LE PEUPLE FORGE SES FERS
Le peuple ne se laisse pas .seulement enchaîner, il présente hii-mêiiie la tête au joug.
Qu’un fourbe gagne sa confiance, il en fait ce cpi’il veut ; il le pousse, le mène et lui inspire les passions qu’il lui plaît. Après avoir assisté à la pompe funèbre de César, Antoine monte à la tribune, tenant à la main la robe ensanglantée de remptreur ; il la montre au peuple, il s’émeut et bientôt h s Romains courent avec les torches du bûcher aux maisons de Cassius et de Brutus pour les réduire en cendres...
Combien do fois dans la vue de réformer ou de venger l’Etat, les peuples ne remettent-ils pas le pouvoir absolu entre les mains de quelques individus. Les décemvirs, Marins, Sylla, Pompée, en sont des exemples fameux. Revêtus de toutes les forces de la République, Rome fut étonnée du xmuvoir qu'elle leur avait confié, le Sénat baissait la vue devant eux; les lois étaient dans le silence et bientôt on entendit retentir de toutes parts les noms des proscrits et on vit ruisscltr le sang....
Mais l’histoire d’Angleterre fournit des traits encore plu.s humiliants. Quand Charles II fut rajipelé à la couronne, il fallait voir les différents ordres de l’état se précipiter au-devant do la Servitude et chercher à se surpasser par la petitesse de leurs protestations de loyauté. Les nobles, les papistes et