‹ MaratChapitre 37 sur 92 · DES CRIMES CONTRE LES MŒURS · texte numérisé non relu

DES CRIMES CONTRE LES MŒURS

ables directrices d’un péché qu’elles ne peuvent plus commetire elles-mêmes, toujours à l’affût de ce qui peut augmenter sur infâme trafic. Bientôt arrêtée comme servante, elle est onduite dans un lieu de débauche et livrée sans pitié à quelpie vieux satyre. Evite-t-ello à sa descente à l’hôtellerie la uneste rencontre ? Elle ne tarde pas à la faire dans un do ces mdroits où l’on rançonne les domestiques qui clierchent place, ■doins novice, ou plus heureuse, trouve-t-elle condition ? le malheur qui la menaçait n’est que différé; il l’attend dans ce nouvel asile où maîtres et valets travailleront à la séduire : douces paroles, propos lascifs, chansons obscènés, promesses, orésents, ruses, violence, tout est employé et trop souvent avec succès. Ré.siste-t-elle ? elle n’est point victorieuse encore :

i'xposée aux attaques de tous ceux qui s’emploient à fournir uix plaisirs voluptueux du riche, ce que n’ont pu faire de uinces dons, l’offre d’un sort brillant le fait enfin. L’insensée change d’état et se voit presque toujours abandonnée au jpublic après la perte de son honneur. Qu’on ne croie pas que lia beauté seule soit exposée à cet écueil ; toute jeune fille qui <e voit sur le pavé sans secours, sans asile, sans parents, sans amis, n’a d’autre ressource pour subsister que celle de s’abandonner aiLX lâches qui voudront tirer avantage de sa triste position.

Le libertinage fait horreur, et je ne cherche point à le justifier ; toutefois comme il est presque toujours forcé chez les femmes, le gouvernement n’a pas le droit de punir, tant qu’il laisse manquer du nécessaire ; moins encore a-t-il le droit de leur faire porter seules la peine d’une faute qu’elles ne font que partager. Mais une fois soustraites à la misère et instruites de leurs devoirs, des risques qu’elles courent, des moyens de rédster,si elles se dévouaient à cet infâme état, elles deviendraient susceptibles de la justice...

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