‹ MaratChapitre 30 sur 92 · DES ATTENTATS CONTRE LA VIE DU PRINCE · texte numérisé non relu

DES ATTENTATS CONTRE LA VIE DU PRINCE

ün les a mis au rang dos crimes d’Etat ; mais sans raison. Dans tout gouvernement légitime, le prince n’est que le premier magistrat de la nation, et sa mort ne change rien à la constitulion de l’Etat; quand l’ordre de la succession est fixé et qu’on a pourvu aux interrègnes, elle ne fait que priver un individu de la jouissance du trône qu’un autre occupera l>ientôt. Maïs attenter contre le prince, n’est -ce pas attaquer le souverain lui-même, dans la personne de son représentant ? Comme ce serait l’attaquer que d’attenter contre tout autre officier de l’Etat ; car le prince est le ministre du souverain, et non son représentant. Mais lorsque le prince est digne de commander, la nation ne fait-elle pas ime perte cruelle ? Assurément, comme elle en fait une cruelle aussi dans la mort d’un liabile adninistrateur qui se consacrait au bien public.

Pour achever de se convaincre que le meurtre du prince n’est pas crime d’Etat, il suffit de comparer les châtiments de ces crimes. On se contente de décapiter un conspirateur ; tandis cpi’on écorche, qu’on tenaille, qu’on écartèle, qu’on martyrise un scélérat qui a attente aux jours du prince. Pourquoi Cela, si le prince ne se mettait au-dessus de l’Etat, audessus du souverain ? Aînés avoir usurjié le pouvoir suprême, sentant que ses sujets ne peuvent prendre en lui aucune confiance, il vit au milieu d’eux comme au milieu de ses ennemis ; or, pour rendre sa personne sacrée et inspirer un respect sans bornes pour tout ce qui le regarde, il ne connaît ciue la terreur.

Le meurtre du prince n’est qu’un simple assassinat.

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