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LA REVOLUTION FRANÇAISE ; TOUTE EN PANTALONNADES

^ Comment la liberté aurait-elle jamais pu s’établir parmi nous ? A quelques scène.s tragiques près, la révolution n’a été qu’un tissu de pantalrnnades.

Quel tableau grotesque à présenter aux nations étrangères, dont nous prétendons exciter l’admiration, si j’avais le temps d’en rassembler tous les traits ! En voici quelqu.es uns qui s’olïrent à ma mémoire ; ils seraient plus que suffisants pour nous couvrir de confusion, si nous pouvions en entir le ridicule.

Dans la nuit du 12 juillet 1789, on voyait la plèbe effrénée de retour dos Champs-Elysées, où elle avait porté en pro. cession les bustes de Necker et d’Orléans, réunie a des soldats, se porter à la lueur des tlambeaux aux guinguettes de la Coui'tille et des Poroherons ; eu revenir en dansant

au SOU dos tambom-s, sc répandre dans le jardin du Palais. Royal, tombsr do lassitu le, et s’y vautrer dans la fange. ,

Le jour suivant, on la vit, cliaude de vin, dévaliser les boutiques des fonrbisseurs, s’y armer de tout ce qui tombait sous sa mrin, parer urir les rues en chantant, se perter au monastère de Saint-Lazare, jeter les meubles par les jcroisées, faire voltiger le duvet des lits eventrés, se revêtir j de robes do moines, mener en procession un chariot de grains sur le siège duquel elle avait cloué un squelette en frac et en chapeau rabattu ; puis trébuchant d’ivresse, on la vit transporter les reliques du monastère dans l’église des Récollets et les déposer dévotement sur le grand autel.

'Pendant les quatre premiers moÎB qui suivirent la prise de la Bastille, on voyait les bataillons bourgeois, tout fiers d’être en uniforme, singer l’air militaire, s’étudier à marcher avec grâce, se donner chaque jour en spectacle, accompagnés de nymphes, vêtues de blanc, courir à la métropole, ! faire bénir lerurs drapeaux, ou porter du pain bénit en pro- j cession, avec un appareil martial et au bruit d’une musique i guerrière.

Trois semaines avant la première fête fédérative, on voyait ! tous les habitants de la capitale endimanchés, et confondus- jpêle-mêle, remuer la terre, traîner la brouette, insulter aux t aristocrates par des chansons grivoises, puis danser en chantant le refrain chéri : Ça ira, ça ira.

Mais c’est dans le Sénat de la nation que se passent les j' parades les plus grotesques. j

Depuis trois ans on y voit accourir de tous les coins du j', royaume des déjnitations nombreuses, des citoyens qui 1-; viennent le féliciter sur ses immortels travaux ; sur la sa- I gesse des décrets qui les ont ruinés constitutionnellement ; ■

sur les douceurs de la liberté, dont ils ne jouissent point ; sur la prospérité de l’Etat, en proie à la fois à tous les fléaux de la discorde, de la misère, de la disette, de l’anarchie et ! des dissensions civiles. j

Sous l’Assemblée constituante, on a -vu les bataillons pa- |

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