‹ MaratChapitre 41 sur 92 · LES SUBSISTANCES · texte numérisé non relu

LES SUBSISTANCES

Aujourd’hui les horreurs do la disette se sont fait sentir de* nouveau, les boutiques des boulangers sont assiégées, le peuple manque de pain ; et c’est après la plus riche récolté au sein même de l’abondance que nous sommes à la veille de périr de faim. Peut-on douter que nous soyons environnés de traîtres qui cherchent à consommer notre ruine ? Serait-ce à la rage des ennemis piiblics, à la cupidite des monopoleurs, à l’impéritie ou à l’infidélité des administrateurs, que nous devons cette calamite ? \ oila un mystère que les communes de tous les districts de la capitale doivent se faire un devoir d’éclaircir, sans délais, en chargeant quelques hommes capables, et d’une probité à l’cireuve, d’examiner la gestion du comité des subsistances

de riiôtel de ville. ^ ,

Il est inouï que poiu écouler les farines et ics grains gates qu’avait accaparés le gouvernement, le bureau des subsistances commis pour approvisionner Paris, continue à souffrir que le public soit empoisonné par du pain détestable. Ces farines et ces grains, dira-t-on, ont coûte dos sommes immenses au gouvernement, il faut que ces sommes lui rentrent Mais le gouvernement n’a rien à lui ; le trésor public ,1’appartient qu’à la nation. Et ne vaut-il pas mieux qu’elle supporte quelque perte en destinant ces comestibles aux animaux, que d’exposer le peuple à une cpidemie ?

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