MARS
Sommaire. Journal le PxihlidsU de la République. — Marat se disculpe d'avoir ftir commerce de journalisme. — Le fait est attesté par ses ennemis. — Il d^out di nouvelles menées des Girondins. — Il soutient la permanence du ^néral DuMNh riez. — Il fera de son corps un rempart aux Girondins contre des ««ffyHw — Naïveté de Marat. — Tactique de police. .— C'est à Marat qa*il fkut atknbHrli journée du 81 mai.
Le zèle aveugle de certains députés semi-patriotes oïdsiit parfois autant à TÂmi du peuple que la haine des GirondÎBft; la séance du 9 mars en fournit une preuve. A propos d'une invasion qu'on aurait faite chez Gorsas, journaliste contrerévolutionnaire et député, invasion dans laquelle les séditieux auraient brisé les presses du royaliste déguisé, Lacroix était monté à la tribune et avait dit : « Je vois avec peine que des représentants du peuple, qui sont envoyés ici pour faire de bonnes lois, pour s'y occuper des intérêts du peuple, s'amusent à faire des journaux, à gangrener Tesprit des départements, à critiquer avec trop d'amertume les opinions de la Convention, qui ne sont pas les leurs. »
La Gironde sentit bientôt tout le parti qu'elle pouvait tirer de cette sortie irréfléchie; aussi lit-on au Moniteur que Lacroix fut applaudi à chacune de ses paroles. Ce succès l'enivra, et, pour en perpétuer sans doute le souvenir, il proposa que tout député fut tenu d'opter entre la qualité de folliculaire et celle de représentant, et l'Assemblée consultée décida que les membres de la Convention qui faisaient da
journaux choisiraient entre Tune ou l'autre fonction. {Moni^ teur du 11 mars.)
C'était par suite de ce décret que le 14 mars 1793 le Journal de la République changeait de titre et prenait celui de Publiciste de la République française^ ou Observatiom aux Prançaisy par Marat l'Ami du peuple^ député à la Conven-- ^lon. Au reste, la même épigraphe était conservée, et le numéro d'ordre maintenu; par ce. simple changement, le rédacteur échappait à la loi qui ne pouvait empêcher qu'un député publiât ses observations. Ce moyen d'éluder la loi n'était pas sans précédent; en 1789, les Lettres du comte de ^irabeau à ses Commettants avaient succédé au journal les ^^ats-Généraux.
Au premier numéro du Publiciste y lââ"« de la série, ^^rat écrivait en note : « Moi-même, je me suis élevé cent '^îs, dans UAmi du peuple^ contre ces indignes députés qui Prissent leur vie à rédiger des séances pour vendre leurs *^Unuscrits aux journalistes; mais les députés pleins de zèle, ^iri remplissent leurs devoirs avec exactitude, qui consa- ^tBùt une partie de leur temps à éclsTirer le peuple par leurs écrits, doivent-ils être confondus avec ces vils mercenaires? Et devais-je être confondu avec eux, moi qui ai toujours consacré ma plume gratuitement au public; moi dont les écrits n'ont d'autre but que de dévoiler les complots contre la liberté, de démasquer les traîtres, de défendre les opprimés, et de proposer des vues utiles; moi qui prends sur mon sommeil le temps de jeter sur le papier mes idées; moi qni ne m'accorde que le simple nécessaire, qui partage mon pain avec le pauvre, et qui n'ai que des dettes pour fruit de mes travaux. Quoi qu'il en soit, le décret porté par Lacroix, et enlevé dans le tumulte aux patriotes, est rendu. Je ne veux pas donner l'exemple de la désobéissance, quelque irréfléchi que le décret me paraisse. Je supprime donc de ma feuille le titre Journal^ et, par cette suppression, la Convention sentira peut-être qu'elle doit revenir sur un décret dérisoire qui
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ne servira qu'à faire douter de sa sagesse, s'il ne compromet pas son autorité ; car elle n'a pas plus le droit d'enlever aux mandataires du peuple leur plume, que leur quaUtë de député, w {Le Publiciste, N^ 144.)
Est-il nécessaire d'ajouter que si antérieurement rAmidii peuple avait blâmé les députés-journalistes comme trafiquants^ il n'avait pas conclu à la négation de leur liberté d'écrivains? On n'osa inquiéter Marat sur sa nouvelle publication quotidienne, la Gironde dut une fois de plus s'apercevoir de sn étourderie. C'est qu'aussi ces poursuites auraient entraîné des enquêtes propres seulement à faire ressortir le désintéressement du journaliste et à le rendre éotcore plus populaire. On alléguera, à propos du désintéressement que nous rdcTODS encore ici , que nous sommes naïf de prendre ces assertions dans Marat lui-même et de nous imaginer que le lecteor f ajoutera foi. Où voudrait-on que nous les prissions? Qa'oD nous oppose une dénégation fondée et sérieuse chez quelqn'aa de ses ennemis, et nous répondrons. Il pouvait, à quelques jours de là, hardiment écrire, et il n'a pas été démena: (c Dans les explications publiques qui ont eu lieu entre les membres des deux partis qui divisent la Convention, les hommes d'État, interpellés de s'expliquer sur mon compte, ont été réduits à se retrancher dans un seul grief : aucun n'a osé attaquer mes mœurs, mes actions, ma conduite priv^; mais tous m'ont accusé d'être trop exalté dans mes opinions, trop exagéré dans mes discours et dans mes écrits; Buzotlmmème s'est borné à me représenter comme un homme (jui pouvait être dangereux par sa popularité, par ses lumières, son audace et la véhémence de ses discours. » \Le PublinMe. N° 156.) Il me semble qu'une telle déclaration répond à tout.
Cependant la Gironde, baissant toujours d'inûuence, allait user d'autres moyens pour reconquérir son ascendant; elk se promettait de compromettre les patriotes en les faisant extravaguer, bien sûre, pensait-elle, de rencontrer Marat applaudissant à toutes les propositions extrêmes; elle va
:her aussi d'émouvoir le peuple en jouant le rôle de vicae^ Cette double tactique ne lui réussira pas plus que les très, mais il faut bien s'en rendre compte pour s'expliquer e, sans se contredire, l'Ami du peuple a pu prononcer à la tmne de la Convention les paroles qui vont suivre.
On peut voir dans le journal avec quelle vigueur le rédao ir s'est prononcé déjà en différentes circonstances contre Dumouriez , agent de la cour sous la Législative, de connince avec la Gironde sous le ministère Roland, intrigant fié, hojnme sans principes, mais général habile et mettant s talents au service de quiconque pouvait lui être utile; motie toute, il avait sauvé la* République, et la saine polipie voulait qu'on tirât de sa vanité, de ses passions, tout le ofit possible, tout en surveillant de près sa conduite. C'était os que jamais l'avis de Marat; peu lui importaient ses res- Dtiments personnels, le mépris affecté que le général liû ait témoigné au bal Talma : le salut public avant tout.
Donc, dans la séance du 12 mars 93, une section de volonires s'était présentée à la barre; c'était la section Poissonhre^ et son président avait dit , entre autres griefs : « Je mande un décret d'accusation contre Dumouriez et son it-major. » Le moment était on ne peut plus mal choisi or présenter cette pétition; Dumouriez, en effet, venait iotrer en Hollande, de prendre Bréda et Gertruydenberg» >pérer une diversion qui pouvait déjouer toutes les combiisons des ennemis. Mais sous quel prétexte la section faisaite cette demande ? u Sous prétexte, comme avait répondu croix, que des officiers, à cinquante lieues de là, dans une tre armée, laissaient forcer Tavant-garde par impéritie ou r trahison. »> On sent bien que le dessein secret n'était autre e d'achever de compromettre nos conquêtes dans la Bel- [ue, en laissant une armée composée de volontaires livrée ur ainsi dire à elle-même; en l'exposant à se débander r défaut de confiance en un nouveau chef; en indisposant jeunes soldâtes encore enthousiastes du héros de Jem->
mapes. Ce n'était pas en des circonstances aussi criticpies qm TAmi du peuple devait renouveler des dénonciations trèsfondées sans doute, mais inopportunes. On s'attendait Hm pourtant à l'entendre appuyer les sectionnaires, et du m^ coup TAmi du peuple allait encourir le même blâme dont k Convention venait de couvrir la députatîon, sans que ses ennemis parussent y avoir trempé en quoi que ce fût. Hant, en effet, demanda la parole ; on n'eut garde de la lui refiiser. « J'ai à vous dévoiler, dit-il , des complots horribles. Qudies * qu'aient été les liaisons politiqifes de Duroouriez, queOfls qu'aient été ses relations avec la cour, je le crois lié ausalot public depuis le 10 août, et particulièrement depuis qœla tête du tyran est tombée sous le glaive de la loi. Il y est lié . par le succès de ses armes; et c'est moi qui parais à cette tribune pour combattre la motion insensée, ou m' élever contre la proposition profondément perfide du décret d'accosatk» contre le général. Si cette proposition était adoptée, ce serait ouvrir aux ennemis les portes de la République. » L'onleor conclut à la mise en accusation des pétitionnaires et surtout de leurs complices; passant alors à une autre accusation qui ne se liait à celle-ci que par le but de porteries patriotes aux derniers excès, il poursuit : « Je demande que le pétitionnaire lise l'article de sa pétition où Ton demande les têtes deGensonné, de Vergniaud et de Guadet, crime atroce qui tend à la dissolution de la Convention et à la perte de la patrie. {Applaudissements imaniynes,) Moi-même, je me suis élevé dans les groupes contre ces assassins ; je me suis transporté à la société populaire des Cordeliers ; j'y ai prêché la paix, et j'ai confondu ces orateurs soudoyés par l'aristocratie. » [Monileur du 15 mars 1793.)
Marat venait d'échapper au double piège. La Gironde dut être déconcertée ; mais elle avait plus d'une ruse à son service, et c'est ici que va se montrer dans son grand jour cette naïveté de Marat dont Fabre nous parlait naguère, et dont ses ennemis surent si bien profiter. On l'avait ap-
laudi à outrance, il crut que TÂssemblée enfin le comprebIU que c'était le moment de lui prouver que, s'il avait éfendu la Gironde contre des assassins, il n'était pourtant as la dupe de la fourberie girondine; il crut que les patriotes liaient le suivre dans cette voie, que les ennemis du peuple e Paris étaient à jamais dévoilés et .par conséquent perdus omaie influence. Remontant donc à la tribune : a Je demande lie la Convention m'accorde le plus profond silence. •• Le )yer de conspiration est dans le sein de la Convention, dans 9 parti Roland, dans les hommes d'État qui veulent détruire I République. .. » (Des éclats de rire se font entendre dam ne grande partie de V Assemblée.)
Lasodrce. « Je réclame que Marat soit entendu jusqu'au oat. »
Harat. (c Voici, vous disais -je, le plan des hommes 'État : Quand les commissaires patriotes seront partis pour nnreiller les généraux (on avait, en effet, proposé cette lesure), on provoquera au dehors des propos incendiaires ODtre les patriotes qui seront restés à la Convention, on ppellera contre eux le meurtre... » C'est juste, en effet, e qui arrivera avant un mois, ce qui se renouvellera plus 'une fois, hélas I quand un parti voudra faire condamner autre. Mais le coup qui se préparait n'était pas encore orté, et Marat, qui le prédisait, pouvait passer provisoi- ^ment auprès des dénégateurs comme im agent de discorde, ni se plaisait à calomnier les intentions du plus pur patriosme.
Lasource n'en manqua pas l'occasion : a La séance, t-il, avait commencé par un état de choses qui devait' turner à l'instruction de la France et au profit de la liberté;; le finit par un changement de scène qui tourne à régare->F ent du peuple et au profit des conspirateurs. Marat était mvenu, ce matin, que les mouvements qui ont eu lieu raient leur cause immédiate dans un complot ténébreuselent tramé contre la Convention nationale; il s'était élevé
contre cette affreuse conjuration, et son opinion, j'ose le dire, n'était pas indifférente. Les conjurés Font senti. »
Qu'ont-ils donc faut? se demande l'orateur. Ils ont drconvenu Marat pendant l'intervalle qui sépare la séance da matin de celle du soir, ils lui ont fait croire qu*il étsdt dope; de là l'accusation qu'il vient de porter contre une partie de l'Assemblée. « Marat n'est pas la tète qui conçoit, maïs le bras qui exécute. •• Une fois qu'ils ont monté sa tète, cet bomme extravague et délire à leur gré. » Quelle habikté! L'orateur a commencé par montrer le cas qu'il faissit de flOD adversaire : « Son opinion n'était pas indifférente; » puisi le dépeint non pas comme un homme de mauvaise foi, comoe un coupable à punir, mais comme un bomme dupe de soo imagination, et voilà tout. En résumé, Marat n'est qo^oB insensé dont il faut rire. Un simple argument va lui suffire pour prouver ce qu'il avance : « C'est ici, vous dit-on, qo'est la cause des mouvements qui ont eu lieu, le foyer do cmplot qui vient d'échouer. Quelqu'un conçut-îl jamab une absurdité plus révoltante! Que demandaient les attroopements qui ont troublé la tranquillité publique? Les têtes de Brissot, de Guadet, de Buzot, de Gensonné et de quelques autres; et ce sont ces hommes, dont on demandait la tête, que vous accusez d'avoir excité ces mouvements? Ils ont excité ces mouvements dirigés contre eux seuls ! Ils les ont excites pour le plaisir de voir tomber leurs têtes! Cette inculpation n'est-elle pas le comble de la mauvaise foi ou de la folie ? » [Moniteur du 15 mars 1793.)
En effet, rien de plus absurde comme logique apparente, mais rien de moins rare en fait. Nous avons tous assisté à la comédie du pistolet tiré à poudre et même à balle; nous avons tous suivi quelque représentation de conspirations simulées; nous savons comment cela s'arrange dans les préfectures de police, nous avons vu jouer les comparses, nous avons été témoins de leur semblant de fureur patriotique, nous avons entendu leurs cris de liberté. Fourbe insigne, rien de
plus illogique en apparence que de prétendre que ces gens-là étaient à la solde du pouvoir dont ils demandaient le renversement, et pourtant rien de plus vrai. Les dupes n'éUdent ni vous ni Marat, mais les patriotes d'autant plus naïfs qu'ils étaient de meilleure foi. Pourquoi faut-il que dans cette lutte à mort Marat ne vous ait porté que des coups droits et loyaux , quand il savait que vous ne riposteriez que par des coups fourrés I
Le lendemain 13 mars, quelqu'un ayant demandé Vimpreswm du discours de Marat, Thuriot, un républicain -modèle, comme on les appelle, répliqua : « Si nous ordonnions l'impression du discours de Marat, d'un homme qui dit tantôt blanc, tantôt noir, nous aurions l'air de nous occuper des liommes au lieu de nous occuper de sauver la patrie. Nous devons être comme X esprit divin y qui jette la lumière sur le monde, nous devons tout éclaircir et étouffer ainsi toutes les divisions. » {Moniteur du 15 mars 93.) Modèles, en effet, de ces masques de la scène politique dont toute la grandeur est dans l'attitude, et qui modestement prennent pour esprit divin les mots sonores qui frappent les parois de leui*s têtes vides. Voilà les patriotes qui se croyaient d'autant plus impartiaux (pi'ils n'accusaient Marat que de folie! Voilà les plus redoutables ennemis; et l'habile Lasource savait bien que ses arguments retentiraient dans ces cerveaux-là.
Quant à Dumouriez qui, avant un mois, va consommer ses trahisons par sa proclamation du 27 mars où il annoncera qu'il marche sur Paris pour renverser la Convention et établir le gouvernement constitutionnel; qui négociera, le Jl, avec les Autrichiens; qui, le 1'*^ avril, fera arrêter et livrer aux ennemis les conventionnels en mission auprès de Farmée ; qui enfin sera contraint par ses soldats fidèles à la République à chercher un refuge dans les bras de T Autriche; quant à Dumouriez, Marat s'était expliqué de façon à ne pouvoir laisser de doute, dans son numéro 148 du 20 mars, où il traçait le tableau des trahisons successives du général :
« Ses attentats sont publics; nos commissaires nationaux viennent de partir, avec mission de le rappeler à ses devoirs, ce qui est une entreprise absurde , et le pouvoir de le faire arrêter s'il ne se rétracte pas, mesure tardive dont ils pamraient bien être eux-mêmes les victimes^ aujourd'hui qu'il a la force en main. Elle devait être prise il y a cinq mois, quand je la proposai. Mais puisqu'elle n'a pas eu lieu et qu'on l'avait laissé à la tête des armées, le mettre sous on décret d'accusation, avant qu'il eût consommé des crimes, était une imprudence impardonnable qui aurait livré nos troupes au fer de l'ennemi et ouvert les barrières de l'État i
Or, on envoya les commissaires malgré les avertissements du fou; on sait ce qui advint; l'énergumène avait ' tout prévu de point en point. Rappelons encore ce que, le 13 octobre 92, il avait prophétisé : « Cent contre un, que Dumouriez émigré avant le mois de mars prochain, u
C'est assez de ces expressions grosses de mépris apparent, mais ne cachant au fond que l'impuissance de se disculper de faits très-réels, dont la Gironde aura à répondre un jour devant un jury d'historiens indépendants, mais qni n'appartiennent pas à cette étude particulière. Jusqu'ici nous n'avons assisté qu'aux escarmouches engagées entre la Montagne et le côté droit ; Marat a été sans contredit le plus infatigable assaillant de tout le parti patriote; il a profondément blessé la plupart des chefs ennemis en les appelant séparément sur le terrain ; il les a individuellement attaqués au défaut de la cuirasse, il en a montré le côté faible, et c'est pourquoi il a assumé contre sa personne toute la rage des hommes d'État.
On peut affirmer aujourd'hui, sans crainte d'être contredit par des faits de valeur importante , que si la Gironde fut un jour appelée à se mesurer contre la Montagne, c'està-dire la République aristocratique contre la Démocratie, c'est-à-dire encore le principe de supériorité de nature contre le principe d'égalité humaine, et conséquemment le principe
l'autorité contre le principe de liberté, c'est à l'insistance e l'Ami du peuple que nos pères ont dû cette salutaîro ction décisive; nous disons salutaire, car il n'y a pas de ODciliation possible entre des principes contraires; car ce u'on appelle les moyens de transaction ne sont que des lesures propres à décimer périodiquement les soldats sans resque compromettre les chefs ; des mesures propres à ruîer le pays par l'inquiétude, l'indécision, le discrédit, le lanque de confiance entre les partis toujours en suspicion t divisés; des mesures propres enfin à corrompre les citoyAis ar rachat des consciences aux profits des bannières. Oui, 'est à la conviction qu'avait Marat que ce suprême engagement des deux corps d'armée était nécessaire pour le riompbe de la liberté (triomphe que le 31 mai eût assuré, oos en avons la certitude, s'il n'eût pas immédiatement été ompromis par la maladie mortelle, puis par l'assassinat de Ami du peuple), c'est, dis-je, à cette conviction de Marat lie les patriotes de 93 durent aussi leur propre salut, car 2S faits qui vont suivre prouveront que le mot de conciliaion prononcé par Isnard dans la fameuse séance du 12 mars, 'était qu'une armistice demandée par la Gironde pour prétarer im nouveau plan de défense.
Hélas! pourquoi faut-il que le 31 mai n'ait pas porté ses ruits, que les ennemis de l'égalité se soient relevés de leur léfaite, et qu*à soixante-dix ans de distance la lutte soit acore, croyez -le bien, entre la Gironde et la Montagne, ntre l'autorité et la liberté ! Cette considération si impormte n'est-elle pas propre à nous tenir attentifs à ce qui va ifivre?