FÊTES D'INAUGURATION DES BUSTES
est enveloppé dans un drapeau tricolore ; sur la bannière on lisait :
Tremblez, tyrans, la France est libre; L'univers entier le deviendra.
Deux prêtres mariés le baptisent au nom du Très-Haut et de la Liberté; il reçoit le triple nom de Brutus-Marat-Lepelletier.
Les sociétés qui n'avaient pu se procurer le buste avaient tout au moins un portrait; car il en avait été fait en trèsgrand nombre; la collection Chevremont pourrait aujourd'hui encore le témoigner au besoin ; les procès-verbaux des séances des clubs , de la commune et même de la Convention relatent l'oflre faite tel et tel jour d'une peinture, d'une gravure ou d'un plâtre.
On pouvait voir à la commune un portrait de Marat placé à côté de celui de Passavant, ce brave grenadier de la garde nationale qui, de retour dans sa famille après le massacre du Champ -de -Mars, avait déchiré son habit d'uniforme en s'écriant : « J'ai juré de mourir avec la liberté, elle n'existe plus, je meurs ! » et il s'était brûlé la cervelle. Un tel disciple avait droit d'être placé à côté de son maître assassiné pour la même cause. Les épigraphes placées au bas de ces peintures et de ces estampes ne sont pas généralement heureuses; elles manquent de laconisme. II y a des noms qui n'ont pas besoin d'épithète; Marat en était im.
Mais qu'y a-t-il de comparable à cette lettre de l'armée de la Moselle : « La mort de Marat a porté la consternation parmi les soldats ; ils le vengeront? » Ils l'ont vengé par des victoires.
Il y a tel tableau, telle pièce de vers ou tel discours qui étonneraient bien aujourd'hui les petits-fils, si nous leur prouvions qu'ils sont signés du nom de leurs grands-pères. Mais le mépris que devaient inspirer les démonstrations pseudopatriotiques de ceux-ci et les protestations des enfants nous
fera passer sous silence toates ces pitoyaWes pktituèes. Ne lit-on pas, par exemple, dans la Biographie Mic/iaudy qu'un nommé Murât, qui depuis aurait été décoré du titre de prince et môme de roi, s'avait pas dédaigné en 93 de sub- ' stituer son nom insignifiant à celui de Marat ; par c un petit -nevem de TAini du peuple, aujourd'hui caca Iploj'é à la municipaBté de Génère, a fait changer nxt à son nom pour le défigurer, soit par haine politique o être, ce qui serait plus pitoyable encore, par timidi ressêe, ou mieux encore par inintelligence.
Sur la place de la Réunion (Cwroosel), à côté beau de Lazouski, avait été élevé Tobélisque provisoi sous ce monument que furent déposés le buste , la fécrîtoire et la baignoire de TAmi du peuple. Les venaient y déposer des couronnes civiques; on y br d'accusation décrété en avril.
Nous avons lu que David avait publiquement j représenter la scène de l'assassinat; au 14 octobre était achevé, et le peuple admis à l'exposition dai*. du peintre; à une fôte donnée par la section du Mu*». ce tableau était porté en grande pompe avec celui de Le letier. Ricart et Deveau furent chargés de la gravure chef-d'œuvre.
Il a été composé beaucoup d'hymne^ d'odes ou ie pi* de vers ; nous n'en trouvons aucune signée d'un grand b - de poète : elles n'étaient pÀs payées* Plus tard les mu se rattrapèrent de ce chômage aux baptêmes du roi . Rome ou du duc de Bordeaux : abrs l'ignoble image palrîote ruiné et mort pour la cause de tous servit t inspirés de repoussoir à la figure angélique d'un royal \m bm. Les rois payent généreosement, n'ayant qu'à puis dans notre bourse.
Nous âlloins donner le programme complet d'une de c fêtes d'inauguration, afin qu'une fois pour toutes on s'en fas une idée exacte; on verra s'il y a la moindre apparence *