‹ Marat, l'ami du peuple (volume 2)Chapitre 21 sur 87 · FÊTES D'INAUGURATION DES BUSTES · texte numérisé non relu

FÊTES D'INAUGURATION DES BUSTES

SotuiAiBK. '— Oâwrs avétés de U otaauàoe et4e« sections relatifs aux lAonnenn à rendre à liaxat — Un bi^téme civique. — Bustets, tableaux , grarores. ~ HjmDes, odes, pièces de Ters , complaintes. — (Peinture de Darid. — Programme de la fête dlBOKgnxmtion da buste de fAmi da p^iple doanée par les «rtistfiB. — Disoonra, morale qui en £ut le fond. — Galosmie réfutée.

Les insonrectioDfi départementales, organisées en grande partie par la Gironde, avaient pour effet de teair Paris dans ua eut de sarexcitatioQ perinasente, et de faire du nom de Ma^al répouvantail qu'on opposait auK cootre-révolutiocnaires; nous disons « du n^ni de Marat », <ar il s'en fallait i>ien <{a'oB sentit toute la fortée de ses principes paliti(|ues; c'était plutôt au soldat de la liberté qu'au législateur que s'adres-* saient les hommages publics : il y avait dans l'Ami ào peuple cela d'assez rare, que Thomme d'action ne le cédait en ries à r homme d'idées, et que, sous tous les rapports, il pouvait également exciter l'enthousiasme révolutionnaire. Pendant plosiemrs moiSf ce ne fut que fêtes en Tiiûnneur du patriote martyr; elles avaient pour prétexte l'inauguration de son buste; toutes les sections avaient le leur« an en voyait jusque dans les famùles; et à ce propos c'était i gui £exait son dis* cours, son couplet» sa nootion patrîo^ue; il y avait dans tout cela beaucoup de bon comme intention, beaucoup de mauvais comme exécution, sous Je raptport littéraire s'entend; c'était Tobole du pauvre qui n'a de prix que pour quiooDqaa sait lire au fond du oosur; mais, bons ou mauvais, ces dlgeomrs Allaient droit au but, jmis^'jk eatnetenaieut le feu du

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patriotisme. Nous allons en donner une idée, nous avons sous les yeux une collection nombreuse de pièces de ce genre; elles feront connaître, sous un point de vue important, l'époque dont nous nous occupons; elles feront aussi tomber une calomnie accréditée : ce sera la plus grande utilité de ce chapitre.

Dès la fin de juillet on arrête aux Jacobins qu'il sera élevé aux dépens des vrais sans-culottes un obélisque de granit en l'honneur de Marat; on y gravera le titre de ses ouvrages. Le conseil de la commune, accédant à cette proposition, en avait référé au comité d'instruction publique qui crut devoir l'ajourner; mais les patriotes persistèrent, firent une collecte, et provisoirement un obélisque en bois fut dressé sur la place de la Réunion. {Journal de la MonlagnCy 2 août 1793.)

La rue des Cordeliers prend le nom de rue Marat; Montmartre devient Mont-Marat; la rue et le faubourg reçoivent la même dénomination ; la place de l'Observatoire prend celle de l'Ami du peuple; dans les villes de province fidèles à la Révolution, mêmes substitutions: le Havre -de -Grâce, par exemple, devient le Havre- Marat, car l'enthousiasme s'était communiqué de Paris aux départements ; pendant plusieurs jours la Correspondance des Jacobins^ feuille supplémentaire du journal, n'est remplie que des malédictions des affiliés contre les scélérats qui ont assassiné le véritable Ami du peuple.

Dans une des séances de la commune, une femme prend la parole : « Citoyens, dit-elle, vous savez qu'on a insulté aux mânes de Marat; eh bien, nous avons juré d'élever autant de Marat que nous aurons d'enfants : nous leur donnerons pour évangile la collection entière des œuvres de ce grand homme. » D'autres baptisaient sous son nom les fils qui leur naissaient. Orain présente aux Cordeliers son enfant : « Je l'offre à la liberté, » dit-il. Le président reçoit (Jans ses bras le nouveauné, l'embrasse, le remet aux mains de quatre jeunes filles vêtues de blanc; on va célébrer un baptême civique. L'enfant

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