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APPEL A LA NATION

Prétendre que les mandataires du peuple, les ministres de la, justice, les administrateurs publics ne soient que des repré- i sentants incorruptibles, des juges intègres, des agents fidèles les gardiens des lois, les défenseurs des citoyens, c’est vouloii que les hommes renoncent à leurs préjugés et à leurs passions ; qu’ils renoncent à l’amour du pouvoir, des honneurs, des richesses, à l’amour des voluptés et des vanités mondaines; c’est vouloir que des âmes sans élévation, des cœurs de boue sacrifient tout à la vertu. Ne sortons pas de la nature ; il ne faut rien attendre de beau des dépositaires de l’autorité, ii faut donc les surveiller sans cesse, éplucher leur conduite, éclairer leurs opérations, dévoiler leurs desseins ambitieux, leurs funestes projets, leurs machinations, leurs complots, et les dénoncer ouvertement, ce qui suppose la censure publique. Le premier soin d’une nation qui veut sortir de l’esclavage doit être d’inviter tout homme instruit et désintéresé à se charger de ces fonctions honorables, de l’avouer pour sa dé- 1 fense et de le couvrir do son égide.

Ce serait ne rien faire que de se borner à dénoncer les manda- : taires infidèles, les malversateurs, les prévaricateurs, si la nation ne se ménage pas un moyen également prompt et infaillible de les réprimer et de les punir. Le soin de sa vengeance ne peut être remis qu’entre les mains de patriotes qui ont fait I ours preuves, de dépositaires aussi sages que fermes et incorruptibles. Eux seuls doivent composer un tribunal d’Etat, et c’est devant ce tribunal que les censeurs publics traduiront les ( agents du peuplé qui ont abusé de l’autorité ; enfin lorsque la corruption a gagné tous les agents de l’administration, le seul | moyen de rétablir les choses, c’est de nommer, pour un temps | court, un dictateur suprême, de l’armer de la force publique J et de lui commettre le châtiment dés coupables.

Quelques têtes abattues à propos arrêtent pour longtemps les ennemis publics et soustraient pour des siècles une grande . nation aux malheurs de la misère, aux horreurs des guerres civiles, maximes bien éloignées de nos préjugés. Oui, c’est notre ignorance, notre vanité, notre présomption, notre aveu-

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