RÉVOLUTION ET PANTALONNADES
siens, conduits par Motiei', venir, dans les moments de rise alarmante, suspendre les délibérations les plus séeuses pour défiler devant les pères conscrits, pour occuper 1 .es séances entières et insulter à la douleur publique en faiant exécuter j)ar leurs fanfares des airs satiriques.
Ou y a vu les soldats de la patrie mis en jeu par ses ennemis • apporter en triomphe le buste de Desilles ; deux orateurs )ro3titué3 à la cour, faire à l’envi le panégyrique de ce satelite royal comme d’un martyr de la liberté, et l’Assemblée •énale lui décerner la couronne civique, au bruit des acclauations du peuple.
On y a vu les pères conscrits les plus dévoués au despoisme, les Foucault, les Ma'.ouet, les Desprémenil, les Mont- :ausier, les Maury, les Cazalès, prendre des pleureuses et uener le deuil pendant trois jours sur la mort de Franklin, f 'apôtre de la liberté.
' Qui ne se rappelle la farce politique jouée par l’Assemblée jonstituante en terminant ses perfides travaux î Au milieu les troubles et des désordres qui désolaient plus que jamais le royaume, et les mains encore teintes du sang des patriote s qu’elle venait de faire égorger au Champ-de-i\Iars, pour pouvoir dénaturer à son gré la Constitution, ce honteux monument de servitude qu’elle a eu le front de nous donner pour un monument de sagesse et de gloire : « Nous avons ir’es lois, disait-elle ironicpiement, la révolution est achevée, il ne nous reste plus do sujets de discordes, le calme va renaître ; bientôt un gouvernement régulier ])rendra la place lie l’anarchie. Il ne s’agit plus qtio d’arracher le germe de tout ressentiment en étouffant toutes les haines par des embrassements fraternels : ça. Français, embrassons-nous, qu’un décret d’amnistie passe l’éponge sur les égarements d3 nos frères do Coblentz, et que dos fêtes brillantes cèle, brent la réconciliation de tous les membres de l’Etat, devenus les enfants de la même patrie.
« Oui, oui, s’écria le monarque qui venait de violer ses nombreux serments do maintenir la Constitution ; citoyens, oubliez mes parjures, mes projets de fuite, mon équipée vers Montmédy ; je serai loyal cette fois, parole de roi pa-
fcriote Voyez plutôt, les belles illuminatious que j’ai fait fair pour vous prouver mon patriotisme ; et puis, comme j’er tends que tous les infortunés de ma capitale prennent par à la fête, je leur fais don de 50.000 livres pour se diverti et boire à ma santé. » J
On sait trop quelles ont été les suites de cette amnistie ^ tle • ces précieux liens de fraternité, do cos nouveaux ser ' 1 ments de loyauté ! |il
Les pantalonnades jouées dans le Sénat de la nation soni i offertes chaque jour à l’admiration du peiqde dans les pa ( piers publics. Citons-en quelques exemples. Voici commeni t| le n° 23 du Courrier des froiitières rend compte de la ma- | nière favorable dont les pères conscrits ont entendu le dis.|i cours prononcé le 11 mai 1792 par le sieur Servant, ministre de la guerre : 1
<< Le maréchal Luckner est à Paris ; il a quitté quelquesji moments une armée, dont il est adoré, pour voler au poste") où le désir du roi l’appelait. Mais il a cru qu’il était une me- \ sure plus urgente ; il a proposé d’aller à Valenciennes, pour | exhorter le maréchal Rochambeau, (Vivement apelaudi) I tous les officiers, tous les soldats (Applaudi) à une confiance < mutuelle ; et de servir sous le maréchal de Rochambeau ^ comme aide de camp (Applaudi), jusqu’à ce que l’ordre I étant rétabli, il puisse rejoindre son armée ; il vient de due 1 au roi que ses soldats étaient doux comme des moutons, i (Applaudi.)
« Les ministres du roi ont proposé à Sa Majesté d’adopter ■ i cette mesure. (Applaudi.) C’est ainsi qu’ils répondront à i toutes les calomnies; c’est ainsi qu’ils prouveront qu’ils sa- ) erifient toutes les affections personnelles au salut de la France. |i Applaudi.) La maréchal Luckner a demandé à choisir M. Valence comme aide de camp. (Vivement applaudi.)
« M. Dumas • Je demande que le président soit chargé d’écrire au maréchal... (applaudi dans la plus grande partie de l’Assemblée) au maréchal Luckner... (applaudi partout) que l’Assemblée nationale le remercie... (applaudi et adopté A l’unanimité.) »
CrECULAmE DE MAEAT
Frères et aiuis,
Un affreux complot tramé par la cour pour égorger tous les patriotes de l’empire français, complot dans lequel un grand nombre de membres de l’Assemblée nationale se trouvent compromis, ayant réduit, le S du mois dernier, la commune de Paris à la cruelle nécessité de se ressaisir de la puissance du peuple x>o"r sauver la nation, elle n’a rien négligé pour bien mériter de la patrie, témoignage honorable que vient de lui donner l’Assemblée nationale elle-même. L’eût-on , pensé ! Dès lors de nouveaux complots non moins atroces se sont tramés dans le silence ; ils éclataient au moment même où l’Assemblée nationale, oubliant quelle venait de déclarer que la commune de Paris avait sauvé la patrie s’empressait de la destituer pour prix de son brûlant civisme, à cïtte nouvelles des clameurs publique? élevées de toutes parts ont fait sentir à l’Assemblée nationale la nécessité urgente de s’unir au peuple et de rendre à la commune, par le rapport du décret de destitution, les pouvoirs dont il l’avait investie.
Fière de jouir de toute la plénitude de la confiance nationale qu’elle s’efforcera toujours de mériter de plus en plus, placée au loyer de toutes les conspirations et déterminée à s’immoler pour le salut public, elle ne se glorifiera d avoir pleinement rempli ses devoirs que lorsqu’elle aura obtenu votre approbation, objet de tous ses vœux, et dont elle ne sera certaine qu’après que les départements auront sanctionné ses mesures pour sauver la chose publique.
Professant les principes de la plus parfaite égalité, n’ambitionnant d’autre privilège que celui de se présenter la première à la brèche, elle s’empressera de se mettre au niveau de la commime la moins nombreuse de l’Etat, dès l’iiistant que la patrie n’aura plus rien à redouter des nuées de satellites féroces cpü s’avancent vers la capitale.
La commune de Paris se hâte d’informer ses frères de tous
UAKAT
les départements qn'uno partie des conspirateurs féroces j détenus dans les prisons a été mise à mort par le peuple ; j actes de justice qui lui ont paru indispensables pour retenir j par la terreur les légions de traîtres cachés dans ses murs • au moment où il allait marcher à l’ennemi, et sans doute ^ la nation entière, après la longue suite des trahisons qui l'ont conduite sur les bords de l’abîme, s’empressera d’adopter ce moyen si nécessaire de salut public, et tous les Français s’écrieront comme les Parisiens ; Nous marchons à l’ennemi, mais nous ne laisserons pas derrière nous ces brigands pour égorger nos enfants et nos femmes. |
Frères et amis, nous nous attendons qu’une partie d’entre ■ vous va voler à notre secours et nous aider à repousser les • légions innombrables de satellites des desjyotes conjurés 1' à la perte dss Français. Nous allons ensemble sauver la patrie et nous vous devrons la gloire de l'avoir retirée de l’abîme.