MARAT FUT-IL DÉMAGOGUE? 3M
ïient de reprocher au peuple sa vanité ; le lendemain, uie plus fonémeot encore : « Cessons de nou& plaindre ; ' lux cruels qui nous font gémir sont notre ouvrage : les
amers de notre dfpravation. Qu'attendre d'un peuple aes qui n'agissent que par des vues d'intérêt, qui ne lent que leurs passions, et dont la vanité est l'unique !7Ne nous abusons plus : une nation sans lumières, sans s, sans vertus, n'est pas faite pour k liberté. Elle )ien rompre un moment ses fers, mats peut-elle évi-
les reprendre? et, si elle u'est pas enchaînée par la elle le sera inrailliblement par la fourbe. » ( L'Ami dit -, N" 9.) Voilà l'homme qu'on a accusé d'immoralité! is attendez, i) ne s'en prendra pas seulement au peuple lëral; il sait qu'un reproche qui s'étend à tous amoina elTet par son étendue même; chacun rejette sur son sa part de culpabilité ; bref, tout le monde s'absout «n for intérieur, et l'accusateur ne court pas grand , car ce n'est plus qu'une sorte de moraliste politique m est convenu d'écouter les préceptes sans jamais les
Marat va s'attaquer à des classes particulières, elle raillerie amère dans cette réflexion sur le peuple b! u Nous sommes de bonnes gens, nous autres Parii prétentions, nous nous croyons bons patriotes lorslus avons bavardé sur les affaires du jour... Immolezonc pour des êtres de cette espèce ! » ( Ibldan, N° 9ft.) ce portrait des profonds politiques de la cité souvequi n'en reconnaîtrait aujourd'hui même l'original î u-isiens! vous n'êtes que des enfants qui fermez les ur les malheurs qui vous attendent; l'irréflexion vous lans la sécurité, la vanité vous console de tous "vos Courez dîms les cafés, bavardez sur les papiers-nou-
rangez-vous autour d'un poêle ou d'une tal)le, racon- 5 exploits, et porter vos chaînes. » [Appel à la na~ Si c'est là une manière adroite de gagner le peuple, a conseillons aux flatteurs à vcuir, et nous déclarons
leur pardonner d'âvance une ambition si bien déguisée.
Croyez-vous, en conscience, que les b©urgeois de 1790 lui aient jamais pardonné la boutade qui suit ? a L'appareil militaire vous a séduits ; le désir de vous distinguer par on uniforme vous fit aller en foule inscrire vos noms. Au lieu de vous exercer au maniement des armes pour repousser l'ennemi, vous n'apprenez à les manier que dans la crainte d'y paraître gauches; vous vous amusez à des parades. Au liea de vous montrer zélés soldats de l'État, vous bornez yos devoirs à promener votre uniforme dans les cercles, à tous rendre à la parade, à vous pavaner dans les jardins publics, à vous passer en revue lorsque le temps est serein, à arpenter ks rues, enseignes flottantes, au bruit d'une musique guerrière. Le soleil vous voit rangés autour d'une table de jeu dans m corps de garde. L'envie vous divise. Le dernier d'entre tous, affublé d'un uniforme, fait le petit important. Naguère encore vous étiez citoy^ens, vous voilà transformés en automates aux ordres d'un chef, et bientôt peut-être vous serei ^ transformés en instruments aveugles d'oppression. » {UAm du Peuple^ N** 89.) Arrêtons-nous à ce trait, on nous accuserait d'allusion. C'est dommage, en vérité, que nous ayons promis de ne pas nous amuser à faire ressortir le mérite littéraire de ce Marat , qui ne savait pas -même écrire y a dit M. Michelet
Ce n'est pas tout encore, le démagogue Ami du peuplera s'attaquer à la^chose sainte et sacrée, aux idoles du jour, aux rois en germe, aux grands orateurs des clubs : « Leplos cruel fléau que nous ayons à combattre pour faire triompto la liberté, ce sont les faux patriotes exaltés qui se prévalent de leurs marques de civisme pour égarer leurs concitoyens et les jeter daus des démarches violentes, hasardées, tétnérah'es et désastreuses. Ces intrigants ne se contentent pas d'être les factotums de leurs sections respectives, ils s'agitent du matin au soir pour s'introduire dans toutes les socié^ populah^es , les influencer et devenir enfin les grands f^ seurs. » {Ibidem. y iN^ 233.)