‹ Marat, l'ami du peupleChapitre 32 sur 70 · MA! — 2 AOUT · texte numérisé non relu

MA! — 2 AOUT

S0IIM41RB. BMori^* 0» k pelitkiiM H J* FnmM p«i < iwit r«dl de liant. ■«Inir de TàlBà -Aû pci^le m PxMce. — Il continue à se fuire la aeotilMlle de te

liberté. — No«v<»au fîécret d'arrestation pnr hi municipiilité. - - î,N'-jion'!f> do Marat aux conjmissairrs. — Sa lettre d'encoura^-ciiu'nt à Cannllf. — Marat se cacli»?; ses différente* retraites p«udaoi la Révolution. — 11 reprend une imprimerie à soo faampte. — Plaeeid : CVt» ctf fitit de mamâ. -> Jii«tifi««tioo. — Venins GooGstdae auterités contre l'eatenr : rAssemUée, Lafayette, le Châtelet. ~ Maratpeniaie dao$ a&ttclie, nalgrt le décret da 81 jaiUet eottifané le S août 1790.

En Révolttfioii le moinreinent emporte les liomiiies et

les choses est si rapide /que le pouvoir, toujours préoccupé à se défendre contre de nouveaux adversaires, à se préparer •contre de nouveaux incidents, les a bien vite oubliés. 11 y parut bien en mai 1790, puisque, malgré l'animosité personnelle deâ Necker, des Lafayette, des BaiUy, des membres incriminés du Gbâtelet et de la municipalité, Marat put revenir en France sans qu'on Ten empêchât, sans qn*on renoo- Telât d'anciens mandats d'amener. C'est qu'aussi bien des événements politiques s'étaient accomplis dans ce court espace de temps.

Le 21 janvier, au moment même où le pouvoir exécutif se préparait à en finir avec le démagogue anarchiste qu'on ! appelait TAmi du peuple « le pouvoir législatif venait de décréter la réforme de la jurisprudence criminelle, jnste sur le plan qu'avait proposé Marat dix ans auparavant : l'égalité <les peines est appliquée aux mêmes crimes: la flétrissure s'arrête personnellement au flétri; en aucun cas la confiscaiioii des biens ne peut être prononcée; etc., etc. Singulier

...... ^le

JEâN-PÂUL marat.

anarchi^^tc, qui n'entre dans l'aiène politique que sa constitution i\ la main !

Le 26, TAssemWée rend une loi par laquelle aucun de ses membres ne pourra accepter de place autre dans le gouvernement. Qu*a fait autre chose le journaliste, que se récrier coDtre le cumul?

Le IS février, la Constitution ne reconnaît plus hss vœux monastiques. Déclarer la liberté des cnltes, n'était-ce pas iuipliciteinent n'en rccoiniaître aucun, civilement parlant?

Le 26, application du principe d'égalité devant la justice criminelle dans la personne du marquis de Favras : le Ghâtelet se rappelait-il les paroles de l'Ami du peuple, à propos de Besenval : « Soyez justes, si vous ne voulez pas que le peuple se fasse juge lui-même? »

Le 5 mars, communication du Livre rouge: Marat n*a rien exasréré sur les dépenses de la cour.

Le 10, abolition des lettres de cachet, conséquemraent de toutes mesures arbitraires. N'était-ce pas rentrer dans l'esprit de ce décret, que d'exiger qu'on ne pùt enlever un citoyen sans l'autorisation de sa section ? On a vu que cette .motion des Gordeliers, faite à l'instigation de Marat, avait été la principale cause de l'invasion de janvier.

Le 17, vente des biens ecclésiastique?. Le décret ne ressortait-il pas de ce principe : que devant le droit de vivre, toute abolition de privilège propriétaire est légitime?

Ënfm le 30 avril, l'Assemblée instituait le jury, comme consécration des actes de justice qu'elle venait de formuler en décrets; or, l'exilé avait réclamé cette institution dans sa Lettre sur l'ordre judiciaire.

On comprend que devant de tels faits les patriotes impartiaux â& soient demandé si l'Ami du peuple était réellement coupable, parce qu'il en avait réclamé la réalisation avant que le législateur ne se fdt prononcé. Les Constituants d'ailleurs s'y seraient-ils déterminés, auraient-ils osé le faire, si r opinion publique ne les en avait avertis « ne l'eût exigé

BIOGRAPHIE

d'eux? Or, qui avait réveillé Topinion, qui l'avait élevée à la hauteur des circonstances? xMarat; non pas Marat seul, mais Marat plus énergiquement, plus radicalement, plus logiquement que tout autre.

Aussi fut-ce presque un événement politique « quand t le 18 mai 1700, au matin, on entendit les colporteurs crier dans les rues de Paris i « Voilà le retour de rAmi du peuple y sa • réclamation contre ses nombreux contrefacteurs. » C'était, en elïet, le journal qui reparaissait au numéro 106. L'autorité se tint coite; elle n'osait rompre en visière avec l'opinion publique, elle préférait attendre l'occasion de la tourner. C'est qu'il y a un piège auquel le peuple se laisse toujours prendre, c'est celui qu'on appelle l'application dé la loi. Au lendemain de sa victoire, il ne manque jamais de présenter sa déclaration des droits la plus radicale possible; tout le monde applaudit, on se croit libre enfin. Mais attendez quelques jours, et, sous prétexte d'ordre légal, la Constitution va bien en rabattre; quelques jours encore, et, sous prétexte d'ordre administratif, vous serez gouvernés par des règlements de police. Or, en mai 90, on en était à cette phase de l'organisation de l'ordre; Lafayette et Bailly pouvaient donc attendre en toute certitude.

Toujours est-il que VAnii du Peuple put librement reparaître, non plus dans l'imprimerie de Marat, mais chez un imprimeur particulier : l'autorité voulait bien attendre l'opportunité de sévir, mais non pas revenir sur ses méfaits; n* est-il pas de règle qu'elle ne doit pas se déjuger ? Elle avait ruiné Marat, c'est vrai, mais qu' avait-il à se plaindre, puisqu'on lui laissait le droit de publier, après lui eu avoir ôté les moyens?

Dire que le rédacteur se radoucit dans l'expression de son indignation, ce serait faire supposer qu'il avait Qomposé avec les principes : on ne nous croirait pas. Les hommes d'impressions, de sentiments plus ou moins généreux, d'aspirations philosophiques, les métapolitiques, en un mot, peuvent tran-

siger, mais la logique ne souffre pas de transaction ; les théorèmes du logicien sont des engage»ients formels. Et pourquoi donc Marat se serait-il adouci ? Toutes les entraves opposées jusqu'ici à la Révolution venaLexit du personnel des foDCiiomiaires publics» et rien, sous ce n^port, u'avait été changé ; <m pouvait donc 8*atteDdre à de nouvelles intrigues réactiooniu^es. Sans dovte nous avons cité Bousr-mèine, il n'y a qu'un instant, de nombreux décrets révolutionnaires, m^h ne sait-on pas aujourd'lmi qu'ils ont été de la part des ]éîz;!slateurs des concessions plutôt que des restitutions. Sommesnous encoi'e aujourd'hui les dupes de l'élaQ du k août, par exemple? Croiip-oQ que nous ignorions que les nobles ont voulu, dans cette nuit fameuse, arrêter Fineendie de leurs châteaux en province ; qu'ils ont fait la part du leu et rien de plus ? Croit-on que nous soyons les dupes de rap])arente abnégation du clergé? que nous ne sachions pas, de science certaine, que la justice ne doit ces restitutions successives qu'aux rivalités des classes qui composaient l'Assemblée, rivalités qui les amenaient à se sacrifier successivement l'une l'autre? Si vous en doutiez un instant, nous vous rappelle^ rions ce qu'ont fiait plus tard les notées, le clergé , les hauts bourgeois du Tiers, et leur conduite ultérieure nous livrerait le secret de leur libéralisme du moment. Et d'ailleurs ne viennent-ils pas, le 12 mai 1790, de prouver qu'ils ont senti le besoin de se lier en un faisceau , pour mieux résister au mouvement révolutionnaire? N|ont-ils pas formé cette sedélè dtté de 89, qui demain prendra le nom de club des FettiUants, pour contre-balancer l'influence républicaine? Bailiy, Lafayette n'en sont-ils pas les présidents? Est-ce devant ces réflexions et ces faits que Marat pouvait s'adoucir, c'est-àdire espérer, c'est-à-dire prendre confiance? Mon, il comprenait, au contraire, qu'il fallait plus d'énergie que jamais; li sentinelle du peuple reprit son poste, le poste du danger, k vrai poste d'honneur.

L'occasion de jeter son cri d'alarme n'allait pas tarder.

BIOGRAPHIE

Le 10 juin, un décret, rendu sur la proposition du rui, fixait la liste civile h vingt-cinq niillioii.^. En d'autres termes, la Constituante décrétait que la nation afiamée fournirait par cette Bomme an monarque les moyens de soadoyer tous ks traîtres à la BéTolutkm. La SeMindU appela les patriotes am armes : eUefûsalt son devoir. La HHinidpalité aux aguets trouvait tin prétexte; en conséquence, nonveau décret d'arrestation. Mais ne voulant pas paraître s'en prendre à Marat seul, elle feign'^t une me^-ure générale contre Jes écrivains anarchistes. La police commença donc par s'abattre sur l'iraprknerie de l'Oraieur du Peuple, dont elle traîna le rédae^ teur en prison. De là elle marcha droit chez rimprîmeor de Marat; c'était le 2ik juin. Elle somma le chef de l'étahlissement de lui dire, sous peine d'une amende de cent livres, où résidait l'Ami du peuple. Le rédacteur se trou\ Mit justement dans les bureaux. L'imprimeur se présente à lui : « Que faut-il que je leur réponde? — Que j'attends l'arrivée de mon général La Pique , et que c'^est lui qui se chargera de leur donner mon adresse. » (L'Ami du Peuple, 14* 148.) Or, ce général était un de ces hommes audacieux qu'enfantent les révolutions, à qui il ne manque, pour être des héros, qu'une troupe réglée et le nom de chef dûment légalisé. La Pique s'était mis à la tête des faubourgs, et ne laissait pas de canser de vives Tnqtiiétud^ à Lafayette. Si bien qu'en cette occasion la contrainte municipale n'eut pas de suite.

Cependant les amis du jownaliste, inquiets pour sa sûreté personnelle , l'avertîssaîeBt de prendre garde à lui i « Yotre perle est jurée, lui disaient-ils; une multitude d'espions et de coupe -jarrets sont à vos trousses. » {L* Ami du Peuple ^

Quand on ne l'en aforait pas averti, il aurait pu s'en convaincre par lui-même en enteodsnt les cris proférés, à la fête de la Fédération par les gardes nationaux : « A bas Marat! » Il aurmt pu le lire encore dans les placards affichés de tous

les côtés par ordre de l'autorité contre tous les écii vains pa-

JEiVN-PAUL MARAT.

triotes, et notamment contre TAmi du peuple. Mats comme

toute mesure prise par le pouvoir contre les citoyens est appelée mesure d'ordre, on y applaudissait; (pjund bientôt, . usant de justes représailles, Marat en appellera au peuple contre les usurpations de l'autorité, on criera : a A J'anarcbieU Logique d'esclaves ! Le pauvre Camille ne pouvait supporter ridée d*uD pareil aveuglement, et surtout de Tingratitude du . public ; il s'en désespérait. Marat lui répondit : '« J'aime à croue fjue mon frère d'armes Camille n'abandonnera point la patrie et ne renoncera point au soin de sa gloire en perdant courage au milieu de sa noble carrière. 11 est révolté d'avoir entendu demander sa tele par des députés à la Fédération. Mais quelques hommes ivres ou abusés ne font pas le public, et ce public lui-même, vînt* il à s'égarer, renferme toujours un grand nombre de citoyens estimables pleins d'admiration et de reconnaissance pour leurs généreux défenseurs. Enfin quand le peuple ne serait composé que d'hommes vils et ingrats , le vrai philosophe fermera-t-il son cœur à T^our de l'humanité, dès qu'il ne verra plus de rétribution mondaine pour prix de sa vertu? 0 mon ami! quel sort plus brillant pour un faible mortel que de pouvoir icibas s'élever an rang des dieux? Sens toute la dignité de ton être, et sois convaincu que parmi tes persécuteurs il en est mille ([iii sont humiliés de leur nullité, de leur bassesse; il en est mille qui envient tes destinées.

« Peu d'hommes, je le sais, seraient d'humeur de s'immoler au salut de la patrie. Mais quoi! un citoyen qui n'a ni parents, ni femme, ni enfant à soutenir, craindrait-il donc de courir quelque danger pour soutenir une grande nation, tandis que des milliers d'hommes abandonnent le soin de leurs afTaircs, s'arrachent du sein de leur famille, bravent les périls, les fatigues, la faim, et s'exposent à mille morts pour voler, à la voix d'un maître dédaigneux et superbe, porter la désolation dans les pays lointains, égorger des infortunés qui ne les provoquèrent jamais, qu'ils n'ont jamais

BIÛGRÂPIUË. S8o

. VUS et dont ils ont à peine entendu parler? Quoi ! de nombreuses légions ne craindraient pas de se couvrir de crimes pour huit sols par jour, et l'amour de riiuoianité et l'amour de la gloire seraient trop faibles pour porter les sages à, bra- Ver le moindre danger?

« Je ne cherche point à me donner de Tencens; mais, mon ami, que yotre sort est encore éloigné de la dureté du mien ! Depuis dix 'huit mois condamné à toute espèce de privations, excédé de travail el de veilles, rendu de latigiies, exposé h mille dangers, environné d'espioiis, d'alguazils, d'assassins, et forcé de me conserver pour la' patrie, je cours de retraite en retraite sans pouvoir souvent dormir deux nuits consécutives dans le même lit; et toutefois, de ma vie, je n*ai été plus content; la grandeur de la cause que je défends élève mon courage au-dessus dé toute crûnte ; le sentiment du bien que je lache de faire, des maux que je cherche à prévenir, me cnii-ole de mon infortune, et 1! espoir d'un triomphe pénc^e mou âme d'une douce volupté... Cher Desmoulins, toi qui sais si bien égayer ton lecteur, viens apprendre à rire avec moi. Mais continue à combattre avec énergie les ennemis de la Révolution, et reçois Taugure de la victoire. » {L'Ami du Peuple, N« 170.)

Cette lettre est datée du 23 juillet 1790, et, de fait, Marat, depuis la dernière invasion de la police, était obligé de se cacher, A partir de ce moment, il ne se montrera plus en public ; on n'aura certitude qu'il vit encore que par Tapparition régulière de son Journal; mais VAmi du Peuple, n'est-ce pas Marat tout entier? Existe-t-il autrement que par . ses principes? L*a-t-on vu jusqu'ici se déployer en orateur aux tribunes des sections, soulever la foule dans les carrefours, assister aux réunions patriotiques? Jamais. Est-ce le fait d'im ambitieux de puissance, d'honneurs? 11 faudrait bien peu connaître les hommes.

Nous le perdrons souvetit de vue, et Ton ne s'en étonnera guèi*e, puisqu'il échappa, même de son vivant, aux investi-

gâtions de la police. Après sa mort, ce fat à qui ae vanterait de l'avoir caché, de l'avoir st«vé. Gtàm de tons qui mérite

le plus de crf)yai3ce, c'est Lcgendre. Le 28 janvier 179A, dans un scrutin uratoire des Jacobins, on demandait à ce patriote comment il avait voté dans la mise en accusation de* Marat; il répondit : « Je l'ai cadiô pendant deux ans dans mes çaLYes, Bonciier-Saiot-Sanveor et noi, noes étiiias ses maréchaux de logis, et nom loi sigmoas ses billets de logement. » Le 18 février de la mêflw - année, Ferrières racMte dans le même cîiib que la citoyenne Fleuri, du Théâtre- Franrai?;, emprisonnée, venait d'être rendue à la liberté pour avoir sauvé Marat à l'instant où sept mille hommes avaient 'investi sa maison, aîssî que le citoyen Vaabovè et sa fille qni avaient participé à ce trait de patriotisme. L'amitié qui Tatta^ dba à Simonne Évnrd conmie à tme épouse était née de la reconnaissance pom* une femme de eceur l'avait recueilli, qui lui avait oflert tout ce qu'elle posséclait, qui n'aspirait qu'au bonheur de servir la patrie, elle aussi, en protéjj^eant les jours de l'Ami du peuple. Marat, dans le cours de son journal, a quelquefois roccasion de parler des individus qui l'ont caché, tant il a été souvent trahi pHr ceux qui s'o&aîent comme ses protecteurs. Mais ces citations ne valent pas la peine d'être relevées. Wous 4ievons, dans cette étader historique sur Marat, nous animer du sentiment qui l'animait luimême, tenir peu compte de l'individu, donner toute l'importance aux principes qu'il défendait. C'est aifisi que l'histoire devra désormais juger les hommes, si elle ne veut plus mo* narcbiser les peuples en exagérant rimportance des personnalités.

Ce qu'il sou flrh moralement et physiquement, pendant les deux années qui 'vont s'écouler, nous est révélé par un témoin oculaire, mais non par Marat qui n'occupe pas son lecteur de ces inutilités; s'il le rapp^e sommairement dans deux ou trois passages de son journal, ce n'est que pour, prouver l'invraisemblance des accusations qm lui sont faites.

BIOGRAPHIE

Dans me sorte d*oraîson funèbre, prononcée le 9 août 1793, Gwravt raconte que l'Ami du peaple s*éuit réfugié dans les carrières de Motttmartret et il ajoute : « Il fallait le voir traqué de réduit en rédoîl, souvent dans des lieux humides où

,il n'avait pas de quoi se couciier. llougc par la niiscre la plus aflVeu^e, il couvrait son corps d'une simple redinc:ote bleue et sa tète d'un mouchoir, hélas l presque tou^rs trempé de vinaigre ; un écritoîro dans sa main ; quelques chiffons de papier sur ses g^nouz, c^était sa table. »

Le plus souvent il se réfutait dans des caves pour échapper aux visites domiciliaires autorisées par le vertueux Bailly. C'est là que, tras alliant le jour a la lueur du ])eu de hunière qui pénétrait jiar le soupu ail, ses paupières s eullamniéi-ent, il faillit perdre la vue : i odeur infecte de Thuile d'une lampe presque continuellement allumée, le manque d*aîr, Thumidité, les privations de toutes sortes, les fatigues d'un travail sans relâche, une insomnie presque continuelle, toutes les inquiétudes morales, tant de maux réunis sur un homme d'une santé déjà débile, d'un tempéianienl nei\eux, lui inoculèrent une maladie dartreuse dont il souliiit des douleurs ' inouïes, qui ne lit que s'aggraver chaque jour davantage, qai envahira successivement tout le corps, qui finalement te rendra repoussant à voir, qui donnera prise aux plus indignes outrages. On peut lire ce qu'en disait la Rolaud trônant dans le conseil ministériel au milieu de ses adorateurs platoni(|ues. Les conlre-rt;voluliuai;aires se réjouissaient aux bruits. s(3iivent exagérés, de l'état alTreux de la santé de cet ennemi commun, ils s'applaudissaient de leur triomphe homicide : (( Si nous ne pouvons l'atteindre, disaient- ils , la mort Tatteindra. » Sa lettre à Camille vient de nous révéler quels sentiments le soutenaient dans cette lutte sans fin.

On a prétendu que, s'il se cachait, c'était pour se donner plus d'importance, c'était tactique : tactique que ses accusateurs, sans doute, ne seraient pas tentés de renouveler. Jugeons toutefois de ce qu'au moment où nous en sommes

JEAN.PÂUL MARÂT.

de cette histoire on aurait fait de lui si on Teut atteint, par ce qu'on fit de Fréron, bien moins à craindre à coup sûr. L*Orateur du peuple ne ae cacha pas, il essaya de braver | ses ennemis, il n'hésita pas à comparaître devant le tribunal

de police; eh bien, on l'arrêta dans la salle d'audience même, on le traîna au Châtelet, on le jeta en pi ison jusqu'à ce que ce tribunal contre-révolutionnaire eût statué. {Jumus françaisy N« 11.)

Cependant de nouveaux actes libertiddes avaient soulevé l'indignation de l'Ami du peuple, si peu résigné à se taire qu'après la dernière poursuite dont il venait d'être l'objet en

juin il avait repris une imprimerie à sou compte; imprimerie qu'il fai;»ait gérer, bien entendu, puisqu'il était obligé de se cacher. Le 20 juillet au matin, les murs étaient couverts d'un écrit signé du nom de Marat : c'était un nouveau moyen de propagande dont il faisait l'essai, c'était nn placard ; arme dont ses adversaires avaient usé contre lui, dont à son tour il usait contre eux. N'était-ce pas loyal? Or, il y avait cette difîej-ence du placard au journal, que celui-ci ne s'adressait qu'aux acheteurs et pouvait contenir des nouvelles d'un intérêt secondaire, tandis que la feuille gratuite, puisqu'elle était publiquement affichée, annonçait toujours quelque aÛ'aire d'un pressant intérêt. £t comme le placard était surtout destiné au peuple, l'auteur le rédigeait ordinairement en forme de discours; de telle sorte que, la foule s'assemblant* autour de l'affiche, un citoyen ne manquait jamais de se faire lecteur pour tous; aiois l'allocution devenait plus directe, vous eussiez cru entendre Marat parlant à la tribune : fellet était triplé, immédiat, terrible.

Celui du 26 juillet était intitulé en grosses lettres : Ce». EST FAIT DE Nousl Vrai cri d'alarme qui dut mettre tout Paris en émoi. En voici l'exorde : « Je le sais, ma tête est mise à prix par les coquins qui sont au timon des aiïaires de l'Ktat; cinq cents espions me cherchent nuit et jour : eh bienl s'ils me découvrent et s'ils me tiennent, ils m'égorge-

BiOGUAPUIE. 289

roni, et je mourrai martyr de la liberté; il ne sera pas dit que la patrie périra, et que l'Ami du peuple aura gardé un lâche silence. »

Que va-t-il donc nous annoncer ? écoutons ! Et la foule se pressait toujours davantage autour du lecteur. C'est la dénonciation d'un complot formé par le Piémont, par 1* Autriche et par les émigrés pour marcher sur Pans, pour faire venir la nation à résipiscence. Voilà pour Textérieur. C'est la connivence du comité municipal des recherclies avec l'ennemi. Ce comité averti du complot, muni des preuves, sommé d'éclaircir TalTaire par le comité des reclierches de l'Assemblée nationale, n'avait pourtant rien éventé. « ie le dénonce, s'écriait le journaliste, comme traître à la patrie! Lorsque le saliit public est en danger; c'est au peuple à retirer ses pouvoirs des mains des indignes auxquels il les a confiés; carie salut public est la loi suprême devant laquelle toutes les autres doivent se taire. J'invite donc tous les Ihhis citoyens à s'assembler immédiatement, à se transporter au comité national des recherches, à demander communication *des ordres donnés au comité municipal, puis de se transporter à la maison de ville, de se saisir des registf'es de ce comité, de lui demander le procës*verbal des perquisitions fûtes en conséquence de CCS ordres, et, sur son refus, de s'assurer de tous ses membres et de les tenir sous bonne garde. VoiLà pour l'intérieur. En résumé : trahison partout. Attendez, ce n'est pas tout; le placard contient toute une feuille in-S^. Voici qui est plus grave encore : l'ambassadeur de la cour de Vienne a demandé au roi le libre passage pour les troupes autrichiennes sur le territoire de France afm de se rendre en Belgique; la cour con-' sent : « Citoyens! crie la sentinelle, c'en est fait de vous pour toujours si vous ne courez aux armes, si vous ne retrouvez cette valeur héroïque qui, le 14 juillet et le ô octobre, sauvèrent deux fois la France 1 Volez à Saint-Cloud, s'il en est temps «encore, ramenez le roi et le dauphin dans vos murs, tenez-les sous bonne ^arde^ et qu'ils vous répondent des évé*

2a0 JEAN-PAUL MARM.

nements; r^fermeç rAutriéhîeiine et son beau-frère; saigissez-voas de tous les ministres et de leurs commis, mettez-les aux fers; assurez-vous du chef de la municipalité et des lieutciiarKs dn maire; gardez à vue le général; arrêtez l'étalmajor; enlevez le parc d'ariiUerie de la rue Verte; emparezvous de tous les magasins et moulius à poudre; que lies canons soient répartis entre tous les districts*. • Courez, courez, s'il en est temps encore, ou bientôt de nombreuses lésons ennemies fondront sur vous : bientôt vous verrez les ordres privilégiés se relever; le despotisme, raiïreux despotisme reparaîtra plus formidable que jamais. Cmq à aix cents U'ics abattues vous auraient assuré repos, liberté et bonbeur; une fausse bumanité a retenu vos bras et suspendu vos coups; elle va coûter la vie à des millions de vos frères t »

Est-ce à nous, postérité, qui savons par avance ce que rbîstoire nous a appris, qui avons dépouillé TAmoire de fer, qui avons étudié les Mémoires de Bouiilé et autres, est-ce a nous à nier rautbeiiticiti'; de ces révélations, à les accuser d'exagéi'ation ? Je vous entends : mieux aurait valu laisser le peuple sous la douce et décevante impression du baiser fraternel de la fête du ih juillet; le triomphe de Ja cour n'en eût été que plus assuré; je vous comprends, historiens modernes, qui travestissez ou taisez les faits poar prix de votre salaire; mais je vous dénonce à mon tour, et, cuninie Marat, je crie au peuple : C'en est fait de nous h jamais, si nous nous laissons bercer aux refrains de contianoe des écrivains à gage oii sans dtsceniemeni*

Voilà ice qu'étak un placard. On peut juger de Teiïet» fiacore une fois, si toutes ces tentatives, si toutes ces connivences sont prouvées aujourd'hui, ou môme en partie, quel est le plus coupable : ou de celui qui les déiiouce, ou de ceux qui les ont méditées? Kt j'ajoute que non-seuliunent le dénonciateur n'est pas blâmable, mais qu'il a rempli un devoir de citoyen, le devoir de «a fonction de journaliste; il a ^délement suivi «on prognammet

BiOGUAPHlË. 291

Quoi qu'il en soit, la coiidusion était telle qu'elle dut glacer d'<''pnuv;intc tons ceux qm se sentaient aUeiiiLs iiidircctomenl ou noîuiuativeuieiiulé^i^nés. Cinq h six cents tintes! Cft fut un haro général de toutes les aiifcoi iiés; le daii^ur élaU imminent; on s'assemble, on 6'«oteDd sur les rôle& à jouer, la décision est prise.

La première mesare, c'est d'empéclier que Tinfâme pli^ caTd se propage , attendu snrtottt que l'attteiir avait écrit ea fornio, (le note : « Des milliers d'espions seront bientôt mis en c;iiiip;vj;mi j)oin" enlever tous les exemplaires de cette feuille; je suppiie tous les écrivains patriotes de la reproduire et de la faire circuler. » £n conséquence, La(ayette commence par donner le mot d'ordre i ses dévoués de Tétatmajor : « Toute personne qui eriera autre chose que des actes émanés de 1* Assemblée nationale du royaume, d'une autorité légale, sera arrêtée, w 11 n'est que trop vite obéi: quatorze colporteurs sont appréhendés et conduits à ia l'orce. C'est-à-dire que pour faire respecter les lois, le camaïaiidant géné4*al procède par la violation la plus tyrannique de la loi. Mais nous sommes tant habitués à toni attendre de l'autorité que, quoi qu'elle fasse, nous la croyons toujours dans son drmt, et, par provision, la laissons agir; Lafayette donc fut obéi.

T.a seromlô mesure à pi*endre, c'était de frap])er les auteurs; je dis les auteurs, car Camille Desmoulins va être impliqué dans l'aifaire, non pas pour un fait ^usst grave, mais pour avoir irrévérencieusemenf parlé de ia diose sainte et sacrée qu'on appelle un légîsbtesr. Et soyea cenvaiocus que la foule laissera faire encore, car elle veut avant tout qu'on respecte son œuvre; c'est amour-propre d'auteur. Ouiooiique s'impose est un tyran, mais celui que le peuple itnpo-e est un dieu : malheur à qui ose y toucher! Donc, d'où ia foudre devait-elle tomber^ l'Olympe, je veux dire de l'Assemblée. Et en effet, le samedi 31 juillet au soir, les pères oeoBcnls Be réunissent. Le royaHste Malouet d'ua ton aniné :'a Mes-

29i • JEAN-PAUL MARAÏ.

sieurs, c'est une dénonciation importante que j'ai à faire. Est-il ordre du jour plus pressant que de faire connaître des projets atroces, que d'assurer le chàtinnent de leurs auteurs; vous frémiriez, si l'on vous disait qu'il existe un complot formé pour arrêter le roi (an complot I et Marat est seul de son avis, si bien seul que Desmoulins même le désavoue, le renie, l'improuve dans son numéro 37), emprisonner la reine, la famille royale, les principaux magistrats, et faire égorger cinq à six cents personnes. Eh bien, c'est sous vos yeux, c'est à votre porte, que des scélérats projettent et publient toutes ces atrocités ; qu'ils excitent le peuple à la fureur, à l'eiTu&ion du sang; qu'ils dépravent les mœurs, et attaquent dans ses fondements la constitution et la Ijberté \ »

EstM^e bien là le plus pressant, citoyen législateur? Est^ bien le véritable état de la question ? Examinons : deux intérêts sont en présence: celui de la nation, très-réellement en danger, si les dénonciations de Marat sont vraies; celui du pouvoir exécutif, injustement exposé à la fureur du peuple, si les dénonciations sont fausses. Lequel des deux devrait avoir la priorité d'examen, surtout devant des représentants de la nation?

Ce n'était pas du véritable de la question qu'il s'agissait, mais bien de faire sentir aux contre -révolutionnaires qu'il y allait cette fois de leur proprô vie, pour les amener au vote d'arrestation \ de là cet argument, argumentum ad hoinines : il s'agit de vous-mêmes; jamais avocat qui connaît ses juges n'en manque l'occasion. L'exorde de l'orateur était habile, U fit son effet; Malouet avait captivé l'attention, gagné tous les compromis. Il commence donc par s'attaquer à Camille. Il faut lire daiis le numéro 37 du journaliste picard l'amusante analyse que le rédacteur en lait; ce n'est pas ici le lieu de la reproduire; c'est assurément un de ses pamphlets les plus spiritueiâ, mais aussi des moins logiques, pour ne rien dire de plus.

Arrivant à Harat, à l'emporte -pièce, Malouet cite la

BIOGRAPHIE

fin du placard : « C'en est fait de nous pour toujours, si vous ne courez aux armes, si... etc., etc. » [Moniteur, 2 août 1700.)

Il n*y avait rien à ajouter, TAssemblée était prôte à tout voter; Torateu^, pour toute conclusion, fait lecture d*un projet de décret, et « T Assemblée nationale, sur la dénonciation

qui lui a été faite par un de ses membres d'une leuille intitulée : C'en est fait de fious^ et du dernier numéro des lin olu/ ions de France et de Bradant , décrète que, séance tenante, le procureur du roi au Châtelet de Paris sera mandé , et qu'il lui sera donné ordre de poursuivre, comme criminels de léêenation y tous auteurs, imprimeurs et colporteurs d'écrits excir tant le peuple à Tinsurrection contre les lois, à l'eflusion du sang, au renversement de la Constitution. »

Ainsi Camille a parlé sans respect du roi, Marat a denuindé que Sa Majesté et ses aîrents fussent gardés à vue s'ils sont coupables de trahison, et voilà ce que les législateurs appelaient crimes de lèse-nation ! En d'autres termes, c'était dire ; La nation, c'est nous. Logique de Tibère autrefois, logique de tous les tyrans. Nous en appelons au sens commun : le mandataire peut-0 être confondu avec le mandant? Cette transformation instantanée serait un mystère de la force du mystère de la transsubstantiation.

Par un- contraste singulier, fait remarquer Camille, au moment iijême où la Constituante rendait ce décret, les vainqueurs de la Bastille se présentaient chez les deux écrivains patripteê et amis de la vérité, pour les prier d'assister à un service solennel qui devait se célébrer le 2' août pour leurs frères d*armes tués dans la grande journée : « Kn sorte qu'au moment où l'Assemblée nous proclamait criminels de lèsenation, les vainqueurs de la Bastille nous proclamaient ses plus zélés défenseurs! »

Aussitôt après le vote du décret, Flandres de Brunville, II qui attendait dans la coulisse, et aposté comme le notaire pour le dénoûment de la comédie, » se présente et déclare»

JEAN-PAUL MABAT.

au iioiii du Ghâtelet, que le tribunal, fort liOEoré du, choix de l'Assemblée, va obéir en toute bâte.

Voici comment finit l'aflaire. Le 2 août, Pétion en rappela du déciet da 31 : « P«ttt-il avoir un eiïet rétroactif? Faut-il recbercher tous le» écrits faits depuis la Bévolulîon? Secat-t-^ réputé coupable pour avoir dit à un peuple opprimé-: Brtsejc vos fers? Regardera-t-on comme coupables ces citoyens généreux qui alors volèrent aux armes? » A quoi Alexandre Lametli ajoutait : « Quel est le but qu'on s'est proposé eu vous présentant, sajuedi dernier, un décret dont les expressions x ngues prêteraient aux poursuites les plus arbitraires? Ce but, on ne peut se le dissimuler, c*est de fermer la bouche k tous les édrivains patriotes ; c'est d'empêcher que 2a censure publique se s'attache à ceux qui trahissent -le devoir qui leur est imposé, de servir, de défendre les intérêts du peuple. » En conbéquence, des amendements au décret Malouet sont proposés. L'Assemblée bésite un moment, mais bientôt Camus rallie tous les sul&ages, en pi*ésentant la rédac- ^n suivante : « A l'exception néanmoins d'une feuille, intiluiée : C^en «sf fait de non». » {Moniieur du k août 1790.)

Ainsi voilà tout le monde d'accord; Marat seul restait sacrifié; la loi n'était rétroactive que pour lui; mais qu'importe? c'était Marat ! Et parmi ces douze cents représentants, dont un grand nombre semblent de bonne loi, pas un qui réohim contre une aussi criante iniquité ! Et qu'on dise encore que le peuple n'a pas à revenir sur les décrets de ces geasrlA» parœ qu'ib ne peuvent se tromper ! Trahison et sottise l

Et Camille, le bon enfant Gan^lle, qui consacre encore son numéro 38 au récit de cette journée de» représailles, comme il l'appelle spirituellement, et qui ne trouve pas un mot de proUisiation en faveur d'un collègue! Je ne sais pourquoi, à cette pensée, l'exécution des Dantonistes me revient en mémoire; je songe à cette autre iniquité de la Convention, ■ueUe de peur, et je me demande s'il n'est pas au-dessus de DMt.iMS une Providence vesgeresse de toutes les lâchetés

BIOGRAPHIE

<le cœur ou de conscience? Mais non, ne mêlons pas la métapliysîqae à la réalité; le vrai, c*est le droit éternel de la liberté poar tous : pour le p«vple» liberté de choisir et de rejeter ses commis; potrr le oitoyea, liberté de le» démeiioBr; poar Taccuséf liberté de se défeadre; et ee droit, recomiv par tous, absolvait Marat au 31 juillet 90, élargissait Camille il* lis ans plus tard, sauvait les patriotes des massacres du Champ de Mars, au 17 juillet 1791. Pauvre Camille I ton cœur était pourtant bien boni Citoyens l c'est qu'il y a quelque chose qui vaut mieux qu'un bon cœur.: c'est la justice !

« Que faire ? se demande Marat. Regarder Tinfâme décret

du SI juillet comme non avenu; se moquer de Tautorité injuste que prétendent usurper les traîtres à la nation qui dominent l'Assemblée nationale, et aller son train en prenant les précautions d'usaj^e contre les tyrans. » {L'Ami du Peuple.) 11 entendait par là qu'il allait se cacher dans une retraite plus •profonde, plus obscure, plus malsaine, plus mortelle encore; et cela pour pouvoir continuer d'écrire, d'éclairer ses ingrats concitoyens. Permettez-moi de paraphraser Jean-Jacques et de vous dire : Si Socrate, lo viai ^age de la Grèce, a vécu, est mort en grand homme , quelle épithète ajouterez-vous au nom de Marat?

Encore une singulière coïncidence. Au moment même où le président venait de décréter Marat criminel de lèse-nation, on annonçait que l'Ami du peuple faisait hommage à l'Assemblée de son Plan de législation criminelle. On crut à un persillaîîe; Marat prenait les choses plus au sérieux : « Il y a dix ou douze jouis, dit-il, que ce plan fut remis à une dame, pour le faire passer au président de l'Assemblée. Je regrette beaucoup qu*il ait été présenté dans une conjoncture pareille. Je ne sais point faire de platitudes. Loin de rendre dorénavant à l'Assemblée aucun hommage, je n'aurai pour elle que justice sévère; je ne lui donnerai aucun éloge. S'il sortait par lia:3ard de son sein quelque bon décret, elle n'am'aitfait qua

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son devoir; mais je serai toujours avec lefoaet de la censure en maiu à chaque mauvais décret qu'elle rendra, cl Ic nombre peut en être effrayant, parce qu'elle est subjuguée par les ennemis du peuple. Au surplus, mon Plan ne lui a été présenté que dans l'espoir que le comité de Constitution profite^ rait de mon travail. Il a grand besoin de lumières, et plus encore de vertus. » {L'Ami du Peuple, ) Le censeur public tiendra parole.

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