EFLEXIÜNS SUR LES DETTES DU GOUV'ERNEMENT DEVENUES NATIONALES
Les dons iratriotiques se multiplient chaque jour; les ci- ■yens do tous les rangs s’empressent de porter leurs offrandes ; .t-ce amour do la patrie ? est-ce envie de se distinguer ? est-ce anvaise honte de ne se pas montrer ? Peu m’importe. Mais il iporte beaucoup au salut d? l’Etat, de faire quelques réexions sur ce sujet.
Qu’appelle-t-on la dette nationale ? Les dépenses énormes i le faste et les vices scandaleux de la cour, l’inconduite, les éprédations et les folies du gouvernement ont entraîné la ation ; les dons immense.s que le XJriuce a prodigués et jorodile encore à ses créatures ; les engagements onéreux qu’il a )ntractés pour anticiper sur les revenus x)ublics. Et c’est i)ar
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des transactions aussi criminelles que l’Etat est à deux doig de sa porte ! Et c’est pour consacrer des engagements de cet nature que la nation se constitue solidaire ! Et c’est poi assurer les moyens do les remplir que le premier ministre d' finances, après avoir perdu la nation en leur inspirant science de l’agiotage, grève chaque citoyen d’un impôt vexi toiro !
Et c’est pour les consacrer que les classes même les pli indigentes se privent de leur dernière ressource ? Loin de noi l’idée odieuse dj vouloir détourner ou tarir la source des i dresses qui restent à la patrie, mais craindrions-nous de 1’ purer et de la diriger (1) ?
Le ministre connaît à fond tous les côtés faibles des Erai çais ; il a spéculé sur leur sotte vanité.
Qu’à sa sollicitation, le prince envoie sa vaisselle d’arger à la monnaie, c’est un acte d’ostentation peu méritoire. Qu lui fait la prrte d’une argenterie entassée dans ses buffets Sa table n’en est pas moins ouverte. Que dis-je ? c’est un fan; ■sacrifice, onéreux à l’Etat : bientôt cette superbe vaissell sera remplacée par une vaisselle plus superbe encore.
Que dos ministres opulents imitent l’exemple du prince rien de mieux ; le faste jure avec leur caractère apostoliqu et le sacrifice de leur vaisselle n’est qu’une petite restitutio du bien des pauvres dont ils jouissent et des appointement énormes qu’iis tirent de l’Etat (2).
Qu’un ad uinistrateur des finances, gorgé d’or, verse 100.001, livres dars le trésor public, rien de mieux; c’est une petit restitution des sommes immenses qu’a soutirées des rentier alarmés son pouvoir magique de l’agiotage.
Qu’un duc verse 100.000 livres dans le Trésor public, riei de mieux; c’est u.ne p,;tite restitution des brigandages de sci
11; 11 est de notoriété publique que la maison TellisSon ei Nectei n'a a.lla^sé nés bi- ns immenses qu’en acc .parant des t.nds publics adroilenit-nl disriédités, achetés à soixante et soi.' a. t -dix de perte' etrev.ndus au p ir peu de temps apiès. [Nutt- de ■arot.) ■!
(2) 1 a fureur des louanges, pour tout ce qui viein d s giands déi la terie, esl i oi tée parmi nous jusqu’à la loue. Qn’o i se lappelle les' éloges déguCuant., d mi les papiers étaient .emplis à la nu velle de ‘ l’or. ire qu’avait d .tiiié le monaïquede ne plus serv.r de , àiisserieij sur sa table, et cela pour ménager la farine deslinee à son peuplei affamé. {Nute de Marat.)
SUR LES DETTES Dü GOUVERNEMENT
icêtres ou des largesses de quelques-uns de ces tyrans qui lamaient leur peuple pour engraisser leurs favoris.
Qu’un financier verse 10.000 écus dans le Trésor public, en de mieux ; c’est une petite restitution des vols qu’i1 a faits l’Etat.
Que des communautés religieuses abandonnent tous leurs ens à l’Etat en se réservant une modeste pension, rien de feux ; c’est lui restituer des fonds dont la superstition l’avait •ivé.
1 Mais que dos indigents se cotisent pour donner à l’Etat le ^>nier de la veuve ; qu’un ministre opulent les y invite sans udeur, et que l’assemblée nationale y souscrive sans examen, oilà de ces traits inconnus dans l’histoire et réservés aux nnales de nos jours. O Français ! serez-vous donc toujours ans l’enfance, ne réfiéchircz-vous jamais et faudra-t-il sans [jsse que l’ami du peuple vous désille les yeux !
Quoi ! c’est pour assurer la créance des rentkrs, soudoyer les bnsionnaires du prince, dos ambassadeurs inutiles, des gouerneurs et dos commandants dangereux, des femmes -galaii- !S dos chevaliers d’industrie, des académiciens ignares et linéants, des sophistes soudoyés, des saltimbanques aériens, es histrions, des baladins, des ex-ministres ineptes, des xempts de police, des osfions, et cette brillante tourbe des réatures du prince qui forment la chaîne des instruments e la tyrannie, que de pauvres artisans, de pauvres ouvriers, je pauvres manœuvres, qui ne gagneront jamais rien, ni aux larohés ministériels, ni aux révolutions, achèveront do donner !urs tristes dépouilles ! Quoi ! c’est pour payer les friponnees des agioteurs, le brigandage des traitants, et conserver i fortune do leurs pr02)res ennemis, de leurs déprédateurs, de iurs tyrans, que vingt millions d’hommes se réduisent à la lendioité! Ah! reprends tes haillons, homme infortuné ; apaise a faim, et s’il te reste encore un morceau de pain à partager, egarde tes frères prêts à périr do misère.