DÉSARMER LES SUJETS
Pour se rendre absolus, c’est peu de la ruse sans la force. Dans un pays libre, c’est avec leurs piropres sujets,- servant comme citoyens ou volontaires, que les pu-inces attaquent l’ennemi, font des conquêtes et défendent l’Etat. Mais à la tête d’hommes attachés à la patrie, ils n’osent rien entreporendre contre elle ; il leur faut donc des mercenaires. Aussi se sontils tous empjressés dès qu’ils l’ont ])u, de psrendre des troupres à leur solde ; pour cela ils ont mis en jeu bien des artifices.
Charles VII, se pirévalant de la répmtation qu’il avait acquise en chassant les Anglais, et de l’impression de terreur qu’ils avaient laissée dans les espn-its, exécuta ce' hardi dessein. Sous prétexte de mettre le royaume en état de défense contre quelque attaque impiré-vue, cpuelque invasion soudaine, il retint à son service un corps de 9.000 cavaliers et de 16.000 fantassins ; il nomma des officiers pour les commander, et il les repartit dans différentes prrovinces.
Ainsi, an lieu des hommes libres qui servaient sous les vassaux de la couronne, soldats plus attachés à leurs capitaines qu’au prince, et accoutumés à n’obéir qu’à eux, il eut des troupes qui reconnurent im maître, et attendirent de lui leur bonheur.
Sous prétexte d’avoir des forces à opposer aux incursions des Maures d’Afrique, Ximénés, régent de Castille engagea les villes de ce royaume à enrôler un certain nombre de leurs bourgeois. Ils promit à ceux qui prendraient parti, exemption de tout impôt, il les fit exercer au maniement des , armes, il leur donna des officiers, et il les prit à sa solde.
Sous prétexte que la couronne tirait peu de secours de la malice des barons, que les armées de ces auxiliaires étaient peu disciplinées, et se tournaient même quelquefois contre