‹ Marat, l'ami du peuple (volume 2)Chapitre 20 sur 87 · II · texte numérisé non relu

II

avaient exalté naguère le fanatisme religieux des Clément et des Damiens, cette lâeheté ne trouve dans aucune langue d'épitbète assez énergique.

Mais, dites-vous, Tassassin a nié formellement avoir des complices. Clément, Damiens, Louvet n'ont-ils pas nié aussi? L'histoire a-t-elle pourtant le moindre doute sur les instîga- ' tenrs? Charlotte a nié toute complicité jusque sur Téchafaud, comme Damiens l'avait fait jusque sous la roue. C'est une naïveté ridicule que de s'imaginer cpi'un caractère fortement trempé, plus ambitieux d'imnwrtalité que du prolongement insignifiant d'une existence vulgaire (or, les instigateurs savent bien à qui ils s'adressent); c'est, dis-je, du dernier ridicule que de croire que ces âmes de bronze, après avoir accompli le plus difficile, iront niaisement compromettre la renommée qu'ils se sont acquise si chèrement, par une inutile faiblesse, par un aveu qui les ferait rentrer dans le vulgaire des assassins salariés ou imbéciles. Le fanatisme de la ^oh-e est peut-être de tous celui qui plus inébranlablement arme le meurtrier, car chacun de ses actes le compromet et l'engage nn pas de plus vers le but auquel il aspire ; on conçoit encore que la main tremble en portant le coup, mais, et surtout si Ton a réussi, comment chanceler sur l'échafaud, chanceler en cuciHant la palme? Il n'y a que les Torquemada et les Foeqmer-TinvilIe de cours d'assises qui puissent s'imaginer que tes tortures aient prise sur les martyrs du fanatisme ré^ gieoK ou p^tîque.

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