DES FÊTES
L’entrée au despotisme est quelquefois douce et riante. Ce ne sont que jeux, fêtes, danses et chansons. Mais dans ces jeux, le peuple ne voit pas les maux qii’on liui prépare, il se livre aux plaisirs, et fait retentir les airs de ses chants d’allégresse.
Insensés, tandis qu’ils s’abandonnent à la joie, le sage entrevoit déjà les malheurs qui menacent de loin la patrie, et sous lesquels elle succombera un jour : il découvre dans ces fêtes les premiers pas de la puissance au despotisme ; il aperçoit les chaînes couvertes de fleurs, prêtes à être étendues sur les bras de ses concitoyens.
« Ainsi les matelots se livrent à une joie indiscrète, lorsqu’ils aperçoivent, du rivage,rhaleine des vents enfler doucement les voiles, et rider la surface des eaux ; tandis que l’œil attentif du pilote voit à l’extrémité de l’horizon s’élever le grain qui va bientôt bouleverser les mers. »