FÊTES D'INAUGURATION DES BUSTES. Î
saturnales; si, au contraire, tout n'y était pas propre à inspirer au peuple les sentiments du patriotisme le plus pur dans un moment où la liberté, où la France en avaient un si pressant besoin; tout cela, ne l'oublions pas, au nom de Marat. tte fête fut célébrée par la section des artistes ; ce fut une 3 plus belles solennités de la Révolution. Le cortège se nposait comme il suit :
Un détachement de cavalerie ouvrait la marche ; Des citoyens armés ; Un groupe de vingt tambours ; Une compagnie de canonniers; Oeux pièces d'artillerie ;
""able des Droits de l'homme portée sur un brancard ; éputation des quarante-sept sections ; 'oupe d'enfants portant le livre àe l'éducation nationale; le presse d'imprimerie ; 1 trophée des arts ; ;^« 1 trophée des bonnes ménagères; ^ ^^ jux rangs de jeunes citoyens et de jeunes filles cou- .onnés d'épis de blé, traînant sur un char un respectable vieillard sexagénaire, appuyé sur une charrue, et sa compagne tenant une quenoaille ; Une colonne de soldats ;
Un rang de forgerons en habits de travaQ, le marteau sur l'épaule ;
Un second groupe de vingt tambours ; Citoyennes en blanc portant des parfums, des fleurs et .des couroimes;
' Bustes de Lepelletier et de Marat; Sarcophage porté par des citoyens; Juges de paix ; Comité révolutionnaire; Députation des tribunaux ;
Livre de la Constitution porté sur un brancard par des hommes du peuple ;
Cbar triomphal sur lequel est un groupe de citoyennes; la première représentant la République appuyée sur la Liberté et rÉgalité; ses compagnes sont la Justice, la Prudence, rinnocence ;
Force armée suivie du peuple ;
Corps de jcavalerie fermant la marche.
Voilà pour les yeux ; que dis-je ? tous ces symboles parlaient bien plus encore aux cœurs ; et comme tout cela élève, relève le peuple dans sa dignité, en lui rappelant ses droits! Qu'on compare à ces fêtes les plus brillants carrousels de Louis XIV, et qu'on dise quelles solennités sont plus propres à moraliser les masses.
Mais suivons le cortège, arrêtons-nous à chaque station; écoutons.
Il part de la place Beaurepaire (Sorbonne) à neuf heures du matin ; descend, au son de la musique militaire les rues de la Harpe, de la Vieille-Boucherie et s'arrête au pont Saint- Michel. C'est la première station ; sur le haut de l'autel on lit cette dédicace : A la Liberté. Dn chœur d'artistes fait entendre cet hymne :
Avec les rois tombent les pr^ugés; Guerre éternelle au fanatisme.
Par la raison enGn ils sont jugés; L'homme reprend son héroïsme.
Et, en effet, Marat c'était la Raison, et la Raison seule affranchit. Salut à Taffranchisseur des peuples !
Le cortège reprend sa marche. Toutes les rues sont tapissées; la route est jonchée de fleurs. On traverse le Marché- Neuf; nous voici au Petit-Pont; c'est la seconde station dédiée à l'Égalité. Ici ce n'est plus un hymne, c'est une ronde*
Nous n'avons plus de majesté, Sur le trône est l'humanité.
Adieu les grands seigneurs Ingrats, fourbes, trompeurs.