L’AMI DU PEUPLE A CAMILLE DESMOULIXS
J’aime à croire que mon frère d’armes, Camille Desmoulins, abandonnera point la patrie et ne renoncera point au soin de I gloire en perdant couiage au milieu de sa noble carrière. Il
JI AKAT
est révolté d’avoir entendu deinandov sa tète par dos deput 1 à la fédé -ation. Mais (jnelcpies lionimes ivres ou abusés ne fa j pas le public, et ce public hii-mèine, vînt-il .à ’'s’ égarer, reJ fcrnio toujours un grand nombre do citoyens estimables, plci fl d’admiration et do reconnaissance pour leurs généreux d fenseurs. Enfin, (piand le p.'uide ne sca’ait composé que d’iïoi j mes vils et ingrats lo viai philoso])lie fermera-t-il donc scj cœur à l’anionr do l’hunianité dès qu’il no verra pins de .réti' butions mondaines ])onr prix de sa vertu ? O mon ami, qu 'sort plus brillant ])ous' un faible mortel que de pouvoir, icj bas, s’élever au rang des dieux ! Sens toute la dignité de toi être, et sois convaincu que, ))armi tes persécuteurs, s’il eneij mille qui sont humiliés de leur nullité, de leur bassesse, il cj. est mille qui envient tes destinées. |
Peu d’hommes, je le sais, seraient d’humeur de s’immolij au salut de la patrie. Mais quoi ! un citoyen qui n’a ni parentii ni femme, ni enfants à soutenir craindrait-il donc de couri quelques dangers pour sauver une grande nation ? tandis qu des milliers d’hommes abandonnent le soin de leurs affaire; s’as-rachent du sein de leur famille, bravent les périls, les fali gués, la faim, et s’ex])osent à mille morts pour voler à la voi d’un maître dédaigneux et superbe, ])Oiter la désolation dai. i les pays lointains, égorger des infortunés qu’ils n'ont jama' < vus et dont ils ont à peine entendu parler !
Quoi ! de nombreuses légions ne craindront pas de se couvri de crimes pour huit sols par jour, et l’amour de l’humamti . l’amour de la gloire, seront trop faibles pour porter les sage!; à braver le moindre danger !
Je ne cherche yroint à me donner de l’encens, mais, mon aiu que votre sort est encore éloigné de la dureté du mien. Depui dix-huit mois, condamné à toute espèce de p)rivations, excéd de travail et de veilles, rendu de fatigues, exposé à mille dar , gers, environné d’espions, d’alguazils, d’assassins et forcé d i me conserver pour la patrie, je cours de retraite en retraiti sans pouvoir souvent dormir deux nuits consécutives dans 1 même lit, et toutefois de ma vie je ir’ai été pdus content; 1 grandeur de la cause que je défends élève' mon courage au; dessus de la crainte ; le sentiment du bien que je tâche de fairé des maux que je cherche à prévenir, me console de mon infoi