circonstances : outre les épîtres que nous venons de mentionner, on a signalé deux autres lettres, sans enveloppe, selon la coutume du temps, et fermées par un cachet de cire d'Espagne, timbré d'un écusson surmonté d'une couronne comtale (1). On peut ajouter que, soit par hasard, soit intentionnellement, les armoiries de Marat se composent d'une partie de celles de Genève : peut-être voulait-il donner crédit à la croyance populaire qui le faisait natif de cette ville, en lui empruntant un morceau de son blason (2) .

Marat scellant ses missives avec une couronne de comte, pour ceux qui n'admettent pas que les figures puissent être pétries autrement que dans un seul bloc, c'est plus qu'une calomnie, une perfidie qu'auraient imaginée les détracteurs du tribun, u Voyez, nous disait l'un d'eux, si cette prétention ne se rapporterait pas à son frère puiné, Henri Mara ; car, relativement à Jean-Paul, cette insinuation est si

(1) Cf. Autour de la Bévolulion, par le comte d'HÉRissoN, pp. 106-108.

(2) Après diverses vicissitudes, le bois gravé de ce cachet tomba entre les mains de M. Geslin, ancien conservateur au Louvre. A la vente de ce dernier, un brocanteur du quai de l'Archevêché Tacheta, pour le revendre, plus tard, à un ingénieur civil, M. Brichaut,qui en est peut-être encore, à l'heure actuelle le possesseur.

ce marat inconnu

ridicule qu'elle mérite à peine d'être repoussée du pied (1)... N'est-ce pas lui qui aurait eu les prétentions nobiliaires qu'on a bénévolement et, dit-on, non sans malice préconçue, attribuées à Jean-Paul Marat, VAmi du Peuple ? »

N'en déplaise à notre correspondant, c'est Jean- Paul et ce dernier seul qui doit être mis en cause. Marat timbrant ses lettres avec ses armoiries, n'est ni plus ni moins ridicule que Danton employant la particule et écrivant son nom avec l'apostrophe : D'An Ion !

La preuve que Marat, le futur révolutionnaire, eut des prétentions à la noblesse, c'est à lui-même que nous allons la demander, c'est son aveu que nous enregistrerons.

La marquise Roccagiovine, née princesse Bonaparte, possédait une curieuse lettre autographe de Marat, dont M. Jean de Bonnefon fut autorisé naguère à prendre copie (2) ; en voici le texte :

Avez-vous reçu ma lettre, si vous l'avez reçue, j'espère que vous ne refuserez pas mes armoiries, voyant comment est assurée la noblesse de ma famille, aux Espagnes tant qu'en France. Le poste où je suis maintenant et qui ne peux [sic] que grandir par la confiance que me fait Monseigneur, met cette affaire dans linlérêt de la Société. Il est

(1) Lettre de M. Chèvremont, du 16 février 1889 (archives personnelles).

(2) Elle a été publiée dans le Journal du 30 août 1907.

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lionorable pour l'Élat que l'origine d'un serviteur des princes soit établie par des pièces certaines, comme je ne me suis pas fait faute d'en fournir.

Cette épitre, qui est signée J. -P. M ara, dit Marat, ne porte pas de siiscription ; le haut de la feuille est déchiré ; mais, présume celui qui la publie, « elle est certainement adressée au juge d'armes et doit avoir été écrite vers 1788, année où se lit la revision de la noblesse ».

On pourrait contester l'authenticité de la pièce , mais, à supposer qu'elle ne soit pas apocryphe, elle nous révèle cette particularité, qui est à retenir, que Marat se targuait d'une noblesse qu'il estimait de très bon aloi. Quant à placer cette lettre à la date de 1788, c'est une erreur qu'il était facile de relever et on ne s'en est pas fait faute. Il a été établi, sans conteste possible (1), que Marat abandonna la charge qu'il occupait chez le comte d'Artois, vers la fin de l'année 1 783, ou dans les premiers mois de 178/i, bien que le brevet de son successeur n'ait été délivré que trois ans plus tard (2), et que Marat ait continué à figurer dans l Almanach royal jusqu'à la nomination officielle de celui qui prenait sa place.

C'est, en effet, lo 23 avril 1786, qu'était accordée

(1) Charles Vellay, la Correspondance de Marat, Paris, 1908. Introduclion, p. x-xi,

(2) Ch. Vatel, Charlotte de Corday et les Girondins, t. I, p. cGcxxxiii etfac-simile de l'originale, ci=de66ugreproduit (p. 97.)

au sieur Enguehard, médecin de la Faculté de Muiitpeliier, la place de médecin des gardes du comte d'Artois, « vacante par la remise que le sieur Marat, ci-devant pourvu de ladite place, a faite de son brevet, pour, par le sieur Enguehard, l'avoir, tenir, en jouir et user aux honneurs, prérogatives, etc. (1) ».

A la suite de quelles circonstances Marat avait-il abandonné les fonctions qu'il occupait auprès du comte d'Artois ? Ce point n'a pas été élucidé. On sait seulement qu'il avait entamé, dès le mois de juin 1783, des négociations pour occuper en Espagne un poste élevé ; ces négociations avaient été rompues au mois de février suivant ; à ce moment, aucun document ne nous permet d'affirmer que Marat fit encore partie de la maison du comte d'Artois.

En 1785, en tout cas, il avait repris sa liberté : à la date du 25 mai, il déclarait abandonner sa charge de médecin des gardes (2), dans une requête qu'il adressait au prévôt clés marchands, pour être déchargé de la capitation, en qualité d'étranger. N'exerçant que l'état d'homme de lettres et ne s'occupant que

{1) Archives nationales, ancienne série O 1955-1956; actuellement R* 519 1, p. 660.

(2) « ... Vou3 verrez que, tant que j'ai eu le litre de médecin des gardes d'Artois, j'ai élé livré à la retraite du cabinet, comme j'y ai été livré depuis que j'ai renoncé à ce titre, car il ne se trouve plus dans mes deux derniers ouvrages » : ce qui laisse entendre qu'il avait quitté ses fonctions depuis un certain temps déjà.

de sciences, Marat prétend être « dans le cas de tous les étrangers qui voyagent et dépensent pour s'instruire (1). »

Marat disait vrai: tandis que, dans les Recherches physiques sur rélecirlcité, livre paru en 1782, son nom est suivi de la mention : docteur en médecine des gardes du corps du comte d'Artois^ dans les Notions élémentaires d'optique et les Mémoires sur r électricité médicale^ parus tous les deux en 178/i, €ette dernière mention a disparu. C'est donc bien, comme Fa déduit très logiquement M. Gli. Vellay, au plus tard en 178/i, que Marat a repris son indépendance (2).

(1) Celte lettre a été originairement publiée dans le catalogue de la Collection F. Dreer (t. I, p. 416), édité à Philadelphie.

(2) Il signait cependant encore en 1788, et même en 1792 des lettres de son nom précédé de sa qualité de docteur. (V. ci-après, p. 105, une lettre du 24 janvier 1788, etune'de 1792, aux pièces justificatives, note II.)

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