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concitoyens ; la peau de ces parties n'était pas encore altérée hier mardy sept heures du matin ; à midy, laltéralion était sensible: à quatre heures de relevée, elle avait augmenté, mais sans odeur, celle des aromatos la couvrant; à neuf heures du soir, jai embaumé dans le jardin dos ci-devants Cordeliers le cœur du citoyen Marat ; je lai placé dans une boite de plomb qui a été soudée en ma présence: jai mis cette boite entre les mains du citoyen Berger ; j'ai attendu le corps du citoyen Marat, il a été retiré de dessus son lit par mes élèves et placé dans le cercueil de plomb ; le visage et la poitrine étaient un peu [dus noirs, niais sans une odeur marquée ; les substances aromatiques dominant, ce dont je me suis assuré ainsi que mes élèves. Le cercueil a été descendu dans le caveau et le corps couvert d'aromates. Le président de la Convent'on retiré, le cercueil ne pouvant être soudé dans le caveau, il en a ôté le corps du citoyen .Alarat couvert et le cercueil scélé [sic) ; jai déclaré à haute voix à un citoyen qu'on ma dit être le président de ta section que je venais de faire placer en sa présence dans le caveau au pied du cercueil deux vases : l'un contenant les entrailles et l'autre les poulmons du citoyen Marat, et que son cœur embaumé et enfermé dans une boîte de plomb avait été remis par moi au citoyen Berger, le cercueil scélé à près de deux heures du malin, j'ai déclaré audit président que je me retirais. Tel est, citoyens magistrats, le compte que j'avais à vous rendre de la commission honorable dont vous avez bien voulu me charger. Je joins ici le procès verbal de louverture du corps.
Je suis, avec respect, votre concitoyen.
Deschamps, chirurgien-major de la Charité de Paris,
Mécrédy, 17 juillet 1793, l'an deuxième de la République française, signé et paraphé ne varielur par nous, Pr(^sident
et secrétaire-greffier de la Commune de Paris, au désir de Tarrété pris le 17 juillet, Tan II de la République.
DoRAT-CuBiÈRES, Secrétaire adjoint.
Bernard, vice-président du Conseil général.
Réglé à Paris, le 22 juillet 1793, f° 62 v» CIX vingt sols.
Caron.
L'embaumement fut complété le 10, dans le jardin des Gordeliers. Le chirurgien réclama une somme de six mille livres, tant pour ses honoraires et ceux de ses aides, que pour le montant de ses débours.
Cette somme ayant été trouvée exagérée, on commit Desault, chirurgien en chef de T Hôtel- Dieu, pour vérifier le mémoire de son collègue Deschamps. Desault proposa de le réduire à une somme de quinze cents livres, alors que le ministre de Tintérieur ne voulait en accorder que douze cents. « La somme de six mille livres, concluait Desault, ne serait pas excessive, s'il s'agissait de satisfaire l'orgueil et la vanité d'un riche héritier, mais un républicain se trouve déjà dédommagé de ses peines par rhonneur d'avoir contribué à conserveries restes d'un grand homme que la patrie veut honorer (1). »
Le citoyen Giraud, architecte du département de
(1) Le rapport de Desault, que nous donnons in extenso aux pièces justificatives, d'après l'original copié aux Archives, n'a été reproduit que partiellement dans VHistoire des Montagnards, d'Alphonse Esquibos.
maRat assassine.
^D'après lin tableau de David, du Musée Carnavalet.,''
LA MORT DE MAftAT il'}
Paris, faisait à son tour un rapport conforme aux conclusions de Desault, qui finalement furent adoptées.
L'opération n'avait pas été sans présenter quelques difficultés. Malgré les précautions prises, les chairs, s'étaient rapidement putréfiées, le sang n'avait pas tardé à se décomposer. Il était temps de procéder aux obsèques et à l'inhumation.