DÉNONCIATION CONTRE NECKER
nemis ? Pour le peuple, ce pauvre peuple épuisé de misère, toujours vexé, toujours foulé, toujours opprimé, et qui n’eut jamais à donner ni places ni pensions. C’est pour avoir épousé sa cause' que je suis en butte aux traits des méchants qui me persécutent, q\ie je suis dans les liens d’un décret de prise de corps, comme un malfaiteur. Mais je n’éprouve aucun regret; ce que j’ai fait, je le ferais encore, si j’étais à recommencer. Hommes vils, qui ne connaissez d’autres passions dans la vie que l’or, ne me demandez pas quel intérêt me pressait ; j’ai vengé l’humanité; je laisserai un nom, et le vôtre est fait pour périr.
Les folliculaires qui se prêtent à me diffamer ne sont pas tous des scélérats consommés, je veux le croire ; qu’ils rentrent donc en eux-mêmes un instant, ils rougiront de leur bassesse. Je ne lés accablerai point d’injures, je ne leur ferai point de reproches ; mais s’il en est un seul qui doute encore que ma plume n’est conduite que par mon cœur, qu’il vienne nie voir dîner.
Enfin, aurais-je besoin de me vendre pour avoir de l’argent ? J’ai un état qui m’en a donné et qui m’en donnera encore, dès que je me résoudrai à renoncer au cabinet. Je n’ai même que faire de renoncer au cabinet, je n’ai besoin que de ma plume. Aux précautions infinies que prennent les ennemis do l’Etat pour empêcher mes écrits de voir le jour, mes diffamateurs peuvent s’assurer que je ne manquerai pas de lecteurs. L’Ami du petiph aurait été, dans leurs mains, une source abondante ; dans les miennes, cette source est restée stéiile ; j’ai abandonné les trois quarts du profit aux libraires chargé“ de m’épargner les embarris de l’impression et de la distribution, à la charge que chaque numéro sera livré à un sou aux colporteurs.
Je me flatte d’en avoir assez dit pour dégoûter les échos de cette calomnie, la seule cpii pût porter coup à la cause que je défends. Quant aux autres, je laisse libre carrière à mes difiamateurs, et je ne perdrai pas, h les confondre, un temps que je dois à la patrie.