MARAT KTAIT-IL VENDU A LN PARTI
peuple voas engage aa réputatkm civique* Sera*t-il refusé de voos? »
Avons-nous besoin de dire qu ii fut refusé net? Ce n'était pas une demande publique que voulait le prince; il sentait ])iea que, s'il raccordait, le peuple ne lui eu saurait pas gré; qu'on se dirait intérieuremeot que le duc avait la main forcée; il ne recuèillerait doue pas les profits de sa prodigalité patriotique : le prioce savait tr<^ bien compter, pour lûsser tomber sa bourse dans cette impasse. Mais le tr^uchet était si Ken dressé qu'il fallait } ,i;lisser: car, ou d'Orléans accordait la somme, et, parla réimpression, il concourait à la propagande de principes contraires à ses sêcrets desseins politiques; ou d'Orléans refusait, et alors il était reconnu que son prétendu patriotisme n'était qu'un rôle; Égalité signait sa déchéance; ce n'était plus qu'un intrigant dévoilé. Quoi qu'il en soit, de deux dangers il fallait opter pour le moindre; Tavarice l'emporta dans le conseil secret des passions de cet ambitieux subalterne : mauvaise conseillère, car qui peut dire si deux ans plus tard le récépissé de ce don gratuit n'aurais pas sauvé le duc de la guillotine? La comédienne Fleuri ne venait-elle pas d'être élargie, pour avoir un' jour concouru à Févasion de l'Âmi du peuple?
Maîc cette demande publique d'argent ne lave-t-elle pas l'Ami du peuple de tout soupçon de vénalité antérieure? Le prince, pour appuyer son refus, aurait-il manqué de répondre publiquement aussi : Je vous ai assez donné déjà dans telle et telle circonstance ? 11 fallait avoir la mauvaise foi des Girondins, pour conclure de cette demande publique à la vénalité du demandeur.
Pour nous, nous nous contenterons de tirer de ce placard, malheureusement très-rare, cette conséquence : qu'il prouve de la manière la plus authentique qu'en septembre 179*2, c'està-dire qu'après trois ans de publication l'Ami du peuple était encore réduit à la misère, à l'impossibilité de réimprimer ses oeuvres. Ces faits parlent plus haut que toutes les calomnies.
m JBAN-PAUL MARAT.
Si le lecteur désire connaître de quelle manière M'"' Roland traite cette affaire, il en lira le récit à la page 76-77 de V Appel à l'impartiale postérité y par la citoyenne Roland. ^ Qui ment, ou de la citoyenne qui prétend « que le conseil des ministres remit les manuscrits à Danton pour s'arranger avec Marat, » ou de l'Ami du peuple, qui affirme que ces manuscrits furent renvoyés à l'examen de la section ?
La réponse est facile : Blarat écrit son placard au moment où la section aurait pu démentir son assertion; or elle ne Ta pas fait ï taiidis que la citoyenne Roland a eu le soin de ne consigner ses révélations antimontagnardes que dans des mémoires posthumes. '