LA PSYCHO-PHYSIOLOGIE DE MARAF
illustre Mécène I ^lais quels sont ses détracteurs ? Faut-il le demander ? De lâches envieux, dont la tourbe nombreuse ne cesse de s'acharner à sa perte; des philosophes cachés sous l'anonyme ou de faux noms pour le diiïamcr. Ces œuvres de ténèbres ne peuvent avoir qu'une source empoisonnée.
Pour y répondre, Marat ne saurait mieux faire que de dérouler son propre carriciilam.
Avec une complaisance qui ne cherche pas à se dissimuler, il étale tous ses titres à l'admiration des hommes : dès l'âge de dix-huit ans, il a été en butte aux persécutions des philosophes, qui ont toujours eu le soin, depuis, de s'opposer à la publication ou à la diffusion de ses ouvrages. Il a combattu les principes de la pliilosophie moderne : voilà l'origine de la haine implacable que ses apôtres lui ont vouée.
« Comme ils ne négligent rien poui' étendre leur malheureux empire, ils se multiplient sous toutes les formes. » Ils ont revêtu tous les masques : les Facultés, les Académies en sont peuplées, et, sans pouvoir les éviter, il les a renconti'és dans toutes ses entreprises.
11 a tenté la pratique médicale, il n'y a trouvé qu'outrages, chagrins et tribulations. ^lais il ne tarde pas à se contredire. Quand il est revenu à Paris, après un séjour de dix ans en Angleterre et en Ecosse, plusieurs malades de rang distingué.
abandonnés des médecins, et qu'il a rendus à la santé. Font supplié avec mille instances de se fixer à Paris.
Presque aussitôt, « sa porte est continuellement assaillie par l^s voitures des visiteurs qui viennent le consulter de toutes parts » ; et il avoue avec une ingénue fatuité qu'on lui décerna spontanément le titre de médecin des incurables.
Sans doute, il a exercé son art avec quelque bonheur, si Ton s'en rapporte à certains témoignages de gratitude qui lui lurent adressés ; mais quand il veut nous faire accroire que ses succès faisaient ombrage aux médecins, qui calculaient avec douleur la grandeur de ses gains, n'exagère-t-il pas un peu? Que deviennent alors cette pauvreté, cette austérité de mœurs, ce désintéressement, dont il fait si volontiers étalage ? Evidemment, tout à son idée fixe, il en arrive à se calomnier lui-môme. S'il n'avait pas eu une clientèle considérable, pourquoi ses confrères auraient-ils tenu des assemblées fréquentes, pour aviser aux moyens les plus efficaces de le diffamer ; pour quelle raison auraient-ils écrit des lettres anonymes aux malades, et tenté de les détourner de celui qui avait réussi à les soulager ?
Dégoûté de ces manœuvres, Marat renonce à Texercice de sa profession et retourne à son cabinet de physique. Ses Découvertes sur le feu voient le jour après treize mois d'un labeur ininterrompu. Va-t-il enfin obtenir la justice qui est