‹ Marat, l'ami du peupleChapitre 10 sur 70 · UN ROMAN DE MARÂT · texte numérisé non relu

UN ROMAN DE MARÂT

sauver la colonie et la conserver à la France; j'ai pensé qu'on fonctionnaire public, chargé d*ane aussi grande mission, ne devait pas moins alTronter le glaive de la loi que le fer et le poison des assassins, lorsqu'il se trouvait dans un pays rentré dans l'état de nature, ou plutôt dans le chaos de tous les abus et de tous les crimes de l'ordre social. »

Alors venait le passage sublime qui peut faire croire à tous les dévouements cités dans Thistoire ancienne, car il est à leur hauteur : « La mort ne m'a jamais effrayé, je la souffrirai même avec plaisir, si je suis iainiulé coiuriie une victiiiie du plus ardent patriotisme. La nation peut mùme. tirer un grand parti de nia mort l Que d*un côté je sois exécuté poui* avoir agi contre la loi; que de l'autre mon cadavre soit déposé au Panthéon pour m'étre dévoué oommé an nouveau Décius; vous parviendrez à deux buts également avantageux, car vous scellerez le despotisme de !a loi qui fait l'essence de la liberté, et \ ous donnerez un nouveau ressort aux àntes de la trempe de la mienne, n

Nous avons parcouru la liste des condamnés par le Tribunal révolutionnaire, nous pLj avons pas trouvé le nom du cîtojren Rose Roume, accusé d*abus de pouvoirs sur la dénonciation de deux des blancs dont il avait extrajndiciaireinent ordonné la déportation dans le but de lenr sauver la vie. (Les trois lettres citées sont extraites des Archives de l'Einpiie, section administrative, F. 7, papiers saisis chez Danton

et déposés au Comité de sûreté générale, liasse â"", pétitioi^ d'élargissement de divers citoyens.)

Quelle époque que celle où de tels avocats n'entreprenaient la défense que de telles causes! €ela rassérène, parce que la constatation de quelques grands caractères suflit pour consoler du reste de rhuuiaiùté.

Page 1