‹ Marat inconnu, l'homme privé, le médecin, le savantChapitre 66 sur 86 · ROI AU CHATELET · texte numérisé non relu

ROI AU CHATELET

crié à son laquais qui étoil resté dans l'anlichambre : A moy, Dumoulin, on m'assassine, que son laquais entendant du bruit avoit voulu entrer et qu'on s'étoit opposé à son entrée, maiss'étant fait jour il avoit forcé la porte et étoit entré avec le n" flamans, domestique de lad. dame Courtin qui se joignit aux assaillans en criant : laissé moy faire, M. le Comte, je lui auroi bientôt fait son affaire, f[u'à Taide de son laquais il étoit parvenu à se dégager qu'en sortant il avoit été poursuivi dans Tantichambre par le s Darnouville et M de Zabielo, qu'il ne se étoit dégagé qu'à l'aide de la poignée de son épée, qu'étant parvenu à gagner la rue il s'etoit rendu chez luy pour examiner son état et remaïqua une excoriation sous la lèvre inférieure et qu'il avoit beaucoup de cheveux arrachés, que depuis il a appris que led. sieur Zabielo, pour se venger du déposant, avoit été chez tous ses malades le décrier, qu'il avoit ajouté pour donner plus de poids à sa diffammation que la dame Courtin étoit morte quoi qu'elle se porta mieux et que les domestiques du s"" Zabielo et de la dame Courtin avoient, à l'exemple de leur maître, répandu dans le voisinage qu'on avoit jette le déposant par l'escalier qui est tout ce qu'il a dit scavoir. Lecture à lui faite de sa déposition a dit icelle contenir vérité y a persisté et a requis sallaire et a signé avec nous. Après que dix-huit mots ont été rayés comme nuls.

J -P. Marat. Thiot.

Nicolas Dumoulin, âgé de vingt cinq ans, domestique au service de M. Marat médecin des Gardes de M. le Comte d'Artois chez lequel il demeure rue de Bourgogne paroisse S' Sulpice assigné de notre ordonnance par exploit dudit Ronneau huissier du onze du présent mois dont il nous a représenté la co|)ie lequel après que lecture luy a été faitte de ladite déclaration, a fait serment par devant nous de dire sur ce qu'elle contient vérité, mais avant nous a déclaré conformément à l'ordonnance n'être parent, allié, serviteur ni domestique des paities et ensuitte a déposé que le samedy

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des fêles de Noël dernière, il accompagna son rnaîfre chez Madame Conilin, demeurante rue Neuve S' Roch, que son maître soignoit depuis neuf semaines, qu'entré dans Tantichanibre de lad. dame Courtin, led. sieur Marat voulut entrer dans la chambre de la malade, mais trouva à la porte d'une pièce donnant sur l'antichambre M. le Comte de Zabielo qui est de la connoissance de lad. dame, qui ayant appcrçu led. sieur Marat l'engagea à entrer dans une autre pièce, ce qu'il fit et laissant le déposant dans l'antichambre, qu'un moment après le déposant entendit du bruit dans la pièce où étoit entré son maître et même quelque chose frotter contre la boiserie qui avoit le son d'un fer, qu'il s'attacha à écouter et ayant entendu le bruit s'augmenter, il se leva pour entrer dans la pièce où étoit son maître, mais le domesti(iue de la dame Courtin, qui étoit dans l'antichambre avec lui le devança et s'opposa à son entrée dans la pièce où étoit son maître en se mettant devant la porte, qu'il fit différents elTorts pour entrer et y étant parvenu il remarqua qu'il y avoit avec M. le Comte de Zabielo deux personnes et une dame qu'il a seu depuis être les sieurs Darnouville, Darbel et la femme de ce dernier, lesquels tenoient ledit sieur Marat par les cheveux et lui portoient différents coups de poings, qu'il remarqua que ledit sieur Marat se delTendoit avec son épee (jui étoit cassée et qu il tenoit à la main, qu'il chercha à le débarrasser de leurs mains en disant : ne le tues pas, et à peine y fut-il parvenu que lesd. sieurs Zabielo, Darnouville, s"" et dame Darbel rempoignèrent led. sieur Marat par les cheveux et le mallraitterent de nouveau, qu'ayant encore dégagé son maître le domestique de lad. dame Courtin adressa la parole à M. le Comte de Zabielo et dit : M. le Comte, laissez-moi faire, je vais faire son afTaire à moi seul et aussitôt prit par le col led. sieur Marat que le dép' retira de ses mains et le fit j)asser dans l'antichambre où led. s' Zabielo et le 9' Darnouville le suivirent et le prirent par les cheveux et le conduisirent jusques sur l'escallier en luy portant des coups de poings, qu'il avoit ete si maltraitté qu'il avoit beaucoup de che-

veux arrachés et beaucoup de sang à la figure, que comme il descendoit avec son maître ledit sieur Darbel les devança et se mit à la porte du portier sans doute pour que le portier de la maison de la dame Courtin ne s'apperçu des mauvais traitements qu'il avoit essuyé, qu'entré chez son maître il l'essuya et remarqua qu'il avoit une égralignure au visage et une autre au petit doigt et apperçu en le peignant qu'il avoit plusieurs bosses à la tête et des cheveux arrachés en plusieurs endroits.

Qui est tout ce qu'il a dit scavoir lecture à luy faitte de sa déposition a dit icelle contenir vérité, y a persisté et a requis sallaire et a signé avec nous après que huit mots ont été rayés comme nuls.

Dumoulin. iiiot.

LETTRE DU PROCUREUR DU ROI AU COMMISSAIRE DU CIIATELET (l)

J'ay vu. Monsieur, la déclaration du 27 de ce mois, déposée cejourd'huy au greffe, à vous faitte par le S"^ Marat médecin des Gardes de Monsieur le Comte d'Artois, au sujet de violences considérables commises envers lui par le Comte de Zabiclo le S. Darnouville et Darbel dans Tapartement ocupé par led. S. Comte. Vous prendrès la peine de l'informer en requeste de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant C*'. Vous entendrès la déposition du S"" Marat, son domestique et les autres témoins qui vous sont indiqués pour avoir connois-

'1) Archives nationales, dossier et cote cités.

sancede cette affaire dans laquelle je vous demande la dilitrence et l'attantion qui vous sont ordinaires.

Ce 29 Xb^« 1777.

Monsieur le commissaire Thiot.

MOFÎEAU 1).

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