I.S VÉRITABLE SERMENT CIVIQUE
Ce n est pas tout, la fuite de la famille royale est concertée de nouveau. C’est toujours à IMetz et sous la protection de l’antirévolutionnairo Bouillé que le monarque doit aller se mettre à la tête des ennemis de la liberté pour tenter une contre-révolution. Tous les receveurs généraux vont s’y rendre pour vider leurs caisses dans les coffres du roi; plusieurs d’entre eux sont déjà en route. On travaille sans relâche à mettre en état de défense toutes les places de la Lorraine, de la Flandre, et de l’Alsace, non pas contre les Autrichiens, mais contre les soldats do la jvatrie ; de sorte que le despote et ses suppôts auront mille forts pour s’y retrancher contre la nation et machiner sa ruine.
L’alarme est générale d’un bout à l’autre du royaume, tous les bons patriotes voient que leur perte est jurée. Citoyens, quel parti prenez-vous pour votre défense ? ^lille projets divers ont été discutés tour à tour; mais c’est en vain que vous joindriez un million de gardes nationaux à l’armee de ligne ; quand vous auriez pour défrayer ces nombreuses légions les trésors qu’on vous a enlevés, n’en doutez pas, cette armée immense serait trahie et livrée au fer de l’ennemi par ses chefs au mépris de leurs éternels serments. Quelle confiance pourriezvous avoir en de bas courtisans et do vils suppôts du despotisme, élevés à la ferfidie, faisant métier de trahison ? Ils vous vendraient en vous jurant fidélité sur l’autel do la patrie. Souvenez-vous de leur serment civique tant de fois renouvelé, violi'-. Jfais pourquoi rassemblor de nombreuses armées sur les frontières, pourquoi . lever des impôts pour fournir à leurs entretiens, lorsque vous ])ouvez étouffer, en un instant, tous les complota contre la patrie et les empêcher de renaître jamais ? Non, ce n'est pas sur les frontières, c’est dans la capitale qu’il faut frapper les coups. Cessez de perdre le temps à imaginer des moyens de défense ; il ne nous en reste qu’un seul, celui que je vous ai déjà recommandé.