DU LUXE
Lo premier effet du.hixe est d’étouffer l’amour de la gloire ; car dès qu’on peut attirer les regards par de superbes équipages, des habits somptueux, une foule de valets, on ne cherche (dus à se distinguer par des moeurs pures, de nobles instincts, de grandes actions, des vertus héroïques. Le luxe amène toujours le relâchement, la dissipation, le goût des plaisirs ; pour rendre leur commerce plus agréable, les deux sexes se rapprochent et se corrompent l’im l’autre ; la galanterie s’établit ; elle produit la frivolité qui donne un prix à tant de riens, rabaisse tout ce qui est important et bientôt on oublie ses devoirs.
hln faisant le charme de la société, les arts que le luxe nourrit et les plaisirs qu’il promet nous entraînent vers la mollesse ; ils rendent nos mœurs plus douces, ils énervent cette fierté qui s’irrite des liens de la contrainte. En étendant des guirlandes de fleurs sur les fers qu’on nous prépare, ils étouffent dans nos âmes le sentiment de la. iibertc et nous fmt aircer l’esclavage. Ainsi en amollissant et en corrompant les peuples, le luxe les soumet sans résistance aux volontés d’un maître imiiérieux, et les force de payer du sacrifice de leur liberté le repos et les plaisirs dont il les laisse jouir.
Lo luxe n’énerve pas simplement les esprits, mais rien n’est idus propre à les diviser ; lorsqu’il s’introduit dans l’état, plus d’union entre les membres,chacun cherche à attirer les regards, à effacer son voisin, à s’élever au-dessus des autres. Détournant les yeux de dessus le bien général, on ne les tient fixés que sur scs intérêts particuliers, et l’amour de la patrie s’est anéanti dans tous les cœurs.
A mesure que s’élève le luxe, on inet le superflu au rang du nécessaire. D’abord on se livre à la dissipation, on en contracte' riiabitude les pl lisirs deviennent besoins; ces nouveaux be-' soins, il faut les satisfaire ; et comme tous ne le peuvent également, ils sont agités de sentiments divers : d’un côté se trouve l’envie, la jalousie, la haine ; de l’autre côté l’crgueil et le mépris ! — Nouvelles semences de discordes.
Une fois corrompu par le luxe, sans cesse on est dévoré de