INFORMATION CONTRE M. LE COMTE DE ZAUIELO ET AUTRES
17 janvier 1778.
Information a la requête de M. le procureur du Roy, faite par nous, Antoine Joachim Thiot, conseiller du Roy, Commissaire au Chatelet de Paris.
Au sujet de violences commises par M. le comte de Zabielo, les S" Darnouville et Darbel contre le S' Marat, médecin des gardes de M. le comte d'Artois qui nous en a fait la déclaralion le 27 décembre dernier.
En exécution de l'ordonnance du Lient' criminel audit Chatelet. En laquelle information nous avons entendu les témoins à nous produits chacun séparément et avons ensuite rédigé leur déposition en icelle comme il suit :
(1) Nous avions, dans notre première édition, publié à la suite du document une anecdote sur le docteur Vcrnaf,^e, que nous croyons devoir supprimer.
(-2) Archives Nalionules, Y 13796. M. J. Clarelie sesl conlenlé de dire que 1 information eut lieu le 17 janvier et qu' « elle n'apprend rien de nouveau ; >> nous la donnons dans son teite intégral, d'après l'original conservé aux Archives.
Meces justificatives 603
Du samedi dix sept janvier mil sept cent soixante dix huit dix heures du matin.
M. Jean Paul Marat âgé de trente trois ans docteur en médecine et médecin des gardes du corps de Mgr le comte d'Artois demeurant à Paris rue de Bourgogne fauxhourg S'' Germain paroisse S* Sulpice assigné de notre ordonnance par exploit de Ronnaud huissier, du onze du présent mois dont il nous a représenté la copie lequel après que lecture lui a été faitte de sa déclaration a fait serment par devant nous de dire sur ce qu'elle contient vérité. Mais avant nous a déclaré conformément à Tord'-* n'être parent, allié, serviteur ni domestique des parties. Et ensuitte A déposé que le 26 décembre dernier s'étanl transporté à sept heures du soir chez Madame Courtin, Hue neuve S"' Koch qu'il soignoil depuis neuf semaines d'une maladie de poitrine pour lui faire sa visitte de médecin comme de coutume il avoit trouvé dans l'antichambre le Comté de Zabielo de la connoissance de lad. dame chez laquelle il se trouvoit (qui) au lieu de le laisser entrer dans la chambre de la malade le fit passer dans une chambre sur le devant qu'à peine assis led. Comte de Zabielo commenç^a par lui faire de reproches vives {sic) sur l'état de la malade quoi qu'elle se trouva (1) beaucoup mieux que des reproches il passa aux injures et le traita de charlatan que le déposant sélant levé avoit répondu qu'il étoit surpris qu'on l'ait fait venir pour l'injurier et qu'il n'étoit pas fait pour souffrir de pareils procédés, qu'à l'instant le comte de Zabielo luy avoit porté un coup de poings sur la tète, qu'il se trouva aussitôt assailli par les sieurs Darnouville et Darbel aussi de la connoissance de ladite dame, qui lui portèrent plusieurs coups de poings sur la tète, que, livré à leur fureur il n'étoit parvenu à se dégager qu'en mettant l'épée à la main et qu'aussitôt il se sentit saisir la main et la lamme de son épée par les dits assaillans qu'ils cassèrent, que dans un moment aussi critique il avoit redoublé d'efforts pour les repousser et avoit
(i)Nous respectons l'orthograplie du document et son défaut de ponctuation.
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