DU POUVOIR DU TEMPS
Lo premier coup que les princes portent à la liberté, n’est pas de violer avec audace les lois, mais de les faire oublier. Pour enchaîner les peuples, on commence par les endormir.
Tandis que les hommes ont la tête échauffée dos idées de liberté, que l’image sanglante de la tyrannie est encore présente à tous les esprits, ils détestent le despotisme, et veillent d’un œil inquiet sur toutes les démarches du gouvernement. Alors le prince craintif se garde bien de faire aucune entreprise; il paraît au contraire le père de ses sujets, et son règne celui de la Justice. Dans les premiers temps, l’administration est même si douce, qu’il semble qu’elle ait en vue d’augmenter la liberté, loin de chercher à la détruire-
N’ayant rien à débattre, ni sur leurs droits qu’on ne conteste point, ni sur leur liberté qu’on n’attaque point, les citoyens deviennent moins soigneux à éclairer la conduite de leur chef ; peu à peu ils cessent de se tenir sur leurs gardes, et ilssedéchargent enfin de tous les soucis pour vivre tranquilles à l’ombre des beis.
Aussi, à mesure qu’on s’éloigne de l’époque orageuse où la constitution prit naissance, on perd insensiblement de vue la liberté. Pour endormir les esprits, il n’y a donc qu’à laisser aller les choses d’elles-mêmes. On ne s’en fie pourtant pas toujours là-dessus au seul pouvoir du temps.
<. que toujours son expression par un mouvement de pied qu’il tournait en avant, et dont il frappait la terre, en se relevant <. subitement sur la pointe, comme pour élever sa petite taille à la (. hauteur de son opinion. Le so i de sa voix était mâle, sonore, n un peu gras et d’un timbre éclatant ; un défaut de langue lui « rendait difficile à prononcer nettement le c et l’s, dont il mê- II lait la prononciation à la consonnance du g, sains autre désa- II grément sensible que d’avoir le débit un peu lourd ; mais le Il sentiment de sa pensée la plénitude de sa phrase, la simplicité de « son. élocution et la brièveté de son discours elTaçaie.nt absolument <1 cette pesanteur maxillaire. Il se vêtait d’une manière négligée ; « son insouciance sur ce point annonçait une ignorance comp été Il des convenances de la mode et du goût, et l’on peut dire même Il l'air de la malpropreté. (Fabre d’Églantine),