I.'aMI du peuple à CAJtlLLE DESMOULIMS
me, et l’espoir d’un triomphe brillant pénètre mon âme d’une once volupté.
Comme vous aimez à rire, voici (piehpie-s anecdotes qui ourront vous égayer, en vous donnant une idée de l’agitation e ma vie depuis la révolution.
Le ■22 janvier, jour où le ministre des linances, le maire et le mnuaudant général envoyèrent uno armée pour m’assaillir,
I reposais dans une rue voisine, lorsqu’un jeune homme attalic à mon bureau vint m’annoncer eu pleurant que ma maison tait enveloppée par plusieurs bataillons. A l'instant mon hôte t son épouse entrèrent dans ma chambre d’un air consterné ; i voulurent parler, ils ne purent que gémir. — Paix donc ! l’écriai-je, ce n’est rien fine cela. — Je sautai en place et jo emandai à être seul. Jamais je no suis plus de sang-froid u’au milieu des dangers imminents. "Ne voulant pas sortir en ésordre, crainte d’éveilfer le soupçon, je lis toilette, jo passai ne redingote, je me couvris d’un chapeau rond, je pris un air ant, et me voilà parti, gagnant le Gros-Caillou, à travers un étachement de la garde envoyée pour m’enlever. Chemin lisant, j’avais cherché à distraire mon compagnon de caraane et je conservai ma bonne humeur juscpie vers cinq heures
II soir, heure à laquelle j’attendais l’épreuve de la feuille oii - rendais compte de la fameuse équipée. Personne ne vint. Je ressentis le coup qui me menaçait et j’appris, le lendemain latin, que les scellés avaient été mis sur mes presses. La jourée se passa dans la tristesse. On avait eu vent de la route lie j’avais tenue. Dans la soirée, la maison fut investie paies espions ; je les reconnus à travers une jalousie. On me reposait de me sauver par le toit, à l’entrée de la nuit.
Je passai au milieu d’eux en iilein jour, donnant le bras à ne jeune personne et marchant à pas comptés. Lorsque la uit fut arrivée, je me rendis au grand bassin du Luxembourg; eux amis m’y attendaient ; ils devaient me conduire chez une aine du voisinage. Nous ne trouvâmes personne au logis ; le voilà sur le pavé. LTn de mes compagnons se mit à pleurer ; je vais chercher un asile au fond du Marais.
Arrivés à la Grève, jo voulus, voir le réverbère que l’on me estinait deux jours auparavant, et je passai par-dessous, .rrivés rue de la Perle, mon nouvel hôte avait compagnie ;
i’y trouvai iiiio personne qui ne m’était pas inconnue, l’o ■ dépayser les curieux, il fallait jouer la gaieté ; elle vint réel): ment. Après un quart d’heure do conversation, je demande rorcille do mon hôte s’il était sûr de telle personne. — Comn de moi-même. — Fort bien ! Et je continuai la conversatio Je soupai et allai me coucher. Au milieu do la nuit, une cj couade de cavalerie fait halte sous mes fenêtres. Je saute ( place, j’entr’ouvre mes volets. Je remarque qu’aucun d’eii n’a mis pied à terre ; je regagne tranquillement mon lit, ju qu’au lendemain, où il fallut décaniller.
Cher Desmoulins, toi cj[ui sais si bien égayer ton leotcu viens apprendre à rire avec moi, mais continue à combatti' avec énergie les ennemis de la révolution et reçois l’augure i la victoire.