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était réel, il mériterait une punition sans doute. » (L'Ami du Peuple^ N*^ 110). Ainsi, en cas d'usurpation, car il faut s'attendre à tout de ces fourbes du sang, il appelle la colère du peuple sur la tête du traître.
Mais ce n'est peut-être qu'un rôle maladroitement rempli par un alïidé qui veut donner plus de force à ses déclarations ultérieures. Ne le perdons pas de vue. Trois mois plus tard, à propos encore de la procédure : « Louis- Philippe d'Orléans a de l'esprit et de l'amabilité, je le sais, mais il y a hnn de là au civisme^ il ne saurut entrer dans mon âme qu'un homme que la fortune pourrait appeler au trône, et qui n'est pas nr penseur y puisse avoir secoué tous les préjugés de son éducation et oublié son rang, les discours de ses valets, Tencens de ses flagorneurs, pour sentir qu'il n'est qu'un simple citoyen sans aucun privilège particulier et soumis aux lois comme le dernier de ses serviteurs; non, je ne me persuaderai jamais qu'un homme né prince du sang puisse devenir patriote. Je sons bien qu'il a pu s'en donner les airs; avant l'ouverture des Etats Généraux, il ne pensait guère que les choses pussent prendre une pareille tournure. Mais aujourd'hui qu'il n'est plus que Louis -Philippe- Joseph Gapet, le jeu pourrait-il lui plaire? » (Ibidem^ N<> 187.)
11 est vrai que dans un autre passage, lorsqu'il était question d'une dénonciation du prince par Lafayette , Marat soutint que le duc n'était accusé par le général qu'à cause des opinions patriotiques qu'il avait montrées; mais il s'agissait bien moins de défendre d'Orléans que de taire ressortir que Lafayette voulait sauver la cour. Au reste , la conclusion de l'article va nous rassurer sur la conoiveuce de F Ami du peuple avec Louis -Philippe -Joseph. « Si M, d'Orléans n'est pas m coupable y son honneur exige impérieusement qu'il force le sieur Mottier (Lafayette) de s'expliquer clairenienL dur les imputations infamantes qu'il lui a faites et d'en mettre les preuves sous les yeux du public, ou de le poursuivre comme imposteur. Son honneur est également intéressé à forceir I. ' 20
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les sieurs Froudeville, ]Mgome,|Lachâtre, etc., etc., à la preuve des imputations infamantes qu'ils lui ont faîtes, ou de les poarsuivre comme calomniateurs. II n'y a qu 7tn juge-
nicnf rcudn par une limite cour martiiflr qui puisse le réhabilitfT (Jhiis l'esprit du public, cai* le jug'Mucnt de l' V-scmhlée ne va point jusque-là. Un lâche silence, devenu l'aveu tacite des crimes que ses ennemis lui imputent, ne laisserait plus voir en lui qu'un faux ami de la patrie. » {VAmi du Peuple, N" 2/1/1). Est-ce te langage d'un complice? Les conspirateurs appellent-ils la lumière, même en cas de calomnie? ^'on, car ils sa\cin bien qu*à propos d'un fait erroné, un véritable peut se découvrir; ce qu'ils veulent avant tout, ce sont les ténèbres, c'est le silence.
11 arriva un jour à une feuille royaliste de citer un fait particulier; Harat reproduit le passage du /aurnat det Hélles .* « Je devons, en conscience, avertir Messieurs de la nation , que les aigrefins dont le doc d'Orléans se servît pour brûler la maison de Réveillon , que les maquereaux et les chevaliers de la manchette de ce prince, que ses gouines, Marat, Danton, etc., mettent tout le monde en ribotte pour nous empaumer... » L'auteur suppose que Danton rend ses comptes à ioseplî-£galité : « Pour un lit bleu donné à GamUle Besmoulins, 1,800 livres; donné à l'Ami du peuple 8,000 livres, poiup l'engager à faire fei*menter les esprits. » {Ibidem, iO ian\ier 1791). Lisez, pour l'engager à parier dtt duc comme ie journaliste Ta fait jusqu'ici If
Mais voici bien pis encore, ce que d'Orléans n'aurait jamais pardonné à l'écrivain : « Je ne confonds point Louis- Philippe d'Orléans avec les autres Gapets. U s'est toujours montré patriote, mais je n'aime point la demande qu^tl a faite de 0,168,000 livres, pour se remplir de la dot de 50,000 crus d'or promu^e par Loui.s XV à Louise-ÉHsabeth d'Orléans, lille du régent, lors de son mariage avecie prince des Asturies; au moyen de cette [nromesse. Mademoiselle d'Orléans ayant renoncé aux successions de son père et de sa mère. Quoi donc !
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sera-ce du sang du peuple que se payeront toujours les prodigalités des rois? Et sera-ce sur le bien des pauvres que Louis-Philippe arracliera A,000,000 pour grossir ses trésors? Qa'ii les reçoive, j'y consens, mais que ce soit pour ks répartir aux infortunés. Philippe, vous seriez coay«rt d'opprobre, si TOUS eo faisiez un autre usage. ii {L*Ami du Peuple^ N'» 388 bis, mars 17M). Voilà ce qu'un avare n'aurait jamais pardonné à sor^ complice en polititpie, et d'0rlt''ans a bien prouvé depuis que sa cupidité passait avant son ambition. Croyez-vous que le journaliste qui commençait cet article par rehausser le patriotisme du piioce manquât d'habaeté?
Est-ce assez de preuveâ? Non. Eh bien, en voici de plus
explicites encore. « Le prince est bien loin de pouvoir jouer le rôle d'am])itienx : s'il est redoutable, c'est pour les maris; mais il y a loin de la conquête des belles à celle de la couronne. » (Ibidem, o/iO.)
Le 20 décembre 1792, il fait contre celui qui l'aurait payé «t qui, probablement, aurait en main les reçus, une dénonciation dans les fomes : « Philippe d'Orléans dh Égalité était intimement lié avec Mirabeau et son ami Lamansk, chef de la bande, qui voulait le faire roi de Brabaiil. Philippe est aujourd'hui lié avec la faction Roland. » Cette dénonciation est d autant plus précieuse que, quelques jours après, le 24 décembre, une lettre courait dans les jonmauK girondins, dans laquelle on lisait : « Le parti Marat et Bobespierre ne demande la punition du roi que pour élever Égalité sur le trône. » {Journal de la Râpubliqne , N® 83.)
•Cette fois Marat s'cxplif^ue d'une manière si formelle, ^'on ne comprend pas que depuis on ait élevé le moindre doute à l'égard de son indépendance envers d'Orléans, de son mépris pour la personne du prince : « Quant à l'api^ieatian que la faction Roland semUait faire de la loi 4 d'Orléans et à sa famille (il s'agissait d'un décret de bannissement contre toute la race des Douiboiib), elle paraissait aux patriotes sou-
Terainement injuste; ses fUs, loin d'avoir jamais donné de griefs contre eux, ayant très-bien servi la patrie, et le père
ayant toujours paru dans le sens de la Révolution. D'ailleurs, en sa qualité de représentant de la nation, d'Orléans ne peut, en aucune manière, être frappé d'un pareil décret, car la Convention n'a pas le droit de dépouiller un àtoyen de sa qualité de député, et elle ne pourrait le faire sans attenter à Ut souveraineté nationale, sans usurper le pouvoir absolu, sans se rendre indépendante de la nation elle-même. »
C'est qu'il s'agissait poui' Marat d'être juste avant tout, et que des Fiiotifs de défiance ne suffisaient pas pour dégrader un citoyen honoré de la coiiiiauce du peuple. Au reste, rassurez-vous, ce n'est pas tout.
« TeUe est mon opinion sur Tapplication du décret à d* Orléans dit Égalité, considéré comme représentant du peuple. Considéré comme membre de la dynastie déchue, c'est autre cliose. Je déclare que j'ai toujours regardé d'Orléans comme un indigne favori de la fortune, sans vertu, sans âme, sans entrailles, n'ayant pour tout mérite que le jargon des ruelles. Je déclare aussi que je n*ai jamais cru à son civisme, que les marques qu'il en a données me paraissaient tenir à des projets ambitieux, qu'il n'a eu ni l'esprit, ni le courage de conduire au succès, malgré les nombreux partisans que lui ialsaieuL naissanco, sa fortune et ses immenses jjrodîgalités.
(( Je déclare encore que je le regarde comme un intrigant caché, cajolant 1^ patriotes avec lesquels il est iOsiufilé, et secrètement lié avec les meneurs de la faction Roland, qui machinent pour lui tout en paraissant le poursuivre. » {Jour^ ml de la Bâpublique, N** 85.) « Enfin je déclare que si les énormes dilapidations des agents du nouveau ré^j^inie , les perfidies alarmantes des ti'aîtres qui commandent les armées de la République, l'excès de la misère du peuple, et ks désordres de l'affreuse anarchie portés à leur comble, forçaient jamais la nation à renoncer à la démocratie pour se