‹ MaratChapitre 66 sur 92 · PROJETS CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRES · texte numérisé non relu

PROJETS CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRES

!'l Aveugles et lâches citoyens, vous touchez au moment de votre ruine. Les malhe\irs affreux dont voiis allez être accablés sont les suites infaillibles de la perfidie de vos ennemis impla-

TARAT

cables, les suites inévitables de votre stupide sécurité, de votre funeste confiance ; vous êtes trahis par tous vos mandataires ; vous n’êtes environnés que de factieux, de conjurés, de conspirateurs. Depuis l’ouverture des Etats, les ministériels, lef j courtisans, les calotins, les robins, les juristes soudoyés et les militaires serviles du Sénat national machinent contre vous.j vous bercent d’un fantôme de liberté, refusent à vos vœux une ' haute cour composée do patriotes, qui auraient purgé le roy- 1 aume dos traîtres à la nation. Déjà ils ont enchaîné le peiqile par la loi martiale, et les soldats de la patrie par le décret qui leur fait un devoir de forcer à main armée l’exécution des lois’ tyranniques, en attendant qu'ils aient achevé de remettre entre les mains du roi tous les ressorts du gouvernement. Déjà, pour remydir les coffres du prince, ils se sont emparés du bien de l’Eglise, ou plutôt du bien des pauvres ; déjà, pour ôter aux citoyens tout moyen de défense, ils en ont arraché une contribution du quart des revenus : déjà, pour s’assurer des rentiers, ils ont exemiité de tout impôt leurs capitaux ; déjà, pour s’assurer de l’armée, ils ont assuré une pension de retraite aux soldats et sous-of&oiers. Tandis que le monarque et ses suppôts, remplissent tous les corps administratifs, tous les tribunaux j de créatures de la cour ; tandis que le général contre-révolu tionnaire parisien a rempli de jadis nobles, de robins, de courtisans, d’escrocs, de banqueroutiers, de chenapans, d’espions, ! tous les états-majors et toutes les places d’officiers supérieurs des gai des nationales du royaume entier, et qu’il a tout era- : ployé pour composer les légions de la patrie de satellites do l’ancien régime, pour asservir par la vanité les soldats-citoyens. ; Mais que dis-je ? Déjà les prélats et les bénéficiers se sont ouvertement révoltés contre la Constitution, et le roi s’est mis à leur tête, en refusant de sanctionner le décret de la consti- tution civile du clergé. Déjà le frère de l’Autrichienne rassemble de nombreuses armées sur nos frontières ; l’Espagnol, le Napolitain, le Savoyard imitent cet exemple. Déjà, les fugitifs et les mécontents de la réforme des abus, les satellites sou- ■ doyés, sous les ordres des deux Capets réfugiés à Turin, vien- t lient de tenter une expédition contre l’une de nos places fron- ; tières, et n’attendent xilus que le moment d’entrer en campa- i gne.

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